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Le livre du Zohar:
le connaître à travers les nombreuses études de Modia sur le Zohar
(revenez sur cette page, car elle sera complétée).


par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos Sages


http://www.modia.org
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Ceux qui ont une idée sur le Zohar qui correspond à un livre ésotérique dévoilant des secrets bizarres seront surpris. En effet, le Zohar comporte une majorité de textes clairs qui nous mènent simplement vers l'intériorité de la Torah et non par sur l'étrange et le bizarre. Ensuite il y a aussi, certes, des textes centrés sur les questions les plus complexes de la Création, du processus de la descente de la bénédiction, de la structure de l'être humain, des zones supérieures. Ce ne sont pas des zones obscures, au contraire elles sont lumineuses; mais il faut "simplement" (si l'on peut dire), avoir le niveau de formation préalable pour y comprendre quelque chose. Ainsi en toute science.
Donc, qui veut atteindre ces niveaux du secret, du sod, (et le Choukhane Aroukh dit que tout Juif a l'obligation d'apprendre les 4 niveaux de la Torah jusque là) doit d'abord commencer par le commencement: découvrir et comprendre le sens littéral et simple de la Torah ou pchate. Ainsi en toute science.
Cela étant précisé, il y a aussi dans le Zohar de multiples pages, étudiées chaque jour par tout Juif, qui sont au niveau de ce que l'on peut comprendre et apportent cette intériorité indispensable pour être vraiment en relation avec D.ieu dans l'étude et dans la vie. Et ces enseignements du Zohar sont un complément indispensables aux autres éléments de la tradition transmise.

Quand a été rédigé le Zohar? Cette question obsède certains qui étudient la Torah comme de l'archéologie: en texte mort. Il est possible que le texte que nous avons ait été rédigé au Moyen Age en Espagne. Mais ce qui importe c'est qu'il nous a transmis la tradition antique de la Torah qui, auparavant, avait été transmise oralement. Il en fut ainsi des autres commentaires de la Torah ou de la Michna, cela est bien compris et admis. Voyez la page qui l'explique en détail concernant la michna écrite ou orale ici et ici. Celui qui resterait sur cette seule question, serait comme un médecin qui ne s'intéresserait qu'à dater l'âge des cellules et non pas à comprendre la dynamique vivante du corps pour l'aider à vivre.
En français, existe une traduction de qualité qui n'est pas achevée, et réalisée par Charles Mopsik (Editions Verdier à Lagrasse), zal, décédé le 13 sivan 5763 (13 juin 2003).Elle comprend les textes suivants Genèse : Tomes I (1981), II (1984), III (1991), IV (1996); Le livre de Ruth (1987); Cantique des Cantiques (1999); Lamentations (2000). Lien ici. Par contre, ne pas acheter ni lire la traduction de Jean de Pauly qui est approximative, confuse et cherche à aboutir à une apologie du christianisme. Pas sérieux; s'abstenir.
La langue est l'araméen et il existe de nombreuses éditions en Israël qui sont pointées et accompagnées de traduction en hébreu avec d'excellents commentaires.
Le style est souvent organisé autour d'un enseignement qui serait donné par Ribbi Chiméône bar Yo'haï échangeant avec ses compagnons d'étude et élèves.
L'étude du Zohar ne peut se faire valablement, comme pour tout texte de la tradition juive, que dans la relation auprès de personnes ayant également reçu la tradition.
Sur Modia, ce n'est pas une formation au Zohar, mais c'est la transmission de cette partie de la Torah à travers les enseignements qui en sont donnés par nos Sages. C'est donc toujours intégré comme une part du commentaire de la Torah, et transmis par nos Sages. Ce n'est pas une étude universitaire ni de culture générale.
 

Etudes, présentes sur Modia, d'un thème qui se développe en se complétant par de nombreux endroits du Zohar (lien ci-dessous) et qui réfère aussi à une étude plus longue indiquée alors par un lien:
Les dix Sages martyrs
La téchouva
L'efficacité de la prière du pauvre

L'approche du livre de Routh selon le Zohar
Le sod chez Rachi
La reconstruction du Temple
L'amour
La force, seulement dans la Torah
La soucca
La descente de la voix divine
La téchouva d'Adam
David, notre modèle
Une étude du Zohar Ida Zoutra et la nuit de Hochaana raba
Le rite de mayim ah'aronim en fin du repas
La lune dans le judaïsme
Le sens des rites du mariage
Ribbi Chiméone bar Yohaï
La famille et la communauté
La mort-sacrifice des fils d'Aharone
La mort des femmes et de l'épouse
Les psaumes
La chira, le chant
La circoncision

Etude d'un thème en un endroit du Zohar:


Zohar I 108b: la terre d'Israël ne doit pas être gouvernée comme les autres.
Zohar I 137: la procréation en union à D.ieu
Zohar II, 14a: D.ieu continue à nous regarder quand nous l'éloignons.
Zohar 202a: D.ieu a besoin de nos dons
Zohar III 117 b : Comment bénir?
Tiqouné ha Zohar 28b: la victoire de la bénédiction

 

Les psaumes
(I Zohar 23b)
Quand David eut l'inspiration concernant la guéoula (libération finale), il composa (tiqén) les dix sortes de chants qu'il y a dans les psaumess . "Notre note : c'est sur cette base que R. Na'hmane de Braslav composa son tiqqoun klali composé des psaumes 16, 32, 41, 42, 59, 77, 90, 105, 137, 150, décrit comme ayant un pouvoir particulier pour le tiqqoun de la création (amélioration du monde et de l'individu). Il s'agit là d'une forme classique de prière et seuls les ignorants invétérés et crédules en conséquence pensent qu'il s'agit d'une invention extraordinaire dont ce seul Rav était capable, et... seulement là-bas dans cette région, et non pas sur la terre choisie par D.ieu pour Son peuple. Alors que ce qu'il écrivait n'était que dans la ligne droite des enseignements de la tradition reçue, ou qabala, au sens littéral du mot" Fin de la note.
Les Tiqouné Zohar (Zohar 'hadach 167a et 23b) disent que David composa ces 10 sortes de psaumes quand il a vu que  Israël faisait téchouva (retour à la Torah) avec joie.
 

(I Zohar 158b et 179a)
Les psaumes sont aussi des textes d'enseignement sur les niveaux les plus intérieurs de la Torah.

(II Zohar 173b)
Hallélouya est une forme de louange qui a surpassé toutes les autres.

(III Zohar 120a)
David a composé 5 psaumes commençant et se terminant par hallouya.

(III Zohar 249b)
Le psaume 42 de la biche qui soupire est dit particulièrement quand la communauté d'Israël est en exil, ou par la femme qui est enceinte et va accoucher.
Cela est un extrait du commentaire sur les psaumes, ici)


 

Le sod chez Rachi
Dans son premier commentaire sur la Torah, Rachi dit : "Il a fait connaître aux membres de Son peuple la force de Ses oeuvres". La force se dit coa'h en hébreu et ce sont les lettres qui écrivent le chiffre 28 ; effectivement, le premier verset comporte 28 lettres. Rien n'est au hasard dans l'enseignement que nous transmet Rachi et chacun, selon son niveau de connaissance y découvre des merveilles. Ce point est développé dans les Tiqqouné Zohar 13a.
Cela est un extrait du commentaire sur la paracha Béréchite, ici)


 

Le Kotel et le Temple
Le Zohar II 116 a dit que son nom (kotél) nous indique que ce lieu de pierre ("tél") est le lieu de La présence de Hachém (Hachém = 26 en guématria comme les lettres "ko").
.../...
- A l'avenir, le Temple sera reconstruit avant le rassemblement des exilés (Zohar I 134a).
Cela est un extrait du commentaire sur la paracha Térouma, ici)



L'amour
Le Zohar va très loin dans la formulation métaphorique de ce qu’est cet amour que Hachém souhaite de notre part, comme quelqu'un qui espère l'amour. 
Il est écrit : Hachém veut tellement approcher l’homme de Sa connaissance et de Son projet que celui qui réalise les mitsvotes de la Torah a autant de mérite que "s’il avait fait" Hachém. Haqqaddoche baroukh Hou dit : "c’est comme s’il M’avait fait" (Zohar III, 113 a). 
Il nous est montré alors  l’exemple le meilleur de la réponse satisfaisante de l’homme à cette attente : c’est le roi David qui, dans la nuit, savait entendre la véritable nature du monde animé en permanence par le Créateur et qui, au cœur de la nuit, à minuit, entendait les chants du monde et se levait alors pour étudier la Torah jusqu’aux chants immenses du lever du jour et chantait le psaume 67 (Zohar II, 67 b). 
Il pouvait ensuite aborder les durs combats de l’existence éprouvante et retrouver sans cesse la réaction de louange dans ses psaumes au milieu de chaque épreuve de la journée. 
C’est dans la nuit et à l'heure de la solitude et des souffrances qu’il est grand de garder la ligne de l’amour et du chant d’amour. C'est simplement être "homme", "menche", en yiddish.
.../... 

Le premier verset du livre Vayiqra disait : 
Vayiqra él-Moché vayédabbér Hachém élav méohél moêd lémor
"et il appela Moché et Hachém lui parla depuis la tente du témoignage". 
Après tout ce que nous avons entendu des Sages, le commentaire de Ribbi ‘Hiya -qui relie tous les niveaux- va nous parler très clairement (Zohar Vayiqra, III 2 b). 
Il se base sur le Cantique des Cantiques 5, 1 (union-intimité-amour) :
bati lékhani a’hoti khala (je suis entré dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée),
ariti mori îm-bessami (j’ai récolté mon myrrhe et mon baume),
yaeri îm-divchi (j’ai mangé de mes rayons de miel),
chatiti yéni îm-‘halavi (j’ai bu mon vin et mon lait).
Moché est et représente l’homme idéal et le peuple juif, qui devraient pouvoir vivre dans la rencontre et  l’union (chalom) des deux dimensions du visible et de l’invisible. 
Quand la tente de la "rencontre" (ohél moêd) fut établie ici-bas comme ce lieu de rencontre entre le bas et le haut, ce fut une jour de grande joie pour Hachém et Hachém appela Moché (vayiqra) pour le rapprochement (d'où les qorbanotes de rapprochement de la part d’un homme) car il voyait que l'homme ne parviendrait pas à venir vers Lui par lui-même. C'est encore notre situation.

C’est le sens de : "je suis entré dans mon jardin, bati lékhani " et "ma sœur, ma fiancée  a’hoti khala" est Israël. 
Ensuite, les six noms ( mori  bessami  yaeri  divchi  yéni  ‘halavi) sont des expressions qui expriment la bénédiction qui se répand dans tous les mondes et qui s’unit à ce qui lui est destiné (myrrhe-baume, rayons-miel, vin-lait). Cela se réalise par la science des qorbanotes (rapprochements) avec les précisions et intentions qu’il convient d'y mettre. Même si les sacrifices nous manquent pour vivre cela, nous devons le vivre au maximum par l'étude.  Et le couplage des mots deux par deux concerne le couple des deux mondes et différentes autres unions importantes.
En ce sens, le texte continue : ikhlou réîm (mangez, compagnons), chetou vechikhrou dodim (buvez et enivrez-vous, amis)...
Les réîm, compagnons, sont les êtres d’en-haut qui parviennent, eux, à toujours être unis entre eux et à la source, tandis que le terme plus affectueux de dodim, amis, concerne les êtres d’en-bas que nous sommes et qui ne parvenons pas toujours à être dans l'union entre nous et avec le haut comme il le faudrait. Et il est souhaitable qu’il y ait union à la fois dans chaque monde et entre les mondes.
Vraiment, être Juif, c'est magnifique. Certains aiment l'art, la musique, mais rien n'a cette dimension plus que cosmique. Divine et humaine. Il a créé les cieux et la terre et l'homme. Pour le connaître et l'aimer.
Et toutes les méchancetés de l'histoire n'y changeront rien.
Cela est un extrait du commentaire sur la paracha Bé'houqotaï, ici)

 



La force de la Torah
Nos textes nous le disent: éin ôz élla Torah, "il n'y a pas de force si ce n'est la Torah". Voyez comme cela est dit dans Chir ha Chirim Rabba 2,10 et II Zohar 91a sur la paracha Yitro, et III Zohar 269a.
Cela est un extrait du commentaire sur le psaume 21, ici)


 

La soucca
Le Zohar III 130 b (Paracha Emor) développe une forme de relation à propos de la fête de Souccote. Il remarque qu'il n'est pas dit "et nous habiterez pendant sept jours dans la soucca" mais il est dit : "asseyez-vous sept jours" tachévou chivâte yamim, ce qui indique qu'il faut y être dans l'état qui est nommé "sept-jours" (une plénitude nommée sept-jours, parallèlement à "soyons ta maison") ; et cela parle des 7 grands invités qui y vivront avec nous et dont nous partagerons le niveau d'être, les ouchpizines.

Il s'ensuit, dit le Zohar, que celui qui entre dans cet état d'existence qui est "soucca" (c'est à dire notre condition si fragile et totalement-dans-la-présence-à-Hachém et dans Sa dépendance) doit réaliser qui il est, où il vit et avec qui il vit ; pour cela Rav Hamémouna Saba disait en entrant dans la soucca : "invitons les ouchpizines, venez invités d'En-haut, invités de la émouna, et il élevait les mains et il se réjouissait en disant "heureuse notre part, heureuse la part d'Israël comme il est dit 'héléq Hachém âmo". Ce texte nous indique clairement que, bien que nous sommes dans le silence et dans l'invisible face à ces présences avec qui nous constituons un seul être, Israël, qui lui-même est uni à Hachém comme une part, nous avons à nous le rappeler, à inviter la conscience de cette réalité, nous la redire et nous réjouir alors de ce qu'est notre véritable source, notre véritable être, notre véritable.

Cela est un extrait du commentaire sur la paracha Haazinou, ici)


 

La descente de la voix divine
Quelques aperçus sur ce thème dans le Zohar
- Dans le Zohar II, 31a: Voix de Hachém sur les eaux. Les bontés de D.ieu descendent dans toutes les directions nécessaires où chacun reçoit ce dont il a besoin, et parviennent à constituer l'unité optimale. Mais il y a des temps de rigueur et des temps de facilité et de dévoilement, et il faut une grande souplesse et une profonde acceptation des moments dont nous ne connaissons pas les raisons pour que le bien puisse continuer à se dérouler.
- Dans le Zohar II, 70a: tout cela est compris dans l'expression de Chémote 20: "kol haz âm roim éte ha qolote" (tout le peuple a vu les voix), lors du don de la Torah au Sinaï.
- Dans le Zohar II, 187a: (voix du déluge) quand la voix de la rigueur s'exerce sur le monde cela est terrible, et ce fut le cas lors du déluge. Et si D.ieu n'avait pas fait jouer Sa voix de ra'hamim, miséricorde en donnant l'arche à Noé, tout le monde aurait été détruit.
- Dans le Zohar III, 31b: la descente des ces 7 voix, celle des eaux c'est Avraham, celle de la force rigoureuse c'est Yits'haq, celle de la beauté c'est Yaâqov, les deux suivantes sont le duo de victoire et de splendeur, la voix du désert c'est celle du tsaddiq, la voix des biches est celle du tsédéq.
- Dans le Zohar III, 231a: les six voix de la Chékhina qui débouchent dans la septième voix des "buées" (cf. ce que nous avons vu plus hauit: havou, hével) du coeur, les voix intimes du coeur qui montent vers la bouche. Que plaise à D.ieu que nous ayions tous cette qualité ou les pensées intérieures qui vont et viennent seront comme les anges sur l'échelle de Jacob!
- Dans le Zohar III, 249a: les tremblements de la biche saisie par la voix sont les douleurs des naissances difficiles sur tous les plans et sur les plus essentiels pour la réussite de ce monde, qui est la présence réussie de la Chékhina. Et le Ciel ne peut pas le réussir sans nous et sans nos difficultés à y avancer. Mais la voix de la Torah nous y interpelle et ce sont ces difficultés d'accouchement. C'est une union difficile. C'est tout le psaume sur la biche de l'aurore.
- Dans les Tiqouné Zohar 47a: les 7 voix sont comme des fleuves de la descente de la bénédiction qui sortent du Jardin d'Eden depuis la Sagesse (sa source 'hokhma et son fleuve de sortie bina) et que l'on nomme séfirotes. Ils descendent et éclairent selon les sept versets de la prière Ana vékoa'h. (C'est pour cela qu'on le dit souvent après ce psaume). C'est la Torah qui est la voix des eaux de vie et qui est dite en beauté (tiféréte) à Moché et son visage illumine et cela est donné jusque dans les téâmim (lien ici) de la Torah. Mais cela n'est pas complet si nous ne faisons pas remonter ce flux de descente vers nous en bonnes actions et en louanges vers le Créateur.
Cela est un extrait du commentaire sur les psaumes, ici)



Les dix Sages martyrs
Les âssara arougué malkhoute dans le Zohar
I 39a : ils sont dans le 4e palais du Jardin d'Eden, ils illuminent comme personne, et c'est d'eux qu'il est dit : l'oeil humain n'a pas vu.
II 10 : une longue étude sur ce thème
II 254b : David demanda pourquoi ils eurent cette mort.
II 255a : leurs corps étaient dans les souffrances et leurs âmes dans la joie.

Les âssara arougué malkhoute dans le Zohar 'Hadache
Zohar 'Haddache 55b : la pensée humaine ne peut pas atteindre le degré qui sait ce qui s'est passé envers ces 10 Sages.
Zohar 'Haddache Eikha 113a : il n'y a jamais eu de tortures comme celles qu'ils ont subies. La punition a attendue 800 ans avant de tomber, et cela tomba sur ces Sages.

Les âssara arougué malkhoute dans les Tiqqouné ha Zohar
Page 110a : ils étaient semblables en tout aux 10 fils de Jacob.
Page 110b : ils donneront naissance à10 tribus.

Cela est un extrait du commentaire sur Ribbi Yéhouda ben Papa, ici)


 

La téchouva (retour à la Torah dans la vie):
 

Livre I 
  - Adam dit : elle est tellement grande la force de la téchouva et je ne le savais pas. Immédiatement, il commença à louer son Créateur. Zohar I 54b. 
  - quand Haqqadoche Baroukh Hou créa le monde, il ne put subsister jusqu'à ce qu'Il créa la téchouva. Zohar I 90a. 
 - à l'endroit où se place le baal techouvah, le juste complet ne peut pas se mettre, parce qu'il est plus proche de Haqqadoche Baroukh Hou,  car c'est par le coeur et avec une grande force qu'ils sont unis.Zohar I 129b et II 106a. 
 - Haqqadoche Baroukh Hou dit à la téchouva : Je veux créer l'homme dans le monde de façon à ce qu'il puisse revenir de ses fautes, sois donc invitée pour lui pardonner et réparer ses fautes. Zohar I 134b. 
 - Haqqadoche Baroukh Hou est lent à la colère envers les pécheurs pour qu'ils reviennent à la téchouva complète et  qu'ils existent dans le monde.Zohar I 140a. 
  - il n'y a pas de faute qui n'ait sa téchouva, si ce n'est celle qui porte atteinte à l'alliance. Zohar I 219b. 
 - si quelqu'un revient en téchouva et tienne bon devant Haqqadoche Baroukh Hou, c'est comme s'il n'avait pas péché. Zohar I 202b. 
  - les 'hassidim examinent leurs actes et leur coeur chaque jour comme s'ils allaient mourir et ils font téchouva devant  leur Créateur.Zohar I 220a. 

  Livre II 
 - c'est par la téchouva que l'on sait que Hachém Lui est notre D.ieu. Zohar II 26b. 
 - quand l'homme revient en  téchouva, Haqqadoche Baroukh Hou est haussé en gloire. Zohar II 184a. 
 - il n'est pas de péché qui n'ait sa téchouva. Zohar I 219b. 

  Livre III 
 - il faut que l'homme examine ses actes et les corrige pour que Haqqadoche Baroukh Hou soit nommé Miséricordieux et pardonnant et accueillant pour ceux qui reviennent. Zohar III 13b. 
  - à chaque heure, la téchouva est invitée devant les hommes. Zohar III 69b. 
  - s'il donne son âme et revient en téchouva, tout est réparé là-haut, et il est réparé lui-même et l'ensemble du monde. Zohar III  122b. 
  - quand un décrêt terrible est pris là-haut et que Israel revient en téchouva, alors Haqqadoche Baroukh Hou appelle les justes, tsaddiqim, qui se tiennent devant Lui et les informe et ils annulent les décrêts et Haqqadoche Baroukh Hou pardonne à Israel. Zohar III 183b. 
 - la téchouva est une forteresse forte. Zohar III 202b. 
  - Il n'y a pas d'amour envers Haqqadoche Baroukh Hou dans le monde si ce n'est chez celui qui revient de son péché. Zohar III 304b. 

  Tiqouné Zohar 
 - quand Israel revient en téchouva et pleure, alors immédiatement il lui est pardonné. Tiqouné Zohar 26b. 
  - si le corps ne revient pas en téchouva, l'âme s'éloigne de lui et il disparait des deux mondes. Tiqouné Zohar 76a. 
  - qui peut permettre de tenir dans une longue galoute, exil, seulement une forte téchouva. Zohar Nouveau 21b. 
  - par la téchouva, l'homme est sauvé des rigueurs du jugement et de l'accusation. Tiqouné Zohar 94b. 
  - les larmes de la téchouva percent les cieux, franchissent les portails et entrent devant Haqqadoche Baroukh Hou.  Zohar Nouveau Ruth 98a. 


(Cela est un extrait du commentaire sur la paracha Nitsavim, ici)


L'approche du livre de Routh selon le Zohar
Il ne faut jamais oublier qu'il y a les quatre niveaux de lecture dans nos textes, indiqués par les lettres du mot "pardés, paradis": le pchate ou sens littéral strict que Rachi fait comprendre exactement et qui reste toujours la base essentielle comme les fondations d'un bâtiment, le rémez ou allusion qui développe le sens symbolique, le drache ou niveau qui utilise la réflexion logique, le sod ou secret qui fait atteindre quelque peu l'intimité du texte au niveau des sens les plus spirituels. On "doit" étudier la Torah selon les 4 niveaux, mais avec cette prudence de privilégier toujours la base du pchate. Ceux qui pensent être capables d'aller comprendre le sod sans cette base ne feront que des erreurs.
La base est toujours le commentaire de Rachi. Comme nous le présentons continuellement sur le site, nous allons prendre une autre approche. Le commentaire du Gaone de Vilna sur le Cantique des Cantiques est aussi essentiel. Nous allons nous base cette fois sur le commentaire du Zohar.

Par exemple, quand le Zohar (Tiqoun 31, page 75b) nous indique que, dans notre être, ce qui est dit de Orpa concerne plus le niveau du crops, Routh le niveau du néphéche ou personnalité, Naomie le niveau de la néchama (Zohar I 80b et Zohar Routh 92a et 95b), on n'est pas plus avancé quand on n'a pas étudié comment ces niveaux sont articulés entre eux dans le judaïsme. Ou que les principaux personnages réfèrent aux lettres du Nom de D.ieu. Mais le Zohar comporte de nombreux commentaires qui sont de l'ordre du nigla, de l'apparent compréhensible.
Par exemple, il nous indique qu'il faut chercher à comprendre ce qu'est David à travers cette histoire généalogique (Zohar Hadach Routh 95b).
Ou que le projet dont Elimélékh et Naomie étaient porteurs a échoué temporairement par la mort corporelle de leurs fils, parce qu'ils avaient épousé des non-juives s'adonnant à l'idôlatrie et sortaient donc de la possibilité d'engendrer ce dont ils étaient porteurs (Zohar Hadach Routh 99a-b).Cela nous permet de comprendre comment la suite de l'histoire va récupérer cet égarement jusqu'à être capable d'enfanter David. Là, nous pouvons mieux nous interroger.
Et comprendre que c'est un retour total à la Torah, si bien qu'on lit Routh lors de la Fête du don de la Torah, Chavouôte (ibid. 104b).
- Quelles sont les qualités que nous dépeint le texte qui ont permis l'accession à ce niveau (pudeur, tsédaqa...). A vous d'y réfléchir.

Exemples dans le Zohar:

- Elimélékh
Il était un des grands de la Torah dans sa génération aurait pu faire aboutir le projet. Cherchez pourquoi. Il ne l'a pas réussi parce qu'il a fui tout de suite devant la difficulté de la famine (ibid. 92a-95a) au lieu d'affronter la situation pour le peuple. Il avait les capacités pour cela et pour protéger et sauver la génération (dor) des rigueurs du jugement (dine). Nombreux sommes-nous à faire cela devant les difficultés d'Israël et partons à l'étranger (lagour bein ha oumotes, habiter parmi les nations) ibid. 94a. Il n'a pas évité le drame, et ses enfants sont morts. Et il est nommé et eux comme responsables.En effet, ils étaient le niveau le plus élevé de la génération et pouvaient donc la sauver (Zohar 1, 80b). Mais devant les besoins du peuple affamé, il préféra sauvegarder son capital et partir à l'étranger. Comme me disaient quelqu'un en cette situation: "je gagne tellement d'argent que j'en ai honte. Et pourquoi irai-je en Israël? C'est le pays où on devient millionnaire facilement, ce qui veut dire que tu arrives milliardaire et tu te retrouves en un rien de temps seulement millionaire". Voilà un enseignement profond: est-on ou non serviteur du peuple?

- Boaz
C'est un grand du peuple, un juge selon la Torah, un dayane. Et son regard était droit et bon (tov ayine), et il n'utilisait pas la force contraignante qu'il aurait pu utiliser. II Zohar 218b.C'est bien le souvenir que tous ont du dayane le Rav Chalom Messas qui se fatiguait dans ses sentences pour aimer et sauver le peuple.
Sa force (car son nom bo âz signifie "la force en lui"), le texte nous montre qu'il l'utilisait pour dominer ses propres tendances (I Zohar 93b et II Zohar 91b et III Zohar 280b) et pour cela il est nommé tsaddiq.
Le couple de Boaz et Routh fut tellement pur et beau qu'ils ont mérité 7 bénédictions dans le texte (Routh 4,11); comptez-les. Ce sont les 7 bénédictions, les Chévâ bérakhotes du mariage (Zohar Routh 108a).

Orpa
Elle fut une convertie (guiyoréte) pendant une petite période puis elle a abandonné et est repartie. Elle ne se réadapta pas, déchut (Zohar Routh 99b) et ses enfants s'opposèrent à David qui les vainquit. Leçon. Elle était donc proche du peuple d'Israël comme le êrev rav qui a suivi les Hébreux dans le désert, pour le malheur d'Israël alors et depuis (Tiqouné Zohar 31 page 75b). Elle y était mais dans la dureté, on retrouve encore parfois ces tendances (Zohar Routh 95b).

Routh
Elle s'appelait d'abord Guilite et était la fille du roi Eglone de Moav ((Zohar Routh 95b et III Zohar 190a) et prit le nom de Routh quand elle épousa Ma'hlone, le Juif, et se convertit (Zohar Routh 96b). Et quand son mari juif mourut, elle resta fidèle à la Torah totalement par elle-même. Pour cela on dit qu'elle se convertit vraiment quand elle alla seule avec Naomie vers la terre d'Israël (leçon pour les convertis). Zohar III 190a.
Naomie a vu cette qualité de Routh et lui recommande de se marier avec quelqu'un qui vit vraiment dans la Torah, un tsaddiq, pour enfanter des enfants de leur qualité, et elle lui indique où elle peut en rencontrer (Zohar II 218a). Et c'est seulement alors quand elle fut unie à un tel homme, et non pas seulement par sa conversion, que sa qualité parfaite de juive (kéchéra) fut manifeste (Zohar Routh 104b). Et en cela, elle a réussit aussi le tiqqoune, la correction positive de l'âme de son mari Ma'hlone (Zohar I 188b). Et, pour atteindre ce but, elle garda sa pureté totale car elle alla avec les femmes, les néârotes, et non pas avec les néârim, les jeunes gens, comme on le lui disait pourtant pour l'éprouver. Pourtant, quand elle comprit qui était son époux, elle n'hésita pas et y alla directement vers lui avec audace.
Elle a démontré une capacité remarquable de gestion personnelle et le Zohar dit qu'elle personnalise la personnalité intellectuelle et de réflexion (néféche sikhlite), (Zohar Routh 95b).
Pour toutes ces qualités, on dit qu'elle est nommée Routh par un jeu des lettres (reiche, vav, tav) de son nom qui forme les lettres Tor, ce qui veut dire la Torah (Zohar Routh 95a).
Mais, ainsi que nous l'avons vu pour Boaz, elle mena toute son affaire non pas seulement intelligemment, mais avec un regard pur, droit et bon, ce que l'on appelle le bon oeil (ayine tova). Et cette capacité unique et rare permit la descente de la bénédiction car c'est cela la vraie modestie et humilité (ânava) sans aucune effronterie ni arrogance ni prétention personnelle (II Zohar 217b-218a). On voit que c'était la qualité de Moché rabbénou. Et, pour cela, elle mérita non seulement la bénédiction pour elle mais aussi pour sa descendance. Et de cela naquit David. Plus encore, elle mérita d'enfanter dans sa descendance le roi Chélomo qui écrivit le Cantique des Cantiques où il est dit à propos d'elle : comme une rose au milieu des épines (ké chochana bein ha 'hohim, ch 2); en effet, le parfum de la rose parvient à sortir même des épines qui l'entourent, et ces épines étaient les nations du monde qui enfermaient cette perle (Zohar Ruth 96b).
On comprend maintenant que le Livre de Ruth soit situé dans le Tanakh, immédiatement après le Cantique des Cantiques (Chir ha Chirim) qui lui-même est une résurrection après le Livre de Job (Yov). Il est situé dans la 3e partie du Tanakh (les Ecrits ou Kétouvim, après la Torah et les Prophètes, Néviim). C'est le 29e livre sur les 41 du Tanakh.

(Cela est un extrait du commentaire sur le livre de Routh, ici)


Les rites de fin du repas
Commentaires

Le Zohar insiste en de nombreux passages sur le côté obligatoire et l'importance des mayim a'haronim car l'impureté du côté négatif se place sur les extrêmités des doigts (pour cela aussi nous faisons nétilate yadayim au lever), et c'est le motif pour lequel on ne fait pas de bénédiction pendant cet acte.
Le Zohar utilise de nombreuses fois l'expression: mayim a'haronim 'hova (est obligatoire). c'est aussi comme une part accordée à ce mauvais côté lorsque nous jouissons, afin de nous détacher plus facilement de ce qui n'est pas bien.
Le Ari insiste sur le fait de ne pas s'interrompre entre les mayim a'haronim et la bénédiction finale. Il a décrit un "maassé" (un événement éclairant): des ennuis survenus pour la parole entre les mayim a'haronim et la bénédiction du repas, en ce qui le concernait, bien que fussent des commentaires sur la Torah; il souffrit en particulier, alors, de l'épaule. Il comprit la source du mal car l'épaule en hébreu (katef) a les même lettres que le mot "immédiatement après" (tékhef) mais dans un autre ordre (Siddour Iche matslia'h, du Rav Mazouz).
Le 'Hida commente les mayim a'haronim dans différents ouvrages. Il dit qu'il ne faut négliger d'aucune façon les mayim a'haronim car sa pratique allonge la vie et la qualité des années.
Ses écrits éclairent le lien des mayim a'haronim avec les noms divins; ce n'est pas le lieu d'étudier cela ici mais les étudiants avancés trouveront plus bas les références.

Pour comprendre qui sont les Tossafistes, commentateurs de France, juste après Rachi, voir ce lien-ci

Pour étudiants avancés
Voici des références précises pour trouver les textes essentiels où approfondir l'étude:
Talmud. Bérakhote 46b. 53b. Irouvine 17b.
Le Tour. Ora'h Hayim 162. 166. 179. 181. Yoré Deâ 135.
Choulkhane Aroukh. Ora'h Hayim 179. 181. 197.
Michna Béroura. 162,72. 163. 179. 181.
Ben Ich 'Haï. paracha Nasso, Béaâlotékha. Chéla'h. Qora'h.

Zohar II 154b. 265a. 266b.
(Cela est un extrait du commentaire sur la bénédiction en fin de repas, ici)


L'importance de la lune dans le judaïsme:
- Traité Chabbate du Talmud 75a
: " celui qui connaît l'astronomie et ne la pratique pas (pour toutes les raisons que nous avons vues) ne mérite pas qu'on parle de lui... c'est de lui qu'il est écrit: "ils n'ont pas d'attention pour l'oeuvre de Hachém, ils ne voient pas le travail de Ses mains ("Vé éte poal Hachém lo yabitou ou mùaâssé yadav lo raou". Isaïe 5,12). Des Sages du Talmud disent qu'ils connaissent le ciel astronomique aussi bien que les rues de leur village. Et, dans ce contexte, le Talmud (de Jérusalem Avoda Zara 3,1 et aussi bien que le Zohar décrivent la terre comme étant un globe rond, avec les habitants en position inversée aux antipodes, combien de siècles avant la science occidentale!


Quelques références pour approfondir:
- Béréchite 1: la création de la lune le 4e jour, avec l'absence du vav dans le mot méorote.
- Rambane sur Béréchite 1,14.
- Tour et Choul'hane Aroukh, etc. Chaâré téchouva, Michna Béroura, et Choute, sur Ora'h 'Hayim 426.
- Zohar I 46b: la dévéqoute d'Israël à Hachém est comme la lune.
Zohar I 192a: le rapport de la nouvelle lune et de David.

Zohar I 34a et III 281b: le sens des différentes phases de la lune.
(Cela est un extrait du commentaire sur la bénédiction de la lune, ici)


La célébration du mariage
Le sens du passage de la bague

- Les Tiqqouné Zohar (10, page 25 b) disent , en araméen, qu'il n'y a de qéddoucha que lorsqu'il y a 10 personnes (vélét qédoucha béfa'hote méâssara dé ihi youd) et cela est représenté par la lettre youd (qui vaut 10 en hébreu, où l'on ne compte pas par les chiffres arabes mais par les lettres hébraïques).
- Cette lettre youd  commence le nom de youd qé vav qéet les dynamiques qui s'y déroulent. 
- Cette sainteté qui descend (le youd) s'ouvre et se déploie  sous la forme de la bague qui est référée à la forme de cercle clôt qui dessine  la lettre mém sofite. C'est par cela qu'est consacrée l'épouse (ba itqadéchate kala)  et il faut placer la bague sur son doigt qui est à l'image de la forme allongée et dressée de la lettre vav (déihi dioqna déat vav), c'est comme  un youd qui descend. Les deux premières lettres du Nom sont maintenant déployées.
- Il faut aussi 2 témoins qui correspondent à la présence des 2 dynamiques des deux lettres qui sont dans le nom divin (vé tsarikh térine sahadine déinoune laqavél qé qé) . Le Nom est alors complet : youd qé vav qé.
- Et il se fait alors que la bague, au bout du doigt, fait que le doigt-vav ressemble alors à la lettre zayine qui est comme un vav couronné (vékhad ihi tabaâte bérécha déétsvéâ véitâvidat zaine) ;

- Dans cette dynamique (comme la lettre zayine vaut 7), il faut bénir le couple par les 7 bénédictions (béhahou zimna tsarikh lévarekha la béchévâ birkhaane dé yatra khala).

Notre rôle
Cette petite étude nous montre la grandeur des évévements à la fois divins et humains qui s'unissent et se déroulent sous la 'houpa.  Notre attention, notre concentration, notre pureté comme spectateurs et communauté sont très importants pour accompagner et faciliter ce flux de la présence divine qui se réalise en ces deux êtres qui retrouvent leur unité initiale et pourront porter tous leurs fruits
Pour le comprendre encore plus joyeusement, je vais vous raconter une belle histoire. Je m'interrogeais l'an dernier sur le sens du fait que la chékhina soit liée tellement au nombre 10 ; après une semaine infructueuse de recherche comme avec une lampe orientée en tous les sens, je me dis : je vais aller chercher dans l'immense réserve des livres de la bibliothèque de l'Université ; je traverse des rangées et des rangées d'étagères de livres à la recherche d'un titre qui pourrait parler du sujet et, tout-à-coup, parmi des livres anciens et poussiéreux je vois une petite reliure en parchemin sans nom, intrigué par ce livre ancien, je le tire et ouvre une page au hasard et quel fut mon choc de lire en hébreu : "pourquoi la chékhina est-elle liée à la présence de 10 personnes", avec la réponse "parce que si chacun est dans sa plénitude et reconnait les autres dans leur plénitude (1x1 puix 2x2 puis 3x3, etc. ), la somme de la plénitude totale des 10 fait alors le nombre de 385, ce  qui est le chiffre de la chékhina" ! Vous pouvez le vérifier. C'était un livre d'un 'hassid rhénan du Moyen-Âge. Cela me confirmait le verset des psaumes 119, 105 : ner lé ragli dévarékha (Ta parole est une lampe avec laquelle on recherche, et alors tu donnes...) véor lénétivati (la lumière éclaire mon chemin).
Il nous faut donc non seulement être autour des fiancés mais essayer de l'être chacun dans notre plénitude, et qui est différente pour chacun, et être tous ensemble, et reconnaître la plénitude de chacun des autres, et alors la chékhina les couvrira de sa présence. Si nous y parvenons à 10, quel niveau, quel bonheur !
Voilà pourquoi les époux ont besoin de leurs amis autour d'eux.

Mieux comprendre le rapport de la bague de mariage et de la lettre mém
Ce qui est dit plus haut de la lettre mém en forme de bague a dû éveiller une question ; vous n'êtes pas tombé dans le piège de dire : "dans tous les peuples il y a une bague d'alliance" mais vous vous êtes demandé "pourquoi on nomme cela par la lettre mém en hébreu ?"
Voici la réponse.
- Les Tiqqouné Zohar (5, page 19 a) disent que la bonté divine qui a créé le monde a pris la forme d'un simple point (néqouda) qui est celui qui se trouve dans la première lettre de la Torah, dans le béit ; c'était tout le contenu et le programme qui allait se déployer, tout le potentiel, comme une matrice fermée (image que j'ajoute pour faire comprendre), la lettre mém sétima, forme fermée comme le dessin d'un rond ou d'un carré.
- Ceux qui étudient les parachiyotes sur le site Modia savent qu'il faut aller trouver ailleurs la clef suivante du jeu de piste. Les Tiqqouné Zohar disent que nous la trouvons en Isaïe 9, 6 où est présente une anomalie : dans le mot lémarbé, le mém qui devrait être simple est en gros caractère pour attirer l'attention et c'est notre mém sofite qui ne devrait se trouver qu'en fin de mot. La tradition de nos Sages nous donne toute la solution de ces problèmes qui vont éclairer ce qu'est cette bague juive.
Voici ce que dit ce passage d'Isaïe : "un enfant nous est né, un fils nous est accordé, la souveraineté repose sur son épaule et on l'a appelé conseiller merveilleux, héros divin, père de la conquête, prince de la paix. marbé hammisra ou lé chalom eine qéts, pour déployer est son rôle et une paix sans fin". Evidemment l'hébreu est plus fort et beau que cette traduction. 
Chacun y voit tout-de-suite la pertinence entre ce texte et la réalité florifère de ce nouveau couple. Mais il y a plus encore.
Le mot lémarbé a la guématria 277 de êzér, aide, qui est le terme donné à chaque conjoint dans le couple juif ; et également de zérâ, semence d'engendrement.
Le mot hammisra a la guématria 456 de tiqqoune (réparation) qui est véritablement ce qui se produit par un mariage.
Et les Tiqqouné Zohar indiquent que cela se déploie en 7 couleurs (ce sont les 7 bénédictions). Il ajoute que les bijoux en sont l'expression.
(Cela est un extrait du commentaire sur la célébration du mariage, ici)


Ribbi Chiméône bar Yo'haï

Sa grandeur exceptionnelle
-  HQBH décrète des décisions terribles et  Ribbi Chimeône les annule (8 a). Ribbi Chimeône éclaire tout et sa lumière ne s'éloigne pas de nous. (II 86 b). Il éclaire tout le monde entier par la Torah (I 156 b). Sa sagesse se diffuse en toutes les générations (III 219 a).Il était comme un feu et nul ne pouvait s'en approcher sans en avoir obtenu la permission (III 187 b). Il n'y aura aucune génération jusqu'à la venue du Machia'h comme celle de  Ribbi Chimeône (III 58 a) et le monde subsistera jusque là grâce à cette génération (II 9 a). Tous les hommes sont en comparaison de  Ribbi Chimeône comme tous les prophètes en comparaison de Moché Rabbénou (III 278 a). Ceux qui ont vu  Ribbi Chimeône ont vu l'ensemble de et toute la joie qu'il y a ici bas et dans les mondes d'En Haut (I 156 a).

Ses qualités
- Aux jours de Ribbi Chimeône, tous les étudiants de la Torah s'aimaient et c'est pour cela qu'ils ont mérité de recevoir la connaissance des secrets de la Torah. (II 190 b).
- Son souci premier était l'yunion entre les Juifs (III 295 b).
- Il dit : j'ai compris que mon épouse est morte, car je ne ressens plus sa présence ( III 170 a).
- Tout ce qu'il disait se réalisait et dans la beauté (II 104 a).
- Il est comme un rocher sur lequel le monde s'appuie (II 97 b).

Son importance
-  Ribbi Chimeône tu es important pour les cieux et tu es aimé de HQBH. (II 187 b).  Elie lui dit que toutes ses paroles étaient inscrites devant HQBH (Zohar Hadadache Chir ha Chirim 76 b). Dès le début de la création du monde, HQBH est resté en présence de  Ribbi Chimeône (III 61 b). Dans la Yeshiva d'En Haut, HQBH cite des enseignements de  Ribbi Chimeône qui éclairent de façon nouvelle la Torah (III 241 b). Il lui a été permis de dévoiler des secrets de la Torah qui seraient restés cachés sans lui (II 9 b et en de multiples endroits). Celui qui n'est pas relié à  Ribbi Chimeône est comme s'ilétait coupé de tout (II 86 b).

Son rôle protecteur
Il a des justes dans le monde mais aucun ne protège comme lui (II 292 a).
Dans sa générations, même les bébés ont bénéficié de sa sagesse supérieure (III 171 a) comme les montagnes que sont les patriarches (III 206 a).
(Cela est un extrait du commentaire sur la fête de Lag ba Omér, ici)


 

La famille et la communauté

La direction sûre du travail de purification : de soi à la famille et à Israël
Le Chla nous transmet des textes du Zohar et dit, par là, qu'il est possible de nous appuyer sur un texte du Zohar quand il transmet un éclairage simple mais non pas des sens ésotériques incompréhensibles pour les non-initiés. Le Zohar II 182 b fournit la solution de cette énigme apparente de la Torah.
Il est écrit (en Vayiqra 16, 6, 11, 17) que "Aharone a rapproché-sacrifié le bétail immolé pour la faute et il a sanctifié pour lui-même et pour sa maisonnée (véhiqriv Aharone éte par ha’hatate achér lo vékhipér béâdo ouvéâd béito). 

Cela nous explique qu'il devait donc 
- d’abord se sanctifier lui-même et 
- ensuite le faire envers sa maison, sa famille. 
Ainsi pour toute sanctification, elle doit d’abord s’exercer par cercles concentriques, depuis l'intérieur vers l'extérieur : d'abord envers soi-même puis, par marches et paliers, s’exercer ensuite envers la famille et aller jusqu’à Israël, nous allons le voir. Strictement dans ce sens. Le travail de purification demandé ne commence pas par des grandes théories politiques ou religieuses lancées contre les autres.

C'est pour cela que sur le site Modia une grande importance est donnée à toutes les dimensions psychologiques et existentielles de la vie pour que la qédoucha y réside.
Ainsi en est-il également pour la démarche envers Israël qui est knéssète yisraél, la communauté d’Israël, la "maison d’Israël" ; de là, de cet intérieur se fait la remontée pour atteindre les jours saints d’En-Haut. Et le rapport de progression, à ces niveaux élevés est dans un rapport progressif de 1/7 : six marches avant de parvenir à un palier, six jours avant de parvenir au chabbate de la semaine ; ainsi, de même pour ce que nous devons faire : c’est de remplir nos jours d’ici-bas de la sainteté, de la qéddoucha d’En-Haut pour que, de jour en jour, lentement et modestement, nos semaines soient pleines et soient rapprochées de la qéddoucha.

Le second passage du Zohar qui traite de ces questions (III, 95 a) décrit cette réparation comme une demande de la part de Hachém envers knéssète yisraél, la communauté d’Israël. Lisons le verset du Cantique des Cantiques (Chir hachirim 5, 2) : "je dors mais mon cœur veille, la voix de mon bien-aimé frappe à la porte et Il dit : ouvre-moi, ma sœur, mon aimée, ma colombe, ma parfaite, car ma tête est pleine de rosée...".
C’est la knéssète yisraél qui parle et elle dit qu’elle reste en état de veille dans la dispersion d’Egypte et dans les souffrances de l’esclavage ; et le Bien-aimé, c’est Haqqaddoche baroukh Hou qui se souvient de Son alliance.
Il dit "ouvre-moi, même comme la petite ouverture qu’il y a dans une aiguille et, alors, Moi Je t’ouvrirai en grand les portails d’En-Haut ; c’est toi seule qui peut ouvrir Mes portails et si tu ne le fais pas, Je resterai fermé et on ne Me trouvera pas. Ouvre-Moi donc pour qu’on puisse s’unir pour toujours". C’est ce qu’a dit David dans le verset du psaume 118 : ouvrez pour moi les portails saints... c'est le portail pour Hachém,  pit'hou li chaâré tsédéq, ... zé hachaâr laChém.
Le Chla dit que cela suffit d’avoir parlé ainsi. Celui qui voudra vivre vraiment cette réalité d'union que D.ieu révèle à Son peuple Israël y trouvera la voie, en les méditant et en les vivant.
(Cela est un extrait du commentaire sur la paracha Emor, ici)



La mort des femmes et de l'épouse
Il y a des parties du Zohar qui ne traitent pas du secret mais du sens premier (le nigla, le découvert), c'est cette partie que nous présentons ici.
Le Zohar réfute l'idée que l'on ne parlerait pas de la mort d'autres femmes dans la Torah (Ra'hel, Béréchite 35, 19; Myriam, Bamidbar 20, 1; Dévora 35, 8...) mais la différence est qu'on ne nomme pas le nombre des années de leur vie et qu'une paracha entière ne leur est pas consacrée en titre.

Ce qui est particulier ici, c'est la description de cette lutte si longue pour le couple (les enlèvements successifs de Sara) et pour parvenir à avoir des enfants. 
Cela nous apprend combien la difficulté est placée par la Torah comme une dimension normale de l'existence ; davantage encore, comme un signe de l'épreuve des tsaddiqim pour qu'ils s'élèvent dans la pureté, la qéddoucha et la confiance.

De plus, la tradition ose insister sur le fait que la Chékhina (présence divine) ne règne vraiment en plénitude que lorsque l'homme se marie et parvient à avoir des enfants (Zohar I, 122 a). Elle reconnaît même la douleur intense, dramatique et effective du manque dans une expression dramatique dans son image : kol adam ché eïne lo banim hachouv kéméte (tout homme qui n'a pas d'enfants est dans la situation d'un mort, Nédarim 64 a).


La chira, le chant
Quelques références du Zohar sur la Chira:
"La" perle: Moché a dit la chira au féminin envers "la" Chékhina (III 201a). Que notre civilisation qui avilit sans cesse (toutes les publicités et l'habillement, etc) la femme médite cela, de même que le judaisme met la terre d'Israël et la Torah et Jérusalem au féminin.
- R. Elazar et Abba entendaient les chants des arbres et les versets des psaumes qu'ils disaient (I 7a).
- Toute créature a son chant (I 123a).
- Les chants des cieux (Zohar Hadach Béréchite 10b).
- Les chants des étoiles (I 188b-189a et II 10a).
- Le chant de l'âne (III 201a).
- Les chants des fruits (I 17a).
- Les chants du début de la nuit (I 92a).
- Les chants des anges, la nuit (I 207b). Le jour ils disent un chir, le matin chéva'h, la nuit un zémer (III 32b).
- Comment HQBH reçoit bien nos chants de la nuit (I 27b).
- Les chants du matin (I 40b et I 231b et II 196a et III 64b). Et par l'homme le matin (I 189a).
- Les chants au lever du soleil (II 176a).
- Les chants de la terre et du ciel ajoutent la force (II 18b).
- La chira de la terre (Zohar Hadach Berechite 10b).
- La chira de Dévora et Hanna (III 19b).
- Dans la chira de Moché, les mots vinrent se présenter devant lui les uns après les autres (III 284b).
- Les chants d'Israël sont qadoche, de la sainteté (II 18b) depuis en haut jusque vers le bas (III 287b).
- C'est une bonne voie que de demander par les chants et louanges (II 178a).
- Le chofar est un chant (I 198a).
- On sort de la galoute (dispersion) par des chants comme d'Egypte (Tiqouné Zohar 21, 51b).
- Il y a des palais d'En-haut qui ne s'ouvrent que par le chant (Tiqouné Zohar 11, 26b).
- Ceux qui savent louer par le chant, leur prière est toujours entendue (I 73a et 178b).
- Les dire avec crainte, yirea (II 202b).
- Chanter, le chabbate (III 272b).
- A l'avenir, les chants iront de haut en bas et de bas en haut (III 286a).
- Quand HQBH se vengera des nations, il y aura des chants (I 124 a).
Cela est parfaitement résumé dans le Zohar II 196a, sur la paracha Vayaqhel de Chémote: "ilmalé divené âlma atimine libba ou sétimine âyénine la yakhline léméqem miqal néîmta dégalguéla déchimcha kad natel, Si les humains ne se fermaient pas leur coeur et ne se fermaient pas leurs yeux, ils ne pourraient pas soutenir la voix des chants lors de la réapparition du soleil". Ce texte se dit dans le Tiqoune des Chélocha michmarotes. Ouvront nos coeurs et nos yeux et nos oreilles, Ecoute Israël, Chémâ Yisrael!
(Cela est un extrait du commentaire sur le chant, ici)

Seconde étude sur le chant dans le Zohar
Nous pouvons synthétiser la question de la place du chant et de la musique dans le judaïsme par les motifs suivants  :
- les Tiqouné Zohar 51b disent : "du nom de Hachém sort la prière qui est la Chékhina ... La Torah monte par le chant, la chékhina monte par le chant... Israël sort de la dispersion de l'exil par le chant (Yisrael salqine migo khalouta vénigouna). C'est pour cela qu'il est dit : Az yachir Moché ou véné Yisrael éte ha chira..., alors chantera Moché et les fils d'Israel ce chant (Chémote 15).
- le chant apparait donc intrinséquement lié à la prière, à la vie divine, à la relation au Créateur, à Sa présence,
- mais aussi au processus d'amélioration du monde, c'est lui qui permet le tri des forces positives et négatives, il en est un moteur.
- pour ces motifs les hébreux chantent le cantique après la sortie de la Mer Rouge, et ils le chantent au futur car le chant libère du passé, assure le présent et atteint l'avenir ; voyez pour cela les commentaires multiples sur Chémote 15, 1.
- le Talmud Yoma, pages 38a et b, blame Hougros qui était le plus expert dans le chant de la Torah à tel point que les auditeurs s'évanouissaient en l'entendant mais ne voulait pas transmettre son savoir.
- le Talmud Soucca 55a donne la liste des psaumes que chantaient les Lévi au Temple. C'était leur fonction en même temps que d'enseigner la Torah au peuple. Nous comprenons par là que ces deux fonctions sont essentiellement liées, par nature. Ils soutenaient aussi ceux qui montaient vers Jérusalem en pélerinage ou pour y apporter leur sacrifice et qui étaient épuisés par le voyage ; à l'entrée de Jérusalem, ils avaient établi un stand avec orchestre et choeur ; combien ce serait beau que cette initiative soit remise en activité.
- le Talmud Avoda Zara 24b nous montre aussi que toute la création chante même si nous, les humains, nous ne percevons pas ces chants. Ainsi, en I Samuel 6, 12 il est dit que les vaches qui tiraient l'arche marchaient directement (vayicharna) et les commentaires expliquent cela en disant que ce mot a été choisi parmi plusieurs pour dirent qu'elles chantaient (chir). Les textes (Chmote 15, Isaïe 12) ou psaumes (93, 98, 99 qu'elles chantaient sont alors cités. Le Zohar reprend largement ce thème.
- cela étant compris, notre modèle d'action, d'étude et de prière qu'était le roi David exprimait toute sa parole en chant : ce sont les psaumes qui rassemblent toute l'activité humaine, tous les sentiments, toute l'explication de la Torah (et non seulement des demandes intéressées) pour en faire un chant.
- enfin, plus que tout, le Chir ha Chirim, le Cantique des Cantiques est en ce sens toute la Torah et tout l'amour du Créateur pour la création exprimés sous forme de chant : "LE chant" supérieur à tous les chants.

Lisez aussi le Cantique de Myriam à la fin du Cantique de Moché (Chémote 15) et le Cantique de Dévora (I Juges 5),
le Cantique de 'Hanna (I Samuel).
(Cela est un extrait du commentaire sur le chant, ici)



L'efficacité de la prière du pauvre

Rachi souligne que tout est suspendu à la prière de ceux qui ont l'humilité, car elle seule est agréée en haut (marom) et par elle la terre subsiste toujours (haarets léôlam ômédét, Qohélét 1,4).
C'est la prière du pauvre qui est écoutée car Hachém écoute la voix des larmes (Psaume 6,9) et le Zohar dit que la prière en larmes arrive devant le Trône de Gloire avant toutes les autres et toutes celles des grands tsaddiqim:
-
"La prière avec des larmes entre devant D.ieu et il n'y a pas de portail (vélét tareâ) qui l'arrête, et jamais les larmes ne reviennent à vide" Zohar I 132b.
- "Devant celui qui verse des larmes, il n'est pas un seul portail qui ne s'ouvre et ne laisse entrer ces larmes" Zohar II 12b et 165a.
- "Dans la galoute, la dispersion de l'exil, tous les portails sont cadenassés et il n'y a pas d'endroit par lequel les prières peuvent monter jusqu'à ce que celui qui pleure ouvre ces portails" Tiqouné Zohar 26b.
(Cela est un extrait du commentaire sur le psaume 102, ici)



La mort-sacrifice des fils d'Aharone

Nous constatons que ces fils sont morts dans une relation de "sacrifice"
Et, si le texte (16, 1) l'exprime par ces mots : "dans leur rapprochement-sacrifice" (béqorvatam lifnéi Hachém), c’est pour dire qu'ils ne s'agit pas seulement de la réalisation d’un sacrifice mais d’un sacrifice caractérisé par l’intensité de leur proximité avec Hachém, ou de leur trop grande proximité avec Lui.

Ajoutons d’autres éléments en ce sens :
- cet épisode ouvre le passage sur le rite de Kippour, sacrifice mortel où le peuple reconnait ses fautes, se sacrifie et déplace l’immolation effective sur un autre qui est sacrifié (séir lé âzazél, le bouc émissaire).
- Moché lui-même parle en termes élogieux de Nadab et Abihou quand il explique à Aharone leur mort ;
- il n’est pas dit d’eux "qu’ils ont été exterminés de l’assemblée" (Bémidbar 16, 33) alors que cela est dit de la bande de Qora’h qui est exterminée : (vayovedou mi tokh ha qahal) comme le souligne le Zohar (III, 58 b). Il tire de là qu’ils sont disparus seulement comme corps mais non comme néchama (âme).
- Nadab et Abihou sont également loués dans les termes des psaumes (116, 15) : "elle est précieuse aux yeux de Hachém la mort de ceux qui l'aiment". Et le Zohar utilise même, en un jeu de mots, les termes du Cantique des Cantiques 1, 3 pour décrire leur acte: (âlamote ahévoukha, al-amote, les jeunes filles t’aiment, sur la mort).

Relier les deux lectures opposées
Dans le judaïsme, la vérité est dialectique et complexe comme l'est donc la composition du mot "émét, vérité", composé de la 1e lettre de l'alphabet, de la lettre finale et de la lettre du milieu.
Il faut donc tenir compte simultanément de ces deux grandes lectures (la mise en garde et l’éloge) pour découvrir le message que la Torah veut nous dire avant de nous enseigner le détail des pratiques qui nous sont nécessaires pour devenir qéddochim, saints ; approchons-nous de ce message.
Une question importante est ouverte par la Torah : le lien avec Hachém étant un lien de vie, et les fils d'Aharone ayant accompli un sacrifice-rapprochement comme il le fallait, sont-ils morts pour la faute d'une transgression ou par un excès qui amenuiserait quelque peu la valeur de leur geste ?
Certes, sur le plan de l'acte visible (le nigla), ils seraient morts pour avoir enseigné une halakha en ce lieu et en ce moment, alors qu'ils ne pouvaient le faire en cet endroit (Traité Erouvine 63) ou pour n’avoir pas respecté toutes les précautions nécessaires quand on touche à la sainteté.
 
Mais, la suite du texte du Zohar nous le montre, le sens véritable ne serait pas celui de l’interdit transgressé mais celui d’un ajustement incertain car il y a des lieux et des temps où c’est la rigueur qui est en action et il en est d’autres où c’est Ra’hamim, la miséricorde ; il est des temps où Hachém est proche (psaume 145, 18) et des temps où il est éloigné (Yermiyahou,Jérémie 31, 2). Nadab et Abihou n’ont pas connu suffisamment ces dispositions et secrets des lieux et des temps que leur père, lui, possédait.
C'est une  allusion aussi (III 59 b) au fait qu’ils étaient deux hommes alors que, selon le Zohar, ce qui  permet  aux humains de pressentir la présence divine (Chékhina), c’est le mouvement du couple, du masculin et du féminin (à travers les mouvements des kérouvim, chérubins, sur l'arche de l'alliance).


Aharone savait attendre ce mouvement des kérouvim et s’y soumettre. Il ne fallait s’approcher de cette sainteté que dans l’union du masculin et du féminin au niveau le plus pur ; et les commentateurs soulignent aussi que Nadab et Abihou étaient une seule âme (néchama) masculine en deux corps et ils ne pouvaient donc pas participer véritablement à cette dynamique duelle ; ils ne trouveront cette altérité de masculin au féminin que lorsqu’ils se réuniront dans la seule néchama de Pin’has qui trouvera femme. C'est un enseignement trop complexe pour le détailler ici.
Ainsi, par certains aspects, Nadab et Abihou étaient parfaitement dans la direction de ce que Hachém demande ; mais, par d’autres, ils n’étaient pas en mesure d’assumer cette fonction. Cet épisode tragique nous enseigne l'importance des règles internes de ce qui concerne la sainteté. D'où le rôle important des véritables Sages dans le peuple juif, qui connaissent la complexité de la vérité de la Torah, du éméte.

L'enseignement qui en découle
Nous comprenons maintenant le lien entre l’ensemble des enseignements : 

1. Ces deux fils nous sont donnés comme exemples positifs en raison de l’intensité de leur désir et de leur amour envers Hachém, qui est le différent, l’autre, le séparé, le qaddoche et que nous rejoignons en faisant ce qu’Il nous demande et en étant davantage proche de Lui puisque nous sommes profondéments faits à Son image. Et, à ce niveau, ils sont exemplaires car Hachém demande les cœurs, notre amour, de l’aimer de toute notre être, de tout notre cœur et de tous nos biens.

2. Mais il ne faut pas nous laisser mener par la seule puissance du désir, le meilleur soit-il ; et toute la science que Hachém nous a transmise par Moché est l’art de nous mettre en relation avec Lui sans être brûlé ni détruit dans le corps (car l’âme resterait inaltérable). Moché a transmis cette science à Aharone et à Yehoshua. Voyez ici la chaîne de la transmission.
Cet épisode est donc bien placé pour nous apprendre les pratiques qui feront de nous des "qéddochim (saints) car Il est qaddoche (saint)", mais  en évitant autant
- la froide mécanique des obligations religieuses, 
- les erreurs d'enthousiasme juvénile qui peuvent conduire à des préjudices.
Ce sont deux écueils qui sont à éviter également.

3. L’enseignement de cette régulation est importante car elle nous apprend que la conciliation du divin et de l’humain peut tomber dans différents modes destructeurs :
- la fuite du divin caractérise ceux qui perçoivent à juste titre combien la Torah sépare des autres valeurs habituelles et qui voudraient s’en débarrasser par toutes les solutions possibles (mais l’histoire et le Créateur les rattrapent toujours) ; 
- les excès de ceux qui s’octroyent le pouvoir illusoire de commander au divin comme s’il était leur jouet personnel ; ils annoncent la solution des problèmes suivant leurs humeurs, leur idéologie et leurs désirs (ce que la tradition appelle "yayine, le vin"). 

4. Cet épisode nous enseigne combien le domaine du religieux est nécessaire mais périlleux et demande à la fois un enthousiasme absolu et une prudence également absolue, deux qualités contradictoires qu’il faut cependant tenir comme on le fait en parvenant à tenir les deux extrêmes du alef et du tav quand on dit "tu" à quelqu’un, alors que la compréhension véritable et véridique est presque impossible. Et Hachém, lui qui est aléf, mém et tav (émét) nous y aide.

L'amour sans limite
Mais la qualité de l’être et la qualité de l’amour de Nadab et Abihou ne sont pas mis en question, par leur mort ; au contraire, ils nous ont appris ce que peut être l’amour sans limite et ils en sont loués. Ils manquaient d'expérience et auraient dû seulement prendre en considération la sagesse de leur père.
Ainsi, sur le plan profond (nistar), ils seraient morts pour être entrés là sous l'influence du vin (l'excès) : il ne s'agit pas du vin physique mais de la connaissance des aspects cachés de la Torah, car le vin (yayine) en est rapport avec le secret (sod) comme l’exprime leur guématria identique, 70. Et c'est de ces morts-là, nobles morts dans la douceur du secret divin, que le psalmiste dit : (yaqar béêiné Hachém hamavta la’hassidav, elle est très précieuse à Hachém la mort de ceux qui l'aiment" (psaume 116, 15). 
Précisons cette notion qui n’est pas une image poétique. Nos Sages parlent de la "mort par un baiser divin" (mitate néchiqa)  comme Rav Na’hmane bar Yits’haq, en Bérakhote 8a, commentant le verset des Proverbes 8, 35 ("celui qui m’a trouvé a trouvé la vie -motsi matsa- et il a saisi le ratsone -volonté- de Hachém mais celui qui me manque se perd lui-même ; me haïr c’est aimer la mort"). Il l’explique par le verset 68, 21 des psaumes qui parle des délivrances de la mort (totsaotes, -même racine que trouver) ; de même qu’il y a de nombreuses façons de vivre, il y a 903 manières de mourir et la plus douce est le baiser : cette mort par le baiser est aussi douce que le retrait délicat d’un cheveu de dessus le lait (néchiqa domia kémich’hal binita mé’hélba). Le Zohar I 168a reprend ce thème en disant qu’il s’agit alors d’une "proximité de l’être dans son essentiel" (hi déviqouta dénafcha béîqara).

(Cela est un extrait du commentaire sur la paracha Aharé mote, ici)

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