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27e Paracha : Tazriâ - "Elle
ensemencera"
Vayiqra (Lévitique) 12, 1
- 13, 59
En cette étude de la paracha
Tazriâ,
on découvrira la splendeur juive de la femme
et la beauté d'une vie de pureté interne
et externe.
Ne pas oublier : chaque
étude de la Torah sur Modia est, en même
temps, un
cours d'hébreu. Mémorisez le vocabulaire.
Premier niveau : le travail
sur le pur et l'impur
Sans les commentaires de nos
Sages, cette paracha nous serait incompréhensible.
Nous allons les présenter.
Thèmes et mitsvotes
La paracha Tazriâ comporte les mitsvotes
167 à 173 et la paracha Métsorâ
ensuite comportera les mitsvotes 174 à 184 sur
les 613 mitsvotes de la Torah. Ces deux parachotes
sont fréquemment lues ensemble le même Chabbate
mais elles sont séparées quand l'année
comprend un mois de Adar II.
Elles traitent de l'impureté dans des cas
différents : après une naissance, lors de
repas liés aux sacrifices, dans certaines tumeurs
de la peau, plaies, brûlures, la "lèpre"
des étoffes et des murs, le cas de perte de flux
séminal chez l'homme et le cas des règles
féminines.
Elles précisent les procédures de purification
pour chacun, en particulier pour le pauvre, et le rôle
des Cohanim dans ces différents cas.
Conception juive du pur,
du non-pur, et de la purification
Ce qui apparait immédiatement, c'est que la
conception juive du pur et du non-pur, est particulière
dans le judaïsme puisqu'il n'y s'agit pas de saleté,
ni de matière répugnante.
On y parle d'impur "chaque fois que s'arrête
le processus qui développe la vie".
Or la vie n'est pas toujours en développement :
ainsi, après la grossesse et la naissance, il y
a un arrêt de ce développement dans le corps
de la mère et il y aura alors une période
de "non-pur" et de purification.
On parle aussi d'impureté quand un processus comportant
une finalité de vie n'y aboutit pas (perte
séminale, chez l'homme). La pureté et
l'impureté sont donc liés à la finalité
de vie, et au temps. Cela ne concerne pas uniquement
la femme, mais l'homme également. Cela devait être
nettement clarifié.
Sexe et pureté
Puisque le rapport de l'homme et celui de la femme au
temps qui scande le processus de vie sont très
différents, il s'ensuivra des régulations
différentes pour l'un et pour l'autre; en effet,
la liaison directe du père à la vie du foetus
est très brève tant que la mère accompagne
toute la gestation; la femme vit biologiquement un rythme
temporel, qui de plus est lunaire, tandis que l'homme
ne dispose pas de cette richesse cosmique du rythme de
la vie.
A partir de là, mais sans que nous comprenions
encore la précision du "pourquoi", nous pouvons
admettre le principe que nous dit la paracha : les périodes
de pureté ou de non pureté seront donc différentes
selon les sexes (période de sept jours d'impureté
pour la naissance d'un garçon et du double pour
la naissance d'une fille, puis une période dite
des sangs de purification qui dure trente trois jours
pour la naissance d'un garçon et le double pour
une fille). Il faudra étudier beaucoup plus pour
le comprendre davantage.
L'intervention du Cohen et des sacrifices, en tous ces
phénomènes, nous enseigne que ces processus
ne concernent pas seulement la vie matérielle et
biologique, mais le processus général de
proximité avec la vie divine qui peut s'expanser
ou non.
Rabbénou
Bé'hayé (lien ici)
Il situe ces questions par une longue introduction
à la paracha : il s'y appuie alors sur le verset
des Proverbes 15, 23 :
sim'ha la iche bé maâné fiv
"joie pour l'homme une réponse dans sa bouche",
vé davar bé îto ma-tov "et
une chose/parole en son temps combien c'est bon".
Il nous y fait découvrir que la Création
est organisée, spécialement dans les rythmes
du temps et, alors, parvenir à vivre selon les
rythmes optimaux de la Création et de son Créateur,
est une source de bonheur.
Pour faire réussir la vie, l'homme doit parvenir
à discerner l'ordre bon, parvenir à y discerner
ce qui vient avant et ce qui vient après; la question
est la même dans l'ordre de la pensée, de
la parole, et des niveaux de l'être.
A partir de là, tout ce qui vient altérer
cet ordre a besoin d'une procédure réparatrice
et, surtout, éducative à notre endroit,
afin de nous remettre dans l'ordre optimal; il
n'est pas seulement naturel, il est soumis à la
sainteté. C'est cet ensemble qui permet de situer
ce qui est pur ou impur.
Nous avons vu, dans les chapitres précédents,
que le rôle du Temple et des prêtres (les
Cohanim) est de permettre aux membres du peuple
d'Israël de rectifier ce qui se serait abîmé
dans cet ordonnancement de vie. Les Cohanim étaient
des exemples de ce que doit être l'homme, afin qu'il
atteigne le niveau de beauté où il est à
l'image du Créateur. Leur rôle s'exercera
donc dans ce contexte.
Le Chla
(lien ici)
Il ouvre son commentaire sur le verset 13, 2 de Vayiqra
: adam ki yiyé véôr béssaro
(un homme, s'il y a sur la peau de sa chair une tumeur...).
En parallèle par rapport à cette peau (ôr),
et en contrepartie, il nous explique que les vêtements
des Cohanim avaient une fonction d'honneur (cavod)
et de beauté (tiférét).
Ils correspondent au vêtement dont le Créateur
a revêtu Adam et Eve après la faute : un
vêtement de peau (koutonét ôr)
en remplacement du vêtement constitué de
lumière (or) dont ils bénéficiaient
avant. L'analogie des deux mots (ôr-or)
renforce encore le rôle réparateur et lumineux
des Cohanim. Car l'hébreu est toujours significatif,
même graphiquement.
C'est le motif pour lequel, en Béréchite
3, 21, Onqélos traduit "vêtement de peau"
(koutonét ôr)
en aramén par "vêtement de gloire"
(lévouchine diqar). Et
le Chla fait remarquer que Onqélos met en liaison
les trois expressions : vêtement de lumière,
vêtement de peau, vêtement du Cohen.
(Note - En Béréchite 3, 21 Rachi
(lien ici) ne fait pas allusion à cette traduction
d'Onqélos ; pour comprendre le sens des réactions
de Rachi aux traductions d'Onqélos, se reporter
à notre commentaire de la paracha Ki Tissa, 2e
niveau).
Le Chla cite alors Qohélet 2, 13 : kiterone
haor mine ha'hochékh, "la lumière
est supérieure aux ténèbres".
Il nous incite à le lire dans un sens sur lequel
il revient souvent : Hachém fait que la
pureté sorte de l'impureté. Il a développé
longuement ce thème dans son étude du Chabbate
haggadol inséré dans Massékhète
Pessa'him.
Conclusion
Dans sa conclusion, le Chla nous fait comprendre que la
paracha, à travers ces cas d'impureté qui
nous semblaient étranges au départ, traite
en fait de la remise en ordre nécessaire qui
doit atteindre aussi bien nos actes que notre parole et
nos pensées. Le travail à faire sur nous-mêmes
pendant la période de purification de la préparation
de Pessa'h
et pendant la période de
l'Ômer en est la conséquence logique.
Le vêtement
Le Chla tire toujours les conclusions de chaque paracha
dans une troisième partie -après l'analyse
du sens littéral, le pchate (1) et après
l'analyse du sens intérieur (2)- par une application
à la vie extérieure et à la relation
humaine, ce qu'il nomme dérékh ha 'hayim,
le chemin de vie (3). Sur notre paracha, nous trouvons
particulièrement cette analyse dans un chapitre
(Chaâr ha otiyotes) de son livre Chéné
lou'hote ha bérite où il traite du
vêtement, dans le paragraphe consacré au
dérékh érets, le bon comportement.
La sainteté de l'homme, dit-il, passe par
la sainteté de trois plans: de son corps, de son
argent et de sa personne.
Et la sainteté de son corps passe par un rapport
noble envers soi-même, envers sa maison et envers
autrui.
Le vêtement du juif devra traduire tout ce que nous
avons dit, donc être beau, propre, sans tâches,
soigné, pudique.
Il ne s'agit pas ici d'une précision sociologique,
anthropologique ou ethnologique mais c'est le sens nécessaire
où la réalité de l'être juif
dans son rapport au Créateur qui est vie et pureté
doit se manifeste dans le réel visible et concret,
en toute conscience et par des choix de vie.
On ne s'habillera donc pas avec des vêtements qui
ne traduisent pas cette dignité.
A partir de là, on comprend toute l'insistance
du judaïsme sur la pudeur dans le vêtement
féminin ou masculin, éloignée de
toute exhibition de l'intimité corporelle, ou de
toute prostitution où l'intimité glorieuse
est proposée au regard de n'importe qui.
Questions d'intégration
personnelle
- comparer la conception a priori que j'avais de
l'impureté et du corps et du vêtement, et
les ajuster à la conception de la Torah décrite
ci-dessus.
- mémoriser les étapes de cette définition
pour que cette acquisition par l'étude de la Torah
puisse tenir dans notre pensée et dans nos choix
de vie.
2e niveau dans l'étude
- L'être
de la femme
Ayant situé le cadre
de ce que signifie l'impur et le processus de purification,
nous comprenons maintenant que, à travers ces
questions des périodes par lesquelles passe la
femme, la paracha nous enseigne comment nous sanctifier
en ce qui concerne le temps.
Trois dimensions de la
sanctification
En effet, il y a trois dimensions de la sanctification
qui correspondent aux trois cadeaux que nous fait le Créateur
: elles concernent
- la dimension de la Torah,
- la dimension du temps qui est orientée vers
le "monde qui vient" (ôlam habba),
- la dimension de l'espace qui concerne la terre d'Israël
puisque la "lèpre des maisons" concerne les
maisons de la terre d'Israël.
A contrario de ce beau progammme, il importe de remarquer
que, généralement, le passage du début
de la paracha est souvent cité -à tort-
comme traitant uniquement de "l'impureté" de la
femme; cela est contraire à ce que dit le texte
qui parle à la fois des temps de l'impureté
et des temps des sangs de "purification".
Notre erreur reposerait sur une attitude sociologique
généralisée qui pose comme un fait
naturel de minimiser et de distordre tout ce qui concerne
la femme. Il est important de mettre le doigt sur ce processus
de distorsion et d’en trouver la signification car cela
ouvrira la voie à des améliorations importantes.
Sans cela, il y aura blocage continu de l’évolution
humaine et, surtout, souffrance continue de la femme.
Nous devons donc développer ce thème car
il touche à la base des choses.
Le cycle
du temps de la femme
Remarquons d’abord le cycle du temps dont parle
la paracha :
a) sept jours d’impureté
après la naissance (et les commentaires les réfèrent
non pas à une impureté de la femme mais
au fait qu’elle expulse, en même temps que l’enfant,
ce qui peut rester de la phase précédente;
en effet, Rachi spécifie que cela ne concerne pas
le sang féminin car des naissances peuvent se dérouler
sans flux sanguin, mais un état de malaise et de
maladie, ‘holi, dû à une réorganisation
;
b) la circoncision au huitième jour, et nous avons
déjà vu le sens de ce huit (la femme a donc
la capacité d'amener à ce niveau) ; précisons:
chaque fois que vous voulez retrouver des notions sur
le site Modia, inscrivez ce mot dans le cadre du moteur
de recherche de Google, en haut de la page d'accueil ou
de cette page.
c) ensuite, la femme continue dans la période des
"sangs de purification". L’expression est mal traduite
par ce mot qui véhicule un sens de "souillure"
à expurger. En fait, et Rachi le précise,
il faut dire "les sangs de pureté"
(toar) et il dit, pour être bien compris:
"elle est pure, même s’il y a flux sanguin" (af
âl pi chéroa téhora) et il prend
le soin de donner un cours de grammaire pour bien le prouver.
C’est donc, comprenons-le définitivement, une
période de pureté ; un temps y est consacré
et il dure jusqu'à ce que cette pureté
ait atteint son degré de "plein, de plénitude,
malé" (âd mélote yéméi
tahora). La période se termine par le rite
du miqvé. (Reportez-vous
ici au sens et à la pratique du miqvé).
La femme et le sanctuaire
Note importante, concernant la femme, pour ceux qui connaissent
les règles linguistiques de l'étude : nous
retrouvons ce même terme malé employé
par Rachi quand il parle de l’inauguration
du sanctuaire dans la paracha Tsav,
lien ici (Vayiqra 8, 2); il parle des jours de plénitude,
yéméi hammilouyim, sept jours avant
le début du mois de Nissane, en notre période
actuelle. Dans le même sens, nous devons lire dans
la paracha Nasso (Bamidbar 7, 1) : "ce fut dans le jour
de l’accomplissement de Moché d’édifier
le sanctuaire" (va yéhi béyom
kalote Moché léaqim été hammichkane);
le mot kalote signifie "tout", mais son sens passe
mieux dans la sonorité qui fait allusion à
l'épousée (kala), et c’est
en cette ligne que Rachi le commente: "kalote kétiv,
yom haqamate hammichkane hayou Yisrael kékala hanikhnésséte
la’houpa", ("kalote, accomplissement est-il
écrit : le jour de l’édification du sanctuaire,
Yisrael était comme une kala, une fiancée,
qui entre sous le dais nuptial, la ‘houpa").
La démarche de l'imparfait
au parfait
Nous saisissons à travers ces précisions
nécessaires de Rachi tout le processus très
beau de purification ou d'élévation progressive
qui décrit la démarche de construction de
la vie par la femme; il est progressif comme un imparfait
qui avance vers le parfait ; nous diagnostiquons alors
combien est mauvais le regard qui ne voit pas la démarche,
ni la personne qui marche et construit, ni le but, et
qualifie cette personne d’impure, négativement.
En fait, dans ce mauvais regard sur la femme, c'est un
regard mauvais qui qualifie celui qui regarde: come dit
le proverbe du Talmud: kol ha possel, bémoumo possel
(lui qui disqualifie quelqu'un, c'est son impureté
qu'il projette sur lui)". Le Talmud connaissait cela
2000 ans avant la découverte de la projection par
la psychanalyse! Et ce regard dévoile qu'il voit
la femme seulement comme un ustensile médiocre
à utiliser. Rien du judaïsme là-dedans.
La femme, l'univers et
le sanctuaire
Maintenant que nous avons un regard bien situé
et bien-veillant, nous pouvons replacer la dynamique de
cette femme dans le processus d’amélioration de
l’univers qui se joue dans le Sanctuaire.
En effet, Moché a bâti le temple comme Hachém
avait bâti le monde: en plénitude (voyez
le commentaire de Rabbénou Bé’hayé
sur Chémote 38, 21 où il indique le parallélisme
complet des versets entre les mots de la Création
du monde et ceux de la construction du Sanctuaire par
Moché, en particulier sur ces termes de plénitude
: va yékhoulou en Béréchite
2, 1, "ainsi furent accomplis les cieux et la terre" et
en Chémote 39, 32 vatékhél,
"ainsi fut accompli tout le travail de l’édification
du Sanctuaire").
Ainsi donc, nous comprenons maintenant pourquoi, après
avoir dépeint la beauté du personnage de
l’homme Aharone comme renouvellement de la splendeur
de Adame harichone, notre paracha présente
ensuite, comme dans le récit de la Création,
la femme accomplissant son parcours d’apparition puis
d’enfantement idéal. C'est une règle
de compréhension de la Torah que de prendre en
compte la succession des séquences; on appelle
cette règle d'interprétation: sémikoute
parachiyotes.
La femme qui ensemence
La circoncision, qui rythme ce temps, enlèvera
tout ce qui aurait encore pu subsister de ‘orlâ,
d’emprise de l’imperfection qui s’est joué en Eve
; voilà pourquoi il est dit maintenant : "femme
quand elle ensemence un enfant mâle", icha ki
tazriâ. On est loin de la conception occidentale
de la femme passive.

Rabbénou Bé’hayé rassemble très
longuement sur ce verset l’enseignement de la tradition
qu’il a reçu de la meilleure source, la torah orale
reçue de Moché rabbénou: dès
la Création, ‘Hava (Eve) était la
puissance cachée (koa’h ganouz) dans Adam;
dans Eve, il y a la puissance de l’image et du désir
et des forces de son époux (ce koa’h ganouz).
La tradition veut dire que c’est la puissance de cette
forme structurante, ce tsiour qui, lorsqu’il devance
celui de l’époux, "ensemence" l’enfant masculin
; réciproquement, si c’est la puissance ou tsiour
de l’homme orientée vers son épouse, qui
devance, alors l’enfant féminin est conçu.
C'est toujours la complétude réciproque
qui est ainsi préservée. Et, pour cela,
la Torah va jusqu'à dire cette expression étonnante
:"si la femme ensemence dans la relation sexuelle"; on
est vraiment ici très loin de tous les poncifs
culturels sur la passivité de la femme comme récipient
matériel dans la culture occidentale.
Cette force cachée de la femme est nommée
dam hannéqéva, "sang de la femme".
Et tout cela a sa source dans le désir de Hachém
pour l’homme-double et dans son tsiour qui le crée
(Béréchite 2, 7). Car tout était
conçu doublement dès le départ, il
n’y a pas d’antériorité chronologique
ou ontologique du masculin sur le féminin.
Beauté de la conception
juive de la femme
Ainsi, contrairement à l’image sociologique et
humiliante qui est encore généralisée
concernant la femme (enjolivée sexuellement pour
en faire un objet utilisé et méprisé
et rejeté), la conception juive est exprimée
en quelques concepts précis : similitude et
réciprocité dans la force, dans l’initiative,
dans le rapport du caché et du dévoilé,
dans la force de révélation de l’autre.
Tout cela en situant ce rapport à ces niveaux élevés.
Rien en dehors de cela.
Tout est exprimé avec clarté dans le fait
que le mot "femme" (icha) est mis en évidence
dans la phrase qui ouvre la paracha, disent les commentateurs;
et ils soulignent: en ce cas, cette forme de construction
exprime le secret de l’être.

Sculpture de notre amie Anna Waisman, zal. (lien
ici)
Comme toute son oeuvre, centrée sur les lettres
hébraïques, cette photo qu'elle a réalisée
pour nous
montre bien ce que la femme apporte dans la lecture
de la Torah : elle y voit la lumière, la dynamique
entre les lettres, ce qui propulse la vie. Et la beauté
ne peut venir que du Créateur, non de l'objet.
Il n'y a pas de hasard ni de force susceptible de
révéler la beauté. La femme porte
ces dimensions. La femme juive les porte officiellement,
en reconnaissance. En enseignement. On comprend qu'il
fallait Myriam fécondante pour aider les hommes
et Moché à sortir de la gangue de Mitsraïm.
Le désir (ratsone)
dans le lien de la femme et de l'homme
Ce qui est important de comprendre, c’est que la
force cachée et le désir (ratsone)
de l’autre qui est caché ainsi en soi dans le rapport
du couple, ce tsiour ganouz malé koa’h,
est lui-même relié au Créateur.
C’est pour cela que la femme est reliée éminemment
au désir de Hachém Lui-même
: motif pour lequel elle dit dans la prière du
matin : "Béni es-Tu Toi Hachém notre
D.ieu Roi du monde de m’avoir fait selon Ton désir,
baroukh ata Hachém Eloqénou mélékh
haôlam ché âssani kirétsono".
Même sur ce point, la distorsion humiliante est
également fréquente chez les ignorants qui,
à l'image de ce qu'ils sont, taxent le judaïsme
de misogynie, par le fait que la bénédiction
du matin dite par la femme remercie "d'avoir été
faite selon le ratsone (désir-volonté)
du Créateur" tandis que l'homme remercie "de n'avoir
pas été fait femme". Après tout ce
que nous en avons dit, le sens simple et exact du texte
de ces bénédictions est pour nous clair
concernant la femme. Il le devient clair également
en ce qui concerne l’homme s’il se vit en face à
face avec la femme et a la joie de voir en elle cette
présence élevée qu'il n'est pas lui-même
mais à laquelle il est relié par elle.
La femme est reliée par là à ce
que la tradition dit être le niveau le plus élevé
des noms du Créateur lui-même, le ratsone
(désir, volonté); alors, la femme, par le
texte de la bénédiction, elle exprime la
reconnaissance et la satisfaction de ce qu'elle se sait
être ainsi dans l'éminence suprême.
L'homme, qui n'est pas du même niveau, remercie
également en trouvant sa valorisation par ce qu'il
lui a été donné de devoir accomplir
de nombreuses mitsvotes supplémentaires.
La signification se situe sur ces plans et assure de cette
manière la valeur de chacun et l'acceptation
nécessaire de la différence. La méconnaissance
technique des termes du texte (ratsone) peut faire
interpréter le mot selon des préjugés
extérieurs à la langue hébraïque
(la femme serait l’objet, soumise à la "volonté").
Si les hommes étaient conscients de cette "supériorité"
de la femme envers le Créateur et que cela est
situé ainsi dans la relation, ils comprendraient
et accepteraient la dignité de la femme (en plus
des qualités égales d'intelligence) mais
qu'elle a aussi une proximité plus grande avec
la création de vie, et les hommes accepteraient
leur limitation sans aggressivité, ni sans repousser
la femme, toutes conduites négatives qui sont courantes
et constituent le macho. Elles sont le résultat
d'une infériorité reposant sur l'ignorance,
mal digérée et qui se venge.
Les trente-trois
jours de pureté
Cela nous permet de comprendre le commentaire de Rabbénou
Bé’hayé sur le verset 4 de notre paracha
qui parle des trente-trois jours de pureté.
Au niveau de l’extériorité du pchate,
cela réfère aux quarante jours de formation
du foetus (33+7 jours après la naissance = 40).
Au niveau du sens profond et intérieur des choses,
à propos de ces 33 jours, Rabbénou Bé’hayé
dit qu’il a été donné à la
femme 32 jours de pureté correspondant aux 32 sentiers
de ‘hokhma (sagesse d'En-Haut) en liaison avec
la fiancée du Cantique des Cantiques qui est rendue
parfaite par ces sentiers et, en ces sentiers, elle a
l’union ; c’est pour cela que ses 33 jours correspondent
à ces 32 et non à 33 car elle s’unit au
"un" de la Sagesse (‘hokhma) qui l’épouse.
Il ne peut pas avoir de plus haute conception inscrite
dans l’être même de l’homme face à
la femme et en union avec elle. Le silence est exigé
à ce niveau. C'est celui de ce nom de "ratsone".
Aviez-vous conscience de cette grandeur de la femme dans
le judaïsme?
Autre exemple : la légèreté
On pourrait donner un autre exemple qui va dans le même
sens. Il est fréquent d'entendre citer (par des
personnes ignorantes, et qui ne sont pas bien intentionnées)
le dit d'un Sage du Talmud parlant de la qaloute roche,
la "légèreté d'esprit" des femmes;
et de se gausser avec ricanements d'un soi-disant antiféminisme
normal et justifié de la tradition enseignée
par le judaïsme. Je l'ai vu souvent.
Le Chla cite à leur égard le proverbe juif
que je répète disant, bien avant la découverte
de la projection par la psychanalyse : kol happossél,
bémoumo possél ("qui dévalorise
autrui, il ne le fait qu'en parlant du mal qui est en
lui-même", Traité Qiddouchine; page
70).
En effet, ce concept de "légèreté"
(qal), quand il est connu dans sa technicité
est, comme le ratsone, un concept très élevé;
dans son introduction au siddour (le livre des
prières), le Chla cite les Noms de D.ieu qui s'expriment
en ce concept de "qal"; il démontre
aussi qu'ils sont situés et résumés
dans le verset du prophète Isaïe 19, 1 : hiné
Hachém rokhév âl âv qal,
"voici Hachém réside sur un nuage
léger, qal".
Le Chla démontre que ce verset parle des niveaux
les plus élevés de la merkava êliona
(le char d'En-Haut) d'où descend la bénédiction
car le mot rokhev est composé des lettres
de la "bénédiction baroukh";
de plus, le mot "nuage (av)" est formé
des lettres du grand Nom de Dieu qui comporte 72 lettres.
Il va de soi que nous ne décrivons pas ici la technique
de la démonstration qui demande des connaissances
supplémentaires sur les profondeurs de la Torah
qui ne peuvent s'acquérir que dans la relation
directe à des maîtres après avoir
franchi bien des étapes dans l'étude et
la prière.
Il suffisait de faire allusion brièvement à
ces exemples pour montrer combien les meilleurs enseignements
peuvent être pervertis quand l'ignorance s'ajoute
à la bêtise envers la femme et à la
haine envers la tradition juive. Des siècles
de dénigrement et de persécution ont fait
que, parfois, des Juifs eux-mêmes ont assimilé
ces mécanismes et utilisent leur intelligence pour
le manifester. Ils sont alors des victimes d'une choa
culturelle qui en viennent à se retourner contre
leur propre tradition. Mais, finalement, c'est toujours
la femme concrète qui en est la véritable
victime.
L'imparfait
et la sainteté
Revenons donc au début de la paracha qui parle
des phases par lesquelles passe la femme après
avoir eu des bouleversements dans son intégrité
par un accouchement. La qéddoucha, sainteté,
se caractérise par la plénitude; or, tout
ce qu'elle vit alors est de l'ordre du partiel dans la
vie, d'un arrêt, de l'inachevé, et c'est
cela qui sort temporairement de la qéddoucha;
une procédure de réparation concrète
ou de réparation symbolique est alors demandée.
Cela ne concerne nullement des questions d'impureté
phobique au sujet de la saleté.
On comprend qu'une procédure progressive soit proposée
à la femme après ces moments bouleversants
de la grossesse et de l'accouchement qui modifient sa
plénitude et son être. De plus,
cette procédure se réalise par étapes
et elle est différente quand elle se rapporte au
bébé garçon ou au bébé
fille car ces deux enfants ne sont pas situés
identiquement dans leur rapport à la vie et à
la production de vie, ni dans leur rapport à leur
mère.
Ces orientations et ces
nuances que nous avons comprises maintenant nous enseignent
que nous devons
- étudier lentement et longuement face au texte
de la Torah,
- apprendre la technicité du langage de la Torah
et ses règles,
- ne jamais projeter des préjugés simplistes
qui ne sont pas en leur lieu face à la complexité
de la Torah et à sa sagesse. Ceux qui voient en
ces textes qu'ils ignorent des reliquats d'époques
primitives sont, encore fois, des esprits d'ignorance
crasse. Ils n'auraient pas cette outrecuidance en aucun
secteur de leur vie professionnelle ou scientifique.
- avancer dans l'étude en étant sûrs
de la grandeur et splendeur divines de notre tradition.
Une question pertinente
sur le rapport de la femme au temps
Cela acquis, on pourra se demander par exemple, pourquoi
la femme n'est pas soumise à de nombreuses mitsvotes
liées au temps (mitsva ché ha
zémane guérama), alors que, par contre,
elle est inscrite fortement dans le temps par les règles
ou par les phases de la naissance, et que de nombreuses
procédures lui sont alors demandées par
rapport à la "sainteté-complétude".
Examinons plusieurs dimensions
de la réponse
1. Le Chla, dans son commentaire du verset 7, 6 du Chir
hachirim rabba, cite les Sages qui soulignent que
la femme est déjà dans l'ordre parfait
de la vie et du Chabbate ; elle vivifie notre vie et la
donne comme le Chabbate vivifie toute la semaine.
Comme le Créateur, elle donne aussi la vie dans
l'invisible de sa grossesse.
2. La femme, ainsi insérée dans le réalisme
des rythmes de création, nous apprend dans ce début
de paracha à nous développer par étapes
progressives et non pas seulement en fonction de principes
et d'idées. Abraham, lui aussi, a vu tout son développement
se réaliser par étapes, dans les 10 épreuves
et il ne pouvait pas anticiper. La femme nous enseigne
sur le devenir possible, par son seul être.
Tous les développements humains importants sont
progressifs et lents ; au contraire, les développements
rapides et en quelques étapes seulement caractérisent
les espèces et les gens dont la trajectoire ne
porte pas loin.
3. Le Traité Bérakhote, page 57, le décrit
et montre jusqu'où doit aller cette prise en compte
du développement : "une belle maison, une femme
belle, des meubles agréables élargissent
la connaissance de l'homme" (chlocha mar'hivine
deâto chel adam, éllou héne : dira
naa, véicha naa, vékhékim naim).
Il faut à ce sujet, souligner que le terme en hébreu
qui parle de "connaissance" (daate) concerne l'union
la plus élevée, la plus totale et la plus
complète entre les deux sexes et non la seule connaissance
intellectuelle; le terme de adam également,
là encore, concerne l'unité humaine complète,
aujourd'hui détériorée entre l'homme
et la femme et ce qui doit être ramenée à
sa plénitude dans les relations entre les deux
sexes.
Le risque
Si tout ce renouvellement proposé dans la paracha
n'est pas entrepris en l'insérant dans le plan
du Créateur, toute cette relation entre l'homme
et la femme s'effondre dans le feu comme le dit la composition
structurale du nom hébraïque de l'homme (iche)
et de la femme (icha) : il n'y reste que le mot
hébraïque éche (feu) quand on
enlève de leurs noms les lettres youd
et hé du nom de Dieu dont chacun ne
possède que la moitié ; alors, non référés
à leur source de vie, le couple et tout l'humain
s'effondrent dans la poussière comme le dit le
verset décrit par le Ari, zal et rapporté
par le Chla : tachév énoche âd
daka (Psaume 90, 3). Le mot daka est constitué
des initiales des mots hébraïques dira,
kélim, icha signifiants "maison, meubles, femme",
cités dans la phrase du Talmud.
Cet exemple nous montre encore comment la Torah demande
pour être comprise: une connaissance de sa technicité
qu'une personne cultivée accorde aisément
à tout autre texte; à l'heure où
les Juifs, en Israël, pensent et étudient
dans leur langue, l'hébreu, il est temps que tous
les Juifs quittent l'exil culturel et ne plaquent plus
sur la Torah des projections culturelles autres, philosophiques
ou psychologiques qui ne relèvent pas de leur texte;
ces interrogations peuvent être fondées,
mais seulement quand elles s'appuient sur la connaissance
du texte dans ses règles internes.
La Torah, dans les sections précédentes,
nous avait montré Aharone comme prototype rénovateur
des failles humaines qui s'étaient produites depuis
Adam. Ici la femme a été positionnée.
L’histoire va continuer dans les exemples d’hommes et
de femmes données pour l’enseignement : au milieu,
le phare du Cantique des Cantiques, le Chir hacchirim,
et les cantiques des femmes Myriam (Chémote 15,
21) et Devora (Chofetim, les Juges 5)..., le cantique
de Echète ‘Hayil (Michlé, Proverbes 31).
Lisez ces textes.
Une fois respectés dans leur nature propre, ces
textes bien entendu informent aussi la psychologie car
nous sommes un même être en toutes nos dimensions.
Chacun des grands personnages
joue ainsi une fonction dans cette récupération
de la sainteté commune entre l'homme et son Créateur,
jusqu'à atteindre le niveau du machia'h, le
messie.
Le roi David nous montre, dans ses psaumes et dans
son histoire, le combat nécessaire contre soi-même
et contre les autres pour parvenir à rectifier
sans cesse ce développement. En ce sens, le psaume
103, dit le Talmud dans le Traité Bérakhote
page 57, nous fait remarquer que David emploie 5 fois
le verbe "bénir" (barékhi) car il
parvient à faire chanter tout son être dans
ses 5 niveaux de l'âme (néphéche,
roua'h, néchama, 'haya, yé'hida). Il
fonctionne alors, en son âme, comme Dieu lui-même
meut l'univers : son âme emplit le corps, elle le
soutient, elle est pure, elle est résidence intérieure,
elle voit sans être vue.
La lutte et la sagesse du temps sont les deux armes que
David a particulièrement travaillées; et,
dans l'épisode de la rencontre de Bat Chévâ,
sa future épouse, il a anticipé en désir
et rencontre mais il n'a pas péché et il
avait su alors réaliser ce que le Créateur
avait fait pour elle et lui dès la Création
en un seul "adam". Le projet n'a pas été
annulé par l'imperfection première (regrettée
ensuite) qui est normale en notre monde imparfait.
Nous avons dit tout ceci pour nous rendre sensible
au travail que la femme, moitié de l'univers et
de l'être, a à réaliser dans sa particularité
de créatrice de vie pour se sanctifier à
travers les rythmes du temps.
A l’homme de connaître ce qu'en dit la Torah pour,
dans le face à face, l’aimer, la vénérer
et l’aider.
Il est aussi demandé à l'homme de respecter
les phases d'abstinence qui sont nécessaires pour
que sa femme puisse intégrer au mieux ces liaisons
avec la qéddoucha au cours des processus
de développement de la vie qui comportent des phases,
douloureuses parfois, qui mettent en fragilité
la plénitude de l'être. Cela, de même
qu’il y avait entre Moché et Hachém des
silences reproduits par les intervalles entre paracha
et paracha.
Ce sont les silences qui rendent possibles les mots ou
la musique. Ils sont donc nécessaires aussi entre
les humains. C'est la question de nidda
(lien ici).
Le rapport sexuel
et la sainteté
Toutes ces dimensions qui situent la femme a son niveau
d'excellence étaient nécessaires à
dire par la Torah. Ce n'est pas romantisme, c'est la Torah:
après tout ce que nous avons vu plus haut, nous
comprenons pourquoi c'est le féminin qui a été
choisi pour désigner "la" Torah, c'est
le féminin qui a été choisi pour
désigner le peuple d'Israël "aimée"
de D.ieu, c'est le féminin qui a été
choisi pour désigner "la" Chékhina,
présence divine dans le monde...
cela devrait suffire pour que le féminin que représente
la femme soit l'objet d'un respect constant et au niveau
de ce qu'est cet être féminin. (Si l'homme
a besoin d'éloigner la femme pour se protéger
lui-même de son manque de capacité de contrôle
du regard, des pensées et des actes impulsifs,
le problème est de son côté à
lui; la femme, consciente de la vulnérabilité
et fragilité de l'homme, n'a certes pas à
les provoquer).
Le Tour (pilier) ou
le Baâl
hattourim,
lien ici (R. Yaâqov ben Achér, 1270-1343),
auteur du plus grand ouvrage de base de la halakha sur
lequel s'est appuyé R. Yossef Caro pour en présenter
un résumé commenté qui fut le Choulkhane
Âroukh), concrétise tout l'enseignement
que nous avons transmis, par cette observation :
- le premier enseignement de la paracha Tazriâ (Vayiqra
12, 1) est mis à proximité du paragraphe
(Vayiqra 11, 44) qui traite de la sainteté que
Hachém va transmettre à l'homme.
(Note - on appelle cela des "parachiyote sémoukhote"
ou la règle de "sémikhoute happarachiyote",
jonction de deux parachotes, que décrit Rachi en
Dévarim 21, 22. Cela veut dire qu'il faut interpréter
le second passage d'après le sens du premier).
- le Tour en conclut : ché tsarikh léqaddéche
âtsmo bichéâte hattachmiche, qu'il
faut se sanctifier, se faire qadoche, être
dans la qédoucha à l'heure de la
relation sexuelle.
Arrivons au sens
Prolongeons encore cet enseignement pour mieux le comprendre
car le sujet est d'importance. Nous avons vu maintes fois
que, pour atteindre le sens, nous sommes contraints
de continuer la méthode du jeu de piste qui est
celle de l'étude juive, et qui seule donne la beauté
du trésor, alors que ceux qui vont pas jusque là
s'arrêtent, fatigués, se sentent floués,
n'ont rien atteint, critiquent et vont vers d'autres maîtres
et satisfactions.
Cet enseignement sur la relation sexuelle comme sanctification
(qédoucha) et exigence de s'y sanctifier
(léqaddéche âtsmo bichéâte
hattachmiche) est puisé du Traité Chévouôte
18 b.
Il y est dit au nom du grand Ribbi Chimeône bar
Yo'haï que celui qui ne respecte pas les temps de
nidda et des périodes menstruelles verra
ses enfants mourir! Au contraire, celui qui respecte ces
rythmes aura des enfants mâles! Encore une fois,
celui qui réagit superficiellement, criera au scandale
face à la menace et à la promesse magique
de telles récompenses qui, de plus, seraient méprisantes
pour les enfants non mâles, et face à la
souffrance des parents. L'absurdité de la réaction
ne vaut même pas une réponse car il faut
comprendre ce que veut dire par là le texte. Le
judaïsme ne mise que sur l'intelligence qu'a reçu
l'homme et s'exprime en ces termes pour que le mal intentionné
n'abîme pas le don, car il ne l'atteindra pas.
Le trésor atteint une nouvelle fois est
celui-ci : le talmud utilise à nouveau la règle
de "sémikhoute happarachiyote" et constate
que cette paracha Tazriâ qui traite de la
relation sexuelle et de la pureté est à
proximité immédiate du verset précédent
qui dit de "distinguer" (léhavdil) entre
l'impur et le pur (béine hattamé ouvéine
hattaor), entre la bête cachér
que l'on peut manger (ouvéine ha'haya hanéékhéléte)
et la bête non cachér que l'on
ne doit pas manger (ouvéin ha'haya achér
lo téakhél).
Cela veut dit que ceux qui se comporteront dans la relation
sexuelle selon ces enseignements de la Torah qui "distinguent"
les périodes et "distinguent" ce qui est qédoucha
et ce qui ne l'est pas, et vivent ainsi la relation sexuelle
et le couple selon tout cet enseignement rapporté
ci-dessus, ceux-là auront alors des enfants qui
leur ressembleront dans la sainteté (qédoucha)
et qui seront des maîtres véritables capables
de "distinguer" (léhavdil) dans l'étude
de la Torah, de l'analyser, de la comprendre jusqu'à
la halakha, et d'enseigner. Il ne s'agissait pas du sexe
des enfants mis au monde. Ribbi Yehoshua ben Lévi
le dit explicitement dans le talmud. Et Ribbi Yo'hanane
continue en disant que celui qui fait la "havdala"
à la sortie du Chabbate sera dans le même
cas, car c'est le même mot et, donc, il parle de
la même réalité ; mais le sens profond
de la havdala est un autre sujet que, si D.ieu
veut, nous aborderons une autre fois.
(Note - Le Tour ne parlait
pas là de "morale" au sens étroit, mais
il nous indique la nature de l'être et du moment;
c'est seulement à cause de cela que découle
une morale, une façon de se comporter que l'on
appelle moussar, en hébreu).
On comprend alors, d'après ces enseignements, pourquoi
le Cantique des Cantiques utilise ces images sexuelles;
ce n'est pas du symbolisme, ni de l'anthropomorphisme;
il est parlé en ces termes parce que c'est l'expression
la plus juste et la plus reliée à la qéddoucha
dont il est traité alors. Et c'est pour ce motif
que le Cantique des Cantiques est, en sa brièveté,
central ; il porte, disent nos Sages, tous les secrets
de la Torah.
Cet axe, en tous les points exposés ici par le
judaïsme, n'est pas du tout celui de la société
occidentale actuelle envers la femme et envers la relation
sexuelle.

(Collier juif yéménite respectueux
exprimant la légèreté et la spiritualité
de la femme)
Pour intégrer précisément
ces enseignements avec la précision de la Torah.
- relire la paracha, dans cet axe .
- faire le relevé des questions que cela pose à
nos concepts et à notre vie concrète.
- en échanger.
- apprendre les concepts et définitions.
- apprendre le vocabulaire.
Un voeu:
même s'il ne l'applique pas beaucoup, le monde a
compris la valeur des 10 commandements apportés
par le judaïsme. Combien s'élèverait
le niveau de l'humanité si la conception juive
de la femme était entendue: pudeur de la beauté
intérieure et divine à respecter, cohabitation
dans la lumière où c'est le spirituel qui
éclate et non pas l'exhibition grossière
et utilitaire, indispensable réciprocité
respectueuse des différences.
Cette image de cette semaine sous le soleil de Jérusalem
nous montre que la beauté divine parle sur notre
terre.
Ce que je n'ai pas dit dans ce commentaire serait
l'essentiel: ce que Hachém a révélé
de Lui-même à travers cette relation des
deux sexes qu'Il a créés. Je vous laisse
en méditation sur ce thème, et découvrir
dans la Torah et dans les psaumes, quel est cet amour
qu'Il envoie ainsi envers les humains et dont le meilleur
de la relation entre les deux sexes pourrait donner quelques
bribes de pistes. Son respect et Son amour envers nous,
sont au-delà de toute intensité par rapport
au respect et à l'amour que le meilleur des humains
pourrait lui adresser. Réfléchissons. Sans
nous laisser dévier par les horreurs qui se passent
dans le monde.
Chiviti Hachém lé negdi tamid,
Je me représente Hachém sans cesse
devant moi, dit le psaume. Un peu de cela peut se passer
dans le couple. A son image.
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