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45e Paracha : Vaét'hannane
"J'implorai"
Devarim (Le Deutéronome) 3, 23 -
7, 11
par
le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres
de nos Sages
http://modia.org
L'ensemble du commentaire donne
une synthèse du judaïsme mais il ne peut être intégré
qu'après le repentir, le regret sincère, la décision
de revenir que l'on a trouvé dans la paracha Dévarim et
dans la journée du 9 Av.
Cette paracha est tellement riche en questions essentielles que l'on
ne peut pas intégrer tout cela à la première lecture.
Il faudra y revenir souvent, en particulier pour casser les automatismes.
© Les textes de Modia sont mis gratuitement
à votre disposition par l'auteur, selon la mistva obligatoire
pour le Juif qui est d'etudier et d'enseigner simultanement. Vous
pouvez donc imprimer et dupliquer ces textes pour l'etude personnelle
et de groupe, ou pour l'enseignement. Bien entendu, selon la Torah,
en ne supprimant pas le nom de l'auteur et l'adresse du site.
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Ne pas oublier que, sur votre version imprimee ou polycopiee,
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Or, ils sont indispensables dans l'etude.
Cette page comporte des lettres saintes, ne la déposer que dans
un lieu respectable.
Cette
semaine a lieu le jeûne important du 9 av
Ici,
toutes les pages sur le 9 Av
L'unité de notre être, selon la
Torah
Le Chémâ Yisrael
La mézouza
Avant de commencer l'étude de la paracha, il est nécessaire
de lire cet enseignement sur la paracha du Rav Chalom Messas dans son commentaire
de la Torah Vé'ham hachaméche. La paracha nous présente
des mitsvotes importantes et on pourrait se tromper dans la lecture en imaginant
que cela nous concerne également où que nous soyions dans
le monde: un judaïsme de communautés dispersées sans
géographie sinon spirituelle. Or, nous avons, au milieu de cela,
la demande de Moché rabbénou d'entrer en Israël, le Rav
nous explique le sens de ce lien.

"Dans notre paracha Vaét'hanane, Moché nous révèle
la grandeur et la valeur et l'importance de la terre sainte par le fait
qu'il nous fait prendre conscience combien lui-même en a eu besoin,
même lui le plus grand de tous les grands avait besoin de l'air de
la terre d'Israël pour qu'il atteigne son niveau supérieur,
lui dont la Torah témoigne qu'il n'y a pas d'autre prophète
égal à lui, et qu'il n'y en aura pas, supplie devant D.ieu
de bonté et de miséricorde pour qu'il veuille bien le faire
entrer dans la terre d'Israël".
Alors, a fortiori, de chaque petit individu dans le peuple juif; et, pour
aucun, on ne peut séparer la pratique de l'étude et des mitsvotes
de ce plus qu'est la terre d'Israël car elle donne le sens.
Thèmes de la paracha
Après des parachiyotes qui traitaient de problèmes collectifs
ou de morale générale, nous sommes maintenant dans l'expression
sous la forme de je-tu :
- le premier mot de la paracha est "j'implorai", vaét'hanane
- le chémâ dit : "tu aimeras..." vé ahavta.
Cette fois, la Torah nous saisit individuellement pour une relation
passionnée avec Hachém.
En ce sens, il est indispensable de lire la haftara, si tendre, en
Isaïe 40, 1-26 : Na'hamou, na'hamou, consolez mon peuple !
Saisissons bien ceci : c'est dans ce contexte que les questions concernant
la Terre d'Israël sont présentées car la terre d'Israël
est vraiment la chambre nuptiale où cette union devrait créer
le bonheur. On est donc loin ici de l'optique habituelle des médias
et de la politique. Etre Juifs, c'est avoir reçu ce message 5 sur
5 sur la réalité de la terre d'Israël dans sa nature,
dans sa fonction, et y vivre dans cette ligne indiquée par la Torah,
selon les mitsvotes et dans l'étude de la Torah..
Où en sommes-nous sur chacun de ces points ? Ce n'est
pas d'abord la distance en kilomètres qui compte mais la distance
en amour ou en éloignement mental ou à travers nos actions
et nos biens : voyez le verset 6, 5 de Dévarim.
Dans ce contexte, lisons le ch. 3 de Dévarim.
Moché y demande à Hachém d'entrer dans
la terre d'Israël. Mais Hachém ne le lui
permet pas, irrité qu'Il est contre le peuple et Il lui dit seulement
d'aller observer de loin cette terre qu'il désire (verset 3, 27).
Nous avons pris une photo

depuis cette région d'au-delà du Jourdain vers la terre d'Israël
pour partager ce regard qui unit Moché et Hachém par
l'intermédiaire de notre terre d'Israël quand il parle.
Lisons maintenant le ch. 4
Il décrit la transmission des mitsvotes ou préceptes
et leur finalité est indiquée (4, 1 et 4, 5) : pour
que le peuple vive et parvienne à posséder la terre
que Hachém nous donne. Insistons : on voit nettement que
la fonction de cette terre spéciale qu'est la terre d'Israël
ne concerne pas les paramètres habituels. Il faut donc apprendre
à faire une bonne fois le switch, le pas, pour penser la Torah
et le judaïsme selon la Torah elle-même, et non selon nos commentateurs
politiques de radio ou de TV dont nous sommes saturés.
Nous retrouvons l'axe que nous avons présenté dans la
paracha précédente. Cette mitsva est présentée
comme une règle de sagesse et d'intelligence qui sera même
perçue par les autres nations.
Dans le détail, les premières règles seront de
se souvenir des événements passés, et de ne
pas se faire d'idoles.
Sinon, dit Moché, Hachém vous dispersera et ce
n'est qu'après de grands malheurs que vous reviendrez à votre
D.ieu.
Lisons le ch. 5, Moché y tente de rappeler au peuple la grandeur
de ce qui s'est passé, et la remise des 10 commandements. Et il
rappelle plusieurs fois que s'il vivent selon cette voie, ils seront heureux.
On oublie souvent que c'est le but du judaïsme et de la Torah : nous
apprendre les règles du bonheur, alors que la Torah le dit explicitement.
Lisons le ch. 6, y est dite la phrase célèbre du
Chémâ
Yisraël. Pour vous, je l'ai filmée sur le rouleau de
Torah de ma synagogue et vous pouvez l'ouvrir
et le lire directement dans le rouleau de la Torah.
Vient ensuite, le passage repris dans le Sédér de Pessa'h
: "quand ton fils t'interrogera un jour, disant : que sont ces préceptes
? Tu lui répondras"...
Lisons le ch. 7 prescrit de ne pas faire de compromission avec
les peuples qui nous entoureront et de comprendre que toutes ces
exigences sont là uniquement parce que Hachém nous
aime. Cela est répété plusieurs fois. Nous voyons
donc que tous les paramètres actuels du judaïsme sont présents
là. De plus, nous avons l'enseignement, celui pour lequel les Juifs
ont été fidèles dans les pires conditions. Et nous,
génération de facilité, serons-nous fidèles
comme eux, pour transmettre comme eux, pour entendre comme eux la parole
dite directement dans cette paracha directe.
La haftara (Isaïe 40) reprend ces différents thèmes.
Maintenant, selon la méthode que nous connaissons, nous devons
comprendre deux choses :
- le lien qui existe entre tous ces thèmes. Les mitsvotes nous
permettront encore de mieux rechercher ce lien ;
- le lien entre la compréhension intellectuelle de ces enseignements
et le niveau du coeur et, enfin, le niveau du comportement ou moussar,
la morale relationnelle.
Les mitsvotes dans la paracha
La mitsva 416 en Dévarim 5,18 prescrit de ne pas "convoiter"
les biens de notre prochain (vé lo titavé beit réêkha).
Le 10e commandement prescrit de ne pas chercher à les "acquérir".
C'est une thérapie du désir et non seulement des actes.
La mitsva 417 prescrit d'unifier le nom de D.ieu en disant le chémâ
Yisrael Hachém Eloqénou Hachém é'had
(6, 4).
La mitsva 418 prescrit d'aimer D.ieu à tout instant (6,
5): vé ahavta éte Hachém Eloqékha..
La mitsva 419 prescrit d'enseigner la Torah à nos enfants
(6, 7): vé chinnanetam lévanéikha.
La mitsva 420 prescrit de dire deux fois par jour le chémâ.
En fait, on le dit 4 fois: vé dibarta bam... ouvéchokhvékha
ouvé qoumékha.
Les mitsvotes 421 à 423 prescrivent de mettre les téfilines
aux bras et à la tête et de fixer des mézouzotes aux
portes de notre maison: ouqéchartam léote âl yadékha...
béine êinékha... ou khétavtam âl mézouzote
béitékha ouvichéârékha.
La mitsva 424 prescrit de ne pas mettre D.ieu à l'épreuve
(6, 16) en lui demandant des miracles, demande qui prouverait que nous
n'avons pas étudié la Torah ni notre histoire car nous y
trouverions les réponses: loténassou éte Hachém
Elokékhem.
La mitsva 425 prescrit de ne pas contracter d'alliance avec les
7 peuples qui occupent la terre de Canaâne (7, 1): ha'harém
ta'harim otam.
La mitsva 426 prescrit de n'avoir aucune pitié envers les
adorateurs d'idoles (7, 2): vélo té'haném.
La mitsva 427 interdit tout mariage mixte avec les membres de ces
nations: vélo tit'hatem bam.
Les mots en gras sont les sens qu'il nous faudra relier, selon la méthode
du Chla.
Sens de ces mitsvotes
1. Moché prononce cette répétition de la Torah parce
que la génération qui l'a reçue dans le désert
a disparu ; la nouvelle génération doit recevoir elle aussi
la Torah et en comprendre le sens et l'obligation ; voilà pourquoi
il la répète, et insiste sur la nécessité
de connaître notre histoire et les preuves du guidage de Hachém
que nous y trouvons.
Ainsi, Moché nous montre comment enseigner à nos enfants
(comme le prescrivent les mitsvotes) et transmettre en chaque génération.
3. Il essaie d'amener le peuple à "adhérer" à
Hachém
par la tête et par les actes autant que par le coeur.
Ce branchement va de pair avec les mitsvotes des téfilines ou
des mézouzotes, et avec l'interdiction de se faire d'autres dieux,
des idoles, ou d'adhérer aux peuples qui ne marchent pas avec le
D.ieu d'Israël.
Ainsi, la cohérence de cet ensemble nous apparait. De même,
le
Chémâ Yisrael s'explique dans ce contexte
: écouter, nous unifier avec Hachém, faire qu'Il soit
notre cohérence,
être unifiés en nous-mêmes
en notre coeur, en nos forces et en nos biens avec Hachém.
Si nous le faisons, Hachém a voulu que se produise alors une
chose extraordinaire : alors Lui-même sera "unifié", si l'on
peut dire, de notre point de vue.
A ce moment, ce qui est dit (la première phrase du Chémâ)
et ce qui est secret (la seconde phrase du Chémâ dite
en silence), ces deux dimensions sont unifiées. Elles sont
symbolisées par les
lettres plus grandes dans l'écriture du chémâ.
On dit le premier verset à haute voix et le second à
voix basse, parce que cette union que nous faisons en disant le
chémâ est entre ce monde (visible et audible) et l'autre
monde (réel, mais invisible et inaudible) . De même, c'est
l'union entre la Torah écrite (visible) et la Torah orale (non
visible puisque non écrite). Comme dit Rachi sur Béréchite
1, 26, tant pis pour les ignorants qui ne comprenaient pas cela et bâtissaient
de nouvelles religions en traficotant la Torah qu'ils ont mal reçue
et mal comprise.
Ainsi, se réunit le premier verset de la Genèse et
ce verset du Chémâ quand on le dit, à condition
que notre chair elle-même y participe par la mila (circoncision)
du corps et du coeur : ce monde-ci et le monde à venir sont unifiés.
La terre où nous sommes, et "LA terre" véritable qui est
à Son image En-haut sont reliées, cohérentes et adhérent
l'une à l'autre. On est alors dans la vraie vie.
"C'est en ce sens que Ribbi Yo'hanane a dit : Ha Qadoche Baroukh
Hou a dit: Je ne viendrai pas dans la Jérusalem d'En-haut tant
que Je ne pourrai pas venir dans la Jérusalem d'En bas. lo avo
birouchalayim chel maâla âd ché avo kirouchalayim chél
mata. Y-a t'il une Jérusalem d'En-haut? Oui, car il est écrit:
Yérouchalayim ha bénouya kéît ché'houbéra
la ya'hdav, Jérusalem qui est bâtie comme une ville reliée
à elle en une unité (Psaume 122. 3).
Ce n'est pas une vision angéliste car la tradition démontre
comment D.ieu a voulu, dans la liberté d'amour, que "la Jérusalem
d'En-haut aille selon la Jérusalem d'En bas" (Yérouchalayim
mékhouvénéte lémaâla kémo Yérouchalayim
chél mata. I Zohar 183b) .
Morale de vie
1. Moché, seul homme unifié totalement entre le haut
et le bas, entre ce monde visible et le monde invisible, nous enseigne
une immense simplicité, base de sérénité :
- les enseignements les plus complexes et les plus élevés
du judaïsme,
- le mouvement intérieur du coeur,
- l'acte moral de comportement,
- les biens matériels
sont une même chose ; et ils le sont quand ils sont vécus
dans l'adhésion à Hachém. Et cette
chose est une union d'amour qui atteint toutes les dimensions de l'être
et de l'univers. Cela doit être notre modèle d'être
et de vie.
Nous plaçons le poème double, en lettres et courbes de
danse, que nous essayons d'entendre, dans cette écoute, intitulé
Terre
Israel.
A partir de là, Moché nous enseigne aussi un autre point
: il se demandait et demandait à Hachém s'il allait
entrer dans la terre d'Israël. Ainsi, lui-même, le plus grand
à qui D.ieu parlait face à face, s'interrogeait avec
scrupule sur le lien de la Torah aux décisions de vie.
A fortiori, dit le Chla, nous
autres
devons passer sans cesse nos décisions, actes et comportements
au crible des critères de la Torah.
2. Moché se posait cette question parce qu'il n'était
pas assuré de ne pas se tromper sur l'interprétation des
signes à la lueur du texte.
A fortiori, combien devons-nous étudier à la loupe la
Torah pour être sûrs de bien la comprendre, avant d'en décider
et d'agir.
L'unité et les peuples
1. Le Chla dit que tout ce que rappelle Moché en cette paracha
concerne en même temps les trois cadeaux de beauté
que Hachém a fait à Israël :
- la beauté de la Torah,
- celle de la sainte terre d'Israël (à travers le problème
des peuples idolâtres),
- et la beauté du monde à venir.
Nous avons souvent parlé de la grandeur lumineuse de la Torah.
Dans la paracha précédente, nous avons parlé longuement
de la terre.
2. Comment cela est-il lié à la prescription de
ne pas pactiser avec les peuples qui y séjournaient?
C'est que ces 7 peuples, par leur façon de vivre, étaient
symboliquement 7 forces qui perturbaient le monde et arrêtaient le
bien qu'il y a dans le monde. Elles étaient incapables de compassion
aucune. C'est en réaction à ce problème que Yaâqov
est parti vers l'Egypte avec la perfection de l'antithèse (7 fois
10 = 70 personnes).
Ce nombre 70 réfère aussi à l'ensemble des nations
pour le bien de qui Israël exerce son travail de vivre selon la Torah.
C'est pour cela qu'à Souccote, on fait 70 sacrifices.
Ainsi, Israël ne reçut pas de prescriptions négatives
à l'égard d'autres nations que ces 7.
La pédagogie de l'unification
La mitsva des téfilines serrés sur notre bras indique
combien nous devons être en dévéqoute
(adhésion, attachement, au sens propre et figuré) envers
Hachém ; en effet, les téfilines qui contiennent
des versets de Sa Torah, sont plaqués sur notre coeur, siège
de la sensibilité et sur notre tête, siège de notre
raison. (Voyez
ici le lien avec la bar-mitsva où l'on met ces téfillines).
Cette dévéquoute adhésive, par laquelle
nous sommes en contact avec Lui, nous rappelle deux choses :
- que nous sommes faits à l'image de D.ieu,
- ce rapprochement avec Hachém est aussi le but de
notre vie ici-bas conçue comme une phase temporaire jusqu'au
monde à venir.
Certains Sages, tsaddiqim, parviennent déjà
à vivre constamment en cette union intérieure et en cette
union avec Hachém sur cette terre.
Les sacrifices avaient aussi une fonction de rapprochement de
tous les niveaux de notre être.
Les 3 prières, et spécialement celle du matin,
assurent la mise en oeuvre de ce rapprochement.
Parfois, le sacrifice du martyre (qiddouche hachém)
assure brutalement cette issue. Le Juif doit chaque jour y être prêt
concrètement.
L'étude assure ce lien constant. Voilà pourquoi,
tout Juif ne peut être qu'un étudiant constant de la
Torah, chaque jour de toute sa vie.
Mais tout cela repose sur une réalité préalable,
ainsi que le dit le traité Sanhédrine 90 b (phrase que nous
lisons avant toute lecture des Principes de Pères, Pirqé
avote) : kol yisrael yéche lahém 'héléq
lé ôlam habba, "chaque membre d'Israël a une part
au monde à venir". Cela veut dire que l'âme de chaque
Juif est présentement en phase avec la réalité de
ce monde à venir. Le Chla dit que l'image employée à
ce niveau par nos Sages est celle de la lune aussi lumineuse que le soleil,
et reliée à lui (comme nous l'avons exprimé par une
image).
Réflexion personnelle
Les paramètres d'union intérieure et d'union à
Hachém que nous venons d'exposer dans la paracha et qui se
vivent sur une terre,
sont éloignés de la conception politique actuelle de
la terre. C'est une perception plus féminine et matricielle des
choses.
L'amour féminin de la terre d'Israël
En ces questions de la terre, hommes ou femmes nous devrions ressentir
avec le ventre comme une mère sent toujours son enfant, avec son
ré'hém, son ventre, sa matrice, mot qui indique "ra'hamim,
la miséricorde" qui ne peut jamais se séparer
physiquement de son enfant. Et non pas avec les seules idées
froides des programmes idéologiques ou électoraux, et qui
sont toujours capables de s'arranger avec toutes les forfaitures et toutes
les jongleries. Pourquoi dis-je cela ? Sur quelle base de Torah ? Ne perdons
plus notre temps sur ces fausses pistes qui ont perdu tant de générations
de Juifs pour des idéaux illusoires en comparaison de la Torah.
Parce que Rachi,
ce maître que nous aimons, nous le dit toujours dans son admiration
fondée pour les femmes d'Israël qui sauvent toujours leur
peuple : dans Bamidbar 26, 64, quand Moché recense les hommes
avant que le peuple ne franchisse le Jourdain, il constate qu'il ne
reste plus en vie un seul des hommes qui n'avaient pas voulu entrer
dans la terre d'Israël et qui s'étaient rebellés
avec de grandes démonstrations idéologiques et politiques,
tant ils craignaient les peuplades environnantes.
Tous ces politiciens de la défaite et de la paix par l'abandon,
et qui pensent que la réalité est plus forte que la parole
dite à Moché dans la Torah, étaient déjà
tous morts physiquement le jour où le passage était devenu
réalité, comme ils mouraient déjà dans leur
âme dès le moment où ils voulaient abandonner la terre
(lire
les versets 26, 64-65).
Et Rachi commente alors : "aval âl nachim lo nigzera guézérate
hammeraglim, léfi ché héne mé'habevote éte
ha aréts, mais la condamnation concernant les explorateurs
n'était pas tombée sur les femmes car elles chérissaient
la terre (d'Israël)".
Il continue : les hommes disaient (Bamidbar 14, 4) : "donnons-nous un
chef et retournons en Egypte" (comme aujourd'hui, certains disent : restons-en
là, trouvons un autre chef et décidons de tout cela selon
la Torah des Etats-Unis et de l'Europe"), tandis que les femmes
disaient (Bamidbar 27, 4) : "donne-nous un héritage", et
voilà pourquoi les femmes ont hérité dans
les versets suivants alors que l'usage faisait que la transmission de
l'héritage passait par les hommes.
C'est le commentaire de Rachi. Il est certain qu'il a en tête cette
espérance indéracinable qu'il y avait déjà
chez Myriam seule quand tous les autres et tous les hommes étaient
écrasés par l'esclavage ; c'est l'espérance indomptable
des accoucheuses juives qui refusaient d'obéir au Pharaon,
et la certitude de Myriam qui sauva son frère bébé,
assurée que l'avenir serait retourné par Hachém.
(Lire les commentaires de Rachi sur Chémote 1, 15-19 et 2, 1).
Voilà, disent nos commentaires pourquoi on la nomme Hanévia
(la prophétesse) car ce Ha (article défini)
fait l'éloge, par la lettre hé, de la présence
de Hachém qu'elle savait garder vive en elle. Et voilà
pourquoi, dans le même sens, on dit
hattof en parlant
de son tambourin, "le" tambourin.
Espérons que le mérite des femmes d'Israël, ces Myriam,
sauve aujourd'hui notre génération comme elles ont sauvé
la génération d'Egypte et celle du désert.
Et qu'elles parviennent à calmer les explorateurs agités
qui nous démontrent qu'il faut, aujourd'hui exceptionnellement,
abandonner notre héritage transmis sans faille par toutes
les générations qui ne nous ont certes pas mandatées
pour l'abandon en leur nom. Que ces femmes d'Israël nous apprennent
à chérir comme elles cette terre, lé'habev
éte ha aréts.
Si quelqu'un a eu le malheur d'être expulsé de son appartement,
il sait physiquement ce que c'est, dans son ré'hem, dans
son ventre ; il nous faudrait ressentir de cette manière l'horreur
que l'on commettrait en séparant ainsi cette terre de Celui à
qui elle appartient. Et qui, comme dit le premier Rachi de toute la Torah
(Béréchite 1, 1), la donne à qui Il veut.
Il vaut mieux ne pas jouer selon la politique avec ces choses là
quand nous avons tous nos enseignements. Notre histoire s'est toujours
déroulée selon ce qui est écrit. Nous le savons.
Beaucoup ressentent aujourd'hui le projet de barrière que le gouvernement
veut construire en Israël entre territoires juifs et palestiniens
comme une faute de cet ordre et ils craignent pour les conséquences
que cela présage, en raison de ces enseignements de l'histoire.
Sans prendre parti sur leurs options politiques précises, il faut
reconnaître que, aujourd'hui aussi les femmes sont à l'avant-garde
de la défense de la terre d'Israël. (A
connaître, sur ce lien)
Cette perception de la proximité de la femme à la terre
d'Israël nous fait mieux comprendre aussi la question
de l'héritage des femmes.
La qualité féminine chez l'homme est possible
Les hommes doivent et peuvent se mettre en cette position féminine
d'affection viscérale à la terre d'Israël, comme lien
à la présence divine. C'est ce dont était capable
Moché dont le nom, dit Ribbi Yaâqov Abou'hatséira,
a la même guématria que le mot ratsone (volonté
divine) dont nous avons vu souvent qu'il est la marque de la participation
de la femme au niveau le plus élevé et intime de D.ieu lui-même
; voilà pourquoi la femme fait référence à
cela dans sa bénédiction chaque matin.
Allez lire la haftara, vous comprendrez
maintenant pourquoi elle a été choisie.
La qualité de Moché dans la prière
Nous trouvons la même ligne de lecture chez Rabbénou Bé'hayé
quand il remarque que Moché commence la paracha par le mot
vaét'hanane . Pour comprendre, il montre qu'il faut prendre
la clé de Michlé ou Proverbes 19, 17 : celui qui
est attentif ('honén, même racine que vaét'hanane)
au pauvre prête à Hachém qui, à
Son tour donnera la complétude (chalom) à celui-là.
C'est que l'attitude de 'honén ou 'hanina (attention
bienveillante) est l'une des caractéristiques de Hachém,
l'une de ses 13 middotes ou qualités qui le caractérisent.
C'est une attitude non prétentieuse et d'adhérence bienveillante
comme celle de la mère envers l'enfant. C'est cela qui est symbolisé
par le lien de la terre d'Israël entre Dieu et nous. Voilà
pourquoi Moché voulait tant entrer dans cette terre d'union.
Voilà pourquoi la tradition dit que celui qui en est conscient,
ne quitte la terre d'Israël que par obligation absolue mais jamais
pour le plaisir ni par l'oubli ; de même qu'un homme ne quitterait
pas sa femme pour le plaisir d'aller regarder d'autres femmes dans le
monde pendant des mois ou pendant quelques semaines.
Moché vivait toujours dans cette attitude de "prière d'union"
interne, et sa prière était sur ce seul mode. En effet,
le lecteur trouvera dans
la page consacrée à la prière qu'il y a 10 formes
de prière.
La prière juive se nomme globalement téfila (Isaïe
1, 15), de la racine pll qui veut dire s'évaluer,
se juger (léitpallél). Cela nous indique que la prière
est autant pour l'homme que pour Dieu.
Selon Ribbi Yo'hanane, la prière est appelée par 10 noms
différents qui ont chacun une caractéristique particulière
(âssara léchonote niqréte téfila) :
- chaveâ (Chemote, Exode, 2, 23) qui comporte la
supplication,
- tséâqa (Chemote, Exode, 2, 23) qui comporte
le cri,
- néâqa (Chemote, Exode, 2, 24) qui comporte
le soupir et le gémissement,
- rinna (Jérémie 7, 16) qui comporte la
supplication bruyante,
- péguiâ (Jérémie 7, 16) qui
comporte l'attitude de cogner, porter atteinte,
- bitsour (Psaume 18, 7) qui comporte l'angoisse qui étrangle,
- qeria (Psaume 18, 7) qui comporte l'appel,
- nippoul (Devarim 9, 18) qui comporte la chute de prosternation
suppliante,
- palloul (Psaume 106, 30) qui comporte l'action de faire
justice,
- et, ici, ta'hanounim (Devarim 3, 23) qui comporte
l'imploration. Moché n'a utilisé que ce mode.
Exercice de mémorisation :
connaître par coeur ces 3 phrases de la paracha très
importantes :
1
vé atém haddévaqim ba Hachém éloqékhém
'hayim koulekhém hayom
Et vous qui adhérez à Hachém votre D.ieu,
vous êtes tous vivants aujourd'hui.
2
kol yisrael yéche lahém 'héléq lé
ôlam habba
Chaque membre d'Israël a un part au monde à venir.
3
Chémâ Yisrael Hachém Eloqénou Hachém
E'had
Ecoute Israël, Hachém notre D.ieu, Hachém
Un.
Le Chémâ
Yisrael
Introduction pour les débutants
Lecture du Chémâ Yisraël
Chém Yisraël Hachém EloqénouHachém
E'haD
Explications pour les débutants en hébreu
On lit l'hébreu, à partir de la droite.
Note technique : pour bien voir tout l'ensemble du ChémâYisraël,
et le voir en gros caractères afin de bien regarder la forme des
lettres,
la phrase peut être plus large que les petits écrans, il
faut alors faire glisser la page.
Premier mot
Les lettres du premier mot sont chine mém âyine
et ce mot ce lit Chémâ.
Seules les consonnes chine mém âyine sont écrites,
sans leurs voyelles qui ne sont pas écrites.
Ces voyelles, si on les écrivait, ne seraient pas des véritables
lettres,
contrairement à ce qui se passe dans la plupart des langues. Elles
sont beaucoup plus "spirituelles".
Il a un encore un élément plus "spirituel", ce sont les
taguim ou surélévations placées de façon
particulière sur certaines lettres. Elles ont des significations
de niveau plus élevé encore.
Deux lettres sont en plus gros caractères, la 3e ayine et
la dernière daléte.
Elles forment le mot Êd, témoin.

Rappel : on lit l'hébreu, à partir de la droite.
Second mot
Le second mot commence par la petite lettre youd qui se lit: i.
Si elle a dessous une voyelle, on lira, suivant la voyelle , le son
ya,ou yo, ou yé, ou yi,
ici on lira yi.
puis la seconde lettre, nous la connaissons déjà, le sine,
donc nous lisons ces deux lettres : yis.
puis la 3e lettre est le réche (r), qui a sous elle la voyelle
a que l'on ne voit pas ici, donc nous lisons ra.
Relisons : Yisra.
Ensuite, la 4e lettre, le aléph qui ne se prononce pas
mail il y a en dessous du aleph la voyelle é que l'on ne
voit pas ici .
Elle est suivie de la 5e lettre, le lamed, donc les deux dernières
lettres se lisent él.
Le mot se lit donc Yisra-el.
Relisons les deux premiers mots :
Relire de nombreuses fois Chémâ Yisra-el jusqu'à
la lecture assurée.
Attention de ne pas lire Israel comme en français, mais Yisra-el,en
formant bien le son Yi
puis en faisant une légère pause entre Yisra et
el.
Tout ce que nous venons d'étudier nous permet de comprendre pourquoi
le Chémâ Yisrael apparait dans cette paracha. Expliquons
ce qu'est le Chémâ Yisrael.
C'est un verset de la Torah. Il est trouve dans le dernier livre de la
Torah (Dévarim 6, 4).
La halakha qui concerne le Chémâ Yisrael se trouve
dans le Choulkhane Aroukh, Ora'h 'Hayim, ch. 58 et suivants.
On le dit quatre fois par jour :
- au début de la prière du matin (cha'harite),
uniquement les deux premiers versets.
- comme élément central de la prière du matin, avant
les 18 bénédictions de la âmida. Il est suivi
de trois paragraphes : Dévarim ou Deutéronome 6, 4-9...
puis Dévarim 11, 13-21... puis Bémidbar ou Nombres
15, 37-41. Il est alors précédé de Yotsér
et de Ahavate ôlam ou Ahava rabba qui sont des louanges
exprimant la reconnaissance que le Créateur et la Création
sont amour. Il est suivi de 15 qualificatifs splendides sur la beauté
de cette vie d'union.
- comme élément central de la prière du soir (ârvite),
avant les 18 bénédictions de la âmida. Il est
suivi de trois paragraphes (voir ci-dessous).
- avant le sommeil.
Chacun de ces 4 Chémâ Yisrael a une particularité
et une fonction différente que l'on étudiera ensuite avec
des enseignants ou rabbins.
Ils scandent ainsi toute la journée du Juif et le placent hors
du danger (Bérakhote 9b).
Sens résumé du Chémâ Yisrael
1. On peut le trouver à partir des moments où on le dit
;
- non seulement comme profession de foi qui est centrale dans le judaïsme
pour affirmer que D.ieu est unique, que nous avons reçu de Lui
la connaissance de ce qu'Il est dans la Torah et de la façon de
vivre, qu'Il a donné son message au peuple d'Israël, mais
aussi
- comme une confiance totale dans les promesses de la Torah,
- comme une union avec Lui qui s'étend sur de nombreux plans, on
le verra ci-dessous.
2. On le dit également dans les situations de danger, quand on
va mourir ou devenir martyr.
Tout se résume dans le fait que le dire est accepter le joug du
règne de D.ieu et de Sa Torah.
Le jour de Kippour et au chevet d'un agonisant, on le dit en le faisant
suivre 3 fois de la phrase "baroukh... et 7 fois du verset Hachém
Hou HaEloqim. Voir
la page consacrée à cette situation, 4,1.
On appelle cela qabbalate ôl malkhout ou réception
du joug de la Royauté (voir le Moussaf de Roche Hachannah, dans
la partie des "malkhouyotes").
Il est centré sur le nom de quatre lettres (nommé "havaya",
ou Hachém, quand on ne le dit pas dans la prière).
Ce nom est la synthèse des bontés divines, la forme des
processus qui donnent au monde la vie et la bénédiction
sous la forme de la bonté miséricordieuse et de la Torah.
Le Traité Bérakhote (Michna 2, 5) donne le premier sens
du Chémâ Yisrael : exprimer l'acceptation du joug
de la royauté et majesté de D.ieu. C'est pourquoi celui
qui voit qu'il va être martyr ou qui va passer dans le monde d'En-haut
par la mort prononce le Chémâ Yisrael. De même,
on le prononce après lui avoir fermé les yeux quand quelqu'un
vient de mourir.
La première et la dernière lettre du verset du Chémâ
Yisrael sont écrites en grands caractères et ces deux
lettres ainsi mises en valeur forment le mot êd, témoin.
Cela met en valeur le sens que l'on vient d'indiquer ci-dessus.
Ce même témoignage est écrit et non imprimé
dans les mézouzotes, ces parchemins placés dans un boitier
et fixés sur les montants des portes dans toute maison juive
et à la porte d'entrée. C'est l'affirmation du Juif.
C'est le signe de l'aliénation interne et externe que de ne pas
pouvoir le faire, que ce soit dans la réalité ou dans la
psychologie personnelle. La prise de conscience doit en être faite.
La mézouza a la valeur numérique du nom divin Adonoute,
Maître (65), ce qui confirme les sens précédents.
Qui dit le Chémâ Yisrael ?
Les hommes ont l'obligation de dire le Chémâ. Il
est recommandé aux femmes de le faire mais elles n'en ont pas l'obligation
au sens strict. On habitue les jeunes enfants à le dire.
D'autres commandements passent avant comme le devoir de s'occuper d'un
défunt jusqu'à son enterrement. On ne dit pas le Chémâ
dans un cimetière.
Composition
Il comporte 6 mots et 25 lettres et se lit : "Chémâ
Yisrael Hachém Elohénou, Hachém é'had".
(Ma transcription comporte quelques modifications par rapport à
la prononciation exacte pour respecter le nom de D.ieu ; pour la prononciation
exacte, demander à un Juif ou rabbin qui l'enseigneront. Comme
je l'ai indiqué plus haut le mot Hachém remplace la prononciation
exacte pendant la prière; par contre, voir le livre du Rav Zermati
pour ne pas faire d'altération du noms de D.ieu comme Eloqénou
au lieu de Elohénou (lien
ici.).
Il signifie : "Ecoute-entends, Israël, Hachém (nom
de 4 lettres de D.ieu) notre D.ieu, Hachém est Un".
Le verset que l'on dit ensuite à voix basse est : "Baroukh
chém kévod malkhouto, lé ôlam vaêd".
Il signifie : "Béni le Nom de la gloire de Sa royauté
pour toujours et partout".
Le mot Chémâ ne signifie pas seulement "écoute"
car le verbe écouter se dit léhaqchiv tandis que le
verbe lichmoâ signifie "écoute et entends et comprends
profondément".
Tout le texte du Chémâ Yisraël est ensuite
composé de 3 passages de la Torah :
- Dévarim ou Deutéronome 6, 4-9.
- puis Dévarim 11, 13-21.
- puis Bémidbar ou Nombres 15, 37-41.
Origine
Cette seconde phrase n'est pas une citation de la Bible mais est
proche du verset 72, 19 des psaumes : "Baroukh chém kavod lé
ôlam" (Béni le Nom de gloire pour toujours et partout").
Mais Rabbénou Yaâqov Abou'hatséra nous donne le motif,
selon la tradition: la première phrase (chémâ) correspond
à notre acceptation de la Torah écrite, la seconde phrase
correspond à notre acceptation de la Torah orale, non écrite
mais transmise en même temps que la Torah écrite. Non écrite,
elle est non visible et nous faisons allusion à cela en ne la disant
pas à haute voix. Nous faisons leur union. Contrairement à
des religions qui ont pris seulement la Torah écrite mais déformée
car elle n'est pas éclairée par la Torah orale révélée.
Le Rav explique aussi combien ces deux phrases font une union divine et
une union des dimensions masculines et féminines. Mais il faut
des niveaux beaucoup plus avancés dans les textes pour pouvoir
expliquer cela. C'est l'étude directe et continue auprès
de rabbins qui peut ouvrir ces portes.
Il était prononcé par les Cohanim lors de la bénédiction
qu'ils donnaient au peuple dans le Temple. A Kippour, le peuple le disait
à voix haute après que le Cohen Gadol, Grand Prêtre,
disait 10 fois le Nom de D.ieu.
L'origine de cette phrase est expliquée dans le Traité Pessa'him
56a :
Les Sages ont enseigné : comment disait-on autrefois le Chémâ
Yisrael ? Selon Ribi Méïr, on ne s'arrêtait pas
jusqu'à la fin. Ribbi Yéhouda affirme qu'on s'arrêtait
un instant mais qu'on ne disait pas la seconde phrase. Mais alors pourquoi
dit-on maintenant cette phrase:
"Baroukh chém kévod malkhouto, lé ôlam vaêd"
? C'est Ribbi Chimeône ben Laqiche qui apporta la solution.
En Béréchite 49,1 il est dit que Yaâqov appela ses
fils car il voulait leur révéler ce qui se passerait à
la fin des temps. Mais la Chékhina s'éloigna de lui
et il pensa en lui-même : "peut-être comme pour Avraham et
pour Yits'haq l'un de mes enfants a-t'il un défaut". Alors (pour
le rassurer et lui confirmer ce qu'il étaient), ses fils lui ont
dit : "écoute-entends, Yisraël, Hachém notre
D.ieu, Hachém est Un", ce qui voulait dire : il n'y a qu'un
seul D.ieu dans notre coeur comme dans le tien. Et c'est alors que Yaâqov
dit la phrase : "Baroukh chém kévod malkhouto, lé
ôlam vaêd", ("Béni le Nom de la gloire de Sa royauté
pour toujours et partout").
Nos Sages se sont demandés si on devait ou non dire cette seconde
phrase étant donnée que Yaâqov l'a dite mais non pas
Moché. On décida alors de la dire pour soi, en silence.
Dans certains endroits on l'a dite tout haut parce que les persécuteurs
d'autres religions auraient pu penser qu'on disait des malédictions
contre eux.
Pratique
- il faut d'abord savoir que toute prière doit être accompagnée
obligatoirement de l'intention du coeur et de la pensée (cavana).
Cela veut dire : connaître le sens des mots, et les dire avec les
intentions et sentiments aui y sont liées (il faut donc les apprendre
et non pas seulement dire la phrase). Mais aussi, avoir la volonté
de le faire parce que D.ieu nous le demande. Sinon, on doit recommencer,
en ce qui concerne les deux premières phrases du Chémâ.
- les femmes n'ont pas l'obligation de dire le chémâ mais
elles ont à coeur de le dire.
- on le dit le matin à partir du moment où il fait assez
clair pour distinguer à deux mètres une personne vaguement
connue. C'est le moment optimal. Mais on peut le dire jusqu'à la
fin du 1/4 de la journée. En cas de fatigue, on doit se lever pour
dire les deux premiers versets au moins, et en étant concient de
ce que l'on dit, zavant que le temps ne soit passsé de le dire.
Questionner le rabbin sur tous ces points. Un malade le dit dans son coeur
ou en écoutant autrui.
- on est assis, de préférence, sauf impossibilité.
Si un talmid 'hakham entre, on se lève, même lorsque on lit
le chémâ ('Hida, Birkhei Yossef 10,244).
- on tient les 4 tsitsiyotes dans la main gauche (demander comment en
apprenant avec quelqu'un de votre communauté). On les embrassera
chaque fois qu'on prononcera le mot tsitsit. Des particularités
existent sur la façon de le faire, suivant les communautés.
On les lachera après l'ensemble du texte du chémâ
et un passage se terminant par "néémanim véné'hamadim
laâd".
- notre oreille doit bien entendre "chacun" de tous les sons
que nous prononçons pendant que nous disons le chémâ,
même si nous sommes en public. Sans géner nos voisins. Cela
également concernant chaque lettre et chaque taâm.
- on ne bouge plus, on ne cligne pas des yeux ou d'autres mouvements des
lèvres ou des doigts quand on dit les deux premiers versets.
- on met alors la main droite sur les yeux et on les prononce, comme faisait
Ribbi Yehouda hannassi (Bérakhote 13b).
- on prolonge le mot é'had sur la dernière
lettre seulement (pas sur le é ni sur le 'héit)
et sans exagérer, en imaginant que la royauté divine s'étend
dans les quatre directions. Pendant le alef, on pense que D.ieu est unique,
ya'hid. Pendant le 'héit, on pense qu'il gouverne
(mochél) sur les 7 cieux et sur l'univers de la terre.
Mitsva tsrikha kavana; pour accomplir une mitsva, on doit le faire
avec la conscience et l'intention. Cela concerne très spécialement
les deux premiers versets et le premier paragraphe. Cela veut dire qu'on
prononce le chémâ avec l'intention d'accepter sur
soi le joug (ôl) de la royauté divine avec crainte,
amour et joie complets en tout ce que cela comprend, à la vie à
la mort. En particulier, chacune des mitsvotes qui découlent des
10 commandements.
- on est bien attentif aux grandes lettres la première et la dernière
du verset (alef, dalét) qui ont le sens de témoin
(êd) et de beaucoup de sens profonds.
- Si, après la fin du premier paragraphe, on réalise qu'on
n'a pas été conscient de ce que l'on disait et des intentions,
pendant la lecture du premier verset, on recommence. Il y a de très
nombreuses intentions, on les apprendra progressivement auprès
d'un enseignant en direct.
- on ne fait aucune interruption, même pas pour répondre
amen à des bénédictions dites autour de soi.
Pour la suite, on peut répondre amen quand on entend un kaddich
et on reprend alors la séquence où on était, au début
de ce passage.
- quand on dit les mots qui parlent des téfilines de la main (véhaya
lé ote âl yadékha), on les touche avec la main
opposée et on embrasse cette main qui les a touchés; quand
on parle des téfillines de la tête (létotafote
béïne éïnékha), on touche aussi celui
de la tête et on n'embrasse pas la main.
- à la fin du chémâ qui a 245 mots on en ajoute 3
à haute voix, bé qol ram (Hachém Elohékhém
émét, quand on prie en minyane; El mélékh
néémane, quand on prie seul, bé ya'hid).
Cela parce que la tradition décrit 248 membres dans le corps et
que chaque mot y correspond et en fait un traitement sur tous les plans.
Ce niveau est celui du rémez que nous n'expliquons pas sur le site
car il demande une formation approfondie et ne peut se faire également
que dans la transmission directe. Ce niveau est sensible aux nombres qu'il
y a dans le texte, les 42 mots du premier paragraphe, les 72 ensuite,
puis les 50, etc. Des traités entiers sont consacrés à
ces niveaux du Chémâ Yisrael.
- en dehors de notre récitation du chémâ, on s'associe
avec lui chaque fois qu'on entend quelqu'un le dire.
- on veille à dire et à entendre chacune des lettres et
des mots dont le nombre et la force qui les caractérisent produisent
l'unité espérée dans toutes les dimensions de l'être.
Pour cela, il faut prononcer exactement chacune des 245 lettres selon
sa prononciation exacte, sans la confondre approximativement avec une
autre, car chacune a un sens profond très différent.
Et cela changerait le sens des mots. Pour cela:
- on sépare bien les mots: "ouqchartém otam"
et non pas "ouqchartémotam", "lé
ot" et non pas "léot".
- de même, quand deux lettres identiques se suivent chacune doit
être bien prononcée pour elle-même. Exemples: békhol
lévavékha et non pas békholévavékha;
âl lévavékha et non pas âlévavékha;
békhol lévavékhem et non pas békholévavékhem
;
- de même, bien placer l'accent tonique sur la syllabe ; sinon cela
changerait le sens de certains mots.
on fait attention au métég (petit trait vertical) qui coupe
les syllabes et fait passer le son de e à é, comme lorsqu'on
dit au début "békhol lévavékha"
car il y a un méteg, mais on dit "pén yfté
lévavkhém" car il n'y a pas de méteg.
- on prononce bien le hé soufflé légèrement
dans l'article défini et quand il n'est pas la finale féminine:
haadama; on double bien la consonne qui suit l'article
défini, selon les règles: haddévarim
et non pas adévarim; on souffle légèrement
le hé marqué d'un point qui veut dire le possessif "son",
comme dans yévoulah et non pas yévoula.
- on place bien l'accentuation indiquée par le taâm, signe
au-dessus du mot ou en-dessous, par exemple lémaâne
et non pas lémaâne.etc. Attention car les francophones
ont l'habitude de placer l'accentuation en fin de mot et font cette erreur
de dire lémaâne. Ils disent otséTI
alors qu'il faut dire otséti, en raison de la
place du taâm.
- on prononce bien o la qamats qatane suivi d'un chéva (sauf s'il
y a un métég) comme dans "oukhchokhbékha".
- on prononce bien le a de la lettre âyine accompagné
d'un coup guttural, et non pas comme un a. Je le rends toujours par â
et non pas par a. En effet, sinon, cela changerait le sens du mot de façon
parfois très injurieuse pour le nom de D.ieu. Donc, on dit nichbâ
et non pas nichba; chémâ et non pas chéma.
- on double bien les lettres marquées d'un daguéche qui
ne sont pas les lettres bégadkéfate (beit, guimel,
dalét, kouf, pé, tav): véchiNNanetam et
non pas véchinanetam.
- on double bien la lettre marquée du dagguéche dans le
temps piël comme dans daBBér et non pas dabér.
- quand il y a deux téamim dans le mot comme dans anokhi,
le second prime et est plus fort mais on marque aussi un peu le premier:
AnoKHI.
- après on veille à être bien attentif aux 15 vav
des mots qui suivent le Chémâ, qui réfèrent
à beaucoup de significations (il y a eu 15 ans d'études
ensemble entre Avraham, Yits'haq et Yaâqov, il y a 15 chir ha
maâlote dans les psaumes, il y avait 15 marches pour entrer
au Temple, etc...).
Il faut donc une formation sérieuse à la connaissance
des règles de lecture, vous la
trouvez ici sur le site Modia.
TOUT CELA, PARCE QUE LE CHÉMÂ YISRAEL NOUS PLACE DANS
LES SECRETS DES UNIONS DIVINES, ET DANS LEUR INFLUENCE LA PLUS PRÉCISE
AU NIVEAU DE NOTRE ÊTRE, ET DU PEUPLE, ET DU MONDE.
Il faut donc s'entraîner lentement et avec précision, comme
quelqu'un qui apprend la musique et corriger nos erreurs jusqu'çà
bien respecter en prononçant. En fait, cette attention est la base
de toute communication et nous pose question sur nos communications si
nous ne faisons pas plus attention à l'autre.
Celui qui aura bien intégré déjà
- la connaissance de ces niveaux présents dans le Chémâ
Israel, en les ayant reliés,
- le lien de cette étude à l'étude de sa place dans
la Torah, comme ici avec la paracha Vaét'hanane et ensuite
pour chaque paragraphe du Chémâ avec sa paracha,
- qui l'aura pratiqué régulièrement, quotidiennement
en minyane, en l'améliorant,
pourra alors entrer dans la connaissance des nombreuses autres richesses
de chaque mot de ce texte. Mais il faut suivre cet ordre, comme en musique
on franchit des stades uniquement par la pratique.
Sens multiples du Chémâ Yisrael (cette partie
de l'étude sera régulièrement développée).
ECOUTE-ENTENDS
Comme l'indique le Livre de l'éducation (Séfer ha'hinoukh)
dans l'étude de cette 416e mitsva, le mot Chémâ
(écoute) n'est pas seulement une invitation, c'est une mitsva positive,
(un ordre et un commandement explicites) : nous devons entendre et accepter
profondément tout le sens de cette phrase du Chémâ
Yisrael.
Ne pas l'accepter est nier tout le judaïsme, porter atteinte à
D.ieu Lui-même et être idolâtre, placer d'autres valeurs
à la place du D.ieu révélé par la Torah.
Aucune concession ne peut être faite sur cet absolu et, dans toutes
les générations, les Juifs ont préféré
et choisi consciemment la mort plutôt que de faire la moindre concession
à cette exclusivisme du judaïsme : toute
autre "testament", toute autre prophétie, tout autre visionnaire
est atteinte directe contre l'unité de D.ieu Lui-même.
C'est ne pas "écouter".
- en ce sens, le Roqéa'h
dit que le mot Chémâ est composé des initiales
du verset Séou marom êinékhem (élevez
en haut vos yeux), c'est-à-dire quitter notre niveau pour accepter
le mode selon ce que D.ieu en a fait, selon ce qu'Il est. Toute autre
élaboration théologique ou philosophique sur la Torah est
simplement se prendre soi-même pour D.ieu. Et ne pas savoir "écouter".
Cela a ensuite beaucoup de conséquences dans la vie de relation
de couple ou dans les relations sociales : celui qui n'écoute pas
l'autre, qui a toujours raison, qui vit par son seul "moi je". Cela s'exprime
dans le même sens par cet autre anagramme : Chadaï Mélékh
Ôlam (D.ieu roi du monde entier).
- comme il nous est demandé de toujours nous réévaluer
(c'est le sens du mot prière en hébreu, léhitpallél),
nous faisons les trois prières quotidiennes de Cha'harite, Min'ha
et Ârvite dont les initiales indiquent ce mot Chémâ
(écoute). La source de ce beau commentaire du Roqéa'h est
dans Ribbi Aboudharam.
- Le Traité Bérakhot 15a dit que le mot Chémâ
veut dire : "fais entendre à tes oreilles" (motifs pour lequel nous
devons prononcer tout haut ce verset et l'entendre) et fais-le aussi entendre
en toute langue (Bérakhote 13a). Cela est confirmé par la
méthode du rémez où les trois premiers mots
du Chémâ Yisrael ont la guématria de "fais entendre
à tes oreilles et à toute langue".
UN
- l'unité de D.ieu est comprise dans le judaïsme comme unité
des manifestations de D.ieu sous la forme unifiée de bonté
('héssed), de rigueur de justice (dine), et de miséricorde
(ra'hamim) qui synthétise ces deux dimensions précédentes.
Sans ce troisième pôle, il n'est pas d'unité ni de
conception juive. L'affirmation que le judaïsme serait une
religion de crainte, n'est qu'une forme de l'antisémitisme religieux
chrétien ; c'est une injure envers les Juifs, envers la Torah et
envers D.ieu Lui-même.
L'unité affirmée par le Chémâ Yisrael
est précédée du mot ahava (amour et suivie
immédiatement du mot véahavta (tu aimeras) : c'est
cela le judaïsme. Cette haine envers le judaïsme continue même
sous les formes policées d'aujourd'hui par la contestation de Jérusalem
et de la terre d'Israël, derrière la pommade des mots de dialogue
et estime qui servent surtout à oublier la culpabilité des
milliers de massacres de Juifs.
Or il est dit : c'est un peuple é'had, un, sur la terre
de Celui qui est un. Ces trois unités sont inséparables.
C'est pour cela qu'est mis en évidence le mot êd (témoin).
C'est en cela que le peuple d'Israël est âm ségoula,
une perle précieuse et choisie par D.ieu. Cela est prouvé
par le verset d'Isaïe 43, 6 (à lire en entier : atem êdaï
néoum Hachém, vous êtes mes témoins, le
déclare Hachém...) et par le verset de Malachie 3,
5 (vé hayiti êd mémaher, et Je serai un témoin
empressé...). Cette affirmation double et réciproque est
si sûre et constructive à tel point que la guématria
de Chémâ est 410 comme le nombre d'années de
la durée du premier Temple (Traité Yoma 9a).
De plus, le verset commence par la lettre Chine et se termine
par la lettre Daléte, ce qui constitue le mot "chéd"
(démons, ou forces négatives), ce qui indique que ces forces
négatives s'enfuient quand on prononce le Chémâ
avec les intentions (kavanotes) qui y sont liées (voir Bérakhot
5a). Tout cela est basé sur l'enseignement du Tour.
- l'unité de D.ieu affirmée va de pair avec notre unité
personnelle sur tous les plans unifiés, comme nous l'indiquons
dans le commentaire de la paracha Vaét'hanane, point développé
par Ribbi Ba'hya dans Le premier chapitre des devoirs des coeurs ('Hovote
hallévavote) où il appelle cela yi'houd hallév,
"unification du coeur".
Dans la constitution des passages du Chémâ, le Chémâ
lui-même précède les autres textes qui parlent d'actions
car il faut d'abord recevoir intimement le joug de D.ieu avant d'agir
par les oeuvres (Ch. 1, 1 de 'Hovote).
Cours de Méthode à l'occasion du Chémâ Yisraël
Des lecteurs me demandent d'apprendre à distinguer les différents
niveaux du pchate, du drache, du rémez et du
sod
à propos d'un même verset.
Nous sommes pris entre deux nécessités :
- enseigner la méthode,
- ne pas mettre sur les ondes anonymes des enseignements qui demandent
un immense respect et un environnement sûr pour ne pas être
déformés, ce dont nous ne sommes pas assurés.
Le commentaire de cette paracha a la précision du pchate
(précision des mitsvotes, des objets téfilines et de leurs
fonctions). Nous commençons toujours par là.
Le drache est atteint dans le sens symbolique que l'on peut
donner (par exemple, adhésion de l'être total quand les téfilines
sont mis en contact avec le corps physique). Ce niveau met en jeu l'exigence
intellectuelle de recherche.
Le rémez dépeint des allusions qui relèvent
moins de la pensée logique évidente mais surtout de l'enseignement
transmis par la tradition (la terre d'en-bas, par exemple, image de la
terre d'En-haut). Le raisonnement seul ou le symbolisme seul ne peuvent
pas ouvrir ces dimensions.
Le sod, le secret, concerne le coeur du message qui nous est
donné ici par le Chla de façon globale, et que j'essaie de
traduire en termes clairs ; mais l'enseignement du sod (que je ne
fais pas ici) repose sur un appareil de démonstration précis
dans le texte, par exemple le nombre ou la forme des lettres du Chémâ
Yisraël comme vecteur du message, et ensuite, les analogies avec des
mots identiques ailleurs dans la Torah, aussi bien qu'avec la valeur chiffrée
de ces mots et lettres.
Un seul exemple bien connu fera comprendre cette méthode : quand
nous disons le Chémâ, il est précédé
dans la prière collective par le mot ahava (amour) et suivi
par le mot véahavta (tu aimeras) ; or le mot e'had
(un) vaut 13 en guématria comme le mot ahava, ce qui crée
effectivement un foyer de sens prouvé ainsi à tous les niveaux
d'analyse (cohérence linguistique, proximité, évaluation
numérique). Ainsi, par rapport à l'attitude de Moché
que nous avons décrite dans cette paracha, et par rapport à
ce que dit Rachi du juste dans son premier commentaire de notre paracha,
Ribbi Yaâqov Abou'hatséira fait remarquer que Moché
(346, avec le mot) a la même guématria que ratsone,
volonté de D.ieu.
Chacun des mots est ainsi porteur des sens les plus élevés
par ces moyens dans toute la tradition.
Mais il faut d'abord comprendre le niveau simple du pchate
(sens évident du mot dans son contexte et au premier degré),
avant de partir vers ces sphères. Sinon, on risquerait de divaguer.
Comme le dit toujours Rachi, le sens du texte ne doit jamais s'éloigner
de sa cohérence avec le pchate. Chaque fois que des gens
jouent de la séduction avec la guématria, même sous
la prétention de faire revenir vers le bien, sans référer
d'abord aux autres niveaux, on retourne vers la magie des magiciens d'Egypte.
Nous devons en sortir.
Exercice
Lire (même en français) le commentaire du Rachi, sur les
premiers versets,
et essayer d'y distinguer les différents niveaux du pchate,
du drache, du rémez et du sod.
Prenons un exemple de ces niveaux chez Rachi :
Donc, pourquoi ces femmes héritent-elles
aussi ?
Rachi l'explique à un autre niveau sur le verset de Bamidbar
26, 36.
Il se place d'abord au niveau du pchate : le nombre des hommes
recensés est de 65.
Puis il passe au niveau du sens du middrache qui extrapole symboliquement
: le texte de Dévarim 7, 7 dit "vous êtes le moindre (hameate)
de tous les peuples" (65 au lieu de 70).
Puis Rachi apporte une lecture par allusion (niveau du réméz)
basée sur le jeu des lettres : hameate qu'il traduit "hé
méate" "5 en moins" ; en effet la lettre hé vaut
5. Cela lui permet de dire "vous êtes 5 de moins que les familles
de toutes les nations qui sont au nombre de 70". En effet, il est bien
connu que dans la tradition juive, le chiffre 70 symbolise toutes les nations
du monde.
Que veut dire Rachi, ou plutôt vers quoi veut-il nous orienter
qu'il ne dit pas, tout en plaçant le poteau indicateur ? C'est que
son réméz nous oriente vers le secret, le niveau du
sod
qu'il montre pour les lecteurs qui connaissent.
Il est possible de l'expliciter simplement, sans entrer dans des sphères
hors de notre portée. Israël est 65, c'est le chiffre de Adonoute,
donc Israël est le peuple de la présence divine dans le
monde, il est plus petit que tous les autres comme la Chékhina
est discrète et pauvre et fragile, mais il a la présence
de Hachém (ce hé, 5, invisible). C'est
dans cette mesure-là que le peuple juif peut jouer sa fonction
d'être cohén lagoyim, prêtre pour les nations
par la lumière de la Torah qu'il pratique, or lagoyim.
Mais, pour jouer ce rôle pleinement, ce 5 nécessaire devrait
être plein et non pas seulement en potentiel, voilà pourquoi
les 5 filles de Tsélof'had ont été ajoutées
au 65 et ont eu les mêmes droits que les hommes. Elles le méritaient
d'autant plus qu'elles étaient l'excellence de la présence
divine en tant qu'humain, et en tant qu'aimant la terre qui est le lieu
de la présence divine, éréts haqqodéche.
C'est par cette inclusion de la reconnaissance des femmes que le peuple
peut jouer ce rôle qu'il a à jouer dans la Création
envers tous les peuples. Israël est alors 70, de même que Yaâqov
est allé avec 70 personnes en Egypte pour réassumer toute
l'humanité, et de même que nous offrions 70 sacrifices à
Souccote pour toutes les nations du monde.
Ceci n'est que commentaire strict et rapporté de notre tradition,
sans adjonction de notre part.
Comme toujours, Rachi fait franchir tous les niveaux, les relie et
ne montre que la direction du niveau le plus important. Qui connaît
sa méthode sait dans quelle direction regarder et chercher.Rachi
n'est absolument pas un spécialiste du seul niveau du pchate.
Le lecteur qui voulait comprendre la présence des 4 niveaux du
sens dans un verset en a ici l'exemple.
La mézouza
La mézouza (pluriel, mézouzote)
Elle est rappelée dans le Chémâ Yisrael
qui nous est dit dans la paracha Vaét'hanane.
Elle est un signe de l'amour de D.ieu pour nous et de notre amour envers
Lui.
Elle est l'un des signes de protection contre le mal, contre la médisance,
contre le péché.
Elle protège la vie en affirmant la protection de D.ieu en tant
que Tout-puissant et engendrant la réussite de la vie (Chaddaï).
Elle est un des signes par lesquels le Juif assume ce qu'il est à
ses propres yeux, devant D.ieu et les hommes. L'honneur ou la honte d'être
soi-même sont là en jeu.
Il va de soi que dans les périodes de persécution mortelle,
ce signe n'était pas exhibé mais, hormis ces moments, c'est
une faute grave que de ne pas la placer.
La mézouza est un manuscrit écrit à la main et
non imprimé, comportant des textes de la Torah et le nom de
D.ieu, inscrits sur un parchemin de peau d'un animal cachér, que
l'on place dans un boitier au montant droit de la porte de la maison en
fonction de la prescription reçue et dite en Chémote 12,
7 et Dévarim 6, 9 ; 11, 20. Chacune de ces caractéristiques
est importante et ne peut être transgressée.
Les textes inscrits sont les versets de Dévarim 6, 4-9 et Dévarim
11, 13-21. Ils sont écrits généralement en 22 lignes
dans l'écriture carrée des rouleaux manuscrits de la Torah.
Il y est écrit aussi les trois mots Hachém Eloqénou
Hachém en les décalant d'une lettre, à la fois
pour les respecter par pudeur mais aussi parce que cela comporte des sens
importants que l'on peut étudier.
Le parchemin est roulé d'une façon particulière pour
que le nom de D.ieu écrit de l'autre côté apparaisse
à l'extérieur. Il sera visible généralement
par une ouverture faite dans le boitier qui le protège, ou le boitier
comportera la lettre Chine si on veut protéger le manuscrit.
Ce boitier et le manuscrit seront placés sur le côté
droit de la porte en entrant, au début du troisième tiers
supérieur du montant, ce qui permet de toucher la mézouza
avec la main et de l'embrasser en entrant et sortant (coutume existant
déjà à l'époque du Talmud et continuée
jusqu'à ce jour comme une attitude normale de tout Juif) ; si la
porte est trop haute, on fixera la mézouza à hauteur de
l'épaule.
(Exemples de boitiers de mézouza.
Image SweetChild Software)
Tous ces détails ont des sens très élevés
dans la qabbala.
On ne place pas la mézouza à la porte de la salle de bain,
des cabinets de toilette et d'autres endroits non convenables avec la
dignité des noms de D.ieu. La liste des locaux qui exigent une
mézouza est dressée dans les 23 paragraphes du Chouk'hane
Aroukh.
Déjà Maïmonide tempétait contre ceux qui portent
la mézouza au cou comme une amulette. Cette erreur est encore commise
parfois de nos jours.
On doit vérifier la mézouza deux fois tous les 7 ans et
une fois par 50 ans dans les lieux publics.
Quand on la fixe, on dit la bénédiction : "Béni es-Tu
Hachém notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifié par
Ses mitsvotes et nous a ordonné de fixer une mézouza". Ensuite
on la cloue ou on la visse. On ne répète pas la bénédiction
si on place les autres dans les différentes pièces.
On ne la place que si la porte comporte deux montants et un linteau relié
en haut.
Les Juifs askénazes et certains Juifs marocains la placent inclinée
légèrement vers l'intérieur de la pièce. Les
autres la placent droite.
En diaspora, en location, on attend 30 jours pour la fixer.
Si on quitte sa maison, et qu'un Juif respectueux viendra y habiter, on
ne retire pas les mézouzotes. On peut lui demander de les racheter.
Il faut savoir par qui a été écrite la mézouza,
car des gens peu scrupuleux des règles d'écriture de ce
texte important veulent profiter de ce marché. Il faut que ce soit
par un scribe (sofér stam) connaissant bien les règles
de cette cacheroute et respectant la Torah dont il pratique les mitsvotes.
Aucun texte imprimé ne peut servir de mézouza.
Pour tous, voici, quelques textes à étudier en se reportant
aux références :
Chémote 12, 7 ; 12, 22-23 ;
Dévarim 6, 9 ; 11, 20 ;
I Samuel 1, 9
Juges, Chofetim 16, 3 ;
I Rois 6, 31-33 ; 7, 5
Isaïe 57, 8 ;
Ezéchiel 41, 21 ; 45, 19 ; 43, 8 ; 46, 2-8 ;
Michlé, Proverbes, 8, 34.
Choulkhane Aroukh, Yoré Déâ 285...
Pour les étudiants avancés, voici, quelques textes
à étudier en se reportant aux références :
- Chabbate 32b : la mézouza veille sur la vie des enfants.
- Pessa'him 113a : le Ciel rejette sept sortes de gens dont celui qui
ne place pas de mézouzotes à ses portes.
- Yoma 11a : il ne faut pas se fier (bêtement) à la mézouza
pour se protéger de dangers certains.
- Qidouchine 34a : la mézouza contribue à une longue
vie pour toute la famille.
- Avoda Zara 11a : (résumé) quand les soldats romains
vinrent arrêter Onqélos, il leur parla de la Torah et ils
se convertirent. Cela se produisit plusieurs fois. Finalement, l'empereur
envoya les soldats les plus sûrs et quand ils emmenèrent Onqélos,
il embrassa la mézouza et rit. Ils lui dirent : pourquoi ris-tu
? Il répondit : d'habitude, un roi est à l'intérieur
de la maison et ses serviteurs sont à l'extérieur pour le
protéger. Chez nous, les serviteurs sont dans la maison et le Roi
est à l'extérieur pour les protéger. Entendant cela,
ils se convertirent aussi et l'empereur ne chercha plus à l'arrêter.
- Ména'hote 43b : celui qui porte les téfilines, les
tsitsiotes et met les mézouzotes est protégé du péché.
- Vayiqra Rabba 22, 1 et 27, 2 et Bémidbar Rabba 14, 2 : sur
le verset de Job 41, 3 mi hiqdimani va achalem, qui m'a devancé
et je le paierai à mon tour, c'est celui qui n'a pas de maison et
a cependant préparé les mezouzotes. (si cela est ainsi, quelle
tristesse pour ceux qui ont une maison et n'ont pas la gratitude de placer
la mézouza).
- Bémidbar Rabba 18, 3 : les questions tordues de Qora'h sur
la mézouza.
- Dévarim Rabba 1, 1 : contrairement à la Torah, la mézouza
ne peut être écrite qu'en hébreu.
- Dévarim Rabba 7, 2 : de même que la mézouza adhère
à la porte, ainsi vous adhérez à la synagogue et à
la maison d'étude, la yeshiva.
- Chir ha Chirim Rabbah 1, 15, 1 et 4, 1, 1 et 7, 7, 1 : la mézouza
est le signe de la droiture dans l'amour.
- Chir ha Chirim Rabbah 2, 61 : la mézouza correspond au verset
du Cantique : son bras est sous ma tête et l'autre bras m'enlace.
- Zohar III 258a, 263b, 264a, 265b, 266a, 267a; 300b (zaz mavet,
la mézouza éloigne la mort), etc.
- Ari zal, Chaar hamitsvote 37a, le sens de la hauteur de la mézouza
au bas du tiers supérieur.
Les 10 commandements
Nous avons vu que le livre de Dévarim est un résumé
de la Torah. La paracha Vaét'hanane reprend en Dévarim 5,
6-21 le texte des dix commandements (âsséréte haddibbérote)
de Chémote 20, 2-17. Le mot "décalogue" vient du grec (déka
logoï), basé sur la traduction de Dévarim 10, 4.
C'est un excellent exercice d'étude que de comparer les deux
versions qui ont quelques différences que je vous invite à
localiser : par exemple,
- Chabbate présenté comme repos ou comme souvenir de
la sortie d'Egypte,
- le respect des parents,
- ne pas convoiter la maison ou la femme des autres,
- ne pas convoiter ou ne pas désirer, etc.
Rechercher le sens de ces différences.
Le texte de Chémote est présenté en 19, 9 comme
dialogue entre D.ieu et Moché tandis que le texte de Dévarim
va vers le peuple par l'intermédiaire de Moché qui protège
de l'excès de sainteté (voir 5, 20).
Il y a un parallèle entre les commandements 1 à 5 (concernant
D.ieu) et 6 à 10 (concernant le prochain), essayez de le mettre
en évidence et de découvrir les conséquences morales
qui en découlent.
Il y a deux sortes de téâmim ou accents pour le
chant des 10 commandements : l'un au dessus qui correspond à la
réception au Sinaï et se dit à Chavouôte, l'autre
en dessous qui se dit dans les autres lectures.
Le Traité Bérakhote 12a indique que les 10 commandements
étaient dits chaque jour au Temple avant la lecture du Chémâ.
On n'a pas continué à le dire chaque jour dans la prière
car les Chrétiens en faisaient à tort une sorte de résumé
moral de toute la Torah qui prétendait dispenser de la réalisation
de toutes les mitsvotes. C'est le même motif pour lequel, dans la
plupart des communautés, on ne se lève pas pendant la lecture
des 10 commandements pour ne pas les privilégier car toute la Torah
est noms de D.ieu, sans partie plus importante ni moins importante qu'une
autre.
Textes à étudier
Chabbate 104a, sur la façon dont étaient gravés
les commandements dans la pierre.
Méguila 31a, sur la lecture à certaines fêtes.
Vayiqra Rabba 24, 51 qui situe dans d'autres passages de la Torah les
références des 10 commandements.
L'interdiction du mariage des Juives avec
les non Juifs ou de Juifs avec les non Juives (Dévarim 7, 2).
C'est la 427e mitsva (issour bia). Cela ne concerne pas seulement
les 7 peuples de Canaâne mais tous les peuples, tant qu'il n'y a pas
eu de conversion préalable au judaïsme. (Voir Avodâ Zara
36b). Lire Rambam, Hilkhote qédoucha, isouré bia 12, 1
et Choulkhane Aroukh, Even ha Ezér 16, 1. Voir ici
le lien avec la page conversion.
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