14e Paracha : Vaéra -
"Je me suis montré"
Chémote (L'Exode) 6,
2 - 9, 35
Commentaire par le Rav
Yehoshua Ra'hamim Dufour basé sur les livres
de nos Sages
Quelle que soit notre appartenance
dans le judaïsme, il est indispensable de
connaître, respecter et aimer les
autres composantes de la famille juive. Les hiloulotes
(fêtes lors de l'anniversaire du décès)
en sont l'occasion. On les trouve dans le calendrier
du mois. La semaine dernière, nous avons
vu les
courants séfarades. Par exemple, le
21 Tévète, c'est la hiloula du Rav Mazouz,
Ich Matsliah, de Djerba, une occasion pour découvrir
tout
le judaïsme tunisien, lien ici. Le 24 Tévéte,
c'est la hiloula de R. Shnéour Zalmane de Lyady
(1745-1813), l'Admor ha zaqén, auteur du Tanya,
livre de base des "Loubavitch". C'est l'occasion
pour découvrir
les courants complexes et les doctrines du 'hassidisme.
Fraternité tous azimuths. Tous.
Comment faire réussir
le plan divin?
Quatre
conditions pour le Juif :
- connaître la mission de son peuple,
- sortir d'une terre et entrer dans l'autre
- aider au projet divin
- avoir confiance, bita'hone.
Plan
D'abord, découvrir la haftara
pour comprendre la paracha.
1. sortir d'une terre pour entrer
dans l'autre
- Modèle d'analyse de
paracha
- Première partie : recherche
de la dynamique principale
- 1e étape : lecture
- 2e étape : la succession
des grandes phases
- 3e étape : analyser
l'introduction
- une erreur est souvent commise
- 4e étape : recherche
de la signification.
- 5e étape : application
de cette introduction à l'analyse des
plaies d'Egypte.
- Deuxième partie : analyse
des plaies d'Egypte.
- Exercices d'intériorisation
- Exercice de mémorisation
Conclusion.
2. faire réussir le projet
divin
3. avoir une confiance inébranlable,
bita'hone.
|
Entendre
et voir la paracha
téâmim askénaziim (Ort)
Entendre
la paracha
téâmim séfarades (Alliance)
Entendre
et voir la haftara
téâmim askénaziim (Ort)
Entendre
et voir la haftara
téâmim séfarades (Alliance)
Etude
des règles de Rachi qui apparaissent dans
son commentaire de la paracha
|
En cette paracha, vous pourez réaliser une étude
personnelle importante sur le fond, et un grand progrès
dans la maîtrise des méthodes d'étude
en vous reportant aux références que
vous trouverez ici.
La haftara
(Ezéchiel 28, 25-29, 21)
Elle reprend les thèmes
de la paracha dans un autre contexte historique pour bien
nous montrer qu'ils sont constants dans l'histoire juive
et que nous devons renouveler cette même interrogation
par rapport aux puissances environnantes dont l'Egypte
est le symbole.
Elle est tirée du Livre d'Ezéchiel (Yé'hézqel).
Même si ce livre se passe environ en -600 avant
l'ère commune actuelle, rien ne s'est amélioré
depuis dans la région : la Syrie, l'Iraq, l'Egype
et l'Iran sont 4 puissances qui luttent continuellement
ou s'allient en apparence pour se contrôler l'une
l'autre et pour prendre le leadership total sur la région
; et le pays d'Israël est pris en tenaille entre
ces voisins spéciaux dont les dieux changent mais
non pas les désirs ni les politiques.
Israël -par contre- est resté la même,
fidèle à sa même mission avant et
depuis lors. Nous allons étudier en détail
cette haftara et la prophétie d'Ezéchiel
pour mieux comprendre la paracha.
Etudiez cette haftara avec
le livre d'Ezéchiel en mains pour découvrir
cette part de notre tradition et son message. Il comprend
48 chapitres.
Dans les 28 chapitres qui précèdent notre
haftara, lisez comment
- le prophète Ezéchiel raconte son
appel à la prophétie (ch. 1-3), comme nous
avons découvert l'appel du peuple juif.
- le prophète Ezéchiel décrit la
condamnation de Yéhouda et Jérusalem (ch.
3) avec de nombreux reproches envers les fautes de sa
population (ch. 4-7-11) et la description anticipée
du siège que Jérusalem va subir (ch. 4).
- le prophète Ezéchiel montre, a contrario,
la beauté divine de Jérusalem (ch 8-10)
et de la vie merveilleuse du Temple d'En-haut qui devrait
être le lieu de vie et le modèle de vie des
Juifs en présence de Hachém.
- le prophète Ezéchiel décrit, devant
l'exil d'appauvrissement intérieur où vivent
ces Juifs sur la terre d'Israël, l'exil qui se produit
de la présence divine dans le Temple ici-bas (fin
du ch. 11) et l'exil géographique qui se produit
alors de par les ennemis mandatés pour cela (ch.
12). Combien tout cela devrait nous interpeler aujourd'hui
si nous avons un coeur, et nous l'avons.
- le prophète Ezéchiel révèle
l'un des motfs de ce drame : les faux prophètes
qui séduisent le peuple (ch. 13) et l'appui cherché
dans de vaines idoles (ch. 14). Aujourd'hui encore, notre
peuple est submergé de ces fausses idéologies
et fausses propositions de vie selon le dieu dollar ou
la technique ou l'économie, sans morale.
- le prophète Ezéchiel dépeint la
déception de Hachém qui espère
qu'il y aura quelques justes dont la qualité apportera
une consolation (fin du ch. 14) en ces malheurs décrits
dans des discours imagés d'amour déçu
: la vigne qui brûle (ch. 15. pensez au Cantique
des Cantiques), la femme mariée qui se livre au
plaisir de n'importe quel autre homme (ch. 16), l'aigle
qui emporte le meilleur d'un pays ainsi des guides du
peuple qui l'ont laissé se perdre et ils seront
emportés en exil par le Pharaon de Babylone (parallèle
avec la paracha Vaéra en Egypte). Mais Hachém
comme un autre aigle viendra sauver en Son peuple ceux
qui auront conservé les qualités de l'humilité
et de la vérité (ch. 17). Malheur au peuple
qui a eu de tels princes de la Torah et qui ont mal guidé
le peuple (ch. 19). Alors, nous avons la description des
fautes et malheurs d'Israël (ch. 20). Que tous ceux
qui ont actuellement un quelconque rôle de guide
du peuple méditent sur chacune de ces phrases !
- le prophète Ezéchiel lui-même
est victime de ces malheurs (fin du ch. 24) comme tous
les innocents balayés en notre siècle par
ces tempêtes.
Mais l'histoire ne se répète
pas indéfiniment comme cela car Hachém
aime amoureusement et conjugalement Son peuple. Et Il
se prend de colère contre les nations qui estiment
avec le droit de châtier Israël pour ses infidélités
réelles à Hachém (ch.25 à
32). Aujourd'hui, toutes les nations qui se liguent continuellement
contre Israël, et qui bien souvent se disent appartenir
à la civilisation chrétienne ou islamique
qui se revendiquent de la parole de ce D.ieu, devraient
lire ces chapitres où D.ieu leur refuse le droit
à jouer le rôle de bourreaux. Il faut lire
ces chapitres de colère divine en ces termes précis.
Ces nations de désinformation paieront donc cher
de la part du Ciel cette horreur commise.
Nous arrivons ainsi au chapitre
28 de la haftara de Vaéra où Hachém
réaffirme
- qu'il va rassembler Son peuple dispersé (ch.
28, 5),
- qu'Il sera sanctifié en Ses enfants aux yeux
de ces peuples ennemis,
- que Ses enfants demeureront en sécurité
sur cette terre qu'Il leur a promise.
Combien il est bon de
lire tout cela en ces jours-ci où même quand
l'ennemi palestinien délégué par
ces nations pour abattre Israël est dévoilé
comme tel par les attentats ou par un navire plein de
munitions, Israël est encore accusé par ces
nations dites civilisées et amies sous le prétexte
entièrement mensonger que ce navire n'était
pas destiné à ces ennemis soutenus
par l'Occident (Arafat et complices) mais à de
vagues ennemis lointains.
Alors, il ne nous suffit pas de repenser au lointain sauvetage
de l'Egypte par Moché et Hachém,
mais le prophète nous apprend à voir que
ce scénario est le même dans l'actualité
proche. Et que nous y avons aussi :
1. la proximité de l'amour de Hachém,
2. l'assurance qu'Il va nous sauver de ces perfides,
3. l'assurance que Ses promesses se réaliseront
4. en paix
5. et sur notre terre,
6. nous qui sommes Son peuple pour qui Ses promesses sont
réelles
7. aujourd'hui.
Et le prophète
Ezéchiel nous demande même d'avoir le culot
et l'outrecuidance de remettre ces pseudo-puissances à
leur véritable dimension de tigre de papier comme
l'était Pharaon.
Ces nations s'écrouleront et se détruiront
l'une l'autre ou par les fléaux apparemment naturels.
Par contre, Israël sera restaurée en toutes
ses prérogatives qui n'ont jamais été
perdues, et cela non pas de façon spirituelle ni
de façon où d'autres peuples se subtitueraient
à elle en une nouvelle alliance ou en un nouveau
testament, tout cela est mensonger par rapport à
la parole de D.ieu. C'est Israël, peuple précis
sur sa terre précise avec sa Torah précise
et sa Jérusalem précise qui sera magnifiée
en gloire.
On peut refuser ce programme, certes, mais non pas
au nom de la parole de D.ieu car c'est le texte de
la Torah et c'est le texte du prophète Ezéchiel
depuis notre haftara jusqu'au dernier chapitre. Lisez
les chapitres 47 et 48 et vous retrouverez les noms comme
dans Chémote, et il est dit et redit : c'est leur
part des fils d'Israël et le nom de Jérusalem
sera alors pleinement : Hachém chamma (Hachém
est là). C'est le dernier verset 48, 35 d'Ezéchiel.
Voilà où
est notre sécurité.
Certes, nous avons des leaders politiques mais ils ne
portent pas ce message, souvent ne le connaissent même
pas, certes nous avons des guides spirituels et nous avons
besoin qu'ils enseignent (publiquement jusqu'à
être entendus par ces leaders et par notre peuple)
le message de l'histoire de notre peuple, le message
de son avenir et celui de son présent effectif.
Faites comme nos Sages,
comparez ces textes qui montrent que tout se passerait
mieux s'il y avait la reconnaissance de l'ordre bon du
monde
| Chémote 7, 5
et 17 |
Ezéchiel 28, 26 |
| Chémote 8, 18 |
Ezéchiel 29, 6 |
| Chémote 9, 29 |
Ezéchiel 29, 9 |
Un jour, nous n'y sommes
pas encore tout-à-fait, les nations reconnaîtront
avec humilité la place d'Israël : (Ezéchiel
29, 13-16 et 21).
Cela ayant été compris, nous pouvons entrer
dans l'étude précise de la paracha.
1. sortir d'une terre
pour entrer dans l'autre
Il est souhaitable de lire le commentaire de la paracha
Chémote
avant celui-ci qui le complète.
Résumé : la paracha est de
début de l'épopée qui va aboutir
à la sortie d'Egypte. Cet épisode est si
important que c'est une mitsva de s'en souvenir et de
se la rappeler chaque jour (Dévarim 5, 15). Dix
événements historiques seulement ont ce
statut. La sortie d'Egypte est même évoquée
chaque fois que l'on évoque la droiture qui est
exigée dans notre comportement (ne pas avoir de
faux poids ni de fausses mesures) car D. a été
droit et fiable (néémane) envers
nous et nous a sauvés comme Il l'avait promis .
La paracha va nous enseigner combien il nous est difficile
d'avancer vers le bonheur, alors qu'il tient seulement
à l'ouverture et à la confiance. Combien
l'homme veut constamment saboter ce bonheur offert.
Nous devons nous souvenir de ces épisodes comme
l'application d'un ordre reçu, une mitsva, et nous
souvenir également de Jérusalem comme nous
le dit le psaume 137 que nous disons au
moment de la cérémonie du mariage.
Nous comprendrons en fin d'étude comment ces deux
épisodes sont reliés en un seul dans nos
défis quotidiens.
Nous allons découvrir ce que cela veut dire : nous
souvenir de la sortie d'Egypte et quelle est la fonction
de ce souvenir.
Modèle d'analyse de
paracha
Nous allons faire de
cette paracha un modèle de base pour l'étude
précise de toute paracha. Cela sera très
utile, en particulier, pour les débutants.
Ils vont parcourir les étapes que franchissent
les Sages dans leur analyse.
Première partie
: recherche de la dynamique principale
1e étape :
lecture rapide de l'ensemble de la paracha dans la
langue où cela est le plus facile.
2e étape :
essayer de distinguer par soi-même la succession
des grandes phases différentes de la paracha. Chacun
pourra trouver un plan différent.
Lire seulement ensuite
la liste des thèmes que je propose.
Comparer votre liste
personnelle écrite, avec mes 14 thèmes,
et voyez la liste qui vous semble la plus pertinente (ce
peut être la vôtre !).
1. La 1e formulation du
message de Hachém à Moché
pour qu'il annonce au peuple sa délivrance (Chémote
6, 1-8).
2. Le refus du peuple (9).
3. Le recul de Moché qui invoque sa faiblesse
dans la parole (12) ; l'adjonction de Aharone (13).
4. La situation de Aharone et Moché dans la chaîne
de leurs ancêtres dont on nous donne les noms
et la durée de vie, ainsi que leur descendance
(14-28).
5. La 2e formulation du message de Hachém.
6. La nouvelle objection de Moché (30).
7. La 3e formulation très détaillée
par Hachém de son message et de ce qui
va se dérouler (7, 1-5).
8. L'acceptation par obéissance de Moché
et Aharone (7, 6). L'âge de Moché et Aharone
quand ils interviennent (7, 7).
9. Première intervention de Moché et Aharone
devant Parô (Pharaon) ; les verges et les magiciens
(7, 8-12).
10. Les premières interventions utilisant le
nom de "Hachém" (7, 16...)
11. Les diverses plaies.
12. Le cri de Moché envers Hachém
concernant les grenouilles (8, 8).
13. La suite des plaies
14. La réaction de Parô qui persiste à
refuser ce que demande Hachém (9, 35).
3e étape : analyser l'introduction
de la paracha qui, nous l'avons vu dans la paracha précédente,
donne la clef de la paracha.
Dans le passage de 6,
2 à 6, 8 écrire personnellement la liste
de tous les points différents que Hachém
précise.
Ensuite comparer votre
liste à celle-ci où il y a trois étapes
:
a) l'essentiel du judaïsme
:
- définition par Hachém
de son identité.
- avertissement sur la nouvelle
étape dans la définition.
- rappel de l'alliance,
- elle porte sur la terre.
b) conséquences logiques de
ces bases :
- J'ai entendu vos souffrances,
- Je me souviens de mon alliance,
- Je suis Hachém,
- Je vous délivrerai,
- Je deviendrai votre D.,
- résumé : Je suis
Hachém, Je suis votre D., Je vais vous
retirer de l'Egypte,
c) avenir logique :
- Je vous ferai entrer dans la
terre promise,
- Je vous la donnerai comme possession
héréditaire,
- tout cela par Moi qui suis
Hachém.
4e étape : recherche
de la signification.
1e point
Nous le voyons, dans
cette paracha il ne s'agit pas d'une libération
simple d'un esclavage, comme on en fait souvent la présentation.
Le sens est ici défini
: tout cela est la révélation de ce qu'est
notre D., et Sa volonté : un peuple qui Le
connaît, Le reconnaît dans sa réalité
spécifique non de D. mais de "Hachém",
et qui donne à qui Il veut une terre, Sa terre,
comme le dit Rachi
dans son premier commentaire de toute la Torah, et cette
terre sera la possession constante de ce peuple qui y
vivra dans la reconnaissance et la connaissance de ce
qu'est Hachém, en fonction de Lui.
C'est cela la
base du judaïsme.
Nous voyons avec précision
que ces questions sont totalement actuelles simplement
parce qu'elles sont constantes et concernent toute génération.
Ce n'est pas de la politique mais de l'anthropologie et
la structure des mondes.
Toute la suite de la paracha n'est que la réalisation
de ce programme de "laissez Mon peuple monter vers la
terre d'Israël pour y connaître totalement
son D.
Une erreur capitale
est souvent commise :
ne pas voir cette présentation du programme
qui est le motif de l'argumentation de tout le dialogue
de Moché et Parô et passer directement
à la description des plaies comme une simple
description de l'endurcissement du coeur de Parô
avec la défaite finale du dictateur avec
la fuite dans le désert.
Au contraire, dès
le début trois points sont indissolublement
liés :
- sortir
- adhérer à D.
- s'introduire dans la terre promise. |
Qui minimise l'un
quelconque de ces 3 points annule et falsifie
tout le judaïsme.
Le judaïsme n'est pas seulement une sortie
du mal (1e étape de la promesse) pour vivre
une spiritualité (2e étape de la
promesse) ; ces deux phases n'ont de sens qu'en
fonction de l'accès à la 3e étape
(la terre) qui est la source du bien et le lieu
où il se vit vraiment et pleinement car
c'est le sanctuaire divin de la rencontre et de
la bénédiction.
De plus, chaque étape
est une condition de la suivante : c'est âl
ténaï disent nos Sages ("à
condition de "). Ainsi, la génération
du désert n'a pas observé la Torah
qu'elle a reçue (2e étape de la
promesse) et, donc, elle n'a pas pu entrer en
terre d'Israël (3e étape). Tous les
hommes, non les femmes, sont morts dans le désert
et seuls Yehoshua et Caleb sont entrés
en terre d'Israël.
Les prophètes ont redit maintes fois cet
enseignement prouvé par l'histoire : ne
croyez pas que les alliances de paix avec les
peuples environnants vous sauveront si vous ne
pratiquez pas la Torah, si votre société
n'est pas juste envers l'habitant et envers l'étranger.
La paix (chalom) n'est que l'achèvement
de la juste construction, sa complétude
finale (chélémoute), de même
que la bénédiction du chalom
est la dernière des 19 bénédictions
de la âmida. La paix pour Israël ne
peut pas être anticipée sans la Torah.
L'enseignement pour nous est clair : nous ne garderons
ni la terre ni la paix par la force des armes,
de l'économie ou du peuple, ni par les
alliances apparentes avec les voisins ou les anciens
ennemis, ni par le soutien des nations, ni par
des idéologies politiques. Tout cela
s'effondrera totalement si le peuple ne vit pas
sur la terre selon la Torah, individuellement
et collectivement et étatiquement.
Car, disent les prophètes sur la base de
la Torah, cette terre vomit le peuple d'Israël
quand il la profane car elle est qédoucha,
sainteté dans sa nature même, différemment
des autres terres qui peuvent relever d'autres
dynamiques pour la paix.
Cela est la Torah, à prendre telle qu'elle
est, et prouvée par l'histoire du peuple
telle qu'elle est. On ne peut pas découper
la Torah avec des ciseaux pour prendre seulement
ce qui nous convient.
Je ne fais ici que dire ces enseignements et non
pas développer une thèse personnelle
, ni celle d'un courant du judaïsme. Cela
est résumé dans Dévarim 27,
3 : "et tu écriras toutes les paroles de
cette Torah dès que tu auras passé,
pour mériter d'entrer dans le pays que
Hachém ton D. te destine, pays ruisselant
de lait et de miel, comme te l'a promis Hachém,
le D. de tes pères".
Les Sages ont reçu
cet enseignement depuis Moché et la preuve
de cela dans les termes des versets 6, 7 et 6,
8. Rabbénou
Bé'hayé aussi bien que le Or
ha 'hayim montrent que ce programme conditionnel
est inscrit dans l'expression ki
ani Hachém,car Je suis Hachém
(6, 7) et dans l'expression moracha, héritage
(6, 8).
Et ils en trouvent l'expression dans le chant
de David qu'est le beau et long psaume 105, dans
les derniers versets (42-45) : "Sa promesse...
il fit sortir Son peuple... Il leur octroya des
terres... afin qu'ils observent Ses préceptes
et Ses lois. Allelouya".
Ce programme est enseigné chaque jour au
Juif dans la bénédiction après
le repas (birkate hammazone) où
le lien est absolu entre la nourriture reçue,
la Torah et la terre. Le traité Bérakhote
48b l'explique.
Celui qui ne prendrait qu'un tiers de ce corps
vivant (soit promesse, soit Torah, soit terre),
avec la plus belle idéologie du monde,
ne porterait qu'un cadavre amputé.
Au contraire, celui qui étudie avec sincérité
la tradition retrouve ce même éclairage
dans la transmission de la Torah, dans la lecture
des événements à la lecture
de cette Torah par les prophètes, dans
l'ordonnancement des prières par les Sages,
dans le chant spontané de la prière
par les psaumes et dans l'effort de construction
de la vie personnelle ou du peuple dans son pays.
La résistance au
bonheur
La Torah nous aide en nous montrant aussi la résistance
continue qui tente les hommes envers ce bonheur
qui se déroule selon cette triple dynamique
:
la génération du désert a
saboté l'avancée en ne voulant pas
quitter l'Egypte (seul 1/5 en est sorti), en voulant
repartir en arrière, en construisant le
veau d'or ; ce sont les tentations continues dans
le peuple juif ; les Sages autour de Moché
ont tenté de dissuader le peuple d'aller
vers la terre promise (et ce discours dure encore
parfois), puis une part des intellectuels ont
toujours tenté de substituer la Torah des
autres nations à celles de Moché
une fois arrivés sur la terre et
à établir les alliances de sécurité
avec les autres principes plus qu'avec la Torah.
Nous en sommes encore là exactement. Le
combat y arrive même à son paroxysme.
Mais le peuple mène son histoire et non
seulement les politiciens et les medias ; "en
effet, Il ne sommeille pas et il ne dort pas le
gardien d'Israël" (psaume 121, 4 : hiné
lo-yanoum vé lo yichane chomér Yisrael).
Il n'y a aucune raison d'avoir peur : Yaâqov,
père du peuple, tient ferme jusqu'à
l'aurore.
Le motif de la surdité
La Torah (6, 9) fournit les deux motifs qui expliquent
la surdité d'une partie du peuple : le
souffle court (qotsér roua'h), et
la fatigue qui résulte de la dure servitude
(âvoda qacha). Rachi précise
que c'est un refus des consolations et du bonheur
(lo qibélou tan'houmine).
Qu'est ce que c'est ce "souffle court " ? C'est
refuser de voir loin en arrière dans notre
tradition pour en apprendre, et de voir loin en
avant sur la même trajectoire. Avraham,
modèle et père de notre peuple n'avait
pas ce souffle court mais il voyait loin et de
loin (Béréchite 22, 4) : il voir
le lieu dans le lointain (vayare éte
hammaqom méra'hoq). Et ce lieu c'est,
également, et Jérusalem, et D. Lui-même
dont le Nom est maqom, lieu de tout. Le
prophète est celui qui "voit" ainsi.
Rachi dit aussi que celui celui qui est dans l'angoisse
n'est pas capable d'allonger sa respiration
(eïno yakhol léhaarikh bénéchimato),
et en hébreu cela veut dire aussi de faire
continuer son âme.
Le peuple qui voit ainsi est nommé peuple
"ségoula", explique le Zohar car
il est triple comme les trois points de la voyelle
ségol, un vers le passé,
un au présent et un vers l'avenir. C'est
cela que les antisémites politiques ou
religieux nomment peuple-élu, c'est
leur problème et pas le nôtre.
Aujourd'hui en Israël,
comme en chaque génération et plus
encore, des mouvements politiques veulent détourner
la réalisation d'Israël de toute référence
à son histoire et à sa Torah pour
la fondre dans l'identité générale
et remettre sa terre à d'autres peuples,
hors de toute référence à
cette triple dynamique.
Ne nous étonnons pas que, en ce même
temps, l'injustice sociale augmente, le
respect de l'étranger dans la rémunération
du travail diminue et alors, comme il est dit
dans la Torah et dans les Prophètes, la
pression des nations augmente pour destituer le
peuple d'Israël de sa terre-sanctuaire au
lieu de l'aider à en faire un lieu d'enseignement
et de prière pour le monde comme il est
dit dans les prophètes. Ceux qui montent
en masse à Jérusalem, ce ne sont
pas ces juifs obnubilés par le refus de
leur tradition mais les autres peuples qui voient
la place laissée vide (plus de 300000 mille
musulmans parfois en un seul jour sur le mont
du Temple en acte politique de conquête,
et combien de Juifs au Kotél ?).
Il importe de bien connaître notre tradition
face à la concrétisation de la tactique
mise au point par la Conférence de Beyrouth
sur Jérusalem (14-17 juin 1996 entre le
Conseil des Eglises du Proche-Orient, les Etats
arabes, l'OLP et la secrétairerie
du Vatican pour le concept très précis
et défini de la "déjudaïfication
de Jérusalem" quand ils affirment que "notre
foi ne saurait trouver de réconfort tant
que Jérusalem est en captivité...
aucune puissance au monde n'a le droit de judaïser
Jérusalem (!)...". Aucun de ces termes
n'est de moi, les actes officiels de ce Congrès
officiel important sont publiés intégralement
dans l'organe officiel catholique "La documentation
catholique, no 2143 du 4 et 18 août 1996,
pp 732-743".
Même nos gouvernants ne pensent qu'à
visiter les capitales étrangères
pour y recevoir les directives et combien d'Israéliens
sont pris d'une frénésie de mouvement
giratoire autour de la planète hors du
"lieu" de l'identité propre, cherchant
le sens ailleurs. Rien de cela n'étonne
quand on voit la perte de connaissance de la tradition
dans une part importante du peuple. Mais une fois
encore, rien de nouveau en cela, et nous avons
les enseignements qui nous apprennent comment
redresser le courant de la fidélité,
comment prolonger notre âme depuis le fil
de nos patriarches jusqu'à le transmettre
à nos descendants, sans défaillance
et sans trahison ni personnelles ni historiques.
Je précise formellement que ce combat
se joue en chacun de nous et non pas en des parties
différentes du peuple ; et chaque membre
fragile est une souffrance de tout le corps. Nul
ne pourra gauchir ma pensée sur ce point.
Et les membres de notre peuple qui n'ont pas reçu
l'enseignement ne sont pas responsables, bien
moins que ceux qui savaient et n'ont pas partagé.
L'héritage est à tous. Le souffle
court concerne donc autant ceux qui ne partagent
pas que ceux qui ignorent.
Allons plus loin encore : les uns et les autres,
en un même corps, sont un enseignement vivant
de la Torah et nous pouvons reprendre envers tous
ce verset de Chémote 15, 17 (mis en liaison
par nos Sage avec notre paracha) : "Tu les
as amenés, fixés sur ce mont, Ton
domaine, résidence que Tu T'es réservée,
Hachém, sanctuaire, Seigneur, préparé
par Tes mains. Hachém régnera
à tout jamais".
Que cet éclairage nous donne la consolation
sur l'heureuse issue, la confiance et la certitude
du retour de tout le peuple à son héritage
pour son bonheur et celui des autres nations.
Amen!
Ici, il faut lire le résumé de tout
cet enseignement qui est donné dans Dévarim
4, 1-40 : chaque verset est à méditer.
Le Ari zal (Ets 'Hayim 32, 3) dit
que la juste attitude pour vivre en conséquence
est celle du verset de Dévarim 4, 4 :
vé atem haddévaqim ba Hachém
Eloqékhém, 'hayim coulakhem hayom
"et vous qui adhérez à Hachém
votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui.
Cette phrase est dite chaque matin quand le juif
compte le nombre de cercles fait par les téfillines
autour de son bras, c'est l'union d'amour entre
lui et son D. qui emplit les sept dimensions de
ce monde -ci comme les 7 spirales autour de son
bras. Le Ari appelle cette orientation
du coeur, l'union de Ra'hel et d'Israël et
il dit que cet état est la nature de la
terre d'Israël. Ce n'est pas de la mystique,
c'est l'enseignement du judaïsme sur sa terre
depuis la Torah, c'est ce qui a tendu toutes les
générations vers cette terre, c'est
ce qui ramène chaque année par dizaines
de milliers des Juifs vers leur terre. Ceux qui
veulent briser cette alliance et s'en déssaisir
ne réussiront pas, le peuple ne bafouera
pas son histoire qui est l'amour le plus puissant.
Notre génération ne fera pas cela,
elle n'a aucun mandat face à toutes les
générations pour le faire.
|
Tout cela repose sur
une réalité qu'il faut étudier :
la terre d'Israël n'est pas une terre géographique
comme les autres, sa nature est différente, plus
haute disent les middrachim ; elle est sanctuaire, lieu
particulier de la présence divine qui crée
le monde et elle est plus que toute autre à l'image
du sanctuaire d'en-haut. C'est cela qui justifie ce qui
a été dit dans la Torah plus haut. Des pages
du site développent ce point en transmettant l'enseignement
de la Torah sur ce qu'est la terre d'Israël.
2e point : face à cette révélation
(6, 9-12), essayez de préciser :
- qui, le premier, a refusé
face à Hachém ?
- qui, le premier, a refusé
face à Moché ?
- quel en est le sens ?
- à votre avis, quel est
le sens de l'introduction
de la généalogie familiale justement
en ce point ? Rachi semble donner une solution : "celui
qui est dans la détresse ne voit pas loin,
n'est même plus capable d'entendre les consolations,
il a le souffle court et il est bon de rappeler la
solidité de la corde de l'alliance au long
des longues années, jusqu'aux enfants de Moché
et Aharone sans interruption" ; jusqu'à nous.
Voyez les commentaires de Rachi.
Essayer de mémoriser les noms
des parents, épouses et enfants de Moché
et Aharone, les âges.
5e étape :
application de cette introduction à l'analyse des
plaies d'Egypte.
Nous sortons donc de
la conception habituelle qui consiste seulement à
voir dans les plaies un moyen de coercition jusqu'à
la capitulation de Parô. Sans nier cela, nous y
voyons maintenant, des moyens de pressions qui veulent
faire ouvrir les yeux de tous sur la révélation
de Celui qui est au delà de toutes les forces scientifiques
(devins ou savants de l'époque) ou politiques (Parô)
ou théologiques (D.ieu, au lieu de Hachém)
pour faire admettre la réalité de "Hachém"
et faire accepter son plan.
Nous constatons que
cette révélation et ce plan lui-même
sont l'objet d'une réticence ou d'un refus généralisé
(également à des degrés divers chez
Moché, dans le peuple, et chez Parô).
Combien comptez-vous de refus au chapitre 6, versets :
9 et 12 et 30 ; au chapitre 7, versets 13 et 14 et 22
; au chapitre 8, versets 11, 15 et 28 ; au chapitre 9,
versets 7 et 12 et 35 ?
Nous ne voyons pas ce refus chez Aharone. Il est même
dit que des serviteurs de Parô répondaient
positivement à la proposition de Hachém
(9, 20), ils révéraient sa parole, et avec
précision en tant que "Hachém" ;
cela doit nous donner un grand respect envers tout ceux
qui ne semblent pas être du peuple juif et dont
l'essence en est, et dont il n'est pas étonnant
qu'ils rejoignent ensuite le peuple quand leur heure est
venue. Nos Sages disent que c'est une des raisons de l'exil
que de ramener de partout ces étincelles égarées
qui se reconnaissent au contact des juifs. La tradition
dit que leurs âmes étaient au Sinaï
dans la vision totale qu'a eu tout le peuple.
Maintenant que nous
avons compris l'enjeu de la paracha, suivons donc l'évolution
de la saga du nom "Hachém" dans toute
la paracha : versets 5, 17, et 6, 2 et 6, 6 et 6, 7 et
8, 4 et 8, 20 et 9, 27-28. Et la conclusion : 9, 35.
Quelle évolution
voyez-vous ?
Deuxième partie,
secondaire : analyse des plaies d'Egypte.
Relire la paracha et
répondre à ces questions :
1. à quels versets
sont les plaies suivantes et dans quel ordre : grêle,
bétail, sang, poussière, vermine, grenouille,
animaux .
2. est-ce que chaque
plaie a été précédée
d'un avertissement à Parô de la part de Moché
?
3. A quelles plaies
les magiciens de Parô réussirent à
accomplir le même prodige que Moché ? A quelle
plaie échouèrent-ils ? A quelles plaies
ne sont-ils plus présents ?
4. Analysez les trois
interventions suivantes de Parô en les situant par
rapport à la plaie et au développement du
processus concernant "Hachém" :
- verset 8, 4 : "sollicitez Hachém
pour qu'Il écarte les grenouilles de moi et
de mon peuple ; je laisserai partir le peuple hébreu,
pour qu'il sacrifie à Hachém".
- verset 8, 21 : "allez sacrifier
à votre Eloqim"
- verset 9, 27-28 : "j'ai péché,
je le vois cette fois, que Hachém
est le tsaddiq (le juste), et moi et mon
peuple sommes des réchaîm (méchants).
Implorez Hachém...".
5. Pourquoi alors y a-t-il cette conclusion
: "Et Parô persista à ne pas renvoyer les
enfants d'Israël, comme Hachém a parlé
par la main de Moché".
Exercices d'intériorisation
1. Avant même
de nous limiter au récit des plaies, avons-nous
bien conscience de tout ce qui est indiqué dans
l'introduction de la paracha comme programme contenu
dans le nom de Hachém et autour du nom de
Hachém (versets 6, 2-8).
2. Avons-nous consience
que cela nous est décrit comme l'essentiel du judaïsme
et son programme éternel, qui s'impose donc
aujourd'hui à nous également ?
3. Avons-nous conscience
(comme dans la paracha) de nos mouvement de réticences
devant ce programme comme cela s'est manifesté
dès le début dans notre peuple quand il
était inséré comme aujourd'hui dans
l'assimilation aux puissances positives de l'époque
? (le talmud dit qu'on adopte automatiquement les dieux
du lieu où on habite).
4. Avons-nous conscience
de la fidélité absolue dont parle
Rachi dès le début pour expliquer ce que
veut dire "Je suis Hachém" (6, 2) :
Ani Hachém : néémane léchalém
sakhar tov lamithallékhim léfanaï.
"Je suis Hachém, on peut me faire confiance...
pour accomplir jusqu'au bout les paroles que J'ai dites
aux premiers patriarches et payer le bon salaire promis
à ceux qui marchent devant moi".
C'est le sens du verset
que j'ai mis auprès de l'image
de la lune, en cliquant le logo central du site :
ce qui a commencé comme grossesse viendra à
terme comme la lune cassée devient pleine ; ouvrir
cette image et réfléchir à ce symbolisme.
C'est la même confiance que j'ai voulu exprimer
par le verset que vous verrez en cliquant la
rose , en page d'accueil. Un jour... tout se réalisera
si nous "marchons devant Lui", dans la joie de
tous les peuples qui se réjouiront de ce que nous
apporterons alors au monde, et ils exigeront les premiers
que nous puissions jouer notre fonction de lumière
qui se diffuse en bénédiction.
(Sur la compréhension
de Ani Hachém qui est le dibbour
hammat'hil de Rachi voir l'article qui explique
l'importance de ce procédé).
Tout cela nous est dit
dans un "aujourd'hui", comme on le dit dans la Haggadah
de Péssa'h : "aujourd'hui, je sors d'Egypte".
Il importe donc de relire toutes ces phrases de la
paracha qui définissent les bases du judaïsme
comme un discours qui s'adresse aujourd'hui à chaque
juif, en tous ces termes, où qu'il soit.
Comme il est dit dans
la Haggadah :
"à toute époque, nous devons nous considérer
comme sortis d'Egypte" :
békhol dor vador 'hayav adam lirot éte
âtsmo kéilou hou yatsa mimitsrayim.
Il est dit encore :
"ce ne sont pas seulement nos pères que Haqqaddoche
Baroukh Hou a sauvés mais même nous il
nous a sauvés avec eux".
Maintenant, sur cette base, pour ceux qui ont accès
à l'hébreu, ils comprendont sans difficulté
le commentaire du Chla
sur la paracha dans Chné Lou'hote habbrite.
Conclusion de la 1e partie :
Nous pressentons maintenant ce que veulent dire nos Sages
quand ils disent que Hachém "veut" vraiment
une union avec Son peuple, qu'Il "veut" se faire connaître
à lui, qu'Il "veut" qu'ils soient eux-mêmes
Son sanctuaire, Son trésor, et que leurs relations
entre eux -spécialement dans le couple- doivent
être à l'image de cette intimité qui
est d'un niveau plus heureux et plus élevé
que toutes les dimensions habituelles dénommées
"dieux-éloqim" ou "puissances-Egypte". Et Il dit
: "Je le protégerai car il connaît Mon nom
(Psaume 91, 14)".
La force de l'union du peuple juif à son D. et
à la terre viendront de la force de cette itdabeqout
que l'on peut traduire l'auto-adhérence, cohésion
et colle entre chacun et son D. d'Israël. C'est là
que se jouera le destin sur la carte du monde dans la
réalité.
Vous comprenez
mieux aussi le choix du nom Modia ("je fais savoir") pour
le site et l'urgence de sa tâche éducative
: Hachém fait savoir Son plan, Son
désir. Il est écrit, il est démontré
dans l'histoire racontée par nos textes y compris
dans nos échecs, il nous suffit de l'étudier,
puis de le vivre.
Cet état optimal
qui nous est proposé est décrit dans les
derniers chapitres du livre d'Isaïe. Je le souhaite
à chacun des lecteurs, maintenant dans leur vie,
en particulier à nous tous qui peinons également
dans ces attachements de Mitsrayim (Egypte) qui
nous empêchent d'accéder au bonheur promis.
Que notre avancée
vers la fête prochaine de Pessa'h soit une véritable
libération pour chacun pour une vie meilleure.
Ensemble.
Beaucoup de lecteurs
s'associent à ce souci de Hachém
de diffuser (Modia) comme Hachém le fait
envers nous ; ils diffusent ces commentaires dans les
communautés, organisent des groupes d'études
chez eux. Plus encore, nombreux, par centaines, sont les
isolés qui sont touchés directement par
cette proposition et rejoignent la source de ce beit
middrache qui coule depuis Jérusalem dans nos
textes avec le guidage de nos Sages.
2e PARTIE. AIDER A LA REALISATION
DU PLAN DIVIN.
Voici la 1e phrase de
la paracha :
"Vayédabbér Élohim el Moshé
vayyomér élav ani Hachém
vaéra el Avraham el Yits'hak véel Yaâkov
bé El ChaddaÏ
ouchémi Hachém lo nodâti lahém
D.ieu adressa la parole
à Moshé
en disant: "Je suis Hachém.
J'ai apparu à Avraham, à Yits'hak, à
Yaâkov, comme Divinité souveraine ;
ce n'est pas en ma qualité de Hachém
que je me suis manifesté à eux".
Maintenant, nous devons
comprendre autre chose dans la paracha : pourquoi cet
épisode et non pas un autre ; disons autrement
: pourquoi doit-on faire ainsi intervenir Moché
par la parole, et pourquoi être ainsi tombés
dans le piège de l'Égypte.
Nous allons le comprendre
par la transmission de la tradition que nous donne Rabbénou
Yaâqov Abou'hatséira.
Nous voyons là que l'histoire passe d'une manifestation
de D. qui est exprimée par le nom de Eloqim
avant d'atteindre un stade optimal qui est la manifestation
de D. dans le nom de 4 lettres lu Hachém.
Ce dernier nom est celui qui a créé les
mondes et les soutient. Le nom Eloqim manifeste
une rétraction et une rigueur par rapport à
la plénitude de Hachém.
Bien entendu, en D. lui-même il n'y a aucun changement
ni aucune modification mais dans le processus de manifestation
de Sa volonté ou de Son être dans le monde
de la Création, il y a des ampleurs plus ou moins
grandes dans la réalisation du bonheur prévu
dans la Création. Tout le livre de Béréchite
nous a montré le don initial et le contrat initial
de bonheur, puis le mauvais usage réalisé
par les hommes face à D., face aux frères,
face aux conjoints et entre les peuples. On dit que, en
cela, si l'on peut dire, le nom de D. est abîmé.
Il y a eu la tentative de remontée avec Abraham,
les patriarches et matriarches puis la constitution d'une
famille-peuple qui va prendre en charge la reconstruction
du monde idéal. Ses propres déficiences
permettront même de mieux redresser le courant.
Et la descente en Égypte est la plongée
au coeur de la création qui échoue pour
la redresser.
A ce niveau, nous comprenons maintenant que l'on puisse
dire que le nom de D. est manifesté comme déficient,
rétracté et dur. C'est notre verset ; cela
s'exprime par le nom Eloqim et par le verbe parler
durement : "vayédabbér".
On comprend maintenant que Moché dise qu'il a des
difficultés de bégaiement ou d'expression
par la parole, qu'il plaide en disant qu'il ne convaincra
pas. C'est l'état même et véritable
de la Création. Des beaux commentaires disent que
le nom Eloqim est alors, si l'on peut dire, réduit
aux lettres de élem, muet, tandis que les
deux lettres créatives "ya" (comme dans
hallélouya) ne parviennent pas à jouer
leur rôle de bénédiction.
Dans notre verset le rôle de Moché est une
charnière entre cette première partie et
la seconde de la phrase : "va yomér élav
ani Hachém" (et il lui dit : Je suis Hachém).
Ici le mot "dire" (yomér) a, en hébreu,
le sens de parler avec douceur comme Rachi le fait remarquer
souvent. De même, nous voyons la relation "vers
lui-moi". Enfin, la manifestation du nom qui peut véhiculer
toute la bonté et beauté divine vers nous
: Hachém.
Cela étant compris,
nous réalisons un autre enseignement capital du
judaïsme. Ce passage de la rétraction à
l'épanouissement ne peut se faire que par l'intervention
de l'homme (ici Moché). A partir du moment
où D. a voulu créer les mondes pour y placer
l'homme au centre, la toute-puissance de D. et Sa volonté
et son habitation que l'on nomme "présence ou chékhina"
sont limitées par la coopération de l'homme.
On dit même que la chékhina est pauvre,
en exil, en galoute. Et que D. aspire comme une biche
à recevoir la coopération de l'homme et
son élan vers Lui.
C'est pourquoi, c'est l'homme qui va redresser la Création
: l'initiative et la décision de Moché et
du peuple juif en Égypte vont faire réussir
ou échouer cette correction nécessaire de
la Création.
Nous touchons ici un
sommet : la part de l'homme est si essentielle que
D. va jusqu'à dire "moi aussi j'ai entendu" (gam
ani chamaâti) ; comme si le plus important est
que l'homme parvienne à entendre que les choses
ne vont pas et qu'il a le pouvoir de les redresser. Voilà
pourquoi il fallait un leader comme Moché plein
d'initiatives devant le buisson ardent, devant l'injustice
de l'Égyptien tortionnaire, osant aller s'opposer
à Pharaon.
Mais il ne s'agit pas d'une seule action syndicale ou
politique ("tous à la manif. On va gagner."). Cela
ne se réalise uniquement que si l'homme se replace
dans la véritable relation avec D. que nous indique
le premier verset. Cette relation c'est celle de la vraie
rencontre dans la prière, dans l'alliance tellement
totale que le coeur et le corps sont également
circoncis. L'homme a compris alors le dessein de D., son
enjeu, il l'aime et il veut le faire réussir. Ainsi
entre deux personnes qui s'aiment et s'engagent vraiment.
Cela est si fort dans ce qu'est le peuple d'Israël
envers D. que la guématria (chiffre des lettres)
du nom Israël est égale à la somme
des initiales des 10 séfirotes de descente continue
de la bénédiction dans le monde. Également,
l'homme et D. réparent le monde dans la jubilation
qui est plus forte que tous les pouvoirs de destruction.
Cette clef permet de comprendre la suite des versets avec
le nom Hachém en action, et aussi que la puissance
libératrice de la bénédiction divine
peut libérer l'homme : nous avons là, alors,
en quatre étapes comme les quatre lettres de ce
nom Hachém, les 4 sorties de l'esclavage
que l'on célébrera dans les 4 coupes de
Pessa'h.
Si nous entrons bien dans ces commentaires de la Torah
par la tradition la plus sûre, alors notre prochain
Pessa'h sera vraiment une re-création pour le peuple
d'Israël.
Alors, nous aurons compris ce qu'est cette qualité
intérieure que le Juif possède et qui lui
fait survivre seul à travers les millénaires
avec optimisme et réellement, quand toutes les
autres civilisations sans exceptions ont pris fin pour
laisser la place à d'autres. C'est la confiance
assurée, le bita'hone. Nous allons
l'exposer selon nos Maîtres.
Celui qui comprend cela, n'est plus abattu par les événements
présents et extrêmes.
3e PARTIE. LA CONFIANCE ASSURÉE,
BITA'HONE, MOTEUR DE LA VIE.
Il importe de savoir
que le judaïsme a une véritable science de
la psychologie mais aussi une science de l'importance
pondérée des dynamiques principales.
L'une d'elle qui sous-tend notre paracha est la confiance
absolue qui maintient la création depuis son commencement
jusqu'à sa réussite à travers tous
les avatars terribles de l'histoire. Elle sous-tend aussi
la vie de tout homme à travers les crises et épreuves
inévitables dans la confiance que D. veille sur
nos vies pour notre bonheur.
La source principale sur ce thème est 'Hovote
hallévavote (Devoirs des coeurs). C'est le
nom d'un livre de moussar (morale de vie) de Ribbi
Ba'hya ben Yosséf ibn Paqouda, sépharade
(16e siècle). Il est lu dans toutes les communautés
pendant le mois de Eloul pour revenir au juste regard
sur la vie et faire pénitence avec Roche Hachanna.
Ce livre est une prise de position contre une conception
étroite du judaïsme qui regarde d'abord les
obligations des actes à poser, alors que les mitsvotes
des coeurs sont aussi importantes et donent leur sens
à toutes les autres. Les chapitres sont :
- l'unité de Dieu (ha yi'houd),
- la contemplation (ha bé'hina),
- le service de Dieu (âvodate haEloqim),
- la confiance (ha bita'hone),
- l'unité dans l'action (yi'houd ha maâssé),
- la soumission (ha kéniâ),
- le retour (ha téchouva),
- l'examen de conscience ('héchbone ha néféche),
- l'ascèse (ha périchoute),
- l'amour de Dieu (ahavate Hachém).
L'autre source est Réchite
'Hokhma (Commencement de la sagesse). C'est un ouvrage
du Gaone et 'Hassid Rabbi Eliahou Moché Vidas (16e
siècle). Ce livre, vénéré
dans tout le judaïsme, est considéré
comme l'un des piliers de base de la littérature
du moussar (morale de vie) et de la 'hassidoute.
Il a la particularité d'avoir été
écrit, à la suite de l'expulsion d'Espagne,
par l'un des sages de Safed au 16° siècle,
élève de R. Moché Cordovéro
et du Ari, zal. Il y fut terminé l'année
de la mort de Rabbi Yossef Caro. Il est basé sur
les enseignements de l'Ecole de Safed et des expulsés
d'Espagne. Il fait le lien et la synthèse entre
l'étude, la vie intérieure, la prière,
l'action et l'éducation.
Comment procède-t-il ?
- il se base avec précision sur les sources essentielles
: la Torah, la guémara, le middrache, les premiers
écrits et le Zohar ;
- en 5 grands chapitres (crainte, amour, téchouva
ou retour, qéddoucha ou sainteté,
ânava ou humilité) il éclaire
sur ce thème: "comment vivre le programme de la
Torah dans l'action avec le coeur, la pensée et
toutes les forces pour connaître Hachém
dans toutes nos voies d'action et de vie". Comme la plupart
des livres de moussar, il est écrit dans
un style limpide.
Synthétisons
en quelques phrases, l'enseignement de ces deux maîtres
sur la confiance assurée, bita'hone.
L'assurance n'existe que si elle repose sur la croyance
avec foi confiante, émouna.
Sa base est la puissance de la proximité d'adhésion
à D. nommée dévéqoute.
Le point central est que toutes les causes ne reposent
que sur une cause qui est D.
Ensuite, que nous sommes reliés à Celui
qui nous voit constamment et qui voit notre confiance.
Ne pas se fier à nos propres forces, connaissances,
mérites, actions les meilleurs fussent-ils.
N'accorder aucune importance aux forces diverses ni aux
magiciens de toutes sortes même les plus logiques
apparemment.
Réaliser que celui qui ne possède pas ce
bita'hone n'aura d'autre solution que de s'épuiser
pour réussir, mais en vain, car il ne respecte
pas la réalité. Il ignore qu'il a du pain
et il s'inquiète du lendemain. Il s'appuie sur
des illusions et sur le vide.
Celui qui vit sur le vrai bita'hone, vit l'amour,
il fait la volonté du Créateur et le Créateur
fait sa volonté. Il ne fait tout qu'en fonction
de la présence de D.
Celui-là s'éloigne de la peur, de la crainte,
de la honte. Le mal n'a pas de prise sur lui.
Pour cet homme ou pour ce peuple, tout se résume
en ce verset du psaume 84, 13 qui scande toutes nos prières
:
Hachém Tsévaote, achré adam botéa'h
bakhe.
Hachém Tsévaote, heureux l'homme
qui a confiance en Toi.
Sur ce mot "confiance", lire les psaumes 13, 6; 21, 8;
22, 5-6; 25, 2; 26, 1; 28, 7; 31, 7; 31, 15; 33, 21; 52,
2,12; 118, 8-9; 125,1; 143, 8; etc.
Allez en haut de
la page d'accueil et écrivez dans la case du moteur
de recherche Google le mot bita'hone et vous aurez ainsi
toutes les pages de Modia qui en traitent... Et vous aurez
fait la découverte de ce merveilleux moteur de
recherche sur Modia.
Exercice de mémorisation
1. Nom des premières
plaies.
Apprendre les traductions et la liste
- sang : dam (7, 20).
- grenouille : tséfardéâ
(8, 2).
- vermine : kinim (8,
13).
- bêtes féroces
: ârov (8, 20).
- peste : dévér
(9, 3).
- ulcères : ché'hine
(9, 9).
- grêle : barad
(9, 22).
Pour réciter la liste des plaies
en hébreu, retenir le moyen mnémotechnique
qui est donné dans la Haggadah de Péssa'h
par Ribbi Yéhouda, selon les initiales des mots
hébraïques : détsakh, âdache,
b(éa'hav).
Nous trouverons les 4 dernières plaies (éa'hav)
dans la paracha suivante.
2. Apprendre
:
"à toute époque, nous devons nous considérer
comme sortis d'Egypte" :
békhol dor vador 'hayav adam lirote éte
âtsmo kéilou hou yatsa mimitsrayim.
Ani Hachém
: néémane léchalém sakhar
tov lamithallékhim léfanaï.
"Je suis Hachém, on peut me faire confiance...
pour accomplir jusqu'au bout les paroles que J'ai dites
aux premiers patriarches et payer le bon salaire promis
à ceux qui marchent devant moi".
Hachém Tsévaote,
achré adam botéa'h bakhe.
Hachém Tsévaote, heureux l'homme
qui a confiance en Toi.
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