19e Paracha : Térouma
- "Prélèvement d'offrande"
Chémote (L'Exode) 25,
1 - 27, 19
Commentaire par le Rav
Yehoshua Ra'hamim Dufour basé sur les livres
de nos Sages
La beauté de l'homme
idéal et son vêtement
Cette paracha de la Torah
qui sera étudiée cette semaine ici par
les milliers de lecteurs de Modia est spécialement
consacrée pour la guérison de Chamsi bat
Myriam qui vient d'être éprouvée
par un infarctus. Demandez sa guérison.


L'importance du Temple, notre
coeur. Etre Temple.
Plan
Les thèmes de la paracha
Le plan initial
Après la panne, la remise en marche
Le Temple
Le partenariat de création
Seule la générosité crée
le monde
Les 3 mitsvotes de la paracha :
Le langage sanctuaire
Être ensemble sanctuaire.
Chronologie du Temple
Comment on nomme les lieux géographiques
de la présence divine
Comment on nomme les dimensions spirituelles de
la présence divine.
Le Temple dans quelques sources de la Torah orale.
A méditer.
Exercices
Poèmes
Les sites qui découvrent le Temple, hier
et aujourd'hui.
Nouveau : étudier
avec Rachi cette paracha.
|
Ici,
nouveaux poèmes du sanctuaire
Le
poème de la ménora humaine. Ceux
qui connaissent les étapes de la descente
de la bénédiction les y retrouveront.
Que chaque Juif soit un sanctuaire.
Que chaque maison juive soit un miqdache qatane.
Entendre la paracha
(Ort) (téâmim achkénazes)
Entendre la haftara
(Ort) (téâmim achkénazes)
Entendre la paracha
(téâmim sépharades).(Alliance)
Il est des gens qui sont
des sanctuaires de La présence.
Beaucoup le sont et ne le savent pas.
Beaucoup le savent et l'oublient.
Peu savent qu'ils sont ensemble un seul sanctuaire
de La présence.
Je vous recommande de visiter le site du Temple
et son Institut où vous pourrez admirer
les pièces grandeur nature des images de
cette page et beaucoup d'autres:
http://france.templeinstitute.org
et de vous procurer ses publications pour vivre
ces dimensions concrètes du judaïsme.
http://templeinstitute.org/
|

Il est très
important de s'organiser pour apprendre tous ces termes
en hébreu, car c'est ainsi que notre être
entre intérieurement dans les dimensions de la
Torah et de notre identité, de notre judaïsme.
Les thèmes de la paracha
• Les offrandes (térouma, pluriel téroumote).
La paracha commence par la consigne donnée à
Moché d'inviter les enfants d'Israël à
donner volontairement des offrandes selon leur coeur (achér
yidvénou libo) pour bâtir le sanctuaire (michkane
ou temple miqddache).
• Puis viennent les ordonnances précises pour construire
le sanctuaire : l'arche (arone, Chémote 25, 10),
avec ses anneaux (tabéôte) et ses barres
(badim) pour la porter.
• Elle est surmontée par les deux chérubins
(kérouvim).
• La table (choul'khane)
des pains (lé'hém).
• Le chandelier (la ménora) à 7 branches.
• Le tabernacle avec ses tentures (yériôte,
ch. 26).
Selon Ribbi Néhémia:
et selon Ribbi Yéhouda:
• La clôture de planches (qérachim) avec
ses tenons (yédote), ses socles (adanim), ses piliers
(âmoudim)..

• Le rideau (parokhète) qui sépare
le sanctuaire du Saint des Saints (qoddéche haqqoddachim).
• L'autel (le mizbéa'h) en bois de chitim recouvert
d'airain ; l'autel des parfums (kétoréte)
• ses vases, pelles, et autres ustensiles.

• Le parvis (le 'hatsér).
Ces illustrations
ont été mises à votre disposition
par l'Institut du Temple, 24 rue Misgav Ladach,
près du Kotel à Jérusalem,
par l'intermédiaire de son Directeur pour
l'Europe Mr Jean Marc (Haïm) Rosenfeld (tel
direct 972.2.5635240). L'Institut possède
un site (lien ici: http://france.templeinstitute.org/
, une exposition à Jérusalem grandeur
nature, une exposition itinérante, des
livres illustrés décrivant de manière
très détaillée et bellement
illustrée le Temple, et le même matériel
est en CD-Rom, DVD et cassettes, et une Haggada
de Péssah intégre ces illustrations.
Le tout de grande qualité artistique, comme
était le sanctuaire puis le Temple. Voir
le site. Quelques illustrations viennent du livre
de M. Lévine "Le Tabernacle"
dont l'Institut a le droit de reproduction à
fin éducative et non commerciale, c'est
le cas ici. Remerciements pour vous, et que leur
tâche porte ses fruits. Prenez contact avec
eux, visitez, procurez-vous, je vous le recommande.
Explorez aussi les nombreuses pages et images
de http://templeinstitute.org/
|
Il faut situer tout
ce détail de construction dans l'introduction de
la paracha qui insiste sur deux éléments
(le coeur, l'habitation) :
- une offrande de tout homme selon ce à quoi lui
portera son coeur (Chémote 25, 2)
térouma mééte kol iche achér
yidvénou libo.
- ils Me feront un sanctuaire et j'habiterai en eux (Chémote
25, 9) :
véâssou li miqddache, véchakhaneti
bétokham.
Suivons le commentaire
du Chla qui nous permet de comprendre ce que vient faire
un sanctuaire en ce moment précis.
Le plan initial
Dès le début de la Création, l'essentiel
du projet divin était la présence de D.ieu
dans sa Création (îqar chékhina bata'htonim,
l'essentiel de la Chékhina est ici-bas). Mais une
distinction est posée cependant entre le Haut et
le bas. Ces deux concepts sont exprimés dans la
formule parlant "des cieux et de la terre" (chamayim vaaréts).
C'est la présence de D.ieu qui fait le lien entre
les structures supérieures et inférieures.
Aucune de ces deux structures n'est coupée de l'autre,
et elles sont à l'image les unes des autres. D.ieu
les crée, fait leur unité, les relie par
une circulation bénéfique de Sa bénédiction.
C'est elle qui vient donner la plénitude à
tout cela (vayékhoulou hachamayim véhaaréts,
Béréchite 2, 1).
Après la panne,
la remise en marche
- Un désordre s'est instauré dans ce plan
par la faute d'Adam. La reconstruction sera très
longue et lente.
- Les patriarches ont ré-assumé en leur
personne ces fonctions du plan initial, et la présence
de D.ieu séjourne sur eux (voyez Béréchite
17, 22). On dit qu'ils sont ainsi un "chariot" qui porte
la Chékhina, une merkava. D'abord en tant qu'individu,
puis de couple, puis de famille. Ils réparent la
brisure faite entre le haut et le bas et qui empêche
la circulation de la bénédiction (ce que
l'on appelle le flux des eaux vives, mayim 'hayim).
- Moché et le peuple ont rétabli ce fonctionnement,
non plus en tant que personne mais en tant que collectivité
comme résidence. C'est une résidence mobile
qui tente de recentrer la Création par la descente
en Egypte et, ensuite, Yehoshua la fera passer en terre
d'Israël qui est son lieu de fonctionnement avec
D.ieu et pour le monde.
- David et Salomon ont stabilisé cette résidence
à Jérusalem. Selon les indications qu'il
avait reçues, David avait préparé
tous les matériaux (voyez Psaume 132, 2) mais c'est
un autre qui concrétisera (le fils, bén,
qui en hébreu est de la racine "construire"). Cela,
pour que le Temple soit inscrit dans la transmission et
que personne ne puisse dire que c'est lui-même qui
l'a fait.
David a transmis à son fils Salomon non seulement
les matériaux, mais aussi l'ordonnancement et les
fonctions. Quelle responsabilité est laissée
au fils s'il néglige de recevoir et de concrétiser
ce qu'il a reçu ! Et quand Salomon aura terminé
l'ouvage et en fera l'inauguration, il l'offrira à
D.ieu mais les portes refuseront de s'ouvrir ; elles s'ouvriront
uniquement quand il invoquera le souvenir de son père
qui avait tout préparé (I Rois 8, 12...
et Chroniques II 6, 40...) ; alors, seulement, la présence
divine viendra habiter.
- le peuple juif est un char de la résidence de
la Chékhina. Elle ne le quitte jamais, dans tous
ses déplacements (Vayiqra 16, 16). Seule la terre
peut, éventuellement le rejeter temporairement
s'il ne s'y comporte pas bien (voir le thème de
la biche sur la page de Yom
Kippour, lien ici). Et la Chékhina reviendra
de l'exil avec lui (Dévarim 23, 35).
Ces différents paramètres sont rassemblés
dans le verset des psaumes 50, 2 : "De Tsione, centre
de beauté, Dieu rayonne" (miTsione mikhkak yofi
Eloqim mofiâ).
Il y a beaucoup à méditer sur chacune de
ces séquences.
Le Temple
En raison de tout ce parcours, les textes parlent du Temple
dans les mêmes termes qu'il y est parlé de
la Création : par le Temple, la structure superposée
du haut et du bas fonctionne à nouveau avec la
circulation continue de la présence divine (la
Chékhina). Israël y est le foyer de bénédictions
pour toute la Création et pour tous les peuples
(Béréchite 12, 3).
Même si les peuples ne lui en sont pas gré.
Israël est vu alors comme la source et le lieu qui
fonde l'existence des mondes dans la bénédiction,
et le point central en est le Temple. Il est le microcosme
du fonctionnement optimal des mondes.
C'est tout cet ensemble de significations que l'on appellera
"voici les comptes du sanctuaire" (éllé
péqoudé hammichkhane, Chémote 38,
21)..
Le Temple est l'endroit qui focalise tout cet ensemble,
comme le coeur dans le corps de l'homme. Il est la station
de re-création continue du monde ; voilà
pourquoi ce qu'il en est dit est dans les mêmes
termes que ceux mêmes de la création ; comparez
:
- parallélisme des zones différentes (Béréchite
1, 6 et Chémote 26, 33).
- les eaux, mayim (Béréchite 1, 9 et Chémote
30, 18).
- la lumière, or (Béréchite 1, 14
et Chémote 25, 31).
- les oiseaux et les ailes (Béréchite 1,
20 et Chémote 25, 20).
- la complétude chélémoute (Béréchite
2, 1 et Chémote 39, 32).
- la bénédiction d'achévement (Béréchite
1, 28 - 2, 3 et Chémote 39, 43).
La structure du Temple
est également un résumé spatial et
compréhensible de ce qui nous est dit de l'union
de notre monde avec celui d'en haut, du visible et de
l'invisible. Donnons en un exemple : les chérubins
(kérouvim) sont placés sur l'arche et ce
thème est repris pour le monde d'en-haut en Ezéchiel
10, 19 et dans le psaume 80, 2.
Cette unité du haut et du bas est exprimée
dans la prière du soir (âvite) avant la récitation
du Chémâ Yisraël et dans le verset "Il
y eut un soir, il y eut un matin, jour Un" du début
de Béréchite.
Cela est exprimé aussi par la succession des zones
du sanctuaire qui sont une seule surface mais de moins
en moins visible, et de plus en plus secrète, jusqu'au
Saint des Saints. Ainsi de chaque être également.
La tradition dit que D.ieu réside dans les pensées
du peuple préoccupé de la construction du
Temple ; car il se construit alors, et construit également
le monde en qualité.
Le partenariat de la
Création
Tout ceci n'est pas seulement une cosmologie, ni une géographie
spirituelle, ni une psychologie religieuse, c'est pour
nous faire comprendre le partenariat de Création
dans lequel le Créateur nous a placés :
méchoutaf lé Haqqaddoche Baroukh Hou.
Chacun de nous doit ranimer et réallumer la ménora
chaque jour. Ici le Rav Chalom Messas, zal, allumant une
hanoukia.
Seule la générosité
crée le monde
Cette promotion de l'homme est faite par pure générosité
(nédivate lev), c'est le motif pour lequel il est
demandé aux hommes, au début de la paracha,
de se montrer eux-mêmes généreux dans
leurs dons envers Dieu, pour construire le sanctuaire
:
"une offrande de tout homme selon ce à quoi lui
portera son coeur",
(térouma mééte kol iche achér
yidvénou libo, Chémote 25, 2).
Voici notre générosité juive exprimée
dans ce dessin ancien:
La ménora reposait sur un trépied Voyez
la page suivante: http://www.modia.org/meguila/jerico.html
Et celle qui est l'emblème de l'Etat d'Israël,
copiée sur la ménora emportée par
les Romains et représentée sur l'arc de
Titus ne peut qu'être qu'une copie inexacte ou un
don offert au Temple mais non pas l'original qui n'avait
pas ce pied.
Les 3 mitsvotes de la
paracha :
Dans ce contexte, voyons les mitsvotes de la paracha.
- Chémote 25, 8 : ils me feront un sanctuaire (véâssou
li miqddache).
- Chémote 25, 15 : les barres (pour porter l'arche)
resteront dans ses anneaux, elles n'en seront pas retirées
(lo yassourou mimménou).
- Chémote 25, 30 : tu placeras des pains sur cette
table et ils y resteront en permanence (vénatata
âl-hachoulkhane lé'hém panim léfanaï
tamid).
Nous savons que les mitsvotes sont toujours reliées
au sens global de chaque paracha; inversement, le sens
de chaque paracha est centré sur ces mitsvotes,
le Chla prend cette méthode comme base de son commentaire
sur toute le Torah. Ainsi, après ce que nous avons
dit plus haut, nous ne sommes pas surpris de constater
que ces trois mitsvotes concernent l'insertion concrète
de la sainteté en ce monde-ci ainsi que la permanence
de La Présence, même pour le cas où
l'on devrait subitement se déplacer.
Les mitsvotes sont des actes précis qui doivent
nous rappeler l'ensemble de ces significations que nous
venons de décrire ; ce ne sont pas du tout des
seules obligations, ni des actes incompréhensibles,
ou des prescriptions pesantes. Ainsi, le chandelier (la
ménora) représente l'homme lui-même
qui doit renouveler et réanimer sa flamme chaque
jour. Chaque objet du Temple est ainsi un résumé
des dynamiques vitales essentielles.
- C'est pour cela que la sainteté du peuple d'Israël,
son bonheur et sa reconnaissance dépendent de la
construction du Temple et de sa reconstruction.
- C'est cela qui explique l'aspiration séculaire
en ce sens.
- Ainsi, la qualité de pureté dans le face
à face de l'amour est dynamisée et garantie
par la présence consciente des deux chérubins.
Tout cela était le commentaire du Chla.
(Réflexion personnelle
sur les chérubins car il faut toujours intégrer
la Torah de façon ressentie et personnelle.
Lire ici le poème "Une
amitié si pure" (lien ici) et la page 99 a
du traité Baba Batra.
Il est dit : "c'est là que Je te rencontrerai
avec toi et me ferai connaître de toi (vénoâdti
lékha cham) et Je te parlerai... entre les deux
chérubins (mibéïn chéné
hakérouvim)". Dans la relation si heureuse
que j'ai eu avec mon père en Torah et maître
R. Moché Yosséf Zénou, zal, (lien
ici), j'ai eu le bonheur de pouvoir lui dire que les
lettres initiales de mibéïn chéné
hakérouvim composaient ce nom Moché).
Le langage sanctuaire
Le Chla continue sur la qualité intime de ces échanges
à la fois humains et divins quand il dit que le
langage lui-même est imprégné de cette
sainteté. Ainsi, selon le Tour, le compte numérique
des lettres du mot li fait 40, dans l'expression véyiq'hou
li térouma (et ils me prendront une offrande "vers
moi") :
- un simple don généreux correspond aux
40 ans de réception de la Torah dans le désert
;
- de plus, ce li 40 plein de sainteté correspond
à la somme de toutes les lettres et voyelles hébraïques
: le langage et le don concret doivent donc être
pleins de la même qéddoucha, sainteté.
Souhaitons que tout don et toute parole comportant ainsi
ces saintetés, soient toujours compris comme cela
par ceux qui les reçoivent, que ce soit le don
d'un mot, le don d'un cadeau ou le don d'une privation
en argent.

(La construction ensemble du sanctuaire).
Être ensemble
sanctuaire
Alors, il se fera peut-être pour nous, ce qui existait
dans le désert (qui a la même racine
que le mot "parler" dbr): la présence divine était
visible en continuité dans le campement des enfants
d'Israël comme le verset 25, 8 l'exprime : "et j'habiterai
au milieu d'eux" (véchakhaneti bétokham).
Que cela soit sensible et visible ensemble dans nos échanges,
dans le couple, dans la fraternité, l'amitié,
la vie sociale. Que nous tous, nous nous sentions ensemble
comme lieu de La Présence, dans nos différences
et même dans nos conflits. Et que les autres sentent
que rien entre nous ne nous éloigne de cette communauté
vécue comme Temple. Particulièrement en
cette période où les conflits intérieurs
sont vifs et où le manque de respect est intense
de l'extérieur envers nous.
Le Sanctuaire nous apprend aussi qu'on ne parvient pas
facilement à cette rencontre car elle est protégée,
discrète ; les conditions de la parole doivent
être construites, elles ne sont pas du tout automatiques.
La paracha nous a appris aussi que tout, absolument tout
dépend entre nous de la nédivate lév,
de la générosité volontaire du coeur.
Le Temple-coeur
Le miqddache, le Temple, est ainsi à la fois le
coeur du monde, le coeur de la rencontre Dieu-créature,
le coeur de la rencontre des hommes, le coeur de
la relation homme femme (car les chérubins étaient
tels), le coeur de la présence de l'homme à
soi-même.
On comprend mieux maintenant pourquoi nos textes disent
que celui qui ne pleure pas chaque jour sur la destruction
du Temple, n'aura pas le bonheur de se réjouir
de sa reconstruction : cela veut dire qu'il ne sent
pas le lien de l'apparent et de l'intime, du quotidien
et du sacré, il est devenu aussi indifférent
aux pertes qu'aux rencontres.
La conscience de notre
patrimoine
Il est étrange que ce lieu du Temple, tombé
miraculeusement entre nos mains dans une guerre défensive,
les autorités l'aient rendu aux agresseurs vaincus
n'y voyant pas l'importance de ce qu'il représente
pour notre peuple.
Par contre, à la fin des fêtes du Ramadan,
en un seul jour 350 000 mille musulmans sont montés
sur le mont du Temple, conscients -eux- de son importance.
Chaque semaine, c'est par dizaine de milliers qu'ils montent
pour la prière devers ce qu'ils nomment Al Qouds,
la Sainte. Pendant ce temps, combien de Juifs sont-ils
venus prier auprès de ce lieu de leur centralité
? Paradoxe que cette différence dans la conscience
des choses ? Etrange génération que la nôtre.
Après le temps de la dispersion, après avoir
reçu le cadeau de la réunion possible et
du don de la terre promise, cela n'est pas encore achevé
en nos coeurs et en nos esprits chez de nombreux Juifs
dispersés dans le monde et même chez ceux
qui vivent dans le texte de la Torah; leurs yeux ne se
sont pas encore ouverts vraiment au concret de ces dons;
l'esprit est resté dans la mentalité ancienne
où l'espoir restait théorique. Pendant ce
temps-là, les Arabes gardent les lieux en affichant
parfois plus que nous la sainteté de ces lieux
; même cela était enseigné. Et ils
en font une arme contre nous.
Quand nous serons conscients, dignes et prêts, la
reconnaissance se fera d'elle-même.
Seule l'éducation peut nous faire avancer.
Au moins, connaissons ces lieux par leur géographie.
Une chose est certaine
: nos Sages nous imposent d'orienter trois fois par jour
notre imagination et notre coeur dans la prière
selon cette technique (Choulkhane Âroukh, Ora'h
'Hayim 94, 1) :
- nous tourner effectivement vers la direction de la terre
d'Israël,
- puis nous représenter que nous nous tournons
vers Jérusalem,
- puis nous représenter le Temple,
- puis nous représenter le Saint des Saints.
Nous étions certainement plus de 350000 à
faire cela trois fois ce jour-là. Et nos "cousins",
même de ce lieu, lui tournaient le dos pendant la
prière car ils se tournent vers La Mecque. Et Jérusalem
n'est pas nommée une seule fois dans le Coran.
Malgré l'apparence, de tous les lieux du monde,
les Juifs sont restés fidèles, au moins
trois fois par jour à Jérusalem et à
Sa résidence.
Cette importance du Temple
(le Béit ha miqdache, nommons-le maintenant
par son nom) n'est pas une surestimation.
En raison de cela, nous allons entrer dans de
nombreuses sources de la Torah orale, à
méditer pour le comprendre. Y revenir
souvent, et essayer peu à peu d'apprendre
par coeur certaines de ces phrases. Intégrez
cela, vous serez devenu un vrai étudiant
juif de toute la Torah orale, dans tous les
livres, dans notre Beit middrache commun, petit
Beit ha miqdache... Beit ha miqdache méate.
- le Temple fait partie des 7 choses créées
avant la Création du monde (Pessa'him
54 b).
- le Béit ha miqdache est l'un des 3
endroits que les nations ne peuvent invoquer
contre Israël en disant que ce sont des
vols (Béit ha miqdache é'had mi
3 méqomote ché éin oumote
ha ôlam yékholine léhonote
éte Israel lomar guézoouline hén
bidékhém (Béréchite
Rabba 79,7).
- Il a été bâti sur le territoire
de Yéhouda et Binyamine (nivné
bé 'helqo chel Yehouda ouvinyamine) Béréchite
Rabba 99,1. Yoma 12a.(Remarque, on devine la
stupidité et l'ignorance de ceux qui
veulent donner ces territoires les plus Juifs
de notre histoire et dont le lien à Jérusalem
est chanté en chaque mariage car ce lien
est au coeur le plus intime de chaque Juif).
- le Béit ha miqdache est au coeur de
Jérusalem, bé émtsa Yérouchalayim
(Tossafote Qidouchine 10).
- Il est plus haut (en qualité) que tout
Israël (gavoâ mi kol Erets Yisrael)
(Qidouchine 69a)
- David bâtit les fondations (le yéssod)
du Béit ha miqdache, et son fils Chélomo,
Salomon, le bâtit (Bémidbar Rabba
13,13).
- Il est nommé lumière qaroui
or (Béréchite Rabba. 2, 7), héritage
- Aux yeux des nations, le Beit ha miqdache
était plus beau qu'Israël (Tan'houma
9).
- Ses fenêtres étaient étroites
('halonotav tsarote) vers l'intérieur
(mibifnim) et larges vers l'extérieur
(ou ré'hovote mi ba 'houts) , pour que
la lumière sorte de l'intérieur
du Béit ha miqdache (kédé
ché yiyé ha or yotsé mi
Béit ha miqdache) et éclairait
l'extérieur (ou méir la 'houts)
(Bémidbar Rabba 15, 1).
- Il est nommé Arié ou lion, Ariel
montagne de D.ieu (Chémote Rabba 29,9),
Yédid -aimé (Ména'hot 53b),
Lévanone-Liban ce qui veut dire Blanc
(Chémote Rabba 23,6)
- Le Beit ha miqdache chaque génération
qui n'a pas réussi à le reconstruire,
c'est comme si elle l'avait détruit (Talmud
de Jérusalem, Yoma 1, 1).
- Le Beit ha miqdache sera rebâti par
les tribus (ce qui veut dire en nous rassemblant
tous), âtid léhibanote bi zékhoute
ha chévatim (Psiqa Rabbati 4,1). Il sera
rebâti avant que la royauté de
David ne soit rétablie (âtid léhibanote
qodem lé malkhoute beit David) (Yérouchalmi).
Il sera rebâti avant le rassemblement
des exilés, qodem lé qibouts galouyote
(Zohar I 134a et 139a). De là l'importance
que déploient les mouvements qui travaillent
actuellement pour reconstituer tout ce qui est
nécessaire au fonctionnement de ce Temple,
comme l'Institut du Beit ha miqdache, et des
yeshivotes consacrées à cela et
à la préparation des Cohanim.
- Le Beit ha miqdache , tout ce qui était
dedans était se multipliant et fructifiant
(Tan,'houma Nasso 9).
- Le Beit ha miqdache d'en Haut (chel maâla)
est orienté vers celui d'en bas (mékhvane
kénéguéd Beit ha miqdache
chel mata (Talmud de Jerusalem Bérakhote
4, 5 et Rachi sur Chémote 23, 20 et le
Zohar II 59b).
- Le Beit ha miqdache est nommé na'hala,
don, héritage.
- Celui qui n'a pas vu le Temple bâti
n'a jamais vu la beauté, de toute sa
vie (Soucca 51 b).
- Toutes les louanges dites du Liban concernent
le Temple (Guittine 56 b), car il blanchit toutes
les fautes d'Israël (Vayiqra Rabba 1).
Il faut savoir que la racine Liban, lavane,
veut dire blanc, en hébreu.
- D'où a été créée
la lumière ? De l'endroit du Temple (Béréchite
Rabba 3).
- Le Temple illumine tout le monde (Chémote
Rabba 36).
- Quand le roi Chlomo construisit le Temple,
D.ieu dit : maintenant les cieux et la terre
sont achevés (Yalcout Chmouél
Mélakho 186).
On le comprend maintenant: quel Juif n'est pas
ému profondément quand il vient
en ce lieu, quand il pense à ce lieu
?
C'est le lieu de notre joie. Laissons les autres
appeler du nom de Mur des Lamentations le Kotel.
Il l'est mais il est bien plus, celui de la
conscience de tout cela.
ET, finalement: - Le Beit ha miqdache ché
yibané bimhéra bé yaménou,
qu'il soit rebâti vite et de nos jours!
(Baba Métsia 28b).
C'est pour tout cela que j'ai mis après
ce texte beaucoup d'images de ce lieu sensible,
et spécialement celle du Kotel, devant,
autour, dessous! Que cela devient aussi intime
que votre album de photos de famille, c'est
une question d'amour. Voir: http://www.modia.org/galerie/mefoto.html
Le Zohar II 116 a dit que son nom (kotél)
nous indique que ce lieu de pierre ("tél")
est le lieu de La présence de Hachém
(Hachém = 26 en guématria comme
les lettres "ko"). C'est peut-être pour
cela que nos textes disent que le Kotél
ne sera jamais détruit (Bamidbar Rabba
11).
Grâce à la
fidélité du coeur des Juifs, par
une éducation plus grande et une conscience
plus aiguë, le monde se rapprochera de
son fonctionnement optimal dans l'union du haut
et du bas.
|
Vocabulaire
Le terme michkane concerne le Temple comme résidence
mobile de la présence divine.
Le terme miqddache concerne le Temple comme résidence
fixe de la présence divine.
Apprenez par coeur tout le vocabulaire hébraïque
de ce commentaire, vous ferez ainsi un immense progrès
dans l'étude et dans l'hébreu.
Exercices
1. Noter les axes de lecture indiqués ci-dessus
auxquels vous avez été sensibles, et relire
la paracha avec précision pour les y découvrir.
2. Echanger avec des proches sur ces découvertes
et sur les questions que cela pose à la vie ou
à notre être.
3. Vérification la connaissance des mots d'hébreu
présents dans cette paracha.
4. Lire les poèmes, dont la fonction est de capter
davantage encore ces questions par la sensibilité
et non seulement par la logique cérébrale.
5. S'interroger sur la générosité
en dons qui doit nous caractériser en tant que
Juif, en raison de la cohérence enseignée
par cette section de la Torah. Le Chla y insiste dans
la troisième partie de son commentaire, intitulé
dérékh 'hayim tokha'hate moussar, ""la Torah
est un chemin de vie qui débouche sur une morale
exigeante".
Chronologie du Temple
en l'an moins 1000 du compte commun actuel : David fait
de Jérusalem sa capitale et prépare le Temple
(2884 du compte juif depuis la Création).
Le sanctuaire fut d'abord établi un moment à
Chilo, à environ 30 kms au Nord de Jérusalem,
où la division de la terre d'Israël fut réalisée
par Yehoshua (lire le livre de Yehoshua ch. 18-22. Et
déjà les ennemis environnants ataquèrent
(I Samuel 4). Des grandes fêtes se réalisaient
chaque année à Chilo (Juges 21,19). Le sanctuaire
fut transféré à Jérusalem.
Plus tard, les Philistins détruisirent Chilo. Les
habitants de Chilo vinrent au Temple de Jérusalem
(Jérémie 41,5).
en l'an moins 965-928 Règne de Salomon.
en l'an moins 960 Premier Temple (2928).
en l'an moins 586 Babylone détruit le Premier Temple
(miqdache richone). Exil à Babylone, galoute bavel
(3338)
en l'an moins 538 Cyrus le Perse domine Babylone et permet
la reconstruction du Temple (3408). Il est nommé
parfois miqdache chéni.
en l'an moins 332 Domination grecque, malkhoute yavane
(3448).
en l'an moins 168 Profanation grecque, révolte
et victoire des 'Hasmonaïm, Hanouca (3622).
en l'an moins 63 Domination romaine (3648). Construction
du Second Temple par Hérode (3742).
an + 68-70 Destruction du Second Temple, 'horbane bayit
cheni.
Exil du Sanhédrine (3788). Exil occidental, galoute
edom.
+ 70 à nos jours : Fidélité
de la présence juive, prière vers le Temple,
prière au Kotel, générations du retour.
+ 1948 puis 1967 : Libération du Mont du Temple
et remise étrange de ses clefs par le Général
Moché Dayan aux Musulmans stupéfaits, démontrant
l'ignorance crasse sur le plan de l'identité due
à la dispersion même chez ces cadres qui,
pourtant, ont fait un apport incomparable à l'histoire
juive. Chacun de nous a des déficiences énormes
de ce type encore actuellement, en des dimensions diverses.
1996 : coalition organisée des différentes
Eglises chrétiennes et des autorités islamiques
et des pays engagés contre Israël dans
le Congrès de Beyrouth et dont le protocole final
est publié dans La documentation catholique du
4 août 1996, numéro 2143 et qui définit
les concepts à utiliser dans la lutte internationale
contre Israël : lutter contre la judaisation
de Jérusalem, déclarer Israël comme
territoires occupés, etc.
Depuis, dévastation des traces de la présence
juive sur le Mont du Temple, par les autorités
islamiques (prenez connaissance ici de cet
important dossier, sur ce lien.
Comment on nomme les
lieux géographiques de la présence divine
1. michkane: lieu de résidence temporaire ou fixe,
comme le premier sanctuaire des Hébreux dans le
désert. On dit aussi maône, beit mégourim.
Il est appelé aussi Michkane Ohel moêd, Tente
de la rencontre (voyez Chémote 39, 32) car Moché
s'y présentait en présence de Hachém.
Donc aussi Michkane Hachém (Vayiqra 17, 4) ou Michkane
beit ha Eloqim (I Chroniques 6, 33).
2. miqdache : lieu saint
consacré et réservé au service divin
et spécialement celui qui a été
bâti par Salomon (miqdache richone ou Premier Temple)
et miqdache chéni ou Second Temple construit par
Hérode.
3. beit ha miqdache
: le Temple de Jérusalem.
4. miqdache méâte
: lieu modeste et saint qui est un substitut du Temple
(Ezéchiel 11, 16). Par extension, tout lieu consacré
à la Torah ou à la prière et que
l'on veut honorer de ce terme. C'est une expression courante
en Israël: j'avais accompagné longuement en
psychothérapie un condamné à une
lourde peine de prison qui, jeune encore, était
persécuté par son père et l'avait
tué dans une bagarre. Son évolution fut
remarquable depuis l'état suicidaire où
je l'ai connu et il fut libéré, constatant
sa réadaptation sur tous les plan et la stabilité
de sa bonne réinsertion sociale. Un jour, il a
débarqué chez moi (Israël, c'est très
petit, ce n'est pas l'anonymat des psychologues parisiens).
Et il a téléphoné à sa grand
père (la maman de son papa avec qui la relation
est maintenant excellente et stable!) et il lui a dit
spontanément: "Grand-mère, savta, je
te téléphone du miqdache méâte
du Professeur Dipour. Je vais te le passer". Il ne
réalisait pas qu'il parlait de lui-même comme
miqdache méâte retrouvé. Rien n'est
banal en Israël.
Comment on nomme les
dimensions spirituelles de la présence divine
1. rideau (vilone) : "Il étend les cieux
comme un voile, les déploie comme une tente pour
en faire Sa demeure" (Isaïe 40, 22).
2. surface (raqiâ) : "Il les fixa sur la surface
du Ciel" (Béréchite 1, 17).
3. nuages (ché'haqim) : "Il commanda aux nuages
d'en-haut..." (Psaume 78, 23).
4. résidence (zévoul) : "Regarde du Ciel
et vois depuis Ta résidence sainte et glorieuse"
(Isaïe 63, 15).
5. demeure (maône) ou 6. makhone ou 7. âravote.
Voici ce qu'écrit le Méâm Loêz
sur notre paracha, à méditer:
"Le Talmud ( Yérouchalmi, Péa 8, 8 ; 30b)
raconte que Rabbi Chama Bar Chanina et Rabbi Hashia
marchaient le long de synagogues à Lod.
- "Avez-vous une idée
de combien mes ancêtres ont dépensé
pour construire ces synagogues?" a demandé
Rabbi Chama, "Voyez toutes ces magnifiques décorations
et tapisseries!"
- "Est-ce que vous réalisez combien de vies ont
été sacrifiées pour cette synagogue?
répliqua Rabbi Hoshia.
N'y avait-il personne dans cette génération
qui avait besoin d'argent pour pouvoir étudier
la Torah ? Il y avait aussi probablement des gens qui
sont morts de faim! Et même si personne ne mourrait
de faim, ces gens n'avaient pas le
temps d'étudier la Torah, car tout leur temps passait
a travailler pour gagner leur vie. Ils ont dû passer
leur vie
a des futilités, simplement parce que vos
ancêtres voulaient dépenser leur argent dans
des batiments luxueux!.
Il est vrai qu'ils ont donné des fonds pour embellir
des synagogues. Mais l'étude de la Torah est bien
plus importante! S'ils avaient porté assistance
à ceux qui étudiaient la Torah, ils auraient
accru l'influence de la Torah dans le monde, et
par là-même, amélioré le Judaisme
. Cela aurait été un investissement qui
ne se serait jamais perdu!"
Evidemment, si quelqu'un a de l'argent, il doit donner
à des causes qui sont vraiment valables, non pas
pour du luxe, ou des frivolités comme des plaques
fantaisistes. S'il peut donner à des causes
valables, alors il en est heureux et
heureux de son sort. Mais s'il gaspille son argent dans
des choses luxueuses et ne donne pas à ce qu'il
est dans l'obligation de donner, alors, il mérite
d'être puni."
Le Méâm loéz est un oeuvre populaire
et de très grande qualité sur la Torah,
d'initiation au judaisme, publiée en 1730 en judéo-espagnol
(djoudéo espagniola), par le Rav Yaâqov Couli
pour ramener les juifs égarés par la triste
épopée de Sabbataï Tsvi. Elle est surtout
composée de middrachim, et a été
continuée par d'autres rabbins).
Le judeo-espagnol est pratiqué en Israël,
voyez par exemple le livre de contes, Lejendas i kuentos
morales de la tradision dujdeo-espanyola. Ed Nur Afakot,
Jérusalem. Et voyez
ce lien.
La méthode utilisée
par Rachi sur la paracha Térouma
(Chémote 25)
Nous y voyons clairement
les objectifs pédagogiques de Rachi envers ceux
qu’il guide dans l’étude de la Torah, et
sa propre méthode d’étude. Ainsi, quand
nous parvenons à percevoir sa méthode, non
seulement nous pouvons lire
ailleurs tout commentaire de Rachi plus rapidement et
avec fruit mais, surtout, nous pouvons étudier
la Torah
selon la méthode de Rachi, comme Rachi et, plus
encore, avec Rachi.
Prenons donc une édition
de la Torah, commentée en hébreu par Rachi
avec la traduction française (par exemple
l’édition de la Fondation Lévy).
La méthode de
Rachi comprend simultanément plusieurs techniques
de clarification.
1.La technique de l’éventail
Rachi ouvre un mot pour nous faire saisir sa signification
claire comme un excellent dictionnaire qui dévoile
le
sens. Ainsi, il commente
le mot térouma qui donne le titre de la paracha
au verset 25, 2 : térouma, afracha,
yafrichou li mi mamonam,
nédava (action de mettre à part, ils mettront
à part à mon intention sur leur argent,
comme don volontaire généreux).
Cela était d’autant plus nécessaire que
l’hébreu comporte une faculté
étonnante de condenser
de nombreux sens en quelques mots alors qu’il faut beaucoup
de mots en français pour
véhiculer le même
nombre de sens. Sans Rachi, nous n’aurions pas vu tous
ces sens.
2 . La mise en évidence
des répétitions
Sur ce mot térouma, Rachi nous fait remarquer qu’il
se répète trois fois (chaloche téroumote
amourote kane) et
il explique pourquoi en
renvoyant aux diverses références.
3.Les incitations à
regarder à la loupe
A la fin de son commentaire sur le mot térouma,
Rachi dit : les objets étaient nécessaires
dans le Tabernacle
ou pour les vêtements
des Cohanim, « en y regardant de près »
(kéchétédaqdéq bahém).
Pourquoi ces derniers
mots ? Pour nous signaler
que nous devons étudier davantage cette question.
Sans son indication nous
n’aurions pas vu qu’elle
est plus complexe qu’il n’apparaît. En effet, en
étudiant avec précision la liste de tous
ces objets, on comprend
alors que l’huile et les parfums qui sont
également nommés ne font pas partie de la
catégorie des treize objets utilisés pour
le Tabernacle ou pourle vêtement des Cohanim.
4.Les précisions
de lexique
Li (25. 2) lichmi. Rachi indique par là que, ici,
le mot li n’a pas le sens habituel de « pour mon
usage » mais
de « envers la gloire
de Mon Nom ». Il explique ainsi brièvement
de multiples mots, comme qétoréte (25, 6),
bé (25, 16), le
vav supplémentaire (25, 22).
5.La précision
des sources
Voyez par exemple au verset 2 la référence
aux Sages, au verset 5 la référence au Middrache
Tan’houma, au
verset 20 la référence
au Traité Soucca, au verset 29 la référence
à la Mékhilta, au verset 35 la référence
à
la Michna, etc.
6.L’explication des
choix d’Onqélos dans sa traduction
Au verset 4, voyez ce qu’il dit : le mot chèvres
parle ici du duvet des chèvres, c’est pourquoi
Onqélos traduit
(lakhén tirguém…)
le mot chèvres de la Torah par « quelque
chose qui vient des chèvres ». Voyez les
nombreuses fois où
Rachi emploie l’expression comme la traduction pour confirmer
le choix d’Onqélos, aux
versets 12, 25, 27, 33.
Vous trouverez sur ce lien-ci une longue étude
sur l’utilisation de la traduction
d’Onqélos par Rachi.
7.La mise en évidence
de règles de compréhension de la Torah
Au verset 25, 22 Rachi enseigne la dernière des
13 règles d’interprétation de la Torah formulées
par Ribbi
Yichmael. Ces règles
sont exposées sur
le site Modia sur la page de ce lien. Voici ce que
dit Rachi. « Et je
parlerai avec toi de dessus
le propitiatoire, or ailleurs on dit : et Hachém
lui parle depuis la tente de rencontre
(Vayiqra 1, 1), ce qui
désigne le Tabernacle à l’extérieur
du rideau. Voilà donc deux versets qui se
contredisent. Vient alors
un troisième verset qui les mettra d’accord (Bémidbar
7, 89) : lorsque Moché entrait
dans la tente… il entendait
la voix qui lui parlait de dessus le propitiatoire… Donc,
Moché pénétrait dans le
Tabernacle et une fois
qu’il avait passé la porte, la voix descendait
du ciel entre les chérubins et de là elle
ressortait pour se faire
entendre à Moché qui se tenait dans la tente
».
8.L’aveu de la méconnaissance
La modestie et l’humilité sont des conditions nécessaires
pour l’étude de la Torah. Il ne peut pas être
question
d’utiliser la Torah pour
se faire valoir, comme instrument de pouvoir et de domination
intellectuel envers
autrui, pour gagner des
avantages. La Torah n’est transmise en vérité
qu’à celui qui reconnaît qu’il ne sait pas
et qui reçoit :
« je ne sais pas et j’écoute et je reçois
», c’est le sens du mot qabala, réception.
Le ‘Hida (lien
ici) ouvre très souvent son commentaire par
« efchar » (il est possible que cela veuille
nous enseigner…).
Voici ce que dit Rachi
au verset 21 : « je ne sais pas pourquoi cela est
répété… (lo yadati lama…) ».
Continuer
ici l'étude des méthodes de Rachi
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