18e Paracha: Michpatim - " Statuts"
de l'amour réel
Chémote (L'Exode) 21,
1 - 24, 18
La cohérence du religieux et
de l'acte
Une initiation de base au judaïsme, jusqu'au sommet.
Commentaire par le Rav
Yehoshua Ra'hamim Dufour basé sur les livres
de nos Sages
Ch. 19, 5 : "Et maintenant, si vous écoutez ma
voix, et si vous gardez mon alliance,
vous serez pour moi un trésor choisi parmi tous
les peuples,
car à moi est toute la terre".

Plan
- Les thèmes de la paracha
- Deux dimensions dans le pchate
- Le sens de cette unité
de la vie divine et de nos actes sociaux
- Oeil pour oeil
- Comprendre le judaïsme
- Source contre source.
- Le contrôle du regard
- Voir la plénitude d'autrui
- La projection
- Les michpatim, conditions du
bonheur
- Les niveaux de l'application
des mitsvotes.
- La synthèse dans les lettres
de la paracha.
- Découvrir le sens du mot
michpatim dans tous les niveaux
Haftara : Jérémie 34, 8-22 et 33,
25-26
Pour comprendre les prophètes :
- lire
ici
- lire "Jérémie", par André
Neher (Seuil. Collec. Points. Sagesse. environ
8 euro).
|
IMPORTANT :
Nécessité d'étudier la Torah
orale qui précise comment la Torah écrite
entre dans la vie concrète. Une
occasion pour découvrir toutes les pages
qui traitent de ce thème et assurent la formation
de base.
Entendre la
paracha (Ort)
Entendre la
haftara (Ort)
Entendre
la paracha (téâmim sépharades).(Alliance)
Poèmes de l'amour réel
(pour parler depuis le coeur):
L'épreuve
Le
partage du rêve
|
Le judaïsme : unité
de l'action et du divin
Les thèmes
de la paracha
Après la réception des 10 commandements
-au chapitre 20 de Chémote dans la
paracha précédente (lien)- qui fixent
les grandes lignes essentielles de la morale, cette paracha-ci
va détailler 53 mitsvotes qui concernent la façon
de vivre et les relations à autrui (mitsvotes 42
à 95, sur les 613).
Puis il est dit à Moché
de prendre avec lui Aharone, Nadab et Abihou et 70 des
anciens et de s'avancer vers la montagne du Sinaï.
Ensuite Moché montera seul (Chémote 24).
Le peuple dit qu'il exécutera
tout ce que Hachém lui
dit de faire (kol ha dévarim
acjer dibbér Hachém, naâssé).
Moïse demande aux jeunes
d'offrir un sacrifice (ôla), lit le livre
de l'Alliance (séfér ha bérite),
prend du sang et dit : ceci est le sang de l'alliance
(dam ha bérite).
Il se dirige vers la montagne
(har) avec les Sages, comme indiqué ci-dessus,
et tous contemplent la Gloire du D.ieu d'Israël et
la pierre de saphir (va yirou éte Elohé
Yisrael, vé ta'hat raglav ké maâssé
livnate ha sapir). Après cette jouissance,
ils mangèrent et burent.
Hachém dit alors
à Moché qu'Il veut lui donner les tables
de pierre où Il a inscrit et Moché monte
avec Yehoshua. Puis la gloire (kavod) divine
apparait comme un feu dévorant et Moché
pénètre dans le nuage et s'élève
sur la montagne où il reste 40 jours et 40 nuits.
Nous allons voir que, de façon absolue, nous
ne pouvons pas séparer la conscience de la beauté
de la Torah divine et son application terrestre.
Nous ne pouvons pas être des Juifs contents de ce
statut glorieux mais ne pas nous conformer à ce
lien. Cela veut dire que nous ne pouvons
pas choisir dans la Torah avec des ciseaux (rien que l'étude
mais pas la morale, rien que la morale mais pas le culte,
rien que le texte mais pas la terre, rien que la spiritualité
mais pas le peuple). Elle est un tout. Nous avons vu dans
la paracha précédente Yitro: cette logique
d'ensemble est ce qu'avait compris Yitro le non-hébreu,
précurseur des non-Juifs vivant dans la pureté
et la morale et qui, un jour, se réunissent à
la plénitude du projet divin dans Sa Création.
Yitro l'a comprise, il l'a entendue, il l'a choisie, il
l'a vécue. Moché lui accorda donc le maximum
d'attention et d'affection fraternelle car la
Torah n'est que la rectification de toute la Création
et la présence d'un enseignement venant du non-Juif
est importante pour manifester cela. Moché
nous a montré que nous pouvons apprendre beaucoup
des non Juifs qui vivent ainsi, et c'est bien pour cela
que l'épisode de Yitro est placé avant l'enseignement
de notre paracha qui traite de la cohérence du
divin et du terrestre.
Je citerai donc en ce sens un middrache
non-Juif qui nous enseigne ces préalables:
un conte hindou rédigé par un
des écrivains modernes de la révolution
sociale, Premchand
(puisqu'il
faut le nommer, de même que Yitro ou Ruth furent
nommés selon leur nom originaux), raconte l'histoire
des anges policiers divins, les khoudaï faoudjar:
c'est l'histoire d'un commerçant riche et très
pieux qui était parti de rien et, en fait, avait
bâti sa fortune en trompant quotidiennement autrui
et ne manifestait aucune pitié en affaires; piété
oui, pitié non. Il s'était assuré
de la complicité des autorités et de la
police par ses pots de vin, tricherie banale. (Tout cela
est encore banal de nos jours partout, et parmi nous).
Et, un jour, il reçut des menaces de chantage et
que sa vie serait en péril s'il ne payait pas et
ne livrait pas sa fortune. Il informa la police qui vint
le voir et lui conseilla de mettre ses richesses en sécurité
pendant quelques jours sous protection de la police, le
temps de mener l'enquête discrètement mais
définitivement. Un camion blindé de la police
vint prendre ses ligots pour les mettre en sécurité
et il les accompagna. En chemin, un policier lui dit:
"quel beau chemin tu as fait dans la vie depuis que
tu as commencé sans rien". "Certes, répondit-il,
et D.ieu m'a comblé mais ces biens ne sont pas
le plus important pour moi, l'essentiel est autre chose,
c'est l'étude et la piété".
(Ay, ay, ay!)
"Mais pourquoi donc ne donnes-tu pas cette fortune
alors qu'il y a tant de malheureux". "D.ieu
crée le riche et le pauvre, répondit-il,
et il ne nous appartient pas d'en décider, il faut
seulement accepter le sort qu'il nous donne et je suis
toujours prêt à suivre Sa volonté,
c'est ma clef dans la vie, et le Ciel semble avoir apprécié"
dit le mensonger religieux. Alors le faux policier qui
était l'un des brigands (outils célestes)
lui dit: "Tu vas pouvoir mettre enfin tes actes en
vérité avec tes mots et accepter ton sort,
car l'heure est venue pour toi d'être pauvre"
et il le jeta du camion et il vit les brigands s'envoler
avec toute sa fortune mal acquise et mal vécue.
Yitro aurait pu nous donner ce bel avertissement avant
la réception de la Torah. Nous devons donc apprendre
de tout homme droit fait à l'image
de celui qui nous donne sa révélation, comme
l'a fait Moché Rabbénou (de tout autre membre
du peuple qui n'est pas du même groupe religieux
ou politique que nous, ou qui n'a pas la même couleur
de peau, ni les mêmes vêtements et d'une autre
couleur ou coupe, ni la même langue, ni la même
musique).
Non pas aimer l'autre (on sait combien de millions d'hommes
ont été tué d'après cette
prétention de les aimer pour faire leur salut éternel),
mais aimer en apprenant de cet autre homme, comme Moché
la fait, comprendre selon la sensibilité de l'autre,
et surtout partager car les biens sont ceux de la Création
et non notre création. Un chabbat, j'ai souffert
vraiment de ceci: nous échangions pendant le repas
sur l'évolution morale de notre monde et je disais
que notre génération a détruit plus
que toute autre, pas seulement à cause des moyens
techniques gigantesques mais par l'immoralité sociale
qui caractérise notre époque; je donnais
l'exemple de l'Afrique détruite. Et quelqu'un de
très bien m'a dit simplement mais nettement: "laisse
tomber, profite de ce que tu as de bon dans ton assiette".
Insensibilité. Et il a continué à
commenter la Torah...
L'écoute du psychologique et psychothérapeute
que je suis m'a montré qu'il était indispensable
de comprendre la langue et la culture des personnes qui
n'avaient pas les miennes pour vraiment les aider et,
à partir de cette expérience, j'ai réalisé
ensuite et depuis je continue, ma thèse de doctorat
d'état sur l'influence des cultures différentes
sur le rêve personnel à partir de la littérature
sur le rêve dans les oeuvres originales de diverses
langues (hébreu, latin, grec, espagnol, arabe,
hindi et sanscrit, persan). Et j'ai formé par ces
instruments mes étudiants à devenir psychothérapeutes
en utilisant les outils thérapeutiques des différentes
cultures de leurs patients. Car la Torah n'est pas dans
les cieux, lo bachamyim hi nous dit son texte,
à nous de la vivre dans la réalité.
Celui qui n'aimerait pas cette approche, qu'il essaie
d'enlever la paracha Yitro de la Torah et sa jonction
avec la paracha Michpatim!
Après cette précaution, écoutons
notre paracha.
Deux dimensions dans le
pchate
Nous voyons donc que ces détails de la conduite
morale quotidienne en ce monde-ci sont placées
entre la révélation des 10 commandements
et la révélation de la Gloire divine.
Cela nous indique tout-de-suite qu'il n'y a pas de
différence entre ces différents plans, c'est
cela l'originalité de cette révélation
morale juive . Un ami, leader libéral juif
américain, m'écrit: "non Israël
n'est pas une théocratie, c'est une démocratie,
ne vivez plus dans le ghetto". Comique, lui qui reste
dans l'exil, propose à ceux qui essaient tant bien
que mal de relier le destin et le message juifs avec le
concret réel: "faites une société
de démocratie américaine et votre problème
sera fini, comme nous en avons trouvé la solution".
Hertzl avait pensé un moment également agir
pour convertir tous les Juifs au christianisme. Non, le
judaïsme n'est pas une simple déclaration
humaine des droits et devoirs humains; c'est le
dévoilement d'une seule et même réalité
: la relation entre les hommes/ la relation à D.ieu;
et c'est bien pour cela que les deux tables étaient
parallèles et chaque commandement de 1 à
5 concernant l'amour de D.ieu y est en relation directe
avec chacun des commandements de 6 à 10 concernant
l'amour des hommes. Ce n'est même pas un parallélisme
conceptuel, mais c'est une même réalité
et nature. C'est ce qui est exprimé constamment
par l'expression unifiée "D/ieu a créé
les cieux et la terre" (hachamayim véhaaréts).
Et, comme rappel pédagogique, j'aime dire ce premier
verset de la Torah dans différentes langues pour
intégrer vraiment cette différence.
In the beginning God created the heaven and the earth...aadi
men Parameshvar ne akash aur prathvee kee srashtti kee...
Dios, en el principio, creó los cielos y la tierra...
dar ebtédo ofarid Khouda asmone va zamine ra...
La morale divine passe par tous les êtres humains
différents et envers eux.
Si nous avons bien compris
ce sens global de l'existence double qui est la nôtre,
transmis par la structure même du texte (règle
de méthode), nous pouvons maintenant voir le détail
de ces règles de conduite sans revenir à
la conception erronée que c'est "de la morale"
ou "de la législation sociale" sur un seul niveau
horizontal et terrestre. Alors, qui porte atteinte
en bas, porte atteinte en haut, qui aime dans le concret
en bas, aime effectivement en haut. C'est la grandeur
de cet enseignement: en chacune de ces mitsvotes, il s'agit
de Hachém, c'est pour cela qu'il est dit
: michpété Hachém (les ordonnances
de Hachém).
Maintenant, vissés
sur terre, il faut donc aller lire le détail de
ces mitsvotes (Chémote 21, 1 - 23, 33) pour
voir comment cela se joue dans le détail de notre
vie sociale :
- relations de travail, employés
et esclaves,
- coups, meurtres, enlèvements,
injures, rixes, blessures, viols,
- dédommagements pour nuisances,
- vols, effractions, garde des biens
non réalisée, prêts à intérêt,
objets perdus,
- personnes vulnérables en danger
dans la société ou dans les procès,
- idolâtrie, etc.
Si nous gardons ce lien d'unité,
alors nous n'aurons pas les yeux attristés, dans
les jours difficiles de la politique, de l'insécurité
militaire, de l'injustice sociale, face à la
médisance du lachone ha râ. Pour
une fourmi, une seule goutte de rosée qui tombe
sur elle est un cyclone; nous devons voir plus large,
à la dimension de La Création et de son
projet. Avoir la stabilité de la Création.
Nous sommes le peuple de cela.
Le Juif, en son être
même, porte ce lien du réel concret
et du divin: le lien à Hachém et
cela est inscrit en son nom : Yéhoudi
qui comporte les quatre lettres du nom de Hachém.

et aussi la lettre daléte qui indique
l'horizontale et la verticale de notre espace concret
où nous sommes situés en pauvres (dal)
certes mais aussi capables d'en faire une porte vers
la réussite plénière (délète),
comme l'indiquent nos commentaires sur le psaume
30 ki dilitani (lien ici).
Pour bien nous donner l'axe unique de tout cela,
au milieu est rappelée la sortie d'Egypte et
les prescriptions de la fête de Pessa'h et des
montées à Jérusalem : l'esclavage
concret d'un côté et la Jérusalem
divine de l'autre côté c'est une seule
et unique trajectoire. N'oublions pas cela lors du Sédér
de Pessa'h. Ne cassons pas cette unité en arrêtant,
comme les 80% des Hébreux qui n'ont pas voulu
faire ce lien du divin et du terrestre et qui y sont
restés en Egypte, ou comme ceux qui feront de
même en disant éternellement: "l'an
prochain à Jérusalem" et en brisant
l'unité de la Création des Cieux et de
la terre dont la manifestation deviendrait pourtant
éclatante car Jérusalem réussira,
uniquement par notre travail. Nous allons, dans la logique
progressive du développement de la Torah, rencontrer
cela bientôt, en nous préparant à
Pessa'h.
Cette unité
est bien exprimée par le verset du psaume 19, 10
qui utilise le mot de notre paracha michpatim:
"Michpété Hachém éméte,
tsidqou ya'hdav
Les prescriptions de Hachém sont vérité,
elles sont parfaites en unité tous ensemble".
Note - Une fois de plus, nous
voyons sur quelle ignorance et sur quelle
volonté de diffamation a été
bâti l'antisémitisme religieux séculaire
qui a voulu présenter le judaïsme comme enfermé
dans la répétition d'actes sans coeur, dans
la crainte et le tremblement alors qu'une nouvelle révélation
aurait mensongèrement apporté enfin l'amour
du prochain et la conception du D.ieu d'amour, reliant
enfin la nature humaine et divine. C'est une injure à
la parole de D.ieu dans la Torah qui avait révélé
complètement son juste message rien ne pouvait
être rajouté. Tout cela était dit
explicitement dans le judaïsme en une seule unité.
Pourquoi vouloir ainsi défigurer la Torah pour
tenter de la voler, et pour leur enlever leur terre aux
Juifs qui y ont cette fonction uniquement voulue par D.ieu?
Pourquoi ? Incompréhensible, absurde, illogique,
monstreux. Le Rambam et le Rambane qui surent dans leur
propre vie être des géants de la Torah et
des géants dans la réussite humaine osèrent
le dire haut et fort face aux pouvoirs, et en courant
tous les risques, prévoyant vers quelles catastrophes
le monde allait en prenant des telles voies; et le chant
du Ramban sur Jérusalem nous bouleverse de tendresse.
Et pourquoi osèrent-ils faire cela face à
D.ieu, de siècle en siècle? Et pourquoi
prétendre le faire au nom de D.ieu ? Il y a pourtant
des limites à la profanation. Et pourquoi tuer
de siècle en siècle les porteurs de ce message
pour se substituer à eux? Et pourquoi appeler
encore cela religion? Et tout cela dure encore, même
si on le camoufle subtilement sous le mot "dialogue".
Non, jamais le judaïsme ne se considérera
comme une "spiritualité" par rapport à d'autres
spiritualités car il ne sépare pas le concret,
le matériel, le relationnel, le spirituel et l'abstrait.
Et il ne persécutera jamais les autres pour les
amener à partager cette fonction, car chacun a
sa fonction infiniment noble dans cette Création.
Le sens de cette unité
de la vie divine et de nos actes sociaux
Sur le verset des psaumes, le Chla
dit que cette unité est la chlémoute
haadam, la complétude de l'homme, la paix véritable
de l'homme. C'est cela la paix juive maintenant,
le chalom akhchav du Juif, son "peace now"; ce
n'est nullement une seule résolution de
conflits politiques dans le sens des volontés de
l'ennemi. Il faut bien comprendre que le mot hébraïque
chalom comprend ipso facto cette complétude
de ces dimensions du "haut" et du "bas" en une seule unité
qui informe alors une vie divine sur l'ensemble de la
terre et parmi les humains à travers leurs actes;
depuis le nom de D.ieu qui est "chalom",
jusqu'au nom du roi Chélomo qui fut ich
ménou'ha et apporta la paix, même aux
ennemis, jusqu'au projet concret du judaïsme. Le
Chla explique le contenu de cette complétude. C'est
ce que nous allons voir maintenant.
Le mot bouclier se dit maguéne en hébreu.
La chlémoute (complétude et paix,
comme nous venons de l'expliquer) est triple, selon les
3 lettres (mém, guimél, noun) du
mot bouclier, maguéne : chlémoute
du mamone (argent), chlémoute
du gouf (corps), chlémoute
de la néchama (âme). (Ajoutons
que la source de cette affirmation est dans le Rachi
sur Béréchite 33, 18 et dans le traité
Chabbate, page 33 b. S'y reporter).
C'est cette triple
volonté de chlémoute (complétude)
que nous nous rappelons chaque fois que nous disons le
Chémâ Yisraël :
Entends Israël Hachém
notre D.ieu, Hachém est Un. Et tu aimeras
le Seigneur ton D.ieu
de tout ton coeur (chlémoute du gouf,
corps),
de toute ton âme (chlémoute de la
néchama, âme),
et de toutes tes puissances (chlémoute du
mamone, argent). Et en totalité à
chaque niveau.
Toutes les lois sociales
de la paracha, citées ci-dessus, concernent les
mots : "de tout ton coeur" (chlémoute du
gouf, corps) et "de toutes tes puissances" (chlémoute
du mamone, argent); cherchez les dans
la liste suivante :
- relations de travail, employés
et esclaves,
- coups, meurtres, enlèvements,
injures, rixes, blessures, viols,
- dédommagements pour nuisances,
- vols, effractions, garde des biens
non réalisée, prêts à intérêt,
objets perdus,
- prescriptions alimentaires,
- personnes vulnérables en danger
dans la société ou dans les procès.
Toutes les lois concernant
la chlémoute de la néchama
(âme) concernent les questions de respect
des autorités qui impliquent l'honneur de D.ieu,
le refus des divinités étrangères
et de leurs rites (âvoda zara), le refus
de faire des pactes de paix avec les 7 nations de l'époque
qui habitaient sur la terre de Canaane pour ces motifs,
le refus de permettre des cultes païens sur cette
terre d'Israël, la montée au Temple 3 fois
par an.
"Le but de toutes ces prescriptions (michpatim)
dit le Chla, c'est de faire compléter ces 3 sortes
de complétudes qui se trouvent en l'homme" :
Haré hammichpatim véhaddinim hém
léhachlim chélocha miné chlémiyote
hanimtsaote baadam.
Aujourd'hui, nous avons le privilège de pouvoir
mettre cela en oeuvre sur la terre d'Israël dans
un Etat juif, ce qui veut dire la possibilité d'organiser
la justice sociale et politique selon cette économie
de l'unité divine et concrète; certes, on
est encore très très loin du compte mais
ce défi relève de notre liberté ;
et pour cela, il faut aussi que les Juifs connaissent
leur propre tradition.
Le mot mitsva est l'expression de cette unité:
c'est un acte concret, mais ses lettres sont aussi constituée
des lettres du Nom de D.ieu (pour les étudiants
avancés, le mem et le tsadé
deviennent youd et ké dans le
système at-bach).
Oeil pour oeil (Chémote
21, 24)
Dans ce contexte, est apportée l'expression "oeil
pour oeil, âyine ta'hate âyine".
Le Chla donne les références du problème;
je les développe maintenant pour ceux qui n'y ont
pas accès.
Nous allons voir avec précision le mauvais traitement
apporté à nos textes par une conception
antisémite confuse: d'un côté selon
eux, il y aurait le judaïsme (qu'ils falsifient)
et, de l'autre, un nouveau degré excellent qui
consisterait à dire : "tends la joue et aime ton
prochain comme toi-même".
La conception juive est au contraire très précise
et infiniment morale: relisez Chémote 21, 22-25
et vous verrez que, si on a causé un tort à
autrui, il faut le dédommager financièrement
avec précision contre le préjudice
subi ; pour cela il faut faire évaluer le dommage
par des experts et les pertes occasionnées sur
différent plans seront évaluées,
non seulement l'oeil mais aussi tous les usages que l'on
en avait et toutes les jouissances. C'est cela que veut
dire l'expression "oeil pour oeil, âyine ta'hate
âyine" et nous sommes de le faire en regardant
ainsi les choses (oeil) et en les regardant ainsi sous
le regard divin (oeil). Donc, rien de cruel ni de primitif.
Cela étant bien réajusté, le judaïsme
ne permet pas de s'en tirer du mal fait à autrui
en disant : "je t'aime et je te tends la joue" ni "aime-moi
et tends-moi la joue". On connaît toutes ces
demandes de pardon et de dialogue de Raminagrobis après
avoir commis les crimes impardonnables de la Shoa, tout
en continuant à ne pas rendre aux Juifs ni les
enfants, ni les biens pris au long des siècles,
preuves de la non-sincérité. Cela n'est
pas encore réparé aujourd'hui. Ecoutez cette
histoire vraie: j'étais en taxi en Israël
et je me rends à l'aéroport, le chauffeur
me demande où je vais, je lui dis Paris. Il est
un peu ému et me raconte pourquoi; ses parents
furent envoyés à Drancy et Auchwitz et il
fut recueilli dans un couvent avec beaucoup d'autres enfants
juifs. A la fin de la guerre, ils restèrent là,
baptisés, élevés dans le christianisme.
Un jour, arriva une femme qui dit avoir remis cet enfant
qu'elle reconnut, on refusa de le lui donner, à
juste raison sans preuves. Elle demanda si, par hasard,
ils avaient encore les vêtements qu'ils portaient
à leur arrivée. Une vieille se souvint qu'ils
étaient au grenier. Elle alla avec les religieuses,
reconnut son manteau et demanda aux religieuses d'ouvrir
l'ourlet dans lequel il y aurait son nom et les détails
de la famille. Ce fut fait et exact. Et elle partit avec
son neveu. Il me dit: s'il n'y avait pas eu tout cela,
je n'aurait pas été rendu à une famille
juive et mes camarades sont devenus prêtres et religieuses.
Quelles non réparations envers les Juifs, et on
les accuse!
Il faut absolument réparer et rembourser dans le
concret, dit le judaïsme dans cette paracha; l'amour
n'est pas que spirituel, il se traduit par le corps et
par l'argent.
En ce sens, l'injustice sociale est immense en Israël
et elle doit être réparée. Rien n'est
à l'horizon dans les différents programmes
électoraux. Nous sommes un peuple-laboratoire de
cette justice; et l'injustice y est aussi intolérable
que tout ce que je viens de dire précédemment.
Et cela existe parce que l'on veut briser le modèle
juif pour lui substituer d'autres valeurs de civilisation,
et pour cela se réalise l'alliance des capitalismes
d'argent et d'autres extrêmismes idéologiques.
Mais nous savons ces manipulations qui se déguisent
en mots de belles idéologies depuis que la Torah
nous a analysée la démarche de Qora'h. Certes,
il y a même un parti qui affiche publiquement qu'il
veut éliminer le judaïsme de la vie sociale,
et qu'il y a déjà réussi en grande
partie, et demande les voix des électeurs pour
continuer. Mais ce ne sont pas les partis qui sont concernés
par la Torah, c'est chaque Juif.
C'est pour cette vérité que, dans
la tradition la plus ancienne, nous avons choisi d'apprendre
le Talmud sur le traité
Baba Qama (page 84) et nous l'étudions sur le site
; il développe avec précision comment réaliser
cette triple chlémoute en cas de préjudice
porté à autrui. L'expert qui devra évaluer
le préjudice fera son compte-rendu qui comportera
l'addition de 8 types de dédommagements éventuels:
1• La a'harayoute
: c'est la responsabilité qui s'impose à
celui qui a reçu le dépôt de quelque
chose pour accomplir une certaine tâche (garder,
mener un animal au sacrifice ; Baba Qama 12 a, 14 b,
11 b, 118 a, etc.). Il y a des situations où,
en cas de disparition ou vol, il faut rembourser ou
remplacer l'animal disparu (Baba Qama 8 et 9).
2• Le mamone :
c'est ce que l'on paie comme strict dédommagement
équivalent au préjudice causé (Maïmonide,
Hilkhote Néziqéï Mamone 2,
8), tandis que le qnas est ce que l'on paie en
plus ou en moins du dédommagement strict prévu
pour le préjudice causé (Baba Qama 38
b, 43 a et 43 b). Le qnas ne peut être
infligé que sur déposition de témoins
mais, s'il a avoué de lui-même auparavant,
son auteur est dispensé de qnas (Baba
Qama 3).
3• Le kofér
est l'amende payée en contrepartie de la
dispense de recevoir une peine physique (d'emprisonnement
par exemple, ou de coups à recevoir...). L'exemple
le plus célèbre est "œil pour œil, dent
pour dent", qui consiste à payer le dédommagement
correspondant à la valeur de cette partie et
de tous les avantages de son usage, et non pas de recevoir
une peine physique de crevaison de l'œil. Certaines
peines ne relèvent pas du kofér,
comme les sanctions de l'assassinat. Voir Nombres 35,
31. Dans Baba Qama, on discute du kofér
éventuel pour le bœuf qui a tué, selon
Exode 21, 29.
4• La bochéte
est le dédommagement financier que doit payer
quelqu'un pour le préjudice moral de honte qu'il
a infligé à autrui. Cette valeur subjective
est relative et elle est liée à la position
sociale des deux personnes qui sont en cause. C'est
l'un des 5 dédommagements financiers Baba Qama
4 b (voir Maïmonide, Hilkhote 'Hovél
Ouméziq 1 et 2).
5• Le nézéq
: c'est la nuisance infligée au bien ou à
la personne par le préjudice, par exemple un
membre estropié qui entraîne une perte
de l'usage et de sa beauté. Voir Lévitique
24, 20.
6• Le tsaâr
: c'est la souffrance ; on l'évalue d'après
la somme que celui qui a reçu le préjudice
serait disposé à payer pour en être
dispensé de cette souffrance (Baba Qama 5 a,
26 b, 83 b, 84 a). Voir Exode 21, 25.
7• Le ripouï
: c'est la valeur financière du traitement
médical et du temps nécessaire, consécutifs
au préjudice, pour recouvrer la santé
antérieure selon le témoignage de la victime
(Baba Qama 85 a.) Voir Exode 21, 18.
8• La chévéte
: c'est la valeur financière du dédommagement
pour le temps pendant lequel la victime n'a pu se rendre
à son travail ou l'accomplir normalement suite
au préjudice, selon le témoignage de la
victime. Voir Deutéronome 22, 29.
Comprendre le judaïsme
Cet exemple du préjudice permet de comprendre ce
que dit le Chla : les détails précis
de chaque mitsva sont absolument essentiels et liés
à la véritable nature de la mitsva. C'est
en raison du lien total d'essence entre le spirituel et
le concret qu'il faut entrer dans ces détails qui
agacent ceux qui (par ignorance) appellent cela "argutie
talmudique" car ils ne comprennent pas
- ce sens de l'unité des niveaux,
- ce sens de la dignité de tous
les niveaux,
- ce sens de l'amour concret et complet,
- ce sens de l'amour "réel"
et non "spirituel".
Le judaïsme l'exprime par de
multiples expressions disant que l'essentiel de la divinité
est" ici-bas" (batat'htonim), ou utilisant
le mot éloqim aussi bien pour D.ieu que
pour des juges.
Pour être cohérent, le Juif doit donc étudier
avec précision le détail de cet amour concret,
et une part importante des livres du Talmud est consacrée
à l'étude de ces dédommagements.
Source contre source.
Nous pouvons maintenant comprendre le pourquoi de cette
expression "oeil contre oeil" car l'hébreu n'a
choisi cet exemple par hasard mais pour le fait que le
mot âyine signifie également oeil
et source.
En effet, ce que tu vois par
ton oeil (âyine) révèle ta
propre source (maâyane) car il n'y a pas
de barrage possible entre les deux , disent nos Sages,
lors du regard : ainsi, celui qui regarde une image troublante
ou laide ou méchante est atteint dans ses profondeurs
ipso facto ; il y a un conduit direct entre la
surface de l'oeil et la profondeur la plus intime de nous-mêmes,
la source.
Le contrôle du regard
C'est pourquoi, sur le plan de la morale juive, le
contrôle du regard est si important pour ne
pas lui permettre de communiquer avec le sexuel qui ne
nous appartient pas, ou qui n'appartient pas à
notre couple, ni avec les images ou médias qui
projettent constamment ces images sans nous demander l'autorisation
et sans nous prévenir (revues, affiches, télévision).
Cela peut consister aussi bien dans le spectacle d'images
de désastres ou de laideurs qui abaissent, abîment
et que l'on se plait à regarder plusieurs fois
quand cela n'est pas nécessaire. Le contrôle
du regard n'est donc pas une fuite de pruderie, ni une
obsession ridicule mais une conscience du lien des
sources, de l'appartenance de notre propre être
à quelqu'un de précis dans un couple, de
l'union de notre être aux profondeurs et aux niveaux
élevés de l'invisible. Conscience également
de notre fragilité en dehors de cela.
Voir la plénitude
d'autrui
Cette morale, consciente, devrait permettre de voir
autrui également de la même manière,
avec son appartenance à ces niveaux concrets et
élevés en un seul être; également
en sa complétude sexuelle, qui ne permet pas d'en
faire un jouet pour notre regard. De là, les bénédictions
que nous sommes invités à dire lorsque nous
voyons tel ou tel type de personnes.
La projection
Cette conception juive du regard-source permet aussi de
contrôler ce que l'on appelle aujourd'hui en psychologie
"la projection" (ha achla'ha). Cela consiste
à projeter inconsciemment sur autrui les dimensions
négatives qui sont en nous, depuis notre source
intime et par le regard. Nous avons alors la certitude
que l'autre est mauvais et nous en avons la confirmation
parce que notre regard le détecte réellement,
dans la réalité. En fait, nous avons projeté
sur lui, à partir d'un indice exact et provocateur,
le mal qui est le nôtre et nous l'ignorons; ce que
la tradition appelle, à partir de notre part d'instinct
qui se relie au mal, le yétsér harâ.
Mais cela nous permet de pratiquer
le rite du bouc émissaire sur autrui : nous le
chargeons ainsi de nos défauts que nous ne voulons
pas reconnaitre en nous, et nous disons que c'est lui
qui est comme ceci ou cela. En fait, chaque fois que nous
n'aimons pas un trait que nous remarquons chez autrui,
nous devrions nous poser la question : n'est-ce pas un
trait qui me caractérise quelque peu ?
Projeter ainsi notre mal sur
autrui vise à nous en soulager; mais alors, le
mal reste ainsi en nous, nous avons simplement compliqué
la relation.
La tradition connaît
tout cela depuis des millénaires et l'exprime par
cette phrase de Qiddouchine 70 a :
kol happossél, bémoumo possel
"tout celui qui disqualifie autrui sur un point,
c'est à partir de son propre mal qu'il met en cause
autrui".
Ce phénomène
est si puissant qu'elle dit "quiconque, kol "
disqualifie autrui... Pas de divergence entre la psychologie
et le judaïsme car il s'agit du même être
vivant créé.
Les michpatim, conditions
du bonheur
Après avoir défriché toutes ces
questions, nous comprenons que le judaïsme
propose, au nom de Hachém, un bonheur complet,
une chlémoute entre tous les plans, mais
à condition d'un énorme travail personne
pour avancer vers cette situation: que
- nous soyions cohérents entre
les plans spirituels et concrets,
- on vive la même cohérence
dans les plans différents de l'âme, de
l'être et des biens,
- on vive cette cohérence dans
le détail des actes, de l'étude, de
la prière,
- on étudie nos textes pour
connaître cette cohérence et cette chlémoute
dans la précision des dynamiques et des actions,
- on utilise les ressources des expériences
des générations qui nous ont transmis
cette science morale, psychologique, philosophique,
religieuse, juridique, sociale, etc. qui est un seul
et même dispositif,
- on étudie ces textes auprès
de personnes qui les connaissent, qui les pratiquent
mais qui ont aussi l'expérience de leur complexité
dans le réel. Celui qui a étudié
théoriquement mais qui n'a pas ces qualités
dans le concret est nommé par la tradition
comme 'hassid choté, un enthousiaste
déréglé qui n'a pas de chimouche,
c'est-à-dire qu'il n'a pas regardé comment
les Sages vivent leur sagesse dans leur vie quotidienne
(voir les exemples dans le Traité Sota 21 b
et dans le Lév Gompers pp 268-9).
- on examine nos actes et leur cohérence
avec nos pensées, nos idéologies.
Certes, le développement de
chaque science de l'humain donne de nouveaux outils mais
ils n'annulent pas cette connaissance gigantesque du judaïsme.
Ils ne font que nous permettre de mieux la mettre en oeuvre.
Bien plus, dans le Traité
Chabbate 75 a, nos Sages reprochent gravement à
ceux qui en sont capables de ne pas utiliser ces sciences
de la réalité pour être plus proches
de la vie divine qui meut le monde et que la Torah nous
transmet : "R. Simeon ben Pazi, au nom de R. Yehoshua
ben Levi au nom de Bar Kappara, a dit: ‘Celui qui a appris
l’astronomie et ne pratique pas cette science est désigné
par ce verset ‘ils ne font pas attention à l’oeuvre
de YHWH et ils ne voient point l’oeuvre de Ses mains’
(Isaïe 5, 12)"
"kol ha yodéâlé'hachev batéqoufote
oumazalote vé éino 'hachev âlav hakatouv
omer:
vé éte poâl Hachém lo yabitou
oumaâssé yadav lo raou" .
On voit par là qu'il
n'y a aucune contradiction entre étudier totalement
la Torah et étudier totalement la Création
concrète de Hachém car
- tout est Son oeuvre et Sa présence.
- Evidemment, à chacun, selon les aptitudes d'accomplir
ou non cette double connaissance. C'est bien pour cela
que le Talmud dit: "celui qui est capable de connaître..."
- une priorité est de toujours acquérir
la connaissance de la Torah.
- il est souhaitable d'accorder autant de temps à
l'acquisition de la connaissance de la Torah (qui est
immense), alors que nous n'hésitons pas à
acquérir les autres connaissance que nous dénommons
-par erreur- profanes.
- enfin, la société a besoin de personnes
qui consacrent tout leur temps à un secteur de
connaissance pour acquérir un niveau exceptionnel
qui maintient la science, la développe et en fait
d'excellents pédagogues. C'est ainsi que, étant
professeur de psychologie à l'Université,
et entendant parfois des collègues critiquer des
rabbins consacrer tout leur temps à l'étude
de la seule Torah, je leur dis: "toi non plus et
moi non plus, nous ne sommes pas des dentistes ou des
médecins ou garagistes et passons tout notre temps
dans les connaissances et sommes payés pour cela
comme ces rabbins que tu critiques; et cela te semble
normal car la société et les étudiants
en ont besoin de ces bibliothèques vivantes qui
peuvent former la nouvelle génération".
- et, comme beaucoup de collègues qui pullulent
en particulier en Israël et à Jérusalem,
je peux témoigner que tout le temps nécessaire
au métier ne m'a pas détourné du
tout d'étudier la Torah jour et nuit, ni de réduire
mon temps pour la vie familiale et personnelle. L'un stimule
l'autre. Et les Sages du moyen-âge espagnol juif
nous ont montré qu'en plus ils pouvaient être
poètes, hommes d'affaires, etc. Car la Torah est
source de vie.
Nos Sages vont jusqu'à
nous montrer comment et combien ces actes précis
que nous prescrivent ces michpatim sont des dynamiques
divines et des noms divins; mais il va de soi que ce niveau
ne peut pas être enseigné sur le Net. Il
n'est enseigné qu'après avoir acquis la
base de connaissance et d'action et de relation par un
maître à un élève, non pas
collectivement ni anonymement.
Les niveaux de l'application
des mitsvotes
Ainsi, nous découvrons en ces michpatim
que le judaïsme a une pédagogie très
développée de la connaissance, de la pratique,
de la morale et de la relation.
Il y a même des niveaux
dans la façon de réaliser ces michpatim
concrets, ces mitsvotes, que l'on appelle des maâssim
tovim, des actes bons. Le Chla présente ces
niveaux :
• haddour mitsva
Le premier niveau, ordinaire, est déjà
exceptionnel dans ce qu'il atteint, même si nos
textes l'appellent niveau de base : c'est "haddour
mitsva ou "l'embellissement de la mitsva",
c'est-à-dire réaliser non seulement l'acte
mais aller jusqu'à mobiliser ses biens pour
cela gratuitement, afin de diffuser la Torah, pour aider
les personnes dans le besoin, comme le faisaient Myriam
et les sages-femmes en finançant le sauvetage
des enfants hébreux et en se dépensant
pour cela (Chémote 1, 18). De cela, Hachém
dit : "biqrovaï aqqadéche, en
ceux qui sont proches de Moi, Je serai sanctifié"
(Vayiqra 10, 2-3).
• zérouz mitsva
Le second niveau est "l'empressement ou le zèle
dans l'accomplissement de la mitsva : zérouz
mitsva". Cet enseignement est merveilleux
: c'est courir pour l'accomplir, se diriger vers et
le chercher mais, surtout, c'est faire avec joie
la petite partie dont on est capable même si on
n'est pas capable de faire le tout. Moché
nous a enseigné cela par la constitution de villes
de refuge pour les meurtriers involontaires (Bamidbar
35, 14-15 ; Dévarim 4, 41) ; il les a isolés
mais il leur a dit aussi de continuer à accomplir
la partie des mitsvotes dont ils étaient capables.
C'est une tolérance envers soi et envers autrui,
sans critique mais avec droiture et exigence. Le verset
qui explique cette attitude du point de vue de D.ieu
est achér yaâssé otam haadam
vé'haï bahém (que l'homme les
fera et vivra par cela. Vayiqra 18, 5).
• ôssé
'héssed
Le troisième niveau ("ôssé
'héssed, agit en bonté") va
jusqu'au don de soi profondément par le don de
sa personne, méssirate néféche.
Celui qui donne son être à quelqu'un,
c'est parce qu'il l'aime à l'exemple de Hachém
envers nous, ôssé 'héssed (Chémote
20, 6). Les niveaux précédents
pouvaient encore être réalisés comme
un devoir, comme une connaissance, ou une exigence,
ou une performance, ou par crainte, etc. Cette fois,
"le" motif, c'est uniquement l'amour de Hachém
et des autres en un seul amour. Et dans tout notre être.
L'exemple en est la démarche d'Avraham et de
Yits'haq dans la âqéda, contrairement
à Yichmaël (Voir le Rachi sur Béréchite
22, 1). Ils engagent tout leur être, même
physique et par amour.
• léchém
chamayim
Le quatrième niveau est "la réalisation
par gratuité, pour le Ciel, léchém
chamayim", sans viser aucun avantage, même
pas l'avantage de l'amour vécu. Avraham nous
en donne l'exemple quand il ne veut même pas recevoir
un lacet de sandale (Béréchite 14, 23).
• har'haqout ahavat
haôlam hazzé
Le cinquième niveau est "l'éloignement
de l'amour des valeurs qui sont admises communément
en ce monde-ci har'haqout ahavat haôlam hazzé",
cela veut dire savoir distinguer entre les vraies valeurs
et les fausses qui plaisent à la masse ou selon
la mode, "savoir distinguer et trier" entre la
paille ou l'épi, le nécessaire ou le secondaire
et le superflu, comme Yaâqov (Béréchite
28, 20).
La synthèse dans les lettres
Rabbénou
Yaâqov Abou'hatséra (lien ici) nous
montre que tout cet enseignement est également
inscrit avec clarté dans les lettres mêmes
des premiers mots de la paracha Michpatim :
"vééllé
hammichpatim achér tassim lifnéhém
et voici les précisions impératives que
tu exposeras devant eux".
Voici
la version sonore de cette phrase (lien ici).
- après tout ce commentaire ci-dessous sur l'unité
du spirituel divin et du plus concret dans l'existence,
on n'est plus surpris d'entendre nos Sages nous dire que
le mot hammichpatim (les précisions impératives)
écrit en écriture développée
a le chiffre ou guématria des mots néféche-roua'h-néchama
(personnalité-esprit-âme). Ainsi, la
prescription détaillée dans la moindre mitsva
et qui nous est précisée par Hachém
et explicitée par le Talmud, est une activité
qui insuffle à notre "personnalité-esprit-âme"
toute la dimension divine. L'enseignement traditionnel
de la Torah nous transmet ainsi des milliers de milliers
de correspondances entre le récit, les chiffres,
les mots, les lettres et toutes leurs combinaisons, remontant
à la source du Sinaï; inutile de chercher
notre vérité par des jeux de logiciels d'ordinateurs
en ignorant cette immense base traditionnelle.
- ces prescriptions impératives, nous l'avons vu,
concernent des dommages, ce qui est rendu également
par le premier mot vééllé.
Mais ce mot comporte en son intérieur également
les lettres du mot Eloqa qui est la manifestation
miséricordieuse de D.ieu. Ainsi, la Torah nous
montre que nous ne sommes pas abandonnés dans les
heures de difficultés, d'épreuves, d'horreur
parfois. Nous avons le potentiel du salut à l'intérieur
même de l'épreuve. D'autres éclairages
sur les mots, qu'il n'est pas le lieu ici de développer,
montrent que ce mot vééllé
comporte aussi les mots hébraïques de bénédiction,
de sauveur.
- de là, il nous faut comprendre que le dessein
divin réel est le bonheur mais aussi notre participation
à l'amélioration du monde. Celle ne se réalisera
pas par une révélation magique ni par un
gourou superman, ni par un leader charismatique (tout
cela est ce qui caractérisait les magiciens d'Egypte)
mais par la volonté de l'homme qui s'élèvera
à la qualité de tsaddiq, de juste,
en faisant monter le bon qui se trouve à l'intérieur
de tout mélange imparfait en ce monde. Et
tout est ainsi remis par D.ieu dans les mains d'Israël.
Tout dépend maintenant de nous (ha kol talouï
bidé am yisrael).
- Comment ? Pour cela, il nous faut d'abord connaître
la science de la Torah et bien connaître qui nous
sommes. Il faut posséder aussi la science du discernement
et de l'analyse que donne la Torah orale, celle qui se
transmet dans l'enseignement de maître à
élève par l'étude de la Michna et
du Talmud. Alors la bénédiction (bérakha)
pourra se déployer avec force quand elle sera demandée
dans la prière (il faut aussi une formation pour
savoir prier) et quand elle sera accompagnée par
des bonnes actions (maâssim tovim) selon
les mitsvotes ; mais il faudra encore y joindre la bienfaisance
en dons (tsédaqa)
- Il reste encore une condition : ce travail d'épuration
et d'élévation du monde ne se fait pas dans
un séminaire ou ashram ou monastère ni dans
un club d'élites, mais par une mise à l'épreuve
du Juif et du tsaddiq dans l'existence. Nous avons
reçu cet enseignement à travers la description
de la "vie" des patriarches. Cela passe par
l'examen dans la nuit. L'épreuve (nissayone)
est signe de cette avancée proposée. L'issue
lumineuse du matin ne se fera qu'après la traversée
inévitable et angoissée de la nuit.
- le dernier mot du verset l'indique: lifnéhém
(devant eux) est aussi la guématria de yirea
(la crainte modeste) sans laquelle l'homme ne peut pas
recevoir.
Cette forme d'enseignement
de la Torah par le message des lettres s'appelle le rémez
(allusion). Il n'est pas une répétition
de ce que nous avons déjà reçu dans
le sens littéral (le pchate). Il ajoute
une vision de synthèse qui élargit l'horizon
et fait relier beaucoup de questions indispensables pour
vivre. La technique de formation à ce niveau ne
peut pas trouver de façon suffisante sur le site
car il demande d'abord une large formation de base sur
le sens littéral et, ensuite, une formation individuelle
directe auprès de Sages qui ont reçu la
tradition de Moché notre maître. On le voit,
une formation à la Torah comprend l'ensemble de
ces formations sans laquelle on n'a qu'une vision partielle
comme quelqu'un qui connaitrait seulement la physique
ou la chimie ou le système nerveux de l'être
humain alors que sa connaissance est un tout.
Cependant, il n'y a pas à se décourager
car celui qui étudie avec persévérance
et yirea (la crainte modeste) reçoit
déjà tout. Et il le sait bien.
Et tout ce programme est possible, avec patience, les
Juifs de tous âges, de toutes cultures, de toutes
époques l'ont prouvé.
Autre étude : découvrir
le sens du mot michpatim dans tous les niveaux
Ce
mot « michpatim » étant si important
dans la paracha, au point de donner son nom à une
partie de la Torah, nous devons le comprendre exactement.
Nous verrons ainsi que l’hébreu parlé le
plus courant et celui de la Torah ne sont qu’un. Il
n’y a pas un seul peuple au monde qui vit ainsi son actualité
fondue avec une parole multi-millénaire dans la
même langue parlée et lue depuis. Quelle
colonne vertébrale cela nous donne !
Le
mot michpatim vient de la racine en trois
lettres chafat qui veut dire juger. La lettre mem
(m) qui est ajoutée devant une racine sert à
constituer des mots qui indiquent « le lieu concret
ou abstrait où se déroule cette réalité ».
Pour s’en souvenir, pensez que mem est l’initiale
de maqom, le lieu. Ainsi, miqdach est le
lieu de ce qui est sacré qadoch, mizbéa’h
est le lieu du sacrifice, ma'hbérete est un cahier,
mévachel est le cuisinier, mougbal est une limite,
mitnadev est un volontaire, méroutsé
est satisfait, mapoléte ou mapala
est une chute, mikla'hate est une douche, mil'hama
est la guerre, maâtafa est le lieu de
ce qui entoure un objet, meitav est le lieu de
ce qui est mieux tov, migdal est une tour
élevée gadol, manoul est
l’objet qui ferme ou la serrure, etc. Par ce système,
on apprend rapidement de multiples mots en hébreu
car on entend leur racine que l'on connait, plus la lettre
mém et cela nous donne tout-de-suite le
sens.
Ce
système d'adjonction d'une lettre, typique de l'hébreu,
permet de composer de nombreux mots. Exemple : la
lettre tav ajoutée à une racine indique
souvent une réalité abstraite : pallel
est prier, téfila est la prière,
par exemple. Ou taânoug, le plaisir, téouda
un témoignage, téchouva une réponse,
toracha est l'hérédité,
tokha'ha est un reproche, tilbochete
est un costume, etc.
Progressons
lentement. Le mot michpate (au pluriel michpatim)
apparaît plus de 420 fois dans la Bible (le Tanakh)
sous des formes grammaticales variées. Il est donc
important. Il a plusieurs sens qui sont reliés.
Disons plutôt qu’il a plusieurs usages centrés
autour du même sens. Reportez-vous aux références
que j’indique ci-dessous pour véritablement assimiler
la Torah.
-
c’est d’abord
un ordre absolu (une mitsva) qui règle les
relations entre l’homme et son prochain, comme dans le
premier verset de notre paracha. Il y a le sens de loi
qui nous dépasse et ne dépend pas de notre
volonté pour la modifier (‘hoq). C’est aussi
un commandement (tsivouï) divin, d’où
le mot mitsva, lieu de ce commandement.
-
De là,
découle le sens de règle de bon comportement
(hitnahagoute), que l’on nomme dérékh
érets, et qui organise en bien les rapports
entre l’homme et son prochain (bein adam lé
‘havéro). Lisez I Samuel 27, 11 et Juges 13,
1) .
-
Du sens de
loi absolue, ce mot michpate s’applique à
l’activité décisionnaire du juge (îniyane
ha nadoune âl yédé choféte,
comme en Dévarim 16, 19) qui doit se référer
à cette qualité de la loi (voyez Dévarim
16, 18). Et c’est aussi la décision qui est décrétée
par le juge, le jugement lui-même, ce que l’on appelle
le psaq-dine (Isaïe 42, 3). Tout cela est
de l’hébreu courant aujourd’hui et pas seulement
du tout la langue d’un texte ancien. Et c’est aussi le
corps social qui est habilité à pratiquer
ce michpate, la rachoute, le corps judiciaire.
Et aussi, la partie de la loi qui concerne tel secteur
(voyez Dévarim 21, 17). On parle ainsi de la justice
militaire, michpate tsévaï. On nomme
michpatim la science du droit, la faculté
de droit ; beit-michpate est le palais de
justice aussi bien que le corps des juges qui délibèrent
sur un cas; misrad ha michpatim est le Ministère
de la justice, beit hamichpate haêliyone
est la Cour suprême de justice. On voit à
quel point la vie civile en Israël, contrairement
à ce qui se produit dans un autre pays, est basée
sur la Torah même si la référence
ne semble pas y être du tout. Ce n’est pas la même
chose de pratiquer les mitsvotes ailleurs et de vivre
ainsi dans les mots de la Torah dans le quotidien, comme
nous en avons la mitsva que nous disons dans le texte
du Chémâ Yisrael : vé
dibarta bam, « tu parleras à tes enfants
à l’intérieur des mots de la Torah ».
Tout Juif qui élève ses enfants dans la
Torah pratique cela ipso facto.
-
Quand un individu
s’arroge ce droit de loi, sans même en être
conscient, et juge autrui selon un « pré-jugé »
et non selon les faits, on parlera de michpate qadoum.
-
Nous arrivons
maintenant à un sens qui est l’essentiel (ne vous
inquiétez pas si vous ne comprenez pas tout, il
en faut pour chaque catégorie de lecteurs) :
nous avons vu que le mot michpate comprend le sens
de loi mais aussi celui de dérékh érets,
bon comportement relationnel. Les cabalistes comme Ribbi
Moché Cordovero dans Pardes rimonim appellent
cela, le dine qui est tempéré de
ra’hamim (dine biqtsate ra’hamim, et c’est le dine
que l’on trouve en beauté (tiféréte)
qui est la Torah. Le Zohar (paracha Qédochim 85b)
parle de michpate comme dine avec mélange
taârovéte ra’hamim, et éte
bé ra’hamim, yéche bo ra’hamim, il y
a ra’hamim dedans. Et dans la paracha A’haré
mote 73b, michpate est mis à égalité
avec ra’hamim (michpate déihou ra’hamim)
car le motif (ha taâm) est celui-ci: sa source
qui est le principal (méqoro ché hou
îqaro) est ra’hamim car le dine
qui vient de la rigueur de la sagesse (bina) puise
sa source dans la sagesse ‘hokhma d’où vient
toute bonté. Ces brèves indications suffisent
pour que ceux qui ont étudié ces niveaux
trouvent ainsi les repères et se réfèrent
aux sources pour y relier la Torah. Cela est dit pour
que nous comprenions bien que la Torah est à la
fois mitsva (ordre) et amour spécialement prouvé
avec autrui.
- Cela nous mène au sens principal de michpate
qui est le dine tsédéq, le jugement
de justice. Mais ici, il faut comprendre la justice comme
la justice parfaite qui est celle de la bonté
et de la droiture, sans aucune falsification (îvoute) ;
voyez Dévarim 17, 18 et Isaïe 5, 7. Ce tsédéq
(justice) n’est pas différent de la tsédaqa
(bienfaisance, dans tous les sens du terme) et, pour cela,
il est ajouté en fin de mot la lettre hé
qui indique la présence de Hachém.
Inscrivez le mot « tsedaqa » dans le
moteur de recherche de Google en
haut de la page d’accueil et vous trouverez les pages
qui en traitent, spécialement la paracha
‘Hayé Sara. A ce moment-là,
le sens du mot michpate devient "miséricorde".
-
C’est ce sens
de complétude qui est rendu aussi par le pluriel
michpatim, dit le Ari zal et aussi le ‘Hida.
Il fallait toute cette étude linguistique pour
comprendre exactement ce terme. Ceci nous montre pourquoi
on dit qu’il faut étudier la Torah selon le pchate,
le sens littéraire, comme nous l’enseigne Rachi,
mais qu’il faut aussi aller jusqu’au pardes, terme
qui rassemble les quatre niveaux de la Torah. Nous avons
vu que tout cela est un et lié. C’est pour cela
que vous trouverez souvent liés les deux mots « tsédaqa
ou michpate » (Isaïe 25, 17), environ
30 fois dans le Tanakh. Et également dans l’autre
ordre : michpate ou tsédaqa.
Lisez le psaume 33 et les psaumes 24 et 98, et
Dévarim 33, 21. (Une demande : une petite
prière pour celui qui a fait pour vous cette étude,
merci, en cette tsédaqa !).
Ce qui est important de comprendre, c’est que cet
ensemble qui va depuis la loi jusqu’au comportement avec
autrui est dans l’amour, c’est pour cela qu’il est dit :
Hachém « aime » le michpate
(voyez Isaïe 61, 8 et les psaumes 33, 37, 99).
-
Enfin, comme
il est beau, après avoir compris tout cela, de
découvrir que le mot « phrase », en hébreu
se dit michpate. En effet, tout ce que nous avons
dit doit se traduire dans notre parole et dans l’organisation
de nos mots. Tout l’ensemble de nos mots (la phrase) doit
avoir cette rigueur et cette bonté. Mais nous avons
à faire un travail d’organisation pour cela. Comprenons
sous un jour nouveau ces mots : sujet, verbe, complément.
Le sujet est la personne elle-même qui mérite
tout respect jusque dans les compléments. Ce sujet
est concret en hébreu, on l’appelle le gouf,
le corps. C’est une morale réaliste de michpatim.
En français, on appelle de façon abstraite
la « phrase » ou la « proposition »
qui rassemble les mots qui expriment une pensée.
Cela est rendu par ce michpate en hébreu :
une proposition complexe avec plusieurs sujets se dit
michpat colél, une proposition avec subordonnée
se dit michpate mourkav, une proposition composée
de propositions indépendantes se dit michpate
mé’houbar, etc. Ainsi, le Juif ne peut pas
échapper à cette exigence de rigueur dans
la bonté, aussi bien dans ses actes que dans
ses paroles. Encore faut-il aller jusqu’à
vivre dans l’hébreu pour le comprendre en actes.
Des méthodes d’apprentissage de la langue comme
celles de l’Institut Méguila sensibilisent à
ces liens de l’hébreu (voir
ce lien).
-
Et, pour que
cette conception de la Torah, de l’homme, de l’action,
de la parole et des relations parvienne à l’excellence
du chant et de la relation à D.ieu dans la prière,
nous avons reçu les psaumes. Lisez en ce sens
particulièrement le psaume 33. Vivre ainsi
est vivre « en » Hachém :
en effet, il n’est pas écrit dans le premier verset
du psaume Rannénou tsaddiqim laChém mais
Rannénou tsaddiqim baChém (Réjouissez-vous,
justes « en » Hachém) car si
on essaie de vivre selon les michpatim, on est
véritablement « en » Hachém
puisqu’Il est cette rigueur dans la bonté et en
tout ce qu’Il fait. Il est nommé pour cela tsaddiq
(juste), faisant la tsédaqa et le michpate.
Nous comprenons maintenant pourquoi l’étude de cette
paracha michpatim est l’essentiel de ce que l’on
étudiait dans la Yeshiva de Ribbi Âqiva et
pourquoi j’ai pris ce passage comme base du livre Lév
Gompers et de toute la formation au Talmud sur Modia :
le traité Baba Qama. Voyez (dans le plan ci-dessus)
ce lien qui sera pour vous l’ouverture de ce cours de
talmud ; les leçons y sont ajoutées
régulièrement.
Exercices
1. Noter les axes de lecture
indiqués ci-dessus auxquels vous avez été
sensibles, et relire la paracha avec précision
pour les y découvrir.
2. Echanger sur ces découvertes
et sur les questions que cela pose à la vie ou
à notre être.
3. Vérification des
connaissances. Que signifient ces 24 termes :
a'harayoute
âvoda zara
bochéte
chalom
chévéte
chlémoute
gouf
haddour mitsva
har'haqout ahavat haôlam hazzé
kofér
kol happossél, bémoumo possel
léchém chamayim
maâssim tovim
maguéne
mamone
michpatim
Michpété Adonoute éméte,
tsidqou ya'hdav
néchama
nézéq
ôssé 'héssed
ripouï
tsaâr
yétsér harâ
zérouz mitsva
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