|
15e Paracha
: Bo - " Viens"
Chémote (L'Exode) 10,
1 - 13, 7
Commentaire par le Rav
Yehoshua Ra'hamim Dufour basé sur les livres
de nos Sages

Comment re-créer et renouveler le mois et le couple.
Comment ne pas vivre dans les ténèbres d'Egypte!

Plan
La première mitsva donnée en
Egypte
Le pchate puis le sens intérieur
Le lien "libération-mois".
Du point de vue linguistique
Un renouvellement global
Une mission concernant le mois 'hoddéche
Le prototype de ce renouvellement : le couple
Le "mois" : une attention visuelle
Pédagogie dans la nature
Pédagogie dans le couple
Le grand art de l'attention
Être bruts, ou réfléchis
Être point de réflexion proche
pour l'autre
L'enseignement visuel sur la relation du Créateur
envers nous
L'extension lumineuse
On est au coeur de l'intime
Nidda
Pas une théorie
Pourquoi chaque mois ?
Les différences : la réduction
du masculin
Les différences : l'expansion du féminin
Les différences : la rectification permanente
Sens des situations (temporaires) de privations
Israël, femme dans le couple du monde
Et dans notre peuple ?
Exercices d'intériorisation
Quel poème ?
Important : voir dans le lexique. Lecture.
Vocabulaire.
CHOISIR DE NE PAS VIVRE LES
TENEBRE
|
Ecoute
de la paracha chantée (Ort)
téâmim askénaziim
Ecoute
de la paracha chantée (Alliance)
téâmim séfaradiim
Ecoute
de la haftara chantée (Ort)
Ecoute
de la haftara chantée (Alliance)
En parallèle à tout ce qui est développé
dans ce commentaire, la paracha insiste sur l'endurcissement
du "coeur" de Pharaon.
Ce concept de coeur
est essentiel dans le judaïsme et dans l'étude.
Voici son étude sur Modia.
Pour garder la confiance: Poème
sur la paracha Bo: Ecoute Israël
|
La paracha Bo présente
la suite des plaies qui permettent la sortie d'Egypte,
donne les prescriptions pour célébrer la
fête de Pessa'h et décrit les premières
pérégrinations à la sortie d'Egypte.
A cette occasion sont données 9 mitsvotes d'action
active (mitsvotes âssé) et 11 mitsvotes indiquant
des actions dont il faut se préserver (mitsvotes
lo taâssé).
La première mitsva
donnée en Egypte
La première mitsva de cette paracha est seulement
la 4° que l'on rencontre depuis le début de
la Torah.
En Chémote 12, 2, cette mitsva dit : "ce mois-ci
est pour vous le commencement des mois, il sera pour vous
le premier des mois de l'année",
ha'hoddéche hazzé lakhém roche 'hodachim,
richone hou lé'hodché hachana.
Le pchate puis le sens intérieur
Le Chla fait remarquer que le sens apparent (pchate) de
cette mitsva est une prescription permettant de fixer
les dates du mois et les années pour que les fêtes
parviennent à tomber dans la période d'année
leur correspondant dans le sens qu'elles ont, par exemple
Pessa'h pendant le printemps et la fête de Souccote,
des cabanes, pendant la moisson.
Mais il indique aussi que
le secret intérieur va beaucoup plus loin car ce
verset et cette mitsva réfèrent à
la relation de la lune et du soleil qui renvoient au fait
que
- Adam harichone, Adam le premier homme, avait un double
visage à deux faces,
- au fait que la lune ne tire pas sa lumière d'elle-même
mais du soleil,
- et au fait que le renouvellement du mois se fait au
moment où la lune est la plus proche du soleil.
Il invite à se reporter à son commentaire
inséré dans la Traité sur Pessa'h
qui comblera "les aspirations du cur, michélote
hallév".
Réfléchissons
sur ces données apparentes et nous verrons qu'il
en est bien ainsi.
Le lien "libération-mois".
La Torah, pour parler de la libération à
accomplir, aurait pu nous parler de tout autre valeur
ou de tout autre fait que de la fixation du début
du mois : parler de prière, de culte, de morale,
de rite, de sanctuaire, etc. Mais, il importe de remarquer
qu'elle nous parle alors uniquement de ce qu'est un "mois"
et comment le déterminer. Pourquoi ?
Du point de vue linguistique
Au niveau du pchate, ce que nous appelons dans d'autres
langues "mois, menso, month..." est nommé autrement
en hébreu : "'hoddéche, renouvellement".
Si l'hébreu opte pour ce sens à propos du
"mois", c'est que le "renouvellement" y est ressenti
- comme une caractéristique de l'ensemble de la
réalité physique et humaine,
- comme une nécessité absolue autant pour
la nature que pour les hommes,
- comme l'essentiel de ce qui se passe dans ce projet.
Un renouvellement global
Rabbéinou Bé'hayé dit sur ce verset,
sur la base du commentaire du Rambane en Beréchite
1, 1 que
'hiddouche haôlam hou îqar haémouna,
"le renouvellement du monde est l'essentiel de la croyance
et de la confiance".
Donc, l'homme juif vit dans
une nature qui est création ; l'homme juif ne vit
pas seulement dans la nature, ni dans une nature faite
et produite, il vit à l'intérieur d'un processus
de "création", de production renouvelée.
Un dysfonctionnement constaté
se situe alors au niveau de tout l'ensemble ; c'est une
conception holistique, gestaltiste, dirait-on de nos jours.
La remise en marche du processus optimal de la création
s'applique alors simultanément à l'homme,
à la nature, aux relations, et au politique.
De plus, c'est ce qui se passe au niveau de l'homme
qui entrainera l'amélioration ou la nuisance accrue
de toute la nature.
Dans cet ensemble qui est "créatif", nous comprenons
la nomination comme 'hoddéche, "renouvellement"
du processus que l'on nomme, dans d'autres cultures, "mois"
et qui peut y sembler simplement "cyclique".
Une mission concernant le
mois 'hoddéche
Le verset de Chémote 12, 2 nous parle du nouveau
mois et nous indique qu'il doit être "le commencement
de tous les commencements". En somme, il nous est prescrit
d'être attentifs à ce phénomène
de la nature pour opérer un renouvellement total
de nous-mêmes et de notre façon de tout compter
ou évaluer.
Nous allons donc regarder ce grand phénomène
pour comprendre mieux de quel type de "changement" il
est question.
Le prototype de ce renouvellement
: le couple
Les Sages ont été beaucoup plus loin :
Ils ont situé toute
la dynamique qui y apparait comme une dynamique qui concerne
le couple, étant entendu que le "couple" est autant
le couple homme-femme que le couple Haqqadoch baroukh
hou-Israël, comme le dit Rabbénou Bé'hayé
sur ce verset (hachékhina ché hi coa'h hallévana,
la chékhina qui est la force de la lune. Cela ne
fait que reprendre le premier verset de la Torah : la
création est l'histoire de la création du
couple, dont le couplage des cieux et la terre est le
symbole.
Le ralentissement, le blocage,
l'échec du processus mis en route dans la création
(liaison, aide, complémentarité, amour,
fécondité, relation de face à face
ou d'éloignement) ont toutes les caractéristiques
de ce qui se passe dans un couple.
Comprendre ce que veut dire
la Torah par le concept de mois 'hoddéche (mois-renouvellement)
dans l'exemple de la nature, c'est alors comprendre la
condition sine qua non, le tremplin, le starter de tout
le processus de renouvellement de l'humanité. Voilà
pourquoi il est dit que "ce mois est précisément
pour vous le commencement de tous les mois de l'année".
C'est la base et la condition
d'un processus de renouvellement qui devra ensuite se
poursuivre dans un renouvellement continué, profitant
de chaque nouveau mois pour le ressentir et le réaliser
davantage. Que s'y passe-t-il donc, dans cette pédagogie?
Le "mois" : une attention
visuelle
Le Chla, sur la base des discussions entre les Ecoles
de Chammaï et Hillel et des décisions des
Sages dans le Talmud (Traité Roche hachana, pages
24-25), fait remarquer que l'on se basait toujours sur
les comptes astronomiques pour fixer la date du nouveau
mois (liqboâ îtim ou zémanim) car le
ciel pouvait être couvert en terre d'Israël,
ou dans le désert à cause de la nuée
(ânane) pendant le jour et à cause de la
colonne de feu (âmoud haéche) la nuit, et
ainsi ne pas donner toute valeur au témoignage
visuel.
Mais, cependant, le témoignage
visuel reste toujours l'essentiel de ce qui est pédagogique
car il incite à prêter attention et à
observer dans le détail pour en rendre compte et
pour répondre à l'interrogatoire contradictoire.
Nous devons donc être attentifs à ce qui
se produit visuellement dans cette phase du début
du mois pour ne pas faire d'erreur sur l'enseignement
que l'on veut nous y transmettre. Commençons cette
observation.
Pédagogie dans la nature
Après une période
de diminution de la lumière de la lune, en fin
de mois, voici le phénomène du molad :
la lune disparaît,
la lune réémerge
dans sa lumière par un fin croissant.
le point important est que
cela se produit au moment de la plus grande proximité
entre la lune et le soleil.
Pédagogie dans le couple
Ainsi pour le couple, quand il y a eu une période
de distance, de séparation, d'obscurité
(ou la période de nidda, disent les Sages), la
vie vraie ne peut reprendre que par l'attention qui fait
se remettre dans la plus grande proximité intérieure,
au point que l'on y perçoive et y ressente à
nouveau la lumière d'intériorité
venant de l'autre ; il faut aller jusque là.
Le grand art de l'attention
C'est tout un art du rapprochement qui demande de la délicatesse,
de la présence, du temps, de l'observation, de
la sensibilité, le sens de la nuance, l'écoute
de ce qui émerge de l'autre, l'autorisation donnée
à cette émergence, le temps de s'apprivoiser
réciproquement, la certitude absolue et consciente
que l'autre est en émergence, en naissance ; c'est
voir ce qui nait et surgit lentement et imperceptiblement
comme "la biche de l'aurore".
Et cela, sans interruption, comme il est dit de D.ieu
envers la maison de Jacob : "vous êtes soutenus
depuis le berceau et portés depuis votre naissance
; jusqu'à votre vieillesse je resterai le même,
jusqu'à votre âge extrême je vous porterai.
Comme je l'ai fait, je continuerai à vous porter,
à vous soutenir, à vous sauver" (Isaïe
46, 3-4).
C'est cette pédagogie
de l'attention que dit notre verset : ha 'hoddéche
hazzé lakhém, ce renouveau du mois pour
vous".
Rabbénou Bé'hayé insiste : pour vous,
afin que vous le comptiez, lakhém hou ché
tiyou monim bo.
Sans cette attitude dans la relation, il ne peut d'ailleurs
y avoir de véritable émergence puis d'extension
progressive, puis totale, du plaisir et du bonheur.
Être bruts, ou réfléchis
C'est dans ce type de proximité et de qualité
réciproques que la petite lumière de l'autre
peut émerger, dans le couple.
Cette lumière est relationnelle.
Plus encore, cette lumière ne vient pas de nous-même
car la lune n'illumine que par la réverbération
de la lumière de l'autre, le soleil.
Quand le soleil envoie sa
lumière dans l'espace infini qui ne le capte pas,
à quoi bon ? Le masculin-soleil est toute émergence,
sans réflexion pourrait-on dire et c'est seulement
par l'attention à ce qu'il produit sur la femme
que l'homme peut saisir ce qu'il est, ce qu'il fait, découvrir
dans le miroir placé à proximité
de son visage l'image de ce qu'il produit, s'il est quelque
peu lumière ou obscurité, s'il explose,
brûle, détruit, ou donne vie et bonheur.
J'explicite en ces termes
ce que dit Rabbénou Bé'hayé :
la lune est le prototype de la femme dans sa créativité
ici-bas,
hallévana dougmate haicha bayétsira hatta'htona.
L'homme qui n'est pas attentif
à la femme, avec cette délicatesse et cette
noblesse en toute relation, est une seule émergence
brute et qui n'a même pas conscience de soi ; car
la conscience de soi vient de ce reflet par la délicatesse
de l'autre comme en ce molad du début du mois.
Tout ce qui est dit ici du couple, concerne toute relation
masculin-féminin, réciproquement.
Être point de réflexion
proche pour l'autre
Il n'y a nouveauté et commencement (ce "renouveau-
mois 'hoddéche" en hébreu) que si l'on opte
pour la proximité-sensibilité, le regard,
le face à face, le témoignage envers l'autre
de ce qui est ressenti, comme le faisaient les témoins
venant dire, parler, certifier comment ils avaient vu
la nouvelle lune et ils étaient alors interrogés
avec précision.
L'attention à l'autre n'est pas un exercice rapide
et superficiel ("j'ai vu ce que tu fais, j'ai entendu,
j'ai compris ce que tu dis"), mais c'est :
une saisie conditionnée par la présence,
une écoute dans la durée prolongée,
dans la proximité intérieure, la chaleur
effective, le jugement critique en suspens, l'indulgence
et la bienveillance absolues et a priori.
Tout ce qui, est découvert, peut être alors
exprimé et retourné à l'autre sous
de multiples formes d'appréciation qui illuminent
l'autre devant ce regard attentif.
A l'image de la lune, tant
qu'il n'y a pas tout cela, il n'y a pas ce qui est censé
se produire dans le processus de "Création" voulu
et mis en mouvement par Celui qui en est le Créateur.
Cette réussite de la relation dans le couple est
tellement importante pour Lui qu'il a établi sous
nos yeux en permanence cet écran géant de
rappel qu'est le rapprochement mensuel de la lune et du
soleil qui s'illuminent.
L'enseignement visuel sur
la relation du Créateur envers nous
Le Créateur a organisé la nature (la création
du couple cieux-terre, et le jeu démonstratif de
la lune et du soleil), pour nous enseigner aussi sur ce
qu'est le Créateur lui-même dans Sa relation
; les textes décrivant les détails de l'amour
conjugal de Dieu pour Israël dans tout le Tanakh
méritent de notre part une lecture en ce sens.
Cela est condensé dans le verset du Cantique des
Cantiques 6, 10 qui résume cette relation réciproque
:
mi zote hannichqafa kémo cha'har, yafa kallévana,
bara ka'hama
"qui est celle-ci qui apparait comme l'aurore, belle comme
la lune, rayonnante comme le soleil ?" (voir
aussi la beauté de cette image sur ce lien),
et dans le verset d'Isaïe
54, 5 qui enseigne à l'époux humain comment
vivre à la ressemblance amoureuse du Créateur
:
ki voâlaïkhe ôssaikhe
oui, ton époux ce sera ton Créateur.
Voir ces versets autour de
l'image de la lune, et alors en vous-même dans cette
lumière. Vous comprenez maintenant
pourquoi ce nom de "Modia"
où Hachém se fait connaître par la
Torah (le rouleau de la Torah mis en logo)
et par la nature (le grand
rond central en page d'accueil) ;
celui qui sait ouvrir l'intériorité
(cliquer ici
sur l'image), il découvre la lumière
et les versets du dialogue intime et amoureux. Ce ne sont
pas seulement des images sur le site : c'est une pédagogie
précise.
L'extension lumineuse
Cette attention amoureuse entraîne avec elle un
élargissement, un débordement qui ne parle
pas seulement de plaisir et de bonheur mais aussi de fécondité,
de sortie de toute humiliation, honte, outrage, tristesse,
veuvage, comme il est dit avec précision dans cette
ligne en Isaïe 54, 1-4 à propos de la femme
stérile ou délaissée (le lire). Cette
extension depuis le début du renouvellement de
loin va si loin que la bénédiction de la
lune ne se fait qu'à la fin du Chabbate, après
avoir recueilli le maximum de la vie divine dans le couple,
les senteurs, la joie, la beauté des vêtements,
des ustensiles, de la maison, et on s'élève
sur la pointe des pieds vers la lune (voir Rabbénou
Bé'hayé sur ce verset de Chémote).
On est au coeur de l'intime
Pour que nous saisissions davantage encore l'importance
de cette intériorité attentive jusqu'en
son niveau extrêmement élevé, il est
dit que lorsque les Sages s'entretenaient des précisions
à apporter ou des changements qu'il fallait décider
pour ajouter des mois dans le calendrier, ils le faisaient
à l'écart de la foule et dans le secret
(sod haîbour).
Dans ce qui pourrait être si simple et fixé
par ordinateur, par calcul, par habitude, concernant l'autre
(comme toute la vie de maison), il est d'autant plus indispensable
de s'y attarder, de créer un rituel d'attention
au secret, à l'intime) à l'échange,
la protection, la proximité et le renouvellement.
Nidda
Dans le même sens, c'est
le rôle des attitudes et coutumes qui se déroulent
pendant la période de nidda et à la fin
de celle-ci : pour que le couple se retrouve et se revivifie,
à condition que tout cela soit fait avec cette
attention et intention, cavana.
Alors, la précision
dans le moindre détail qui caractérise la
halakha a pour but de maintenir cette vigilance relationnelle
dans le processus créatif ; la halakha est un mot
qui veut dire "marche" et les Sages qui savent ont fait
remarquer que l'intériorité de la dynamique
tient dans le potentiel des lettres du mot halakha qui,
mises en un autre ordre, signifient "l'épousée"
(hakala).
Comme dans le secret des jours
de la femme dans le couple, la variabilité importante
des mois du calendrier hébraïque (dans l'année,
il y a 5 mois de 29 jours, 5 de 30 jours, et 2 -Kislev
et Maréchvane- qui sont parfois de 30 ou de 29
ou parfois l'un de 30 et l'autre de 29) suscite une attention
continue à ces phases de renouvellement.
Pas une théorie
Ce n'est pas une théorie générale
: le verset dit "ce renouvellement-ci".
Nous le voyons chez David dans le chapitre 20 du Livre
de Samuel 1 :
- ce n'est pas une manifestation importante et évidente
se passant dans le ciel ou dans la maison, et que l'on
ne remarque même plus, comme une télévision
branchée en permanence et qui n'est même
plus regardée,
- c'est le petit renouveau, la petite lumière de
la lune qui réapparait depuis la ligne la plus
fine du croissant.
Et il faut le faire avec révérence,
avec délicatesse et en disant des bénédictions
à la lune et des louanges, en référant
tout cela au Créateur et à Son amour pour
nous tel que le dit le Cantique des Cantiques. C'est de
cela dont il s'agit quand Hachém vient avec son
intimité ("ani Hachém", moi Hachém,
au début de Vaéra, Chémote 6, 2)
pour prendre son peuple hors de l'Egypte. Ce n'est pas
un film hollywoodien sur la sortie d'Egypte, ni un banquet
familial un soir après un grand nettoyage de la
maison.
Pourquoi chaque mois ?
Si ce phénomène d'enseignement sur la scène
de la nature se déroule chaque mois, c'est une
nécessité car les humains sont si superficiels,
si routiniers, brusques et rapides que, sans cette démonstration
continue qui doit leur "crever les yeux" (s'ils ne les
détournent pas de l'écran géant du
ciel lui même pour se murer dans le petit écran
de leur TV), ils ne ressentent plus entre eux cette lumière
commune, délicate et légère qui les
réunit, et qui a noms : attention, délicatesse,
amour. La Torah est apprentissage et éloge de la
délicatesse attentive : "Ecoute, Israël...
un".
Sinon, pourquoi le Cantique des Cantique au centre du
Tanakh ; et pourquoi commencer son premier verset par
la création d'un couple.
Les différences : la
réduction du masculin
Le Chla souligne que les femmes savent mieux porter attention
à ce renouvellement de la lune et du mois que les
hommes. Il faut bien constater et admettre que c'est au
moment même et précis où le soleil,
symbole de l'homme, passe dans l'obscurité que
se fait le renouvellement de la luminosité de la
lune, et il faut en tirer d'importantes leçons.
L'homme-masculin doit apprendre à abandonner ce
qui lui semble naturel, normal, évident, intelligent,
assuré et spontané (emplir la scène
sociale par les rôles tenus, par la parole occupée,
par la soi-disant pensée politique qui n'est souvent
que vide répétitif, par la compétition
sociale qui n'est souvent que lutte pour une auto-proclamation
entre des rivalités infantiles) pour laisser à
la femme le temps d'apparaître. L'homme-masculin
doit apprendre la délicatesse et apprendre le sens
de l'existence de "l'autre".
Les différences : l'expansion
du féminin
Dans le même sens, remarquons un autre point important
; le Créateur nous enseigne ce qui est la dynamique
du moment où se remet en route le processus créatif
: cela se réalise quand la femme est plus élevée
que l'homme, quand la lune-femme est proche du soleil
mais aussi plus élevée que lui. C'est le
sens du verset : "femme du héros (divin), couronne
de son mari", échéte 'hayil, âtéréte
baâlah (Proverbes 12, 4). C'est un retournement
complet de la relation sociale spontanée de la
société occidentale qui est femme-objet
belle-regardée-utilisée-humiliée.
C'est également loin d'une société
matriarcale de "pouvoir" féminin ou féministe.
C'est une société régulée
par la variabilité de la femme, qui est une loi
pour la délicatesse lumineuse réciproque.
Les différences : la
rectification permanente
Face à ces tendances sociales qui oublient le féminin
et l'humilient, le judaïsme nous rappelle toujours
que l'union initiale qui existait chez Adam harichone
a du être rectifiée pour être féconde
et bonheur commun (passer de dos à dos au face
à face) mais il ne faut pas confondre la position
de fécondation dans l'amour et une hiérarchie
sociale de subordination. La relation effective est celle
de l'amour et l'union doit se faire au même niveau,
comme l'enseigne autant ce qui est dit du Adamharichone,
que le niveau horizontal et égalitaire dans la
rencontre des chérubins dans le Saint des Saints,
que l'élévation simultanée des séfirotes.
Que l'on se reporte à ces enseignements plus complexes.
Tout raccourci de pensée qui essaierait de se justifier
du judaïsme pour humilier la femme repose avec certitude
sur une ignorance brute de la tradition.
Sens des situations (temporaires)
de privations
Ce scénario n'est
pas un conte idyllique. Il suppose un travail en commun
dans le couple. Faire nidda très bien n'est pas
si simple et demande un contrôle important et continu
des délicatesses réciproques.
Bien plus, les phases de
séparation que nidda symbolise ont une réalité
bien plus concrète quand il y a des séparations
pour maladie, distance, veuvage, non-rencontre de l'autre
pour divers motifs.
Tout ce qui a été
dit ci-dessus est dit a fortiori de ces situations.
Elles seules, plus encore,
font comprendre véritablement ces dynamiques écrites
dans le Tanakh, les phases de désir, de silence,
de nuit, d'obscurité, de ce qu'est la Chékhina
en exil et que l'on appelle à l'entrée de
chaque Chabbate. Comme dit David dans le psaume 119, 71
:
tov-li ki ounéti, lémaâne élmad
'houqékha
"c'est un avantage pour moi que d'avoir connu la misère,
pour mieux apprendre tes secrets".
Ces situations ont un rôle
pédagogique et de révélation bien
plus grand de tout ce que nous avons décrit. En
effet, parfois la lumière est ténèbres
car elle camoufle, comme la lumière du soleil nous
camoufle, pendant le jour, la splendeur de toutes les
étoiles et la profondeur de cet immense univers.
Parfois les ténèbres
sont un lieu d'expérience immense ; qui s'habitue
au noir commence à y voir clair comme les bnéï
Yisraël pendant la plaie des ténèbres
en Egypte ; et ils virent alors beaucoup de trésors.
L'obscurité fait découvrir très lentement
la confiance, la fidélité, la tendresse
gratuite, l'amour incessant, l'écoute, l'appel
; elle fait comprendre la souffrance des autres, celle
du Créateur envers Sa créature distraite
pendant tout le temps de l'exil, l'humiliation et la souffrance
d'Israël.
L'obscurité fait
entendre les frémissements qui précèdent
l'aurore, elle enseigne le langage de l'invisible. Ce
sont des dimensions de l'expérience humaine, de
la vie de couple, de l'histoire.
De nombreux passages de
la Torah s'éclairent alors qui n'auraient pas pu
être compris sans cette expérience : ce sont
les versets qui parlent de la souffrance, l'abandon, la
dépression, les larmes, la nuit, les supplications
et débouchent quand même dans la confiance
et la louange, dans la découverte de la soumission
à la volonté du Créateur, la yira
"crainte" d'amour, notion si peu spontanée aujourd'hui,
l'humilité et la modestie réelles, le respect
de la distance, enfin la compréhension de ce qu'est
un couple essentiel : "il y eut un soir (d'obscurité),
il y eut un matin (de lumière), jour un".
De même que le psychologue
découvre souvent chez l'enfant à problèmes
qu'il est, au contraire, le foyer d'une maturation plus
riche et plus compliquée qu'il faut comprendre,
ainsi ces situations temporaires de manque enseignent
plus car elles révèlent la véritable
enjeu en cours : "ma vigne est devant moi, Carmi chéli
léfanaï". Mais le but du Cantique est cependant
l'union effective et les psaumes se terminent par un immense
hallélouya et par le si beau dernier verset (psaume
150, 6).
Il reste que l'obscurité
et la lumière sont un couple aussi indissociable
que deux amants unis, que Haqqaddoche baroukh Hou et Israël
ou sa création. Celui qui a traversé les
ténèbres aura abandonné dans le couple
l'insolence, l'exigence, la parade et la vulgarité
qu'il pouvait encore porter, il situera la véritable
valeur de quelques moments rares de sentiments car il
aura expérimenté l'intériorité
la plus profonde de cette valeur, à travers le
manque.
L'orphelin, le malade, la
veuve, le guér ou converti, connaissent cet état,
les psaumes nous y indiquent la sollicitude présente
de Hachém en ces heures. C'est tout le psaume 146.
Le lire absolument.
Que ceux qui vivent en couple
concret aient aussi cette délicatesse de découvrir
en ce sens la "vie de couple" effective, particulière
en ce sens, et intense de ces personnes, et de les respecter
comme telles. Cela n'est pas évident, au point
que Hachém ait besoin de s'engager explicitement
à les protéger.
Cette situation est résumée
dans ce qu'exprime le concept continu (et donc essentiel)
de "femme stérile", âqara. Relire les chapitres
54 d'Isaïe et suivants. Et le début du Livre
de Samuel. Elqana y dit à sa femme en manque :
ne suis-je pas pour toi plus que dix enfants ? (verset
1, 8).
C'est de cela, précisément,
que naîtra le prophète Chmouél, Samuel.
Dans le projet de re-création
qu'est le livre de Chémote et son dénouement
à Pessa'h,
c'est cette dynamique du couple qui est posée comme
condition de réussite de toute l'humanité,
comme au début de la Création mais, cette
fois, en réussite car Hachém nous y enseigne
la pédagogie de cette relation.
Israël, femme dans le
couple du monde
Hélas, l'avilissement de la femme est encore
l'état général de l'humanité
; l'état effectif de nombreux couples est celui
du manque d'attention à la parole de la femme qui
n'a pas encore place véritable au long des mois
et des années ni au long de la manifestation sociale.
La violence familiale est une réalité fréquente.
On comprend que l'homme
masculin reste sur la scène professionnelle et
sociale ce qu'il est précisément dans la
vie de couple : un facteur de discrimination, de violence,
de guerres, d'exploitation politique, de violence criminelle,
de violence familiale, de vulgarité, d'exploitation
sexuelle autant de la femme que des enfants.
Le manque de solidarité
entre les couches de populations et entre les différents
peuples qui caractérise la vie sociale, nationale
et internationale, l'utilisation éhontée
des religions comme simple instrument supplémentaire
de domination, l'affirmation sans scrupule comme norme
évidente de la "réussite" sociale au niveau
de l'argent et de l'individualisme et non pas de la réussite
de soi dans la relation, tout cela repose sur une déficience
de la qualité de la relation homme-femme ; cela
handicape tout le processus de développement créatif
de l'ensemble de l'humanité (que le judaïsme
définit comme étant "une création").
Voilà ce que nous enseigne cette première
phase sine qua non de la libération d'Egypte exprimée
dans ce symbole du renouveau du mois.
Et dans notre peuple ?
Le peuple juif dans le monde et sur sa terre est le
laboratoire où ces phénomènes s'exacerbent.
Il ne faut pas s'y étonner que, parfois, s'y manifestent
des dérapages brutaux et particulièrement
choquants car nous y sommes au cur du cyclone.
Ces avatars se produisent
aussi pour le motif qu'Israël et son peuple sont
encore en état de déficience : tout Israël
n'est pas sur sa terre de sainteté -ni en nombre
ni en qualité- et, dans la mesure où il
y est partiellement, le Temple et le Sanhédrine
comme lieux de régulation, de formation, de correction,
de prière, d'union, d'étude, d'orientation
n'existent pas encore ; c'est ce que l'on appelle l'état
d'exil, de galoute externe et interne, et donc Israël
peut être vu comme ne laissant pas transparaître
sa lumière, de même que la lune peut être
voilée.
L'indulgence nécessaire
vient aussi de ce que Israël, et nous avons la mémoire
de l'histoire, passera par des phases de grande diffusion
de sa lumière -comme la lune sur sa trajectoire-
puis par des phases de rétraction et de diminution
de la lumière, et de nouvelles phases de luminescence,
et cette instabilité rend encore plus dure à
chaque fois la critique des nations, de par les espérances
déçues.
Et Israël, meurtrie
par tant de siècles de persécutions, ne
peut pas retrouver subitement toutes les beautés
et les gloires de son identité.
Et pourtant, qui est attentif
à la qualité des femmes juives, aujourd'hui
comme à la sortie d'Egypte, s'unit à la
louange du peuple envers elles et envers la Torah, simultanément,
chaque Chabbate par le chant de Echéte 'Haïl.
Comme le dit le prophète
Jérémie, c'est le sot qui ne regarde pas
le Créateur et l'uvre de D.ieu dans l'histoire
et dans sa vie personnelle et, ne Le voyant pas, il L'accuse
des malheurs de l'existence. Alors que le Créateur
dit : "viens !"
Exercices d'intériorisation
1. Lire l'étude et
les références et échanger ensuite
ensemble dans le couple.
2. Chercher ensemble dans
le couple, comment être ce point de réflexion
proche pour l'autre. Où en est-on ? Comment chacun
le comprend-il ? Quelles sont ses aspirations ? Comment
se développer ensemble dans cette pratique proposée
par la tradition ?
3. Chaque mois, le Juif peut
renouveler cette conscience face à la lune renaissante
et entrer ainsi en stage de formation à cette écoute
; examiner et éliminer les imperfections qui subsistent
inévitablement encore dans notre relation à
la femme ou à l'homme, qui que nous soyons ; développer
de nouvelles relations conformes au projet du Créateur
en ce domaine et à Sa demande explicite qu'il y
fait au peuple juif par les paroles explicites de Sa Torah.
Comment y dire : "hayom, aujourd'hui" et y redécouvrir
la beauté de la lune-femme et la bénir,
faire sa louange comme il est prescrit (lire pour cela
l'article
Roche 'Hoddéche dans la rubrique Fêtes).
Observer la lune en début
du mois. Ouvrir l'image de la lune sur le site.
4. Chaque Chabbate, comment
vivre mieux la plénitude de cette rencontre du
couple.
5. Chaque Pessa'h, comment
réaccomplir individuellement, familialement et
collectivement l'ensemble de ce processus historique où
Hachém délivre la femme-Israël.
6. Penser à éduquer
les enfants sur ces points.
Quel poème ?
Il m'est impossible de mettre un poème sur cette
étude autre que les textes cités qui sont
de véritables poèmes ; en effet, si ma résonance
est en jeu comme mon étude et le site en témoignent,
chaque lecteur est lui-même, au même titre
poème à développer dans notre même
symphonie commune. Je n'en mets donc pas.
Important, voir :
- mitsva,
mitsvote, taryag
- molad,
cycle, nidda (et y apprendre les différents termes).
Dans la communauté,
on peut demander des précisions sur la pratique
à des femmes instruites, ou au rabbin sur ces questions.
Lecture :
Se reporter aux références inscrites dans
ce commentaire.
Lire l'article Roche
'Hoddéche dans les Fêtes.
Vocabulaire du rythme
du temps
mois 'hoddéche
premier, richone
année, chana.
saison, ona
jour, yom
heure, chaâ
semaine, chavouâ
lune, yaréa'h ou lévana
soleil, chéméche
vie, 'hayim
mort, mavéte
parents, horim
père, aba
mère, ima
grand-père, saba
grand'mère, savta
fils, bén
fille, bate
enfance, yaldoute
enfant, yéléd
orphelin, yatom
mariage, nissouyim
malade, 'holé
veuf, almane ; veuve, almana.
femme stérile", âqara.
En remerciement envers le
prophète Yirméyahou pour l'éclairage
qu'il nous communique sur la paracha, voici un authentique
sceau de l'époque du prophète, représentant
une biche (Israël) qui broute et il est écrit
en écriture hébraïque ancienne, avant
que l'écriture assyrienne fut choisie par les Sages
pour l'hébreu, "lirmiéyahou, à Yirméyahou".
On distingue très bien, de droite à gauche,
les lettres lamed, youd, reich, mem, youd, hé,
vav. Que son souvenir soit bénédiction pour
tout Israël !
CHOISIR DE NE PAS VIVRE LES TENEBRES
De nombreuses autres dimensions sont présentes
dans cette paracha qui comporte les épisodes des
plaies pour contraindre le Pharaon à laisser sortir
d'Egypte les Hébreux. Puis les prescriptions concernant
Pessa'h.
Mettons-nous en garde contre
une lecture historique simpliste: la paracha parlerait
de ces épisodes, point final. C'est le pchate,
effectivement, mais ce pchate a pour but de nous donner
un enseignement aujourd'hui, il n'est pas pour nous communiquer
une chronologie d'hier. Les actes de nos Pères
qui nous sont rapportés sont un symbole qui nous
enseigne pour nous aujourd'hui: mâssé avote
simane la banim.
Et nous voyons combien ces épisodes sont directs
envers nous. Ils ne parlent nullement de la sortie seulement
mais de la sortie pour se rendre dans le désert,
pour y entendre la parole de la Torah et pour aller jusqu'à
la terre d'Israël la vivre. Qui supprime l'un des
points de cette suite falsifie la Torah et falsifie le
texte de la paracha précédente, Bo, et de
notre paracha Vaéra. Car cela y est explicite.
Ce projet concernait toute la Création et Moché
aurait dû parvenir à contraindre le Pharaon
représentant la création de l'y accompagner;
ce projet a échoué et les Hébreux
ont dû partir seuls et il n'y a eu que ce peuple
juif et ceux qui les rejoignent, les convertis, qui ont
accompli ce parcours pour le bien de l'humanité.
Mais, cela est plus triste encore: beaucoup d'Hébreux
n'ont pas voulu sortir d'Egypte, n'ont pas voulu affronter
l'épreuve du désert, ni les longues étapes
vers la terre promise. Ils ont choisi de ne pas accomplir
ce voyage et ils sont morts lors de la plaie des ténèbres.
Il faut oser voir l'enseignement. Quel est-il?
Ils ont préféré rester dans la gloire
de la plus belle des civilisations (l'Egypte), où
ils étaient aussi bien considérés
(Chémote 11,3: Hachém donna la faveur du
peuple aux yeux des Egyptiens, l'homme Moché aussi
était très grand dans le pays d'Egypte aux
yeux des serviteurs de Pharaon et aux yeux du peuple").
Il ne faut pas falsifier la Torah et ne voir que l'esclavage,
il y avait aussi cette place importante. Comme aujourd'hui
beaucoup de Juifs sont très bien placés
et très bien considérés par les pouvoirs
occidentaux et par ces peuples.
Et, justement pour tout cela, la majorité du peuple
hébreu n'a pas voulu quitter l'Egypte, ils sont
restés avec Pharaon qui, lui aussi, a refusé
la proposition qui lui était faite d'aller dans
le sens de Hachém.
Il faut oser regarder l'enseignement qui nous est donné
sur la plaie de 'hochékh, les ténèbres
(Chémote 10, 21).

Voici la phrase de la Torah:
"Vayomér Hachém
el-Moché : nété yadékha âl-hachamayim
vihi 'hochékh âl-érets Mitsrayim,
véyaméch 'hochékh.
Et il dit Hachém vers Moché: étends
ta main sur le ciel, et il y aura des ténèbres
sur la terre d'Egypte, on touchera les ténèbres."
Réalisons bien que nous sommes dans la lumière
de la civilisation et, non dans son apparence mais face
à la Torah et en comparaison de ce qu'est la Torah
pour le peuple juif, cela est ténèbres.
Mais, quand les Juifs font le choix clair (c'est le cas
de le dire) et préfèrent rester dans la
Torah de Mitsrayim (toute autre civilisation dont nous
reconnaissons la véritable lumière et valeur
mais qui n'est aps celle de la Torah, alors on "touche
les ténèbres". Et Rachi rapporte les
enseignements: ceux qui ne voulurent pas partir moururent
dans ces ténèbres, pendant ces trois jours
de ténèbres. Ils furent "morts"
par rapport à leur propre vie. Cela est dur à
entendre mais c'est la Torah qui nous aide pour nous inciter
à réaliser les choix de VIE. "J'ai
placé devant toi la vie et la mort, choisis la
vie", dit la Torah. Redoutable incitation au choix:
Hachém a mis aussi la mort et nous a laissé
la choisir. Si nous ne voulons pas de l'unique choix qui
est Sa vie. Que cela nous plaise ou non, c'est la Torah.
Comment ne pas entendre ces "éclairages"
(!) de la Torah en ces jours où les Juifs d'Europe
et des USA se sont dépensés pour "faire
sortir les Juifs d'URSS" et sont restés tranquillement
chez eux, sans pudeur, ils n'ont jamais organisé
une campagne pour "faire sortir les Juifs de France
ou des USA". Comment ne pas entendre ces "éclairages"
(!) de la Torah quand un sondage vient de révéler
que la majorité des Juifs de France pensent quitter
ce pays dans les quelques années à venir,
mais qu'une infime minorité pense aller vers la
terre que la Torah leur indique, Israël et pensent
prendre une autre direction.
Il faut être sincère et mettre notre sincérité
face aux mots de la Torah que l'on enseigne ou que l'on
prétend transmettre avec nos enfants, si l'on ne
veut pas voir qu'un jour, en toute logique, ils jettent
d'autres parties de la Torah avec celle-là.
Rachi dit clairement:
"Lamma hévi âlékhem 'hochekh.
Pourquoi Hachém leur a t'il infligé la plaie
de 'hochékh, des ténèbres?
Ché hayou véIsrael béoto haddor réchaïm
vélo hayou rotsim latset
Parce qu'Israël contenait en son sein des impies
qui ne voulaient pas sortir (d'Egypte)
oumetou bichlochét yémé afala
et qui sont morts pendant les trois jours de ténèbres".
Et il continue: "Il ne fallait pas que les Egyptiens
puissent assister à leur ruine et disent: eux aussi
ont été frappés comme nous".
Ce n'est pas moi qui emploie ces mots extrêmes,
c'est Rachi!
Cet enseignement de nos Sages est donc terrible. Il montre
la délicatesse mais ne cache rien de la vérité.
On ne peut pas tricher.
Et si l'on veut, dans une dernière pirouette lamentable
d'impuissance, nous dire: "mais cela ne peut pas
être ainsi puisque Rachi et tant d'autres pendant
tant de siècles ne sont pas sortis", la réponse
franche est claire: le texte parle d'une période
où la possibilité de sortir est possible",
ce qui est le cas aujourd'hui.
Je ne suis payé par personne pour dire cela, mais
je dois de dire le texte de la Torah. A chacun de réfléchir,
personne ne juge autrui, chacun est face à la Torah.
.
J'apporterai un témoignage, indiscutable, celui
de notre maître, le Rav Chalom Messas, zatsal, dans
son introduction à son livre de halakha Chéméche
ou Maguén (tome 3). Il dit ceci que vous pouvez
contrôler par le texte ci-dessous: "j'ai vécu
comme Grand rabbin du Maroc, estimé et aimé,
j'y ai écrit 5 livres de Torah, mais maintenant
je suis Grand rabbin de Jérusalem et j'ai gardé
toute l'estime et toute l'affection, mais maintenant ma
Torah est la Torah de la terre d'Israël".
Ce n'est pas seulement un témoignage sur la vie
personnelle, c'est un enseignement direct sur tout ce
que la Torah a dit de cette question ci-dessus. Et cet
enseignement vous est partagé en direct.
Lisez les derniers mots: "vézakhiti lé'habber
séfarim chéhém torate haarets,
et j'ai bénéficié du mérite
de rédiger des livres qui sont la Torah de la terre
(d'Israël)".
Un aveu immense dont il faut soupeser toute la valeur.
Ne dites jamais que ce sont des mots faciles. D'abord,
c'est très difficile de le dire parce que c'est
délicat, face à la complexité de
chaque vie dont seul le Créateur connait les tenants
et les aboutissants.
Mais je reconnais que c'est aussi difficile de le réaliser,
et jamais je ne dirai le prix que j'ai dû payer
sur tant de plans pour vivre cela. J'en suis heureux mais
je peux dire que je l'ai payé de la chair de ma
chair de ma chair sur de nombreux niveaux. Je ne décrirai
pas.
Mais j'estime donc que j'ai le droit de parler, et je
ne le fais que pour rapporter ces mots difficiles de la
Torah de vie qui nous CONTRAINT à des choix. Le
nom du site est Modia, faire savoir, transmettre. C'est
tout.
Lire ici la
page sur la alyah et sur ce
qu'est la terre d'Israël (liens) et les
photos de la terre d'Israël.
|