8e Paracha : Vayichla'h - " Et
il envoya"
Béréchite (La
Genèse) 32,4 - 36, 43
Combattre et rêver pour accéder
au niveau merveilleux d'être "Israël"
Le sens des mitsvotes et de la cachroute
|
Très important.
A propos du guid hannaché :
Découvrir le sens
de la cachroute
et
la pratique de manger cacher.
Tout pour, enfin, comprendre la cachroute:
1. Les fausses justifications
2. Le véritable motif
3. Ce que comprend la cachroute.
4. Le vocabulaire et les pratiques
5. Références
6. Liens
|
Ecrire
ce commentaire présente une grande difficulté:
la Torah nous y découvre avec une telle clarté
la beauté de "être Israël"
et les difficultés qu'on lui objecte
qu'il semble indécent de le dire.
Pourtant il le faut. Alors, voici.
1e niveau
Il s'adresse à tous et spécialement
aux débutants qui cherchent une synthèse
simple et authentique.
Nous revenons à la démarche
habituelle en 3 points que le Chla
suit dans Chné Lou'hote habbérite,
son commentaire de la Torah :
- commencer par l'étude de la
mitsva présente dans la paracha car elle lui
donne tout le sens,
- aller jusqu'à l'intériorité
de cette mitsva,
- en comprendre les implications concrètes
(halakha).
Nous n'avons pas pu le faire dans les parachiyotes précédentes,
simplement parce qu'il n'y avait pas de mitsva définie
: nous arrivons seulement ici à la 3e mitsva sur
les 613 de toute la Torah.
Thèmes de la paracha
• l'approche de Yaâqov vers son frère
Esav (Esaü) : son angoisse, sa prière, la
tactique adoptée, le scénario de l'approche,
l'attente.
• au moment où il est seul dans l'angoisse, un
homme l'attaque, le blesse au nerf sciatique, lui luxe
la hanche. A l'aurore, le combat dure encore, l'homme
demande à partir, Yaâqov lui arrache une
bénédiction, l'ange lui révèle
qu'il a mérité de s'appeler désormais
"Yisraël".
• la mitsva de ne pas manger du nerf sciatique, le
"guid hannaché" (verset 32, 33).
• la rencontre avec Esav, la séparation.
• L'arrivée à Chekhém où le
fils du gouverneur viole Dina, la fille de Léa
et Yaâqov. La vengeance collective de ses frères
Chimeône et Lévi. La désapprobation
de Yaâqov pour cet acte de rétorsion.
• La confirmation, à Béit-El, par Eloqim
du nom de Yisraël, du don du pays à Yisraël
et à sa descendance.
• L'arrivée à Efrate et la
mort de Ra'hél lors de la naissance de Binyamine.
• la liste des descendants de Yaâqov, puis la longue
liste des descendants de Esav.
Chacun de ces thèmes demanderait un approfondissement
considérable.
(Lire la paracha, pour bien repérer
ces séquences, afin de bien saisir les commentaires
suivants).
La première phase de l'étude
Nous savons que l'étude de la Torah commence par
la nécessité de se poser des questions,
afin de casser notre cécité et de pouvoir
recevoir les messages de la parole de D.ieu transmis par
la tradition..
Cherchez les questions que vous pose la paracha, par exemple
:
- pourquoi un tel tsaddiq est-il ainsi menacé,
- pourquoi s'incline-t-il devant celui qui mène
sa vie avec malice ?
- pourquoi le nomme-t'il adoni, mon seigneur ?
- pourquoi Yaâqov a-t-il été attaqué
au nerf sciatique ?
- quelle est la signification de cet organe ?
- quelle est la signification de l'interdiction de manger
du nerf sciatique qui en découle ?
Essayez de réfléchir à ces significations
éventuelles avant que nous allions écouter
ce que va nous en dire la tradition. Ce ne sera pas pour
privilégier notre point de vue sur celui de la
parole transmise, mais pour nous mettre en état
de vigilance optimale. C'est la
méthode du Rav Qanepanetone, intitulée le
îyoune sépharade.
L'enseignement de Rabbénou Yosséf
Qaro
Arrivons maintenant à l'éclairage des Sages
; Rabbénou
Yosséf Qaro, dans Méguide yécharim,
dit que lorsque quelqu'un vit dans la qédoucha
(comme Yaâqov) et que viennent contre lui les attaques
de la part négative du monde ou des gens, alors
ce tsaddiq a une réponse particulière,
d'abord il ne réagit pas avec colère. En
effet, celui qui attaque est en correspondance directe
avec le tsaddiq qui peut éventuellement,
par sa réponse de calme, manifester la force souveraine
de la qédoucha et contraindre ainsi le mal
à s'incliner ensuite après un tiqqoune
(réparation).
La qédoucha est la présence
sainte, divine, pure, nommée aussi Chékhina
(voyez Rachi sur Isaïe 5, 7).
Le tsaddiq entre ainsi dans le combat avec l'autre
mais il ne joue pas des mêmes armes, il ne quitte
pas la qédoucha et celle-ci est plus forte
que le mal. Esav ne pourra pas gagner jusqu'au bout.
Celui qui ne joue pas de cette arme du calme et tombe
dans la colère perd toute l'efficacité de
la qédoucha et entraine son échec
dans le monde. Aussi nos Sages disent que la colère
est pis que la âvoda zara, l'idôlatrie.
Et la victoire sur autrui ou sur les forces négatives
ne peuvent commencer que par la victoire sur soi-même.
Le travail de perfectionnement du monde n'est pas un travail
de croisade criminelle contre autrui ni une opération
de persuasion missionnaire, comme cela a été
fait par d'autres religions. Ce n'est même pas un
combat de chefs qui rivalisent en qualité personnelle.
C'est un travail de maintenance dans la qédoucha
; et cette position enlève au mal toute puissance,
ipso facto. Mais elle n'enlève pas la peur, et
tout cela la paracha nous l'enseigne.
L'enseignement
de Rabbénou Bé'hayé
1.
Rabbénou Bé'hayé nous donne comme
premier enseignement que le tsaddiq s'effondre
d'abord devant le mal. C'est audacieux et éclairant
d'oser dire ces choses. Il y a beaucoup de sagesse à
retirer de ce constat dans la vie des plus grands.
2. Mais le second enseignement est que le tsaddiq
ne reste pas effondré. Rabbénou Bé'hayé
prend de multiples textes de la tradition (en particulier,
Proverbes 25, 26) qui montrent que le tsaddiq n'est
pas seulement un fleuve de vie, mais il est la source
(maâyane) ; on peut encore vouloir agir contre
le fleuve, ou contre la source et vouloir la boucher,
mais on ne peut pas détruire le lien de la source
à son origine (D.ieu qui est nommé l'oeil
de la source, le âyine) ; et la profusion
qui se trouve à l'origine de la source est sans
limite. La source de vie est inattaquable. Lisez ici Jérémie
17, 13 et les Psaumes 36, 10. Qui perd la Torah perd la
source de toute vie et tout ce qu'il entreprendra en croyant
gagner par cette trahison ne portera aucun fruit à
long terme.
La qualité (midda) d'adhésion
(dévéqoute) à l'excellence
de la source s'appelle la 'hassidoute, dit-il.
C'est un amour gratuit de ceux qui essaient de rester
intérieurement sans interruption dans la maison
de D.ieu (Psaumes 15, 1-2). Dans cette position intérieure,
le mal n'a aucune prise. C'est pour cela que Yaâqov
peut dire à son frère "garti" ("j'ai
séjourné" chez Lavane). La guématria
de ce mot garti est 613 qui correspond au
nombre total des mitsvotes : ainsi, par cette présence
continue, Yaâqov a séjourné dans
l'intégralité des mitsvotes.
L'enseignement du Chla : l'étude
de la 3e mitsva : le "guid hannaché".
Pour comprendre ces problèmes, il faut, dit le
Chla, expliquer la conception globale des mitsvotes
et leur fonction.
Elles ne sont pas seulement des "obligations",
ni des "actes". Elles sont liées à la nature
de l'homme et à sa constitution.
En effet, l'homme ayant été
créé à l'image et à la ressemblance
du monde d'En-haut, la tradition explique que la constitution
même de l'homme correspond aux mitsvotes qui sont
le lien entre ce monde d'en-haut et ce monde visible.
Il faut d'abord souligner que toutes les
bonnes réalités du monde n'existent qu'insérées
dans un contenant ; comme pour le fruit, le positif, le
bon et le doux sont toujours insérés dans
la partie la plus dure.
Concernant cette image, il est dit que
les dynamiques "positives" correspondent aux mitsvotes
ou commandements positifs (comportant l'expression : tu
feras), et les dynamiques de contenant ou de rigueur et
dureté correspondent aux mitsvotes ou commandements
négatifs (comportant l'expression : tu ne feras
pas). Les deux sont toujours indissociables.
Ainsi, il y a dans la Torah
• 248 commandements positifs (comportant
l'expression : tu feras, taâssé),
ce qui correspond aux nombres des organes du corps, et
de son image idéale dans le monde de la Création
en haut, selon la représentation juive. C'est notre
lien à la chékhina, la Présence
divine.
• 365 commandements négatifs (comportant
l'expression : tu ne feras pas, al taâssé),
ce qui correspond aux jours de l'année. Ces interdits
correspondent chacun à un jour de l'année
et à une des zones du corps plus dures dont font
parties les tendons.
Le nerf sciatique est le point le plus
sensible de tout cet ensemble, le plus vulnérable,
et il correspond au jour le plus sensible des 365 jours
de l'année, celui de ticheâ bé
av, le 9
av, jour des plus grandes catastrophes.
C'est le jour où on bénéficie
le moins de la protection, où les forces de rigueur
sont le moins tempérées par les forces de
douceur et de miséricorde (ra'hamim).
En aucun autre jour, Israël ne peut
être vaincu et anéanti si ce n'est ce jour-là.
Reportez-vous à l'article traitant de ce jour.
Celui qui mange du nerf sciatique, ou celui
qui mange le jour du 9 av, se relient également
à toutes les forces négatives contre Israël,
comme il est dit dans le psaume 12, 9 : saviv réchaîm
yithalékhoune, "les méchants sont tout
autour".
Il se branche sur les forces négatives
(qui existent toujours mais restent à la périphérie)
et il les fait entrer en lui, comme si on les mange.
De plus, le nerf sciatique n'est pas seulement
vulnérable, il est proche des zones sexuelles ;
mettre en jeu ces dynamiques, cela veut dire "donner de
la force et du dynamisme aux forces susceptibles de détruire
la centrale même de la vie" ; voilà pourquoi
les comportement si négatifs dans le peuple juif
ont abouti à la destruction totale et répétée
du Temple ce jour du 9 av.
Cette mitsva interdit concrètement d'agir mal
pour détruire le point le plus important et le
plus vulnérable de l'être d'Israël.
Elle doit nous apprendre comment réagir face à
ceux qui vont en cette direction. Les Juifs qui, hélas,
coopèrent parfois avec les ennemis d'Israël
en diffusant du mal contre Israël agissent en ce
point.
On le voit, les mitsvotes ne sont pas
simplement des actes prescrits, ce sont des actes à
étudier, à comprendre dans tous leurs niveaux.
Ce qui importe, n'est pas de discuter de
ce dispositif théorique de représentation
mais, à travers lui, de bien comprendre l'enseignement
qu'il nous transmet pour en vivre dans chaque comportement
quotidien, dans chaque relation, dans chaque action, dans
chaque pensée et mouvement du coeur.
2e niveau
L'interdiction de manger du guid
hannaché
Tout ce que nous avons dit, nous explique pouquoi Yaâqov
a été attaqué de façon
profonde et totale, dans sa famille et dans son être,
au moment où il était le plus faible
(à l'approche de Esav le menaçant, et pendant
la nuit).
La Torah nous indique que, donc à cause de cela,
les descendants de Yaâqov ne mangent pas du nerf
sciatique. Symboliquement, on peut le comprendre. Mais,
concrètement, d'où vient ce "donc" précis
dans la Torah ? De ceci:
Des règles d'interprétation
de la Torah
Nous allons découvrir une règle de lecture
et d'interprétation de la Torah.
Au verset 32, 33, lo yokhélou véné
yisrael éte-guid hannaché : "ils
ne mangeront pas, les fils d'Israël, du nerf sciatique",
le mot éte est en trop et il est là
pour venir nous dire qu'il faut faire une "extension"
(un ribbouï) du principe nommé dans
la phrase à d'autres cas, ici aux descendants.
Un tel mot vient "lérabbote" (multiplier
le sens et créer des extensions à d'autres
cas).
C'est une règle qui a été
formulée par Nah'oum iche Gamzou (lien
ici) qui a mis en évidence, à partir
de là, deux fonctions opposées dans des
particules du texte de la Torah : la limitation et
l'extension ; chacune se réalise par trois
particules.
Cela est présenté dans le middrache Béréchite
Rabba (1, 14 ; 22, 2 ; 53, 15).
(Voir le chapitre 20 du Lév Gompers).
Rachi
nous apprend à repérer ces particularités
de la Torah dans les versets suivants :
pour l'extension (ribbouï) par
les particules suivantes dans le texte de la Torah:
- - la particule éte que
nous voyons maintenant (voyez le Rachi sur Béréchite
1, 4 ; 4, 1 ; 21, 1).
- - la particule af (aussi) comme
dans Dévarim 33, 28.
- - la particule gam (aussi) comme
dans Béréchite 3, 6 ; 12, 17 ; 15, 14.
pour la limitation (mioute) par
les particules suivantes dans le texte de la Torah:
- - la particule akh (mais) voyez
le Rachi sur Béréchite 7, 23 ou Chémote
31, 13.
- - la particule raq (seulement)
comme dans Béréchite 20, 11 ou 24, 8.
- - la particule mine (depuis)
comme dans Béréchite 41, 2 ou Chémote
18, 13.
Nous le voyons une fois de plus : il
faut tenir compte des particularités de l'hébreu
pour dépister, dans le texte, les poteaux indicateurs
qui montrent où est le sens dans la Torah et pour
l'y comprendre. Cela ne peut pas apparaître dans
les traductions. Seules le revèlent la lecture dans
l'hébreu ou l'étude auprès de quelqu'un
qui a appris la tradition juive.
En raison de cela, j'encourage tous les lecteurs assidus
de ces parachiyotes qui n'auraient pas encore franchis ce
pas, à commencer l'apprentissage de l'hébreu,
et aller participer à un groupe d'étude avec
un rabbin, où l'hébreu sera entendu et lu
et cité. Il ne s'agit pas d'abord de parvenir
à le parler mais, d'abord, à pouvoir le lire
et le comprendre pour se reporter au texte. Voyez la
page d'apprentissage de l'hébreu sur Modia, elle
est adapté à cet effet.
Retour au premier niveau
L'ange du combat et le bon usage des
conflits
Le Talmud (traité 'Houline, page 91) analyse
le combat et le personnage de l'ange qui était
Samael. Certains disent qu'il avait l'apparence d'un non
Juif, d'autres au contraire d'un Sage juif ; cela doit
bien nous faire entendre que la valeur la plus importante
peut être de tous côtés et que l'on
peut faire virer aisément son propre être.
De même, dans la page 94, il est rappelé
que l'on ne doit pas plus tromper les non Juifs que les
Juifs.
Le Chla dit : cela nous fait comprendre que l'ange d'Esav
qui venait attaquer Yaâqov était composé
de tendances négatives et dangereuses pour Yaâqov
; mais, aussi, le contact du combat qui lui a fait
sortir tout le mal dont il était capable, lui a
fait atteindre aussi tout le bon qui était en lui.
Nous devons apprendre le bon usage des conflits.
Même chez l'être le plus dangereux comme Samael,
ce génie d'Esav, l'être est ambivalent :
il est composé chez lui sam qui est la drogue
néfaste, mais il y a aussi El (Dieu) dans
son nom. La partie négative peut même se
transformer en drogue de vie, comme l'est la Torah (sam
'hayim), et c'est bien ce mot sam (mettre)
que l'on pose sur le bras en mettant les téfillines
de la prière.
Certes, ce combat fut terrible, il est dit que la poussière
montait jusqu'au trône de Dieu. Il est des combats
aussi durs à l'intérieur de notre être,
entre les êtres qui se cherchent ou se séparent,
ou entre les peuples.
Dans l'exercice du conseil psychologique ou de la psychothérapie
envers des Juifs, il est important que le professionnel
connaisse ces particularités de l'être juif
pour en tenir compte en même temps que de l'analyse
des dynamiques psychologiques. Nous pratiquons en
ce sens et formons les étudiants à cette
approche double.
La grandeur de Yaâqov (et du peuple
juif) doit être de savoir lutter avec toute la détermination
nécessaire mais aussi de contraindre l'adversaire,
par notre propre qualité de vie, à devoir
découvrir le meilleur de soi-même...
pour le cas où il y aurait un espoir.
• En aucun cas, il ne s'agit de céder
ni d'aller dans le sens de la demande de l'adversaire
qui veut vous supprimer (cette erreur est analysée
avec précision par la tradition),
• en aucun cas il ne s'agit de détruire
sans discernement (d'où la réprobation de
Yaâqov envers les frères de Dina),
• mais il s'agit de tenir la ligne de
la vérité sans aucune concession
aussi longtemps que la nuit durera, quel que soit le prix
à payer, sachant que D.ieu aide son peuple, sachant
que l'aurore va arriver, sachant que cette fidélité
totale est la seule voie pour que, à un moment
peut-être, l'adversaire trouve le meilleur de soi-même
et aille à son tour vers la bénédiction,
reconnaissant Israël en sa vie, en son être,
en sa Torah, en sa terre. Yaâqov exige de l'adversaire
qu'il reconnaisse tout ce qu'il est et il ne cédera
pas sur ce point. Le Chla montre explicitement que
Rachi met cela en évidence dans son commentaire
du verset 32, 27.
Il y a donc de multiples enseignements dans cette position
rigoureuse et nuancée, toujours morale.
En tout cas, jamais de concession à
la perversion du langage qui demande à Israël
de renoncer à soi-même sous aucune des formes
de son "être" (Torah, peuple, terre) pour
obtenir la paix : Yaâqov "ne cède pas" et
ne lâche pas la prise.
Bien entendu, cela n'est possible que parce que Yaâqov
vit de la Torah, l'étudie, la connaît et
en vit de façon morale.
Aucune génération sur ces presque quatre
millénaires d'existence n'est sortie de cette voie
; seulement, en notre génération, il
y a des confusions et des manques de fidélité
ou des manques de subtilité dans l'analyse (car,
pour la première fois dans l'Histoire, on veut
également décider de ces questions par des
critères autres que ceux de la Torah) :
la proximité de Yaâqov avec
l'adversaire dans ce corps à corps n'est nullement
- une abdication pour aller dans le sens du désir
de l'autre,
- ni une destruction de l'autre,
- ni un compromis.
Yaâqov se conduit avec dérékh érets
(il prie, il envoie des cadeaux, il agit avec moralité,
bienséance, grand savoir faire, courtoisie et psychologie).
Mais il n'est pas dupe quand le baiser est aussi une morsure
comme le montrent les points ajoutés dans le texte
(33, 4 sur les lettres du mot vayichaqéhou).
Ce texte montre que Yaâqov ne falsifie pas les
données de la situation pour s'illusionner en fonction
de son idéal de paix (tranquillité à
court terme).
Qui voudrait tirer des arguments immédiats
de tout cela en faveur de telle ou telle thèse
politique actuelle sur la guerre et la paix échouerait
; il faut étudier davantage, car nous sommes actuellement,
dans ces parachiyotes, seulement dans la découverte
des principes qui sont les bases essentielles, mais
ils ne recouvrent qu'une petite partie de l'enseignement
de la Torah ; l'analyse des dommages causés et
de leur réparation occupe des volumes entiers du
Talmud dans le Traité Nézéqim des
dommages pour comprendre l'enseignement de la Torah et
ses règles d'application.
Qui veut réfléchir ou vivre
avec la Torah est loin du simplisme du choix électoral
entre deux positions qui demandent une adhésion
et un rejet. Le peuple juif a toujours été
le peuple de la réflexion et on veut aujourd'hui
lui faire adopter des choix qui se dispensent de toute
cette prudence et de cet équilibre, que tant de
générations ont gardé au prix de
la misère et de la persécution.
Le Chla nous montre que nous retrouvons
le réalisme de Yaâqov, loin de toute utopie
fusionnelle, exprimé dans ces mots : hatsiléni
na miyad a'hi "sauve-moi de mon frère" (et
non de mon ennemi) ; également, quand il propose
à Esav de faire la paix en organisant un éloignement
de chacun l'un de l'autre pour éviter les frictions
éventuelles.
La fourberie séculaire d'Esav, un enseignement
éclairant.
Hélas, ce que notre tradition appelle les descendants
d'Esav ou d'Edom (les nations de la civilisation romaine)
sont revenues vers Yaâqov et ont voulu à
nouveau lui prendre ses biens divers et se substituer
à lui. Ce problème n'est pas encore réglé.
Les Eglises n'ont pas encore rendu à Israël
les objets, bâtiments, manuscrits volés au
cours des siècles. Le Vatican n'a pas encore établi
ni publié le catalogue de tous ces biens spoliés
qui se trouvent dans ses musées, bibliothèques
et caves. L'action mondiale et morale contre les biens
spoliés va devoir insérer ces points. Cela
est urgent et indispensable pour la morale de l'humanité
et l'arrêt des mensonges collectifs, toujours au
détriment d'Israël.
Ceux qui veulent approfondir le rapport d'Esav avec le
judaïsme au long des siècles et aujourd'hui
peuvent se référer avec grand profit aux
livres du Rav Léon Achkénazi, zal,
qui a traité longuement de ce thème avec
rigueur, connaissance des sources et réflexion
personnelle (lien ici).
Le missionarisme déterminé
mais subtil d'Esav existe encore réellement envers
le peuple juif. Problème qui sera très difficile
à résoudre et ne réside pas dans
les bonnes relations de personnes à personnes (ce
qui va de soi) car les textes fondateurs de ceux qui veulent
se substituer à Israël existent et ne peuvent
pas être modifiés, honnêtement. Il
ne s'agit pas d'une pathologie individuelle des attitudes.
La tradition voit aussi, dans l'expansion
du son él à l'intérieur de
Samael, un tri qui se fait dans l'ambiguïté
de certains êtres et qui viennent ou reviennent
au judaïsme dans les conversions.
Exercice de mémorisation
:
1. Verset 32, 33,
lo yokhélou véné yisrael éte-guid
hannaché :
"ils ne mangeront pas, les fils d'Israël, du nerf
sciatique".
Pouquoi doit-on lire ici véné
et non pas béné, étudiez
cela
sur ce lien.
2.
l'extension (ribbouï) : éte,
af, gam.
la limitation (mioute) : akh, raq,
mine.
3. Retrouver les deux premières
mitsvotes dans les parachiyotes précédentes
: fructifier (lien Béréchite),
la circoncision (lien Lékh
lékha).
Dans le contexte
de la paracha, lire :
1. Poème sur la paracha Vayichla'h
: Combat
de Job.
2. La prière
au réveil (sortir de la nuit et affronter
l'aurore).
Relisez la paracha après cette
étude et répondez alors à ces quelques
questions pour vérifier votre connaissance de la
paracha :
- quel terme est donné pour les
envoyés de Yaâqov à Esav ?
- selon Rachi, quelles sont les trois
tactiques de Yaâqov à l'approche de Esav
?
- comment répartit-il alors sa
famille ?
- quel est le nom du fleuve qu'il a franchi
?
- quelle a été la demande
précise de l'ange à Yaâqov ?
- dans quelle direction alla chacun des
deux frères après leur séparation
?
- comme nomme-t-on l'atteinte portée
contre Dina ?
- qu'a fait Yaâqov des statuettes
des dieux étrangers ?
- qu'a fait Yaâqov à la
mort de Ra'hel ? (Voir le lien avec la page de la
tombe de Ra'hel).
-
répartir
les enfants de Yaâqov selon les noms des mères
Une étude dans le Talmud
: l'importance du nom "Israël". A méditer.
Etudions ce thème là où
il apparaît au long des pages du Talmud, en suivant
l'ordre
des livres et non pas en un seul endroit. Nous comprendrons
alors pourquoi c'est ce nom et non pas un autre qui a
été donné à Yaâcov et
à ses descendants pour les définir.
Le Talmud comprend une part importante de débats
logiques. Le site permet de comprendre
la structure de ces débats (lien ici).
mais la
Torah orale du Talmud est un ensemble complexe (lien ici)
qui comprend aussi de nombreuses pages qui sont proches
du
Middrache (lien ici). C'est cette dimension méditative
que nous allons découvrir.
Traité Bérakhote
Page 4a. Pourquoi n'y-a-t'il pas de verset avec la lettre
noune dans le cantique "Achré, Heureux...(
psaume 145)" ? Pour montrer la chute (néfila)
des ennemis d'Israël et qu'elle ne tombera plus la
vierge d'Israël.
Page 6a. Hachém donne la force à
Son peuple (Psaume 29, 11) ce qui pour Israël est
symbolisé par les téfilines... Hachém
a dit à Israël : vous M'avez préféré
à tout ce monde et Moi je vous ai distingués
entre tous les peuples de la terre. Votre profession de
foi est formulée en ce verset du Chémâ:
Ecoute, Israël, Hachém est notre
D., Hachém est Un (Dévarim 6, 4).
Page 7a. D. disait à Israël : voyez quelle
bonté J'ai eu pour vous au temps de Bilâm
l'impie car si J'avais été irrité
comme il se devait il ne serait pas resté un seul
survivant d'Israël.
Page 32a. Je ne t'ai rien donné, dit D. à
Moché, qui ne soit pour Israël.
Page 35b. La jouissance d'un objet pris ici-bas sans bénédiction
équivaut à un vol fait envers D. et envers
Israël.
Page 35b. Dans le verset : "Ecoute, mon fils la morale
de ton Père, et ne néglige pas les
recommandations exigeantes de ta mère" (Proverbes
1, 8), la mère est la communauté d'Israël.
Page 35b. Lorsqu'Israël accomplit les volontés
de Hachém, sa moisson est productive ; au
cas contraire, elle ne réussit pas.
Page 53b. De même que la colombe (yona) n'a
de salut que dans ses ailes, Israël n'est sauvé
que par les mitsvotes.
Page 58a. Celui qui voit les multitudes diverses d'Israël
dit à D. la bénédiction : " Béni
est le Sage des secrets" car ils ont autant d'idées
différentes qu'ils diffèrent par le visage...
A la vue des Sages d'Israël, on dit : Sois loué
qui a donné une part de Sa sagesse à ceux
qui le craignent.
Traité Chabbate
Page 22b. La Chékhina réside sur
Israël.
Page 67a. Tous les membres du peuple d'Israël sont
des fils de rois.
Page 86a. Les membres du peuples d'Israël sont des
qédochim, saints.
Page 97a. Ils sont des croyants, fils de croyants.
Page 156a. Le sort des astres n'a pas d'influence sur
Israël.
Traité Erouvine
Page 53b. Ils sont tous de grands Sages.
Traité Pessa'him
Page 66a. S'ils ne sont pas des prophètes, ils
sont cependant fils de prophètes.
Page 85b. Même une séparation de métal
ne pourrait pas séparer les membres du peuple d'Israël
de leur Père qui est dans les cieux.
Traité Yoma
Page 69b. S'ils n'avaient pas leur crainte du Ciel, jamais
Israël n'aurait réussi à subsister
au milieu des 70 peuples.
etc. La liste serait sans fin mais combien
instructive. Le Zohar est un hymne constant à la
grandeur et à la beauté prévilégiée
d'IsraËl: lieu voulu par le Créateur pour
y révéler la Torah à l'ensemble du
monde, description de l'immensité inimaginable
de l'amour du Créateur pour Israël. Si les
membres du peuple en étaient conscients, la Torah
ne serait plus des mots lus et enseignés mais des
révélations bien plus intenses qu'une lettre
de la personne aimée en secret et qui révèle
à son tour son amour. Alors, ce que ce fut pour
le Créateur et ce que c'est pour Lui, serait également
ressenti par la créature qui s'envolerait vers
la chambre de la rencontre, du dévoilement au lieu
de ronronner ailleurs quand la porte est ouverte. La galoute
(dispersion des Juifs hors de la terre d'Israël)
ne tient aujourd'hui -je dis bien: aujourd'hui- que par
cette surdité et ce manque de sensibilité
des coeurs. Le Créateur a eu beau créer
l'immensité et la beauté des mondes et des
créatures, l'extraordinaire varité des espèces
et des êtres et des peuples, nous restons quelqu'un
qui reçoit quotidiennement ces cadeaux et reste
insensible. Le Zohar dit que si on devenait conscient,
on hurlerait de joie comme des lionceaux. Et ce serait
une joie d'union à Ha Qadoche Baroukh Hou, la conscience
que la Chékhina est ici intensément.
Il va jusqu'à dire qu'Israël d'en bas est
la Chékhina (I 253b).
Et quand Israël n'est pas "chalem", plein
de cette union, alors il se retrouve déficient
et en galoute, et le nom de D.ieu lui-même n'est
plus chalem, il est incomplet. (ZoharIII 4b).
Le rêve de Jacob est un dévoilement de cela.
Les nations le pressentent: elles sont obsédées
dans le monde entier par ce rôle qui les concerne
tous et le disent: Israël est partout. L'erreur d'Esav
c'est de chercher à supplanter Israël, en
inventant un "nouveau testament", écrit
par les hommes pour tenter de falsifier le premier. Enfantillage
stupide mais qui conduit à tant de cruauté
et de double jeu immoral. Le dialogue d'Esav, dernière
stratégie actuelle, n'est qu'un avatar répétant
ces frustrations et ces cupidités mortelles: aucune
idéologie en cela, rien que la description terrible
de 2000 ans d'histoire payée par le massacre de
millions de Juifs par une civilisation, qui jubile encore
en louant la nouvelle arme inventée pour tenter
de détruire encore Israël: le problème
palestinien et la louange et le financement de ses tueurs.
En ces jours, le Pape a fait la louange du charisme du
premier terroriste, et la France vient d'autoriser la
chaîne de télévision du Hesbollah
déversant l'antisémitisme. Rien ne change.
Rien.
Que l'on ose réfléchir et ne pas nier en
trouvant ces lignes excessives: seul ceux qui oublient
les douleurs subies par les meurtres peuvent penser ainsi.
Et lisons la haftara de la paracha: le livre du prophète
Ôvadia: chaque ligne dit ce que je viens de souligner
en plaçant seulement la loupe sur les faits continus.
Lisez ce livre d'Ôvadia, le plus court de la Bible,
mais si fort.
Dans son commentaire de la paracha, le Rav Messas, zal,
rappelle le verset du psaume 34, 20: "nombreux sont
les tourments du juste (Israël) mais de tous Hachém
le délivre".
Ne craignons pas, n'ayons pas peur d'aimer
et de vivre ce cadeau de l'amour à la taille de
l'univers, ne restons pas planqués de pleurs à
choisir autre chose dans la vie sous le masque des rationalisations.
Hachém le redit sans cesse: si vous m'écoutez,
je repousserais vos ennemis. Et Ôvadia montre le
sort qui sera celui d'Esav car rien ne peut arrêter
le projet d'amour entre le Créateur et Israël
pour le bien du monde entier. Le monde pressent que se
joue là ce qui concerne tous les peuples. Et ce
sont les nations de l'Occident (Esav) qui tentent de mener
cette haine universelle et impuissante. C'est notre lâcheté,
ou notre manque de conscience, qui donnent cette force
meutrière aux ennemis. Par notre acceptation de
l'amour, libérons-les de leur propre haine déguisée
en langage politico-religieux mensonger.
Nous devons entendre cet amour au-delà de tout
amour, source de tout amour; il n'est pas illusoire ni
ludique. Il est porté depuis Avraham. Nos poèmes
(lien
ici) et nos photos (lien
ici) tentent de le dire.
Les
colombes le savent
J'ai vu !
Un fleuve
jaillit
de Jérusalem.
Les colombes le savent,
elles !
Elles vont dire
aux quatre vents du monde :
si seulement
le bonheur
vous venait
de Yérouchalaïm,
les eaux des lèvres
dévaleraient
de rire dans
les coeurs,
des torrents bondiraient
comme les cerfs
dans les regards.
Si seulement...

(Voyez: Photos de l'auteur au Kotel)
C'est le jeu de la joie
qui exulte et on monte vers le ciel et redescend comme
nos prières.Comme dans le rêve de Jacob.
Tout est pur. On s'aime. Les amitiés sont certaines.
Tous les peuples sont une seule créature. Aucune
menace. Tout est clair.
Ne nous étonnons plus que R. Moché
Cordovéro, le maître du Ari, zal,
dans Pardés rimonim, nous explique que
ISRAEL est composé des lettres ISR qui doivent
devenir SIR, chir, chant. Ceux qui sont intéressés
se reporteront au chapitre des Kinouïm.
On arrive au "Chant de EL" qui est le nom de
bonté.
Et, des filles reçoivent ce si beau nom de Chir-EL.
J'ajouterai modestement que le magnifique psaume 128 de
la famille heureuse commence par la syllabe Chir et conclut
par la syllabe El. Et, entre les deux, c'est le paradis...
Ce nom Isra-el, démontre R. Moché Cordovéro
est situé à la fois ici-bas dans le concret
de la réalisation mais aussi au niveau le plus
élevé de l'union entre 'hokhma et bina.
Il nous suffit de comprendre que c'est un beau programme
d'existence.
Souhaitons-nous à chacun ce qui a été
dit à Jacob: "désormais ton nom sera
IsraËl".
Et il est ajouté: "tu es resté fort".
Pour terminer, merci
de lire ce psaume 128 pour plusieurs personnes ayant de
lourdes difficultés familiales et qui affectent
leur santé.
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