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35e Paracha : Nasso
"Fais le relevé"
Bémidbar (Les Nombres) 4, 21 - 7, 89
Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos
Sages
Site Modia : http//:www.modia.org
©
Les textes de Modia sont mis gratuitement à votre disposition par l'auteur,
selon la mitsva obligatoire pour tout Juif qui est d'étudier et d'enseigner
simultanément. Vous pouvez donc imprimer et dupliquer ces textes pour
l'étude personnelle et de groupe, ou pour l'enseignement. Bien entendu,
selon le dine Torah, en ne supprimant pas le nom de l'auteur ni l'adresse
du site. Les sites ne peuvent faire qu'un lien vers ces textes sans
les capter d'aucune manière. Chacun pourra ainsi accomplir la mitsva
: véchinnantam lé vanéikha (et tu l'enseigneras à tes enfants) et l'autre
mitsva : védibbarta bam (et tu leur parleras dans les mots de
la Torah. Dévarim 6, 7).
Voyez les règles du Copyright .
Ne pas oublier que, sur votre version imprimée ou polycopiée, vous perdez
tous les liens qui renvoient aux autres textes de Modia. Or, ils sont
indispensables dans l'étude.
La science du passage à la joie pour le peuple
juif
Plan
Première partie : la structure de la paracha
La géographie urbaine de la sainteté
L'animation de la ville :
La tâche des Lévi
Les Lévi
Les fils de Lévi
Les trois branches
Leur répartition
Le lieu de la scène
Les marches
La date
Les précautions pour assurer la pureté du camp
Le lieu de la bénédiction
La ratification du peuple
Enfin, LA voix
Deuxième partie : le camp de la joie de
sainteté
Méthode de Rabbéinou Bé'hayé
L'état de joie dans la relation au tsadiq 'hakham,
L'éveil à la joie par le Lévi
Les âges du service des Lévi dans le chant.
Références sur
la joie
Audition de la
paracha (askénaze. Ort)
Audition de la
paracha (sépharade. Alliance)
Audition de la
haftara (askénaze. Ort)
LE PSAUME DE LA JOIE
LA JOIE DE JÉRUSALEM (poèmes)
LA JOIE DE JÉRUSALEM (photos)
Cette paracha comprend 176 versets; et 2264 mots; et 8632
lettres. C'est le
record
en nombre de toute la Torah.
Elle enseigne 7 mitsvote positives (faire) et 11 négatives (ne pas faire). Elle
comprend 18
parachotes (parties différentes) ouvertes et 8 fermées (sans espace
libre entre elles).
Première partie : la structure de la paracha
La géographie urbaine de la sainteté
La paracha Bémidbar Sinaï nous a présenté
tout le peuple juif comme étant organisé autour de la sainteté
(qéddoucha) ; le Chla
indique que
- cette paracha était centrée sur l'âme des choses,
la néchama,
- la paracha Nasso est centrée sur le niveau de l'esprit Roua'h
- et la paracha suivante Béhaâlotékha sera centrée
sur l'identité, le Néféche.
Ici, au sein de la sainteté, dans cette réalité
collective, les Lévi forment un cercle entre
le sanctuaire et le camp des benei Israel. Quelle est leur fonction
qui développera le niveau de l'esprit, du Roua'h et comment
?
La tâche des Lévi
La paracha Bémidbar Sinaï se terminait sur le rôle des
Lévi dans le camp et parmi le peuple. Ils appartiennent à
Hachém (vélah'ta éte halléviim li,
"tu m'attribueras les léviim pour moi". Bamidbar 3, 13 et 41) et
servent de rançon pour tous les autres fils d'Israël (qa'h
éte halléviim ta'hate kol békhor bivné yisrael,
"prends les Lévi à la place de tous les premiers-nés
des enfants d'Israël". Bémidbar 3, 45).
Leur tâche est spécifiée famille par famille :
on commence par décrire le rôle des Lévi, fils de Qéhate
qui sont chargés de tout ce qui concerne les étoffes. Puis
les fils d'Aarone enveloppent les ustensiles que les fils de Qéhate
porteront.
La paracha Nasso continue à décrire les tâches
des autres Lévi, les fils de Guérchone qui porteront les
lourdes tentures, et les fils de Mérari qui assumeront la tâche
difficile de porter les piliers, socles, etc. du sanctuaire. Ils "portent",
portent ce qui véhicule la sainteté, ils portent le peuple,
relèveront son moral et le relèveront de ses fautes.
Descendance de Yaâqov
| Ses 4 femmes |
1. Léa |
2. Zilpa |
3. Ra'hel (Rachel) |
4. Bilha |
Leurs enfants,
1 fille et 12 fils |
1. Réouvéne
2. Chimeône
3.LÉVI
4. Yéhouda
5. Yissakhar
6. Zévoulone
la fille Dina |
1. Gad
2. Achér |
1. Yosséf
2. Bineyamine |
1. Dane
2. Néftali |
Les fils de Lévi
(Béréchite 46, 8-11) |
1. Guerchone
2. Kéhate
3. Mérari
et la fille Yokhébéd |
|
|
|
Les Lévi
Ils descendent du 3e fils de Yaâqov et Léa, nommé
Lévi.
Lévi vécut 137 ans (2195-2332). Il avait 34 ans à
la mort de Yits'haq, 60 à la mort de son père Yaâqov,
et 114 à la mort de Yosséf. Il n'a pas connu Moché,
son arrière petit-fils.
Références : Chémote 6, 16-18.
Les fils de Lévi
- Lévi a eu trois fils (lire Bémidbar 3, 13-17...) :
Guérchone, Kéhate et Mérari et une fille Jokhébed
qui épousera Amram, le fils de Kéhate et ceux-ci donneront
naissance à Aarone, Myriam et Moché.
- C'est un petit-fils de Kéhate nommé Qora'h, qui contestera
Moché.
- Les fils de Aharone seront Nadav et Avihou qui mourront en s'approchant
du Sanctuaire, Elâzar et Itamar.
Descendance de Lévi
2e génération
Les enfants de Lévi |
Guerchone |
Yokhébéd |
Kéhate |
Mérari |
3e génération
Les petits-enfants de Lévi |
Enfants de Guerchone :
Livni
Chimé |
|
1. Amram, épouse Yokhébéd
2. cadet, Izar, père de Qora'h le rebelle, son aîné
3. Hévrone
4. Ouziél |
Maali
Mouchi |
| 4e génération |
|
Enfants de Yokhébéd et Amram :
1. Aharone
2. Myriam
3. Moché |
Qora'h |
|
| 5e génération |
|
Enfants de Aharone
Nadav, Avihou, Elâzar (père de Pine'has), Itamar.
Enfants de Tsipora et Moché :
Guérchom
Eliêzér |
|
|
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|
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Les trois branches
Donc les Lévi comprennent tous les descendants de Guérchone,
Kéhate et Mérari. Ils sont 22.000 (lire le Rachi sur Bémidbar
3, 39)
Leur répartition:
- descendants de Guérchone : 7500 (lire Bémidbar 3, 21-23).
- descendants de Kéhate : 8600 (lire Bémidbar 3, 27-29).
- descendants de Mérari : 6200 (lire Bémidbar 3, 33-35).
- 300 premiers nés (lire le Rachi sur Bémidbar 3, 39).
Nous voyons que les Lévi forment un total de 22300. Et, quand
Moshé recence les premiers-nés du peuple, ils sont environ
du même nombre (22273 ; lire Bémidbar 3, 42-43). On comprend
mieux le sens de ce que nous lisons dans Bémidbar 3, 41-43 : ceux
qui rappellent la sainteté sont une minorité dans le peuple,
de même qu'Israël est une minorité dans le monde.
Pour comprendre ce qu'est la position de minorité morale, lire
le chapitre 9 du livre d'Isaïe où le prophète crie son
isolement. Nos plaintes sont dérisoires face à ces problèmes.
Le lieu de la scène
Dans Bamidbar 33, 1-15, nous apprenons que nous en sommes à
la 12e étape depuis la sortie d'Egypte.
Si l'on me demandais pourquoi je donne tous ces détails comme
s'ils étaient très importants, je répondrais que l'on
aime tous les détails de ce qui est vécu par ceux que l'on
aime,
et la tradition nous dit aussi que nous étions tous dans ces
600.000
néfachotes sorties d'Egypte et présentes au
Sinaï. Et Rachi nous dit, surtout : "pourquoi ces déplacements
sont-ils écrits, pour nous faire savoir (Modia,, nom du site) les
bontés de Dieu (lama nikhtevou hammaseôte halelou léhodiâ
'hassadav chél maqom).
Les marches du Juif nomade dans la vie
Première série :
Quiconque peine encore après être sorti d'une catastrophe
ou d'un esclavage, doit se souvenir qu'il y a eu 12 étapes
de progression lente entre l'Egypte et le Sinaï :
Ramsés, Souccote, Etam, Pi-harirote, Mara, Elim, la mer des
joncs, le désert de Sine, Dofka, Aluche, Réfidim, et le désert
du Sinaï qui juste avant la révélation ne semblait encore
n'être que désert. Cela en l'année 2448; depuis la
sortie d'Egypte jusqu'au don de la Torah.
Il faudrait connaître cette liste par coeur pour se redonner
du coeur quand le vide est trop large devant tous les efforts si longs
que chacun doit accomplir en sa vie.
Deuxième série :
Il y aura encore trois étapes à franchir en l'année
2449 jusqu'au retour des explorateurs qui apporteront les preuves que la
bonne terre existe : Kivrote-hattava, Hatsérote, Ritma
Première série :
Il y aura encore 19 étapes entre les années 2449 et 2488
dans le désert, de Rimone Péréz au Mont Hor
après le désert de Kaddéche.
Les 8 dernières étapes, de Zalmona aux steppes de Moav
en l'an 2488 se réaliseront dans la 40e année après
la sortie d'Egypte.
L'ensemble forme 42 étapes.
L'humour de Rachi, ou comment vivre en Juif
Rachi nous démontrera qu'il y a 42 marches jusqu'à l'arrivée
dans la bonne terre après Moav (lire absolument Bémidbar
33, 1-15 et le commentaire de Rachi).
Le voici :
"Lama nikhtevou hammassaôte hallalou Pourquoi ces stations
sont-elles citées ?
Lé hodiâ 'hassadav chél Maqom C'est pour faire
connaître la bonté de D.ieu... (que le lecteur perçoive
que c'est de ce mot et sens Hodiâ que j'ai formé le
nom du site)
Lo tomar ché hayou naîm oumétoultélim mi
massâ lé massâ On ne peut pas dire qu'ils ont erré
en rond et perdus
Ché haré éïne kane élla arbaîm
ou chétayim massaôte car il n'y a ici que 42 stations
!! (C'est cela l'humour merveilleux de Rachi)...
Ché kol chémoné ouchélochim chan lo nassou
élla êsserim masssôte
On trouve ainsi que pendant 38 années, ils n'ont fait que 20 stations"!!
Que dirions-nous d'avoir dû déménager 20 fois en
38 ans; individuellement et collectivement. Hachém demande de telles
choses de ceux qu'Il aime le plus ; il faut bien en prendre conscience.
Combien la conception moderne de la société de consommation
est loin de ce style de vie proposé : beaucoup vivent toute leur
vie avec un seul but, une seule maison et la retraite. Ce n'est pas le
modèle juif et on comprend que la alyah (montée en
Israël) soit donc difficile à envisager dans ce contexte
culturel différent.
Ajoutons que ce nombre de 42 est important dans le judaïsme, car
il réfère au nom de 42 lettres qui est le nom de la force
progressive et qui nous élève vers la force ; c'est celui
de la prière Ana vékhoa'h que nous avons dit
chaque jour du Ômér..
La date
Pour ceux qui ont accés à la compréhension du
texte hébreu, ils pourront étudier l'analyse différente
de Rachi et du Rambane (Na'hmanide sur cette date en Bémidbar 7,
1).
Notre paracha est dite le jour où Moché a terminé
la période de sept jours de la dédicace du sanctuaire, un
an après la sortie d'Egypte, donc en l'an 2449: au mois de Nissane.
Il y a eu
- le 1 Nissane, fin de l'édification du sanctuaire (Chémote
40, 7 et Vayiqra Rabba 13), fin des rites de préparation de Aharone
et ses fils aux rôle de Cohanim (voir Vayiqra 9, 1 et le Rachi) et
début de la charge de Aharone.
- puis les 7 jours de dédicace du sanctuaire ;
- puis, pendant 12 jours (les Sages disent jusqu'au 12 ou jusqu'au
19 suivant leurs calculs), les chefs ou princes de chaque tribu sont venus
apporter leur offrande pour cette cérémonie (lire, Bémidbar
chapitre 7).
Les précautions pour assurer la pureté du camp
Juste avant de ratifier officiellement cette cohabitation de sainteté
par les chefs de tribus, Hachém a transmis à Moché
les mesures à prendre pour garder le camp dans la pureté
:
- Bémidbar 5, 1-4 : exclusion de qui est atteint de ce qui est
nommé "lèpre", d'un flux corporel ou qui a été
souillé par le contact avec un cadavre (car la sainteté est
vie) ;
- Bémidbar 5, 5-10 : élimination des préjudices
envers autrui ;
- Bémidbar 5, 11-31 : réglement des problèmes
de jalousie morbide entre époux.
- Bémidbar 6, 1-22 : réglement des cas rares et dangereux
de ceux qui s'imposent des obligations supplémentaires.
Le lieu de la bénédiction
Ensuite, tout cela étant précisé, la procédure
de la magnifique bénédiction par les Cohen peut être
transmise (Bémidbar 6, 22-27).
La ratification du peuple
Les chefs de tribus apportent des offrandes, ils nous enseignent ce
que doivent être de véritables offrandes, prises sur nos propres
biens (lire le Rachi michélo hévi, c'est de ce qui
était de lui-même qu'il apporta sur 7, 12 : zé qorbane
Nakhchone bén Âminadav, c'est cela l'apport de rapprochement
de Nakhchone fils d'Âminadav).
Une offrande est faite chaque jour, en lien avec la création
du monde (lémaâssé véréchite,
Rachi sur 7, 12). De véritables dons sont une re-création
réelle du monde.
Enfin, LA voix
La voix de Hachém se fait alors entendre à Moché
dans la tente, dans l'intimité, sans sortir à l'extérieur,
comme une voix que Dieu dirait à lui-même (Rachi sur 7, 87).
Et la paracha se termine sur ce merveilleux moment du duo d'amour : quand
Moshé entrait pour que Hachém lui parlât, il entendait
la voix... entre les chérubins (Mibéine Chnéi
Hakérouvim)
et elle s'adressait à lui".
Chacun de ces termes est à méditer.
Rappelons que les lettres initiales de Mibéine Chnéi
Hakérouvim
(7, 89) forment le nom de Moché.
Nous pouvons tirer des leçons claires de cette symphonie : esclave,
délivrance, errance très longue pour enfin arriver aux niveaux
de l'intimité et du bonheur. Ce n'est pas un concert, c'est un enseignement
dont nous pouvons aisément tirer les résonances dans nos
vies : comment nous faire parvenir à la vraie vie, selon l'éclairage
de la Torah.
Deuxième partie : le camp de la joie de sainteté
Dans ce contexte, nous allons maintenant découvrir la fonction
des Lévi, et celle des Juifs dans le monde.
Nous nous baserons ici sur le commentaire de Rabbéinou Bé'hayé.
Il nous permettra de bien comprendre sa méthode.
Méthode de Rabbéinou
Bé'hayé
Avant chaque paracha, le Rav insère un commentaire qui oriente
le regard sur toute la paracha, à partir d'un seul verset choisi
dans les Proverbes (Michléi).
Il se base sur le commentaire de Rabbéinou Yona sur Michlé
tout en l'élargissant dans sa propre perspective. Son intention
est de faire un lien entre la Torah et la conduite dans la vie, le moussar.
Rabbéinou Yona ben Avraham, le 'Hassid de Gérondi (1200-1263)
est l'auteur célèbre de Chaâréi Téchouva
(Les portails du Retour) que l'on étudie spécialement avant
Roche hachanna, et de commentaires sur Avote et sur le Rif
(Ribbi Yits'haq Alfassi) insérés dans les éditions
de Bérakhote du Talmud. Il était compagnon du Rambane et
avait étudié auprès des tossafistes de France.
Une autre caractéristique de son commentaire est sa division
en quatre niveaux selon le pchate, le drache et le sod
de la qabala ; nous ne parlons pas cette fois de ces 4 niveaux.
Son analyse de la paracha est centrée sur le lien qu'il y
a entre la joie et le Lévi.
Le verset de Proverbes 21, 15 dit : "pratiquer la justice est une joie
pour l'homme de bien et un supplice pour les faiseurs de vilenie" (sim'ha
la tsadiq âssote michpate, oume'hita léfoâléi
avéne).
Il ne s'agit pas ici de la justice humaine mais de celle qui assure
l'ordonnancement du monde et son existence.
Comment la joie peut-elle jouer ce rôle ?
Rabbéinou Yona fait remarquer qu'il y a quatre sortes de mots
en hébreu pour dire la joie :
- guil
- rina
- messos
- sim'ha
et sim'ha est le niveau le plus élevé, comme il
est dit en Proverbes 23, 24 (le lire). Lire aussi ce que nous avons écrit
de la joie concernant les Chévâ
bérakhote.
Cet état de joie caractérise celui qui est relié
au tsadiq 'hakham, au juste qui est un savant en Torah. Cela
est dit dans le psaume 32, 11 : "réjouissez-vous en Hachém,
soyez dans l'allégresse, juste, entonnez des chants de joie vous
tous les coeurs droits" (sim'hou...).
C'est ce point que Rabbéinou Bé'hayé utilise pour
nous faire comprendre que le Lévi fait rayonner la joie là
où il réside, dans le camp de tout Israël.
Car le savant en actes mauvais (le tsaddiq rachâ) ne déclenche
pas la joie chez qui le fréquente.
Le tsaddiq ne suscite pas une politique de la ville basée
sur le vol, la violence, le tort porté à autrui. Cette conception
du savant en Torah, bon ou mauvais, apporte une distinction morale capitale.
Les prophètes ont toujours fait cette distinction. L'enseignement
de la dernière semaine
du Ômér porte justement là-dessus : celui qui se
glorifie par la Torah est un pervers car la Torah nous enseigne notre pauvreté
pour que nous puissions recevoir la vie.
Nouvelle phase progressive de la démonstration :
- non seulement l'action bonne déclenche la joie (âssote
michpate),
- mais la joie éprouvée dans la mitsva est une
mitsva en soi-même (ha sim'ha bémaâssé ha
mitsva, mitsva bifné atsma).
- de même que la mitsva est nommée travail-service (âvoda)
envers Hachém, ainsi la joie que l'on met dans la mitsva
est une
âvoda envers Hachém.
- ajoutons ce qui est classique : la prière est une âvoda
du
coeur, un service du coeur.
- ce lien de l'acte religieux et de la joie est tellement intrinsèque
qu'il est dit en Devarim 28, 47 : "et parce que tu n'auras
pas servi ton Dieu avec joie et contentement du coeur dans l'abondance,
tu susciteras tes ennemis suscités contre toi par Hachém".
Le caractère terrible et absolu de ce verset a pour but de bien
nous faire comprendre le lien nécessaire de la joie et du culte,
dans la prière comme dans l'action ou dans les mitsvotes que l'on
doit faire envers autrui.
Cette joie est la complétude (chélémoute)
du
culte.
L'éveil à la joie
C'est pour maintenir tout cela au niveau de la joie, dit Rabbéinou
Be'hayé dont nous avons ainsi transmis le commentaire, que le Sanctuaire
était habité par les chants et le jeu des instruments de
musique. Car ils mènent l'homme vers la joie.
Les âges du service des Lévi dans le chant
C'est pour cela aussi que le Lévi n'accomplissait son service collectif
que de l'âge de 30 à 50 ans, car c'est à ces âges
que la voix est la plus forte pour porter le chant et la joie, comme il
est dit à la fin du chapitre 5 des Pirqéi Avotes
(Principes des Pères) ; voir aussi le traité 'Holine page
24 a.
Nous le voyons, le rôle des Lévi est essentiel pour nous
apporter cette joie. De même, les Juifs, nous devons apporter cette
joie de la Torah dans le monde. La Torah ne peut donc pas être
montrée dans la tristesse, la constriction, ce qui n'est pas lumineux
ni propre.
Je suis donc étonné que, avec le retour en Israël,
ce rôle des Lévi ne soit pas remis en valeur. Aujourd'hui,
beaucoup d'instituts se consacrent aux recherches sur le Temple, et sur
le rôle des Cohanim, des yéchivotes sont dédiées
à la formation des Cohanim. Pourquoi ce même effort ne serait-il
pas accompli concernant ce rôle essentiel de joie des Lévi.
Chaque fois que je rentre à Jérusalem, chaque jour, dans
l'émotion ressentie alors, je pense que les Lévi accueillaient
les pélerins fatigués par la route et , à cet endroit
même, les réanimaient par leur orchestre et leurs chants
dont les psaumes des montées.
Si vous connaissez des initiatives en ces sens, faites-les moi connaître
et je les transmettrai. C'est un appel, merci.
Aujourd'hui, douleur dans notre joie, quand nous voyons que le lieu
de notre joie est abandonné à la destruction et à
la destruction systématique comme cela ne l'a jamais été
depuis la destruction du Temple. Alors que tout nous avait été
donné. Nous vivons cependant au
lieu de notre joie, pas assez conscients.
Quelques références sur
la joie
Bérakhote 6b :

Ribbi 'Helbo dit au nom de Ribbi Houna: celui qui jouit d'un repas de
mariage et ne réjouit pas le jeune marié transgresse
ces cinq mots "voix" : qol sassone vé qol sim'ha,
qol 'hatane véqol kalla, qol ha omérim Hodou éte
Hachém Tsévaote" (la voix de la réjouissance,
la voix de la joie, la voix du jeune marié et la voix de
la jeune mariée, la voix de ceux qui disent: Louez Hachém
Tsévaote. Jérémie 33, 11). Et s'il l'a
réjoui, quelle est sa récompense? Ribbi Yehoshua
ben Lévi a dit : "Il a le mérite de recevoir la Torah
qui a été donnée par cinq voix: "Et ce fut le
troisième jour, au matin, et il y a eu des voies et des éclairs
et un lourd nuage sur la montagne et la voix du chofar, etc. Et la voix
du chofar sonna fortement... Et la voix du chofar sonna de plus en plus
fort... Et Eloqim lui répondait dans la voix. (Chémote 19,16)...
Ribbi Abahou a dit: (réjouir le jeune marié) c'est comme
offrir un sacrifice de reconnaissance (hiqriv toda)... dans la
maison de Hachém. Ribbi Na'hmane bar Yits'hasq a dit: c'est comme
s'il avait reconstruit une des ruines de Jérusalem, comme il est
dit "quand je ramènerai les rapatriés de la terre d'Israël
comme cela l'était au début, a dit Hachém".
Cela fait allusion à la Création du couple essentiel de
chacun lors de la Création.
Bérakhote 31a : on ne doit prier que dans la joie.
Chabbate 30 b : la Chékhina ne séjourne pas dans
la tristesse mais seulement là où il y a la joie.
Chabbate 152a : la joie, c'est la femme.
Roche haChana 6b : la femme, son époux la réjouit.
Taânite 8a : tout celui qui se réjouit dans la détresse
apporte le salut au monde.
Taânite 26b : la véritable joie, c'est la construction de
Temple.
Taânite 30a : tout celui qui vit dans le deuil pour la destruction
du Temple méritera de voir sa joie.
Yébamote 62b : tout Juif qui n'a pas de femme n'est pas dans la
joie.
Pirqé Avote 3, 12 : accueille tout homme avec joie.
Pirqé Avote 4, 1 : qui est riche ? celui qui se réjouit
avec ce qu'il a.
Arkhine 11a : qu'est ce que l'on appelle la avoda, le travail du
coeur, c'est de chanter les mots de la Torah.
Middrache Zouta, Eikha 28 : à l'avenir, D.ieu fera du jour du 9
av un jour de joie.
Tan'houma, Yitro 16 : l'homme doit se réjouir dans les détresses
plus que dans les bons jours.
Tan'houma, Tétsavé 16 : quand le jour de Kippour, le Grand
Prêtre sortait vivant du sanctuaire, c'était une grande joie
dans tout Israël.
Tan'houma, Piqoudé 11: Quand D.ieu a vu avec quelle joie le peuple
a construit le Sanctuaire, Il a voulu y mêler la joie de la naissance
de Yits'haq.
Tan'houma, Tazriâ 5 : D.ieu dit, quand Je vous vois accomplir les
mitsvotes avec joie, Je vous ajoute de la joie.
Deux grands maîtres juifs de la joie :
1) l'auteur du livre Réchite 'Hokhma qui y décrit
la pédagogie juive
Réchite 'Hokhma
Traduction : Commencement de la sagesse
Réchite 'hokhma, "le commencement de la Sagesse", est
un ouvrage du Gaone et 'Hassid Rabbi Eliahou Moché Vidas (16e siècle).
Le sujet du livre: Ce livre, vénéré dans
tout le judaïsme, est considéré comme l'un des piliers
de base de la littérature du moussar (morale de vie)
et de la 'hassidoute.
Il a la particularité d'avoir été écrit,
à la suite de l'expulsion d'Espagne, par l'un des sages de Safed
au 16° siècle, élève de R. Moché Cordovéro
et du Ari zal. Il y fut terminé l'année de la mort
de Rabbi Yossef Caro.
Il est basé sur les enseignements de l'Ecole de Safed
et des expulsés d'Espagne.
Il fait le lien et la synthèse entre l'étude, la
vie intérieure, la prière, l'action et l'éducation.
Comment procède-t-il ?
- il se base avec précision sur les sources essentielles
: la Torah, la guémara, le middrache, les premiers écrits
et le Zohar ;
- en 5 grands chapitres (crainte, amour, téchouva
ou retour, qéddoucha ou sainteté, ânava
ou humilité) il éclaire sur ce thème: "comment vivre
le programme de la Torah dans l'action avec le coeur, la pensée
et toutes les forces pour connaître Hachem dans toutes nos voies".
Comme la plupart des livres de moussar, il est écrit dans un style
limpide.
Les éditions actuelles sont remarquables parce qu'elles
donnent toutes les références et sources et la traduction
des passages d'araméen en hébreu simple. Ce livre est à
placer dans la même catégorie que 'Hovote hallévavote
2) Rabbi Na'hmane
de Braslav
Lire les versets suivants des Psaumes, puis le psaume qui l'entoure
:
4,8 puis 30,12 puis 97,11 puis 16,11 puis 21,7 puis 45,16 puis 68,4 puis
100,2.
Poèmes de joie
- la joie d'enfance
- la joie de Jérusalem
Photos de joie
Regard de joie vers
Jérusalem
Regards dans la joie de
Jérusalem
Deux joies (dessin de l'auteur)

Rappel de méthode :
-
après une première lecture pour comprendre l'ensemble,
-
aller lire les références,
-
mémoriser le plan,
-
jusqu'à être capable de l'enseigner de mémoire.
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rechercher les applications dans la vie du peuple juif et dans la vie personnelle.
Quelques questions personnelles :
- Où est le coeur de ma joie ?
- Est-ce que je pense à retrouver souvent cette base intérieure
? à la dire à ceux qui me sont très importants ?
- Suis-je capable de dire les quelques mots de sensibilité et
d'attention qui donneront une vraie joie sincère ? Sais-je dire
merci ?
- Est-ce que je dis chaque matin avec une une grande attention à
chaque mot la première phrase que tout juif doit dire au moment
du réveil :
Modé ani "Je reconnais et je te remercie...", Voir ici l'étude
de cette phase du lever. et Poème.
- Ai-je approfondi le sens juif des épreuves ? Voir
l'étude ici consacrée à cette questions dans les sources
juives.
(Pour la méthode permettant de progresser dans
l'hébreu à partir des transcriptions apportées, dans
ce commentaire voir la méthode que je décris ici.)
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