34e Paracha : Bémidmar "Dans le désert" La constitution qui organise la vie sociale du peuple juif. Bémidbar (Les Nombres) 1, 1 - 4, 20 Commentaire Liens importants ici: On appelle ce Chabbate: Chabbate Mévarékhim car
on y bénit et annonce le nouveau mois de Sivane qui commencera le
7 juin au soir et le 8 juin. Cette paracha comprend 159 versets,
soit la 3e de toutes en quantité de versets; et 1823 mots, soit la 13e; et
7393 lettres, soit la 9e; 23 parachotes (parties différentes) ouvertes et
7 fermées;
et aucune mitsva spécifique. Le peuple juif est
décrit ici comme
|
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| Plan Commençons par la haftara Disposition du camp dans le désert Combien de fois Jérusalem dans la Bible ? |
Audition de la paracha
(askénaze. Ort)
Audition de la paracha
(sépharade. Alliance) L'écriture juive et la monnaie juive manifestent la constitution juive de la sainteté dans l'Etat, Jérusalem et les échanges sociaux d'argent (lien ici). Les personnes : Le sens des noms des Juifs différents Les visages différents de nos maîtres Les différentes communautés (notre annuaire) Les différents israéliens
(notre annuaire) |
(Petite note préalable. Des lecteurs peuvent être
surpris par le français inhabituel de certaines traductions des
versets.
Ces traductions sont littérales car l'important est le texte
de la Torah et la traduction n'est qu'une aide pour ne pas faire d'erreurs
sur le sens de l'hébreu. Elle n'est pas un beau texte à
la place de l'hébreu.
De plus, souvent la traduction connue de tous est influencée
par la théologie chrétienne, il importe alors de bien
traduire le mot de la Torah sans s'écarter, même
si le lecteur est surpris car il a intégré à son
insu une autre idéologie.
Un exemple important dans la paracha ; la traduction habituelle est
: tu aimeras ton prochain (réâkha) comme toi-même.
Dans le sens habituel et des traductions inexactes, cela signifie :
tu aimeras tous ceux qui sont autour de toi. On sait très bien
que cette soi-disant conception de la religion d'amour universel n'a
été que l'instrument conquérant séducteur
au prix de tant de massacres et bûchers et silence complice pendant
les exterminations. Le judaïsme n'accepte pas ces principes généraux
qui dispensent de la vérité précise immédiate.
Cela car, la parole de D.ieu révélée que l'on
ne peut pas travestir est dite ainsi :
véahavta léréâkha kamokha"
"tu aimeras ton proche comme toi-même",
car réâ est l'équivalent de yédida
ou 'havéra, compagnon ou ami, donc "proche"
et non pas toute autre personne autour de soi).
Dans la paracha précédente, Hachém dit à
son peuple : « ki li haarets, car la terre (d’Israel)
est à moi ». Il s’agit d’abord donc de la terre qui est
promise. Pour ce motif, il est indiqué dans tout le livre de
Vayiqra, comme nous l’avons vu, qu’on doit en faire uniquement un usage
saint.
Alors, qu’elle est la fonction de ce passage
par le désert ?
Il y a deux motifs qui se
relient à ce que nous venons de voir dans les parachiyotes
précédentes :
- le
peuple doit être coupé des puissances autres que Hachém.
- le passage par le désert est une mise en face à face unique
avec Hachém et un nettoyage interne des modèles
des nations que nous avons intégrés.
Il n’est pas d’autre peuple qui se soit ainsi constitué; les
autres émergent de guerres, de conquêtes, ils s’organisent
ensuite et établissent leurs lois. Ce peuple d’Israël émerge
de l’intervention répétée de Hachém
et sa constitution lui est donnée par la Révélation,
elle est divine et morale et non politique, ni le fruit de luttes politiques.
L’emplacement précis de la terre de sainteté est révélé
par D.ieu comme étant le lieu précis où Il réside.
Et, en fonction de tout cela, la paracha Bémidbar peut nous décrire
l’organisation sociale qui sera cohérente avec cette nature très
spéciale des choses.
Pour
mieux le comprendre, avant de l’exposer en détail, faisons un
détour par la haftara de cette paracha Bémidbar.
Nous
savons déjà, par
les autres études de haftarotes (lien ici), que leur fonction
est de faire comprendre le message de la Torah dans les dimensions de
l’actualité et de la réalité sociale et individuelle.
C’est une explication dans l’insertion actuelle. Nous allons donc retrouver
ces thèmes précédents mais avec une note que nous
pourrions dire historique et non plus seulement spirituelle : le
prophète reprend exactement le message de la paracha mais il
le rend inévitable puisqu’il le déchiffre clairement.
1e
point : assurance
Elle
se trouve dans le Livre du prophète Ochéa, Osée,
au chapitre 2, versets 1 à 2. Commentons-le.
«Un jour (véhaya),
le nombre des fils d’Israël sera comme le sable de la mer qui ne
se peut dire ni compter. Un jour, au lieu qu'Il leur dit : vous
n’êtes pas Mon peuple, il leur sera dit : fils du D.ieu Vivant ».
Notre
paracha va effectivement décompter les fils d’Israël avec
de nombreux chiffres. Et dans le passage précédent il
venait d’être dit par colère : "vous n’êtes
pas Mon peuple". Donc, tout de suite, les vraies choses sont indiquées :
les fils d’Israël sont très décevants pour Hachém
et Il essaye de les secouer en les repoussant mais, comme des parents
qui grondent, Il assure les enfants qu’ils resteront toujours les enfants
aimés par un D.ieu éternellement fidèle. C’est
le sens de l’expression "El ‘haï, D.ieu vivant".
2e point : l’unité.
« Ils seront rassemblés, les enfants de Yéhouda et
les enfants d’Israël en une unité,
et on mettra sur eux
un chef,
et ils monteront de leur terre (où ils sont),
car c’est un grand jour, celui de Yizrêél ».
Nous
avions vu quelles sont les originalités du peuple d’Israël,
différemment des autres dans leur constitution.
Maintenant,
pour que l’on ne voie pas seulement l’aspect « office de statistiques
du recensement », il nous est dit ce qui caractérise le
génie de ce peuple. Non pas « liberté, égalité,
fraternité » (ou d'autres concepts suivant les peuples)
mais «diversité qui est réunie en une unité,
prescription de sortir de l’exil et de monter vers la terre d’Israël,
vie du peuple comme semence et moisson venant de D.ieu , Yizrêél».
Et, à partir de là, chacun devra regarder et nommer son
frère comme s’il lui disait : âmi, mon peuple,
et chacune de ses sœurs, comme s’il lui disait : rou’hama,
aimée de miséricorde.
Nous
sommes ici dans les prescriptions de base, les lois fondamentales ou
constitutionnelles. Imprescriptibles. Nous apprenons de là que,
si chacun a sa définition de ce qu’est le judaïsme et de
ses différentes appartenances,
- nous
apprenons que le respect des particularismes et de l’unité sont
des valeurs a réaliser concrètement. C’est bien pour cela
que, sur Modia, nous avons placé comme une obligation essentielle
de connaître
et d’aimer les différentes
communautés. Le devoir d’unité est impératif ;
trop souvent, des communautés restent entre elles en cercle fermé
et n’ont pas le souci de construire d’urgence l’ensemble de l’unité
du peuple. Certes, le Sanhédrine n’est pas reconstitué
mais il faut viser d’urgence une unité des Conseils de Sages.
- nous apprenons que la sortie des Juifs du pays où ils sont
et leur montée vers la terre de Hachém qu’est la
surface d’Israël est un impératif premier et non négociable
dans le parcours d’une vie individuelle ou d’une collectivité
. Quelle tristesse quand on entend des Juifs ou des collectivités
juives chercher uniquement les critères de tranquillité
ou de confort de vie pour choisir le pays où aller quand ils
sont soumis à quelque antisémitisme ; c’est avoir
perdu la boussole essentielle qui est la parole de D.ieu nous ayant
dit la direction à prendre alors. Car il n’est qu’un seul
lieu au monde où cela peut être vraiment vécu comme
le dit la Torah dans cette union de Hachém et de son
peuple et dans l’union des frères et soeurs ensemble, comme
le dit notre haftara: Sa terre.
Il n’est pas surprenant que la suite de la haftara dise immédiatement
à ceux qui ne le font pas : « rivou véimmékhém rivou, mettez-vous en
querelle contre votre mère car elle n’est plus Mon épouse
et Je ne suis plus son mari ».
Le texte continue et l’accuse de prostitution. Pourquoi ? C’est tout
le thème qui est développé dans les pages 110b
et 111a du Traité Kétouvote du Talmud :
«Léôlam yadour adam bé érets Yisrael
afilou béîr ché rouba ôvdé kokhavim
vé al yadour bé ‘houts la aréts (et qu’il
n’habite pas hors de la terre d’Israël)
vé afilou bé îr ché rouba Yisrael
(même si dans cette ville la plupart des habitants sont des Juifs)
domé ké mi ché yéch lo Eloqa (est
semblable à celui qui a Eloqa D.ieu),
vé kol ha dar bé ‘houtsa la arets (et toute personne
qui habite hors de la terre d’Israël)
domé ké mi ché éin lo Eloqa (est
comme celui qui n’a pas de Eloqa D.ieu),
ché néémar : latét lakhém
éte érets Kénaâne liyote lakhém léEloqim
(car il est dit : vous donner à vous la terre de Canaan
pour être pour vous Eloqim. ».
Et le texte continue sur ce style. « rivou véimmékhém rivou, mettez-vous en
querelle contre vos mères,
qui ont la charge de vous donner la vie et la nourriture, (on
dirait aujourd’hui, contre ceux de vos rabbins) s’ils ne vous disent
pas ce message du prophète qui enseigne la Torah. A fortiori
s’il vous emmènent, par exemple de France au Canada ou en Australie
au lieu de vous guider vers la terre de Celui qui nous la donne, la
montre comme lieu de Sa résidence, et qui dit tout cela.
Sinon, pourquoi aller entendre cette paracha et cette haftara à
la synagogue ?
On comprend maintenant ce que veut dire, dans la haftara, "être
idolâtres", c’est choisir d’abord le génie de ces
autres nations avant de choisir d’être le peuple de la Torah
et de ne pas aller où D.ieu le dit mais aller où, comme
pour tous les peuples chez eux, il y a les conditions qui permettent
à un peuple de vivre, de s’organiser.
Continuons la haftara qui est forte et sans nuances : « …je ne
serai plus son mari à moins quelle ne fasse disparaître
la prostitution de son visage et l’adultère d’entre ses seins ».
Et nous arrivons maintenant au thème du désert qui est celui
de la paracha, et qui va nous faire comprendre pourquoi il fallait passer
par le désert en sortant de l’Egypte. « Sinon, je la rendrai
semblable à un désert comme une terre désolée
et la ferai périr de soif ». C’est l’état réel
d’un peuple sans Torah, sans orientation vers la terre d’Israël
pour aller y vivre avec Son D.ieu. Et pour retrouver cet état
de face à face suffisant, les prophètes refusent sans
cesse les alliances avec les autres peuples puissants quand Israël
veut se sortir de l’angoisse en ne misant plus sur la force du C.iel
mais sur celle de ces peuples.
D.ieu dit alors : « je vais bâtir une clôture
entre tes amants et vous pour que tu ne retrouves plus leurs sentiers » .
C’est la fonction du rejet des peuples et des persécutions
que de faire comprendre au peuple de D.ieu qu’il a à vivre
ailleurs que là -bas, comme une femme qui se prostituerait avec
d’autres hommes au lieu d’être avec son mari. Que l’on aime ou
non ces mots, ce sont exactement ceux de la Torah dits par les prophètes,
et non pas dits par nous ni par des émissaires de l’Etat d’Israël.
Et D.ieu dit qu'Il continuera à agir ainsi "chaque fois que cette
femme qui se prostitue court retrouver ses amants mais elle ne les atteindra
pas… et alors elle dira : je vais retourner chez mon premier mari
et j’étais plus heureuse en ce temps-là que maintenant".
Puis le texte reprend plusieurs fois chacune de ces phases, ce qui nous montre
que les Juifs retomberont sans cesse dans ce comportement avec l’espoir
de pouvoir éviter de vivre selon la Torah, pour vivre hors de
la terre d’Israël, nous le voyons bien. Même le don de la
terre après la Choa ou après la Guerre des 6 jours, ni
même la libération miraculeuse de Jérusalem ou de
Hévrone n’ont encore convaincu la majorité des Juifs d’être
chez eux, chez Lui.
Puis, le texte se termine par un chant poignant d’amour de D.ieu pour Son
peuple : « Pourtant, je voudrais à nouveau la séduire.
Je m’en vais donc l’emmener dans le désert et commencer à
parler à son coeur… tu m’appelleras mon mari… J’aurai extirpé
les noms des idoles de ta bouche (cette obsession des Juifs de ressembler
aux autres en une caricature qui serait plus ceci ou cela… que les autres
ne le sont eux-mêmes) ».
L’avenir serait tellement bon si le peuple voulait bien écouter et
entendre cette Torah. Et la paix régnerait alors, et seulement
alors, entre les peuples et les Juifs; et les peuples ennemis quitteraient
la terre d’Israël avec leurs armes :
« Je briserai dans le pays… tous instruments de guerre et Je ferai demeurer
ses habitants en sécurité. Je te fiancerai à moi
pour toujours, Je te fiancerai à moi par la bonté et la
justice, et Je te fiancerai à moi par la confiance et tu connaîtras
d’union Hachém ».
C’est ce texte du prophète Ochéa, Osée, que nous disons
chaque matin en terminant de mettre les téfillines
(lien ici) ; il devrait donc nous rappeler où vivre
et comment vivre, en nous souvenant de ces images de fidélité
ou de prostitution, de guerre ou de paix et bonheur. Grâce à
D.ieu, nous pouvons le dire, nous venons de quitter pendant ces instants
d’étude de cette Torah, les regards uniquement formés
par les médias et par les luttes politiques.
Cela étant bien compris, nous pouvons entrer dans la paracha et la
comprendre.
Et nous pouvons rêver sur Israël, ce qu’elle serait ou sera quand
les Juifs viendront y vivre, quand on y vivra
officiellement selon la Torah, quand nos hommes politiques
chercheront le bonheur du peuple dans cette Torah et non dans
les luttes des partis politiques ni dans les alliances avec les puissances
intéressées, hors de la Torah. On comprend aussi le rôle
actif que devraient avoir tous les rabbins pour rappeler ces dynamiques
si importantes pour le bonheur du peuple dont une grande majorité
ne hait pas la Torah mais l'ignore par manque d'éducation.,
Alors.
Nos enfants iraient moins chercher des espoirs aux Indes, aux USA ou
en Thaïlande. Dans la paracha précédente, Hachém
dit à son peuple : « ki li haarets, car la terre
(d’Israel) est à moi ».
Thèmes et sens général de la paracha
Nous entrons dans le 4e livre de la Torah.
Plus de la moitié du chemin est fait.
Combien de lettres avons-nous lues et étudiées ? Voici
le compte précis :
Nombre de lettres, mots... dans chacun des livres de la
Torah.
| Lettres | Mots | Versets | Sections | |
| Torah | 304 805 | 79 847 | 5 845 | 187 |
| Beréchite | 78064 | 20 512 | 1 534 | 50 |
| Chemote | 63 529 | 16 723 | 1 209 | 40 |
| Vayiqra | 44 790 | 11 950 | 859 | 27 |
| Bamidbar | 63 530 | 16 368 | 1 288 | 36 |
| Devarim | 54 892 | 14 294 | 955 | 34 |
Nous avons donc déjà étudié
116383 lettres, et 49185 mots de la Torah et 3602 versets et nous arrivons
à la 116.384e lettre de la Torah. Le compte est-il exact ?
Pourquoi dire cela ?
Parce que chaque lettre de la Torah est chargée d'une vie particulière
qui se manifeste et transmet la vie du monde que nous ne voyons pas,
qui nous a été révélée au Sinaï
et qui meut ce monde-ci. Evaluons notre avancée.
De plus, chaque lettre est reliée à ce que l'on nomme
des néchamotes, des forces particulières du peuple
juif, des âmes vivantes. Chacun
dans le peuple exprime davantage l'une ou l'autre de ces richesses
(lettre de la Torah, mot, verset...).
Respecter et aimer chacune de ces lettres et la comprendre, c'est
la même chose que comprendre, respecter et aimer en sa diversité
chaque membre du peuple.
C'est pour cela que que nous plaçons sur le site le
sens de chacun des noms des Juifs (lien ici) car ils représentent
ainsi véritablement leur réalité telle que chacun
d'eux la ressentait ou la ressent. Les connaître, c'est les aimer,
comme nous devons connaître et aimer le sens de chaque lettre
de la Torah.
De même, connaître les
maîtres de chaque communauté ( lien ici) sans exclusive.
Cela est tellement important que Baba
Salé, le célèbre Sage du Maroc, a quitté
définitivement une ville d'Israël où il venait de
s'installer simplement parce qu'il avait entendu un grand rabbin de
cette ville faire la louange du Gaone de Vilna et dire quelques mots
moins positifs envers un autre Sage de l'époque. Il alla s'installer
avec toute sa famille dans le pauvre village de Nétivote.
La prescription en est donnée et redite chaque matin au début
de la prière :
"haréni méqqabel âlaï mitsvate âssé
Voici, je prends sur moi d'accepter la mitsva positive
chél véahavta léréâkha kamokha
tu aimeras ton proche comme toi-même,
véharéni ohév éte kol é'had mibéné
Yisrael ké nafchi ouméodi...
et voici j'aime tout un chacun des fils d'Israel en tant que mon être
et mes biens"...
Ribbi Yaâqov Abou'hatséra l'exprime de jolie manière
: l'essentiel de ce compte est d'éveiller (léôrer)
ainsi tout un chacun dans le peuple d'Israël pour qu'ils ne se
relâchent pas dans l'étude de la Torah, car s'il manque
une lettre de la Torah, tout le rouleau n'est plus valable et donc s'il
manque un seul des frères, nous avons échoué dans
toute la Torah.
"réalisez que vous ne devez manquer à aucune des lettres
de la Torah" ! On comprend qu'il faut donc sortir de la routine des
gens qui vont à leur synagogue, et qui connaissent beaucoup de
la Torah mais ne la transmettent à personne, alors que tant d'autres
Juifs n'ont pas révélé leur lettre de la Torah.
On a le devoir d'enseigner. Modia, faire savoir.Tant que d'autres ne
connaisent pas ce que je connais de la Torah.
Pour cette délicatesse fraternelle nécessaire, et pour ce bonheur de l'amour, cette paracha est nommée Chabbate Kalla (fiancée) et Chabbate Dérékh Eréts (comportement sociable bon). Nous comprenons mieux comprendre.
Le livre Bémidbar est appelé 'Houmache
Peqoudim, "livre de ceux qui ont été comptés".
On dit de quelqu'un que l'on apprécie : qu'il "compte" pour moi.
Et le livre commence par le recensement et dénombrement des enfants
d'Israël et leur compte suivant les différentes catégories
(hormis les Lévi).
Cette question du compte semble si importante qu'il n'y a aucune mitsva
dans cette paracha.
Nos Sages disent que le but de ce dénombrement
est de s'assurer ainsi que la présence divine (la Chékhina)
bénéficiera toujours de sa résidence dans le
peuple juif par chacune de ses composantes.
Ce peuple est le campement de cette Présence divine, dans son
unité et dans ses diversités. C'est cela qui donne le
sens de sa vie sociale et de son histoire.
Toutes les autres dimensions sont des conséquences de celle-là.
Elles ne sont pas l'essentiel. Les autres dimensions peuvent fluctuer,
suivant les périodes, suivant les idéologies et les systèmes
politiques qui se succèdent dans l'histoire ; aujourd'hui, il
y a une certaine conception de l'Etat, des droits des citoyens et des
peuples, tout cela est très important comme il l'a été
à chaque époque, autrement, mais c'est contingent ; et
ce n'est pas le coeur ni la nature profonde du peuple Juif.
La nature du peuple juif
Elle est
- cette Présence,
- le lien de chacun à cette Présence en la particularité
qu'il a,
- le rôle qu'il doit jouer à partir de là, ce
que l'on appelle, la kéhouna, la fonction, le service
et la mission, méssima : "être cohanim
dans la Création et pour les peuples".
Ceux qui symbolisent cette fonction dans le peuple lui-même, ceux
qui incitent à vivre cette fonction sont les Cohen et les Lévi.
La société juive est donc révélée
par ses fonctions comme étant reliée à la Présence
de la Chékhina et de la qéddoucha (présence
divine et sainteté).
Les actes fondateurs d'un peuple le marquent pour
toujours, surtout quand les peuples ont la mémoire aussi vive
que nous de ce qu'est l'être juif. Alors, il est clair que ceux
qui veulent rebâtir un Etat d'Israël qui ne se brancherait
pas sur la conscience qu'en a toujours eu le peuple depuis l'acte fondateur
du Sinaï et depuis le texte fondateur reçu, auront les plus
grandes difficultés à gérer ces dimensions présentes
dans la conscience collective, et même des bonnes relations aux
autres peuples ; on vascillerait alors toujours entre le mimétisme,
l'agressivité ou le renoncement à soi-même.
C'est l'un des paramètres qui fragilise actuellement Israël
face à la montée de l'identité arabe, et les ennemis
en sont bien conscients, eux : la fragilité d'Israël est
son manque d'assurance dans son identité symbolisée par
la terre d'Israël, par Jérusalem et par le Mont du Temple.
Ce sont les 3 pas en avant que nous faisons en commençant la
prière dite âmida.
Prendre les seuls critères politiques fondateurs... des autres
nations pour en faire le juge et la valeur constitutionnelle des Juifs
sera donc inadapté face à une société dont
la régulation principale est celle de la sainteté et de
la purification d'où découle la morale. Vouloir ignorer
cette réalité, en la traitant de "mystique" (alors que
toute politique ou tout laïcisme est une mystique, un idéal,
une volonté éducative) est s'engager dans une voie sans
issue : aucun peuple n'obéit aux idéologues étrangers
qui lui demandent de renoncer à soi-même.
Bien plus, les adversaires d'Israël, instruits par les phases premières
du sionisme, eux utilisent à juste titre à leur tour comme
arme première leur identité, leur amour de la terre et
de Jérusalem,
alors que nos chefs invoquent trop uniquement la force de nos armes.
Aujourd'hui, sur les ondes, Yossef Tommy Lapid, le ministre de la Justice
d'Israël déclare: "il faut quand même réfléchir
à quel désastre cela aurait été si nous
avions pris une décision concernant la terre d'Israël contraire
à la volonté des Etats-Unis, de l'Europe et de la Russie
et dans quelle situation économique cela nous aurait plongé!".
Et cela, alors que tout peuple, à juste titre, est capable de
rester sourd à toute condamnation internationale quand cela nuit
à son intére^t. Tous sauf nous. Car nous avons deux millénaires
d'esclavage. Mais aussi car nous ne sommes pas encore vraiment sortis
d'Egypte malgré le passage dans le désert (car le Ciel
nous connaissait bien).
Et le roi David parle de la "vieillesse" et y demande l'aide
du Ciel dans les psaumes 69 à 71 et les commentateurs disent
qu'il s'agit de l'engourdissement des Juifs dans la diaspora qui enlève
la vigueur de l'identité propre qu'ont tous les peuples.
Un jour, espérons-le, nos morts et nos erreurs ne seront plus
inutiles s'ils ont servi à nous défendre par les forces
de notre sainte identité. Ils ont été victimes
aussi de nous. Les ennemis aussi, nous l'auront rappelé. Mais
le prix est trop élevé, et nous pourrrions le réduire.
Le compromis insolite de formulation inscrit dans la déclaration
d'indépendance de l'état d'Israël montre tout ce
débat interne aux Juifs quand il y est dit que l'Etat
sera à la fois "juif et démocratique". Chacun peut y trouver
ce qu'il veut mais l'assemblage surréaliste est sujet à
l'étonnement, à la recherche, aux conflits, aux compromis.
Rien n'est perdu, mais rien n'est explicité. Tout est ouvert
sur la fraternité, la fidélité, la créativité.
Le tout est bloqué en une contradiction insoluble. Patience car
nous revenons de si loin dans l'exil, l'assimilation au regard des autres,
et l'inconscience d'être ailleurs que chez soi quand le pays est
en péril réel.
Le Tour
nous apporte un éclairage moral important qui devrait nous aider
: il commence son 1er commentaire sur Bémidbar en disant : cette
paracha est mise à proximité des mots "voici les mitsvotes,
éllé hamitsvote", cela est pour nous dire que si
un homme ne se considère pas lui-même comme un désert,
il ne pourra pas acquérir ni la Torah ni les mitsvotes. Nous
devons donc faire un effort colossal de dégagement de tous nos
préjugés et possessions pour entrer dans ces débats
sociaux que la paracha ouvre.
Nous ne faisons ici qu'apporter les pièces du dossier, soumis à notre réflexion. Etudions donc nos sources.
Le livre de Vayiqra semblait traiter davantage de la reconstruction
de l'être de l'homme individuel, dans sa spiritualité.
Les Sages ont même pris une image qui y correspond quand ils disent
que le nombre de versets de Vayiqra est symbolisé par la guématria
du mot "nataf" (parfum) qui fait en hébreu 859, comme
le nombre de versets de Vayiqra.
Par contre, la paracha Bémidbar explique la dimension sociale
spécifique de ce peuple, et montre comment chacun y a sa place
particulière, dans une société qui a cette fonction
globale.
Il n'est pas possible de séparer les deux premières parachiyotes
Bémidbar et Nasso qui abordent ce même thème, la
seconde abordant des questions de pureté parmi le peuple qui
devra quitter le camp quand il ne sera plus en état de pureté.
L'organisation de la sainteté
Commençons par l’extériorité la plus formelle avant de nous orienter vers l’intériorité.
Nous venons de voir le sens du premier chapitre qui parle
du recensement de toute la communauté des fils d’Israël
par clan familial hormis les Lévi.
Le second chapitre décrit le rangement de chaque clan familial
autour de la tente de la Rencontre, le ohél moêd.
Le troisième chapitre se centre sur les descendants de Moché
et Aharone, le dénombrement de Lévi, celui des premiers
nés et leur lien aux Lévi.
Le quatrième chapitre décrit le dénombrement des
enfants de Qéhate et leurs tâches.
L'organisation de la sainteté fonctionnelle, dans
la vie sociale, y est enseignée sous deux formes :
- une forme statique qui parle des quartiers où devra habiter
chaque catégorie de membres du peuple, à la fois selon
une appartenance familiale et une place dans le service de sainteté,
nous parlerions aujourd'hui de "géographie urbaine de la
sainteté".
- une forme dynamique quand le peuple sera tout entier en déplacement
et devra adopter un certain ordre pour cela. Sa trajectoire sera alors
celle de "la marche vers Jérusalem".
La géographie urbaine de la sainteté dans le désert
Le Chla fait remarquer que le peuple est organisé selon une structure reposant sur les nombres 3 et de 4. Il va de soi que cette mathématique est porteuse de sens. On est dans une paracha qui "compte" et, toute la tradition dit que le peuple juif porte un texte dont le sens doit être compris par le triple sens de la racine sfr qui veut dire à la fois, lettre séfér, compte séfar, et récit sippour.
Le Chla montre alors que cette structure en 3 ou 4
est parallèle à ce qu'est la structure de Jérusalem
; l'ensemble du ma'hané hachékhina (campement de
la présence divine) se répartit comme ceci, dans une sainteté
décroissante :
1. le camp (ma'hané) de la chékhina,
au centre du camp, où vont seulement les Cohanim pour leur tâche
(âvoda), comme le Temple à Jérusalem,
2. puis le ma'hané des Léviim ; ils habitent
et exercent leurs fonctions de chant et de musique pendant les sacrifices,
comme au Mont du Temple à Jérusalem,
3. enfin le ma'hané d'Israël dans lequel il y a 4
armées composées chacune de 3 tribus sous leur drapeau
respectif, comme le reste de la ville de Jérusalem avec les quatre
côtés de sa muraille. Ils viendront ainsi de toute la surface
de la terre d'Israël apporter leurs sacrifices. Le Traité
Taânite du Talmud décrit cela au chapitre 27.
De même, le ma'hané central de
la sainteté a trois zones :
- celle du qoddéche haqqoddachim, le Saint des Saints,
où seul le Cohen haggadol (Grand Prêtre) peut entrer
et seulement le jour de Kippour,
- le héikhal, le palais qui contient l'autel d'or, la
table et la ménora (chandelier) ; c'est là que
les cohen exercent leurs activités chaque jour, et au rythme
des fêtes,
- la zone du peuple.
Des commentaires élevés et complexes, qui
n'ont pas place ici au premier niveau collectif, donnent le sens de
cette structure en 3 et 4, que l'on peut apprendre auprès de
ceux qui enseignent.
On y trouvera, en particulier, le sens des deux lettres chine (un
chine à 3 branches et un chine à 4 branches)
sur les téfillines de la tête ou
les 4 phases dans la prière du matin. Les commentaires les plus
simples transmettent sa source dans le mot composé de deux lettres
chine dans le verset de Chémote 28, 39.
Le plan urbain de la sainteté
1. Les zones concentriques de l'intensité de la qéddoucha
(sainteté) :
|
Zone 3 - autour de la zone 2 , les 12 tribus
d'Israël ainsi disposées
Zone 3 - autour de la zone 2 , les 12 tribus d'Israël ainsi disposées |
Zone 1 - au centre : le sanctuaire, le michkane.
Zone 2 - autour du centre : à l'Est, Moché, Aharone et
ses fils ; les lévi sur les autres côtés.
Zone 3 - autour de la zone 2 , les 12 tribus d'Israël.
2. Dans la zone du pourtour, les tribus étaient
ainsi disposées :
- à l'Est, 186400 hommes et leurs familles, de la tribu
de Yéhouda (74600 et Nakhchone), Zévoulone qui voyagera
et fera le commerce, et Yissakhar qui étudie,
- au Nord, 157600 hommes et leurs familles, la tribu de Dane
(qui donnera des Juges et Samson), accompagné de la tribu de
Nephtali (la gazelle et la diplomatie), et la tribu de Achér
célèbre pour la beauté de ses femmes.
- à l'Ouest, 108100 hommes et leurs familles, la puissance
de guerre, Ephraïm, Biniamine et Ménaché.
- au Sud, 151450 hommes et leurs familles, le camp de la morale,
de la téchouva et des bénédictions, avec la tribu
de Réouvéne, celle de Gad et de Chimeône.
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Nous constatons donc que tout est réparti selon
deux structures : le 3 et le 4.
Le Chla analyse ce fait, spécialement sur la base du Tsiyoni.
Cela réfère aux lettres du Nom de D.ieu dont Israël
est l'expression et le porteur du message. Ce nom a 4 lettres (youd,
qé, vav, qé) mais en fait il n'y en n'a que 3 car
la lettre hé ou qé est doublée. Les
dynamiques de vie de ces lettres sont ainsi manifestées.
Cette structure en 3 du camp est celle que l'on retrouve dans le Temple
de Jérusalem et dans l'autorisation de se rendre dans telle ou
telle zone suivant la participation que l'on a aux fonctions de pureté
et de sainteté : le parvis du peuple d'Israël, puis, la
zone des Lévi qui assurent le chant et la musique et la zone
des Cohen avec la zone du Saint des Saints réservée au
Grand Prêtre, le Cohen Gadol.
Cette structure n'est pas celle de classes sociales car
elles réfèrent aux 3 niveaux de chaque être humain
:
le néféche ou identité, le roua'h
ou esprit, la néchama ou âme. Par exemple, le mot
néféche se trouve en Béréchite 46,
27 quand Yaâqov et sa famille partent à 70 néféche
ou personnes en Egypte.
Le judaïsme ne fait pas un mélange de tout sous prétexte
d'égalité mais il distingue et nous transmet une pédagogie
pour faire passer toute activité spontanée à un
niveau plus grand de sainteté et de proximité avec le
Créateur. C'est ce que l'on appelle qorbane (rapprochement)
qui est mal traduit par le mot de sacrifice.
Le passage d'élévation est aussi manifesté
par la dîme : chaque Israël rapproche de D.ieu 10 % de
ses biens en les remettant aux Lévi qui eux-mêmes en remettent
10 % au Cohen. Ce dernier réfère donc au niveau 1 qui
est celui de la proximité avec D.ieu.
Qui a compris ces principes et ces vocabulaires peut comprendre le texte
de la Torah et la vie du Juif, la nécessité de ces pratiques
d'élévation, le dispositif du sanctuaire qui est
présence et pédagogie ; le livre du Lévitique
ne parait plus alors comme un catalogue incompréhensible.
Le 3 réfère aussi aux trois patriarches et, quand on
parvient à la plénitude du 4 (avec David qui a tout
préparé pour la construction du Temple), on parle d'une
structure qui véhicule bien la sainteté ; un véhicule
se dit merkava, ou char en hébreu. C'est un terme constant
dans l'expression de ce qui véhicule la sainteté. Les
4 roues de ce char de la sainteté, si l'on peut dire, sont Avraham,
Yits'haq, Yaâqov et David.
Cette structure du 4 est aussi nommée 4 mondes
de sainteté accrue, et la prière du matin est bâtie
selon quatre étapes en ce sens.
La disposition en carré du Temple y réfère
également et chaque côté a ses particularités.
Cela se traduit par la disposition des objets dans le Temple où
ce qui est plus matériel est au Nord et ce qui est plus spirituel
est au Sud. Et l'important est de bien faire circuler la sainteté
jusque dans la vie concrète (le judaïsme n'est pas une spiritualité
ni un nirvana); cela se traduira par tous les parcours qui sont demandés
au Cohen du Nord au Sud du Temple et autour des 4 coins de l'autel.
Celui qui a bien étudié cela trouve un rappel de ce qui se passait ainsi dans le Temple par plusieurs caractéristiques dans sa propre maison qui est un "petit sanctuaire" miqdache qatane (disposition des 'halotes sur la table, disposition du lit, etc). Le tout uniquement comme orientation vers la sainteté.
L'orientation-sens des drapeaux
Nous comprenons donc qu'il ne s'agit pas d'une architecture statique
mais d'une vie informée pas la conscience de ce qui se passe,
par les intentions du coeur, par l'interdépendance entre les
êtres et entre la matière et le spirituel. Celui qui est
artisan ou artiste ou architecte d'intérieur, ou celui qui prépare
un repas ou un cadeau pour ceux qu'il aime, comprend le sérieux
du geste et de l'objet ainsi investi en vérité.
Les drapeaux. Les symboles.
Prenons en raccourci le cas des drapeaux (Bémidbar 3,2) mais
nous pourrions aussi parler de tous les sacrifices (7, 12) ou des couleurs
(Chémote 28, 17) ou des nombres (Béréchite 35,
22 et 46, 27), etc.
On trouvera dans la bénédiction de Yaâqov ou de
Moché les symboles et la psychologie de groupe des tribus d'après
le symbole qui leur est donné (Béréchite ch. 4
et Dévarim ch. 33).
Chaque tribu portait une combinaison particulière des 4 lettres
du nom de D.ieu (on appelle tsérouf) que, bien entendu
je ne peux pas reproduire ici par respect. Mais on le trouve décrit
dans Chaâré Ora du Rav Guiqatilia, ch 5. La vertu
dynamique de cette combinaison, correspondant à la typologie
de la tribu, est en référence avec des versets précis
qui la comportent également et avec celle de l'un des 12 mois
de l'année ; il y a donc un zodiaque juif dont l'importance est
très grande et que les magiciens de Pharaon essayaient de dévoiler
pour agir contre le peuple et contre Moché. Mais je n'entrerai
pas dans ces détails dans un enseignement collectif, celui qui
veut en savoir davantage peut étudier auprès d'un rabbin.
Le sens de l'étendard au nom divin : exhibition
de la proximité et de l'amour assurés.
Le Chla indique qu'il y avait un drapeau pour 3 tribus et, donc, chaque
drapeau portait les permutations du nom de D.ieu correspondant à
ces 3 tribus.
Cela exprime ce que dit le verset des psaumes 122, 4 :
"C'est là que montent les tribus, les tribus de Y-a,
ché cham âlou chévatim, chivté Y-A".
Ce verset éclaire ainsi la proximité étonnante
entre D.ieu et Israël. C'est cette réalité qui est
ainsi affichée et brandie, ce qui est le sens du mot étendard
en hébreu.
C'est plus que la proximité qui est ainsi exhibée, c'est
aussi l'amour, ahava.
En effet, sur Bémidbar 2, 2 le Middrache Rabba et le Middrache
Tan'houma nous donnent les clefs ; d'abord celle de la proximité
et de l'unité :
- "Nous nous réjouirons dans Ton salut et dans le nom de notre
D.ieu nous élèverons un drapeau" (Psaume 20, 6).
Nérannéna bichouatékha ouvéchém
éloqénou nidgol.
Et l'amour :
- "Le drapeau qu'il a étendu sur moi, c'est l'amour". (Chir
haChirim, Cantique des Cantiques 2, 4).
Védighlo âlaï ahava.
Et, en cela, nous avons la certitude que Hachém a réalisé
tous nos souhaits comme le disait ce même verset 20, 6 des psaumes
: "Il accomplira tous tes désirs", yimalé Hachém
kol-michalotékha.
Quand nous débattons sans fin de ce qu'est l'identité
juive et comment la doser par rapport aux autres identités auxquelles
nous sommes assimilés, cet enseignement de la Torah nous répond
:
votre identité juive n'est pas seulement l'adhésion
patriotique à l'Etat d'Israël et à son drapeau, c'est
une identité d'union avec Hachém, de proximité
nationale avec Lui et d'être revêtus de Son amour.
Le Chla revient sans cesse sur ce point :
les néchamotes (âmes) des Juifs ont leur racine
dans une zone très proche de celle de D.ieu lui-même.
Disons qu'il s'ensuit que
- nous devons avoir le même regard sur chaque Juif que celui
que porte ainsi D.ieu Lui-même : les voir en ce lieu.
- les situer dans leur altérité et dans leurs différences
sans les retirer de ce lieu divin.
- les situer dans cette position où ils sont couverts de l'amour
de D.ieu qui leur donne la connaissance de Son être et de Son
dessein (Sa Torah où tout est donné définititivement
sans autre étape supplémentaire à venir).
- tout ce qui est dit de meilleur envers l'homme est déjà
donné et tient dans le nom de "bén" (fils) qui est donné
à Israël. Mais à tout Israël, selon la complexité
inscrite sur les drapeaux, et non pas à un seul qui serait "le"
fils, erreur d'ignorants dans la transmission de la Torah.
- cet amour doit s'exercer entre nous dans le respect (voyez nos
réflexions
sur la fraternité, lien ici )
- cet amour de fraternité doit s'exercer dans la guémiloute
'hassadim (la bonté effective dans l'action), dans la tsédaqa
chaque fois qu'un besoin est placé devant nous comme le précisent
de nombeuses mitsvotes, et par le maâssér (don minimal
du 10e de nos biens pour la communauté).
Il faudrait aussi mettre ces drapeaux en correspondance
avec les couleurs des 12 pierres du éphod du grand prêtre
(Chémote 28, 15-20) ; elles avaient chacune 6 facettes, ce qui
correspondait aux 72 combinaisons du Nom de D.ieu. Leurs noms sont :
rubis, topaze, émeraude,
escarboucle, saphir, diamant,
opale, agate, améthyste,
chrysolite, onyx, jaspe.
Tout cela, le peuple le voyait, le comprenait et le savait
; on comprend la perte que représente la destruction du Temple
et son occupation par d'autres nations. Une part énorme du
peuple a perdu la conscience et la connaissance de ce dispositif
pédagogique vital. Nous avons été les victimes
d'un lavage de cerveau culturel par le christianisme ambiant qui a tenu
à dévaloriser tous ces rites pour justifier ses choix.
Aujourd'hui même, des représentants officiels ont encore
affirmé que si des Juifs s'avisent de prier sur le Mont du Temple,
la riposte sera violente!
Nous devons donc étudier davantage pour approfondir les sens
multiples de tous ces outils pédagogiques afin de comprendre
le sens de tout cela qui n'est pas seulement de la politique. Aveugles
que ces nouveaux laïcs en politique internationale qui prétendent
soumettrent les peuples à leur schéma intellectuel qui
proscrit la religion du domaine public et politique pour le réduire
à la vie privée. Ils décapitent les gens et les
peuples de toute anthropologie concrète pour en faire une abstraction,
comme les Inquisiteurs sauvaient l'âme des Juifs en les transmutant
sur le bûcher.
Des signes référaient également aux
anges, à leur disposition, à des couleurs et aux noms
des patriarches selon ce plan :
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(Dévarim 32, 11) |
( Dévarim 33, 17) |
(Béréchite 30, 14) |
(Béréchite 49, 9) |
Symbole sur le drapeau |
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Lettre du nom du patriarche Avraham sur le drapeau |
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Lettre du nom du patriarche Yits'haq sur le drapeau |
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Lettre du nom du patriarche Yaâqov sur le drapeau |
Donc, le drapeau de Yéhouda comportait le lion, le aléf et deux youd.
Nous comprenons de là clairement que des significations
étaient ainsi brandies comme des réalités importantes
et comme média de pédagogie publique :
- la structure de la réalité selon un ensemble composé
de 4 dynamiques,
- la connaissance et le respect de la particularité spécifique
de chacun,
- une spécificité allant du plus concret et pulsionnel
jusqu'au plus élevé et divin,
- le fondement égal de chacun dans la participation aux trois
patriarches,
- la complémentarité absolue rendue par le fait que le
nom de chaque patriarche diffuse sa vie également en chacun,
mais encore avec une spécificité de chaque lettre différente,
- le fait que l'être du peuple et de chacun est inséré
dans les réalités invisibles et divines,
Cette insertion complexe est celle de la famille, c'est aussi celle
de la transmission.
Il nous faut donc faire un effort pour ne pas plaquer sur la Torah les
catégories politiques actuelles, qui n'accordent à la
Torah une valeur que dans la mesure où on y retrouverait nos
idéologies culturelles.
Il faut, au contraire, faire de nous un désert vierge de ces
idéologies contingentes actuelles et être disponible pour
essayer de découvrir ce qu'est en soi le système
juif et ce qu'il nous enseigne.
(Application : essayer de transposer ces valeurs dans notre vie juive
actuelle. Le Ari zal commence ainsi son enseignement dans Péri
Ets 'Hayim). Nous ne sommes pas dans l'ésotérisme
ni dans des symbolismes transmis par des initiations comme dans la tradition
maçonnique car il s'agit en tout cela d'une pédagogie
la plus publique.
Maintenant, nous comprenons ce que nous demande la Torah dès
les premiers versets : vivre sous notre drapeau, dans nos maisons lébéit
avotam, dans nos familles lémichpé'hotam.
Et la femme ?
Maintenant, également, ayant à de multiples occasions
découvert sur Modia que tout enseignement de la Torah contient
l'enseignement centré sur la femme pour ceux qui ont le coeur
ouvert et vont au coeur de la Torah, voici : Ribbi Yaâqov Abou'hatséira
ouvre ce niveau en démontrant longuement que "dans la maison
lébéit" réfère à Léa
et Ra'hél , "mères" de toutes ces tribus. L'union est
à la source la plus profonde mais il ajoute que leurs lumières
ne peuvent briller que par les bonnes oeuvres et les prières
d'Israël. Inversement, une action à ces différents
niveaux de la fraternité et l'unité et du respect des
spécificités crée un tiqqoune
(lien ici) dans le monde d'en-haut, dans les sources et tout le
monde en bénéficie dans sa globalité. En somme,
notre pouvoir d'améliorer en nous ou autour de nous est énorme
mais il passe par la sensibilité, l'attention, l'action et la
prière et le respect du féminin.
Il explique que c'est cela la fonction de ce compte des tribus qui nous
est présenté : pour éveiller notre téchouva,
notre retour à toutes ces dimensions essentielles, chez chacun
et ensemble.
Il va plus loin encore en nous prouvant que les dynamiques de Caïn
et Abel continuent à agir, celles d'Abel étaients majoritaires
dans le peuple du désert (c'est l'un des sens du drapeau déguél
dont la guématria est 37 comme le nom de Abel) mais c'est à
nous de savoir dépister et gérer les risques.
La marche, la sainteté mobile
C'est l'ordre dans lequel le camp se mettait en mouvement, en Bémidbar
10. Quand le camp devrait se déplacer, l'ordre étant celui-ci
a un sens, auquel on pourra réfléchir :
- en tête, l'arche de l'alliance, tirée par les vaches
qui jouent un rôle important décrit dans le Zohar ;
- puis le camp de l'est ; les tribus de Yéhouda, Zévoulone
et Issakhar ;
- puis les porteurs du sanctuaire, les fils de Guerchone et Mérari,
- puis le camp du Sud, les tribus de Réouvéne, Chimeône
et Gad ;
- puis les porteurs des ustensiles du sanctuaire et la table, les fils
de Qéhate, et Aharone ;
- puis le camp de l'Ouest, les tribus de Ephraïm, Binyamine et
Ménaché ;
- puis le camp du Nord, les tribus de Dan, Achér et Néftali.
Certains commentateurs placent l'arche d'alliance en 2e ou en 3e position.
Ici, encore, essayer de trouver le sens de cet ordre.
Lire
Il faut relire ici les bénédictions finales de Yaâqov
à ses fils et celle de Moché aux tribus pour comprendre
la particularité de chacune dans son rapport à la sainteté
dans la vie quotidienne.
Coutumes
Celui qui est monté à la Torah pour lire le passage des
malédictions, la semaine précédente lors
de la paracha Bé'houqotaï, est appelé à
monter à nouveau, et sera appelé à nouveau pendant
la fête de Chavouôte.
Un test de notre volonté d'unité
Apprendre à connaître l'histoire des autres
communautés (lien ici), leur sensibilité surtout,
leurs musiques car rien n'est plus intime que ce qui est entré
dans l'oreille et que l'on aime spontanément. Aimer quelqu'un,
c'est être sensible à ce à quoi il est sensible.
Etapes de l'étude
Cette étude demande
- de dessiner le plan de ce camp avec les noms et caractéristiques,
- de relire la paracha ensuite,
- d'étudier les versets dont les références sont
données,
Bilan
1. réfléchir aux implications nombreuses
pour nous et notre vie sociale de ce que la Torah veut ainsi nous enseigner
:
- nous devons être proches, ce qui veut dire connaître
l'autre dans sa distance, dans sa nature et nous en rapprocher jusqu'à
comprendre sa sensibilité, sa culture et l'estimer véritablement.
Où en suis-je ? Le plus important est le travail constant et
laborieux pour cette coexistence dans notre propre bâtiment d'habitation
: c'est là que se joue le béit hamiqddache ou la
venue ou non du Machia'h, pas dans les belles conférences
émouvantes sur le sujet.
- nous devons être conscients que nous formons un seul corps,
où chacun est aussi vital et essentiel, comme une des faces indispensables
de la Torah.
- nous devons être conscients que ce corps est diversifié
et complexe, et non pas réduire tous les autres à
une unité semblable à la nôtre ; aujourd'hui la
conscience s'éveille lentement sur les dégâts causés
par l'intolérance bien intentionnée lors des aliyotes
en Israël (infériorisation culturelle, sociale et économique
des non occidentaux par ceux qui s'estiment "l'élite" aux postes
de commandes, problème terribles des enfants yéménites,
erreurs renouvelées jusqu'à la alyah des juifs d'Ethiopie,
présence très faible des musiques orientales sur les chaînes
de radios nationales, etc) ; on crie au scandale devant les cris des
humiliés, et devant les excès des révoltes,
et la solution prônée est l'unité mais...
selon "mon" propre modèle culturel et politique des dites élites
très partielles ! Cela veut dire que la conscience n'est pas
encore vraiment touchée. C'est un problème éducatif,
certes. C'est un problème normal lors du rassemblement des exilés,
certes. C'est surtout un problème humain normal et fondamental
et non pas seulement un problème conjoncturel. C'est pour cela
que la Torah nous l'enseigne.
2. Pour bien avancer dans ces problèmes :
- apprendre par coeur les noms des tribus, leurs caractéristiques,
ces dispositions et fonctions dans le camp.
- être capable de dessiner le camp avec ses répartitions.
- transposer ces "camps" à la réalité actuelle
du judaïsme et se faire le militant de la pratique de ces mitsvotes
que la Torah nous enseigne dans cette paracha. D'abord dans notre propre
tête, dans notre comportement, en corrigeant nos propres dérapages,
en nous rapprochant de ceux qui sont différents, en allant chez
eux dans leur domaine culturel ou cultuel, en les y appréciant.
- travailler à réduire les expressions de préjugés.
Faire la liste de ces préjugés que nous avons ou que nous
entendons.
- rechercher comment réagir en situation pour les réduire.
3. Lire les bénédictions de Yaâqov (Béréchite ch. 41) et de Moché (Dévarim ch. 33) pour bien comprendre cette diversité. Relire le commentaire de la paracha Chémote : les noms des enfants d'Israël.
4. Toujours nous rappeler que cette diversité est une approche partielle et indispensable de la richesse de notre Créateur comme l'exprimaient les drapeaux.
5. Se rappeler que seuls la diversité et le différent sont facteurs de fécondité : deux hommes ou deux femmes ne peuvent jamais "faire" cette merveille qu'est un enfant. Ce constat est le même entre les composantes humaines.
6. La valorisation de chacun dans sa différence et sa nature est la base de cette fécondité commune.
7. Selon les mêmes principes, c'est à chacun de faire ce bilan et d'améliorer le monde, tâche pour laquelle nous sommes ici : achér bara Eloqim laâssote, que Eloqim a créés pour qu'ils fassent.
Nous avons la chance et le don d'être les premières
générations qui ont ainsi le privilège de travailler
à cette amélioration pour construire ensemble le véritable
Adam-Israel. Voyons-y un privilège enthousiasmant et non pas
une occasion de nous lamenter.
Les Principes des Pères (Pirqé Avote) que nous
lisons en ce moment pendant le Ômér et avant Chavouôte
nous rappellent que notre vie est un bref temps qui nous est offert
pour améliorer ce qui devrait être un Gan Edén où
l'on marche en présence du Créateur dans la fraternité,
et non pas un club de vacances pour paresseux égoïstes.
Il faut bien terminer sur ces thèmes où
nous pourrions parler longtemps :
- (Béréchite 49, 16) : é'had chivté Yisrael
(un, les tribus d'Israël) et Rachi ajoute : "comme bien-aimé
du Roi".
- chacun doit se comporter selon son origine, sa source et aimer celles
des autres, dans l'unité.
- se comporter comme David qui était envers tous et chacun bonté
et miséricorde : David ôssé michpate ou tsédaqa
lékhol âmo (II Samuel 8, 15).
- la morale de rapprochement des coeurs (qirouv lévavote)
n'est pas une morale, ni une nécessité de l'heure
politique, c'est la structure même de l'être de notre peuple
mais dans la diversité, et c'est l'enseignement même
de LA TORAH et non pas de tel ou tel personnage charismatique.
Pour se connaître, se comprendre
et se respecter concernant nos espaces de sainteté ;
Combien de fois Jérusalem est-elle citée dans
la Bible ?
- 667 fois : 641 fois sous l'orthographe Yérouchalayim
et 26 fois commeYérouchélem.
Combien de fois Jérusalem est-elle citée dans
le Coran ?
- 0 fois
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