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LE PSAUME 23
UNE ETUDE APPROFONDIE BASEE SUR LES SOURCES
qui répond à nos questions essentielles.
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Merci de dédier cette étude et ces prières pour demander la guérison de Nitsane ben Myriam, et de tous les malades.
© Voir les conditions du copyright. Ce texte peut être imprimé pour l'étude personnelle ou de groupe.

Voir son lien au chabbate, ici
Cette page comporte des lettres saintes, ne la placer que dans un endroit respectueux.
Voir aussi ici l'étude du psaume 29 du Chabbate, une étude très précise et complète de ce qu'est un psaume.


Etude du psaume 23
Verset 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6

Voici un psaume qui nous rend la douceur de vivre. Nous avions tout reçu pour ne pas l'oublier, mais nous l'oublions sans cesse et le psaume nous remet dans cet axe vrai et profond de ce qui est toute l'existence, créée sur la bonté. A nous de savoir la capter, et y revenir.

(Photo de l'auteur)

Mais nous avons notre part. C'est ce que nous allons découvrir.


En janvier 5758 (2008), au cours de la visite de Bush en Israël et dans la région pour diviser Jérusalem avec Olmert et remettre aux Arabes la Judée et la Samarie, accusant Israël d'occupation du sol arabe alors que c'est la terre historique d'Israël, retrouvée en toute rigueur selon le droit international après une victoire contre les forces arabes qui attaquaient en 1967, au milieu des enjeux qui s'y déroulaient, voici comment j'ai vécu ces moments: je les ai placés à l'intérieur de ce psaume 23 (Hachém est mon berger, je ne manquerai jamais de rien". Et, dans la réalité de notre contexte, pour porter ma prière dans le respect de la Création environnante, j'ai dessiné ce psaume sur fond du vert islamique qui nous environne et avec la lumière, et pour la transformation de la complexité en bien, comme dit la paracha de cette semaine-là "Bo, viens vers Pharaon" (viens avec moi vers Pharaon), j'ai dessiné ce psaume dans la langue farsi de l'Iran et dans l'écriture arabe de nos voisins. C'est ainsi, comme Esther, en Iran, venir dire en farsi au Roi des Rois et Roi de tous les peuples, que nous avons confiance en Lui sans cesse et même dans la possibilité des hommes de comprendre. Esther a ainsi gagné. Lisez ici cet épisode audacieux. Nous le renouvelons.

Voici la traduction du psaume:
"Psaume de David. Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien. Dans de vertes prairies, il me fait camper, il me conduit au bord des eaux paisibles. Il restaure mon âme, me dirige dans les sentiers de la justice, en faveur de Son nom. Dussé-je suivre la sombre vallée de la mort, je ne craindrais aucun mal, car Tu serais avec moi; Ton soutien et Ton appui seraient ma consolation. Tu dresses la table abondante devant moi, à la face de mes ennemis. Tu parfumes d'huile ma tête. Ma coupe est pleine à déborder. Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront toute ma vie durant, et j'habiterai de longs jours dans la maison de Hachém".


D'abord, expliquons pourquoi cette étude sera précise, appuyée sur de nombreuses sources de la tradition, recherchées, mises en correspondance, et non pas seulement un enseignement du style: "vous êtes angoissés, récitez ce psaume et vous serez délivrés de tous vos maux, il en a le pouvoir, faites moi confiance" suivi chez le pratiquant de réflexions du type: "il connait les ségoulotes, les puissances magiques de chaque psaume et il vous dira celui qui vous convient et vous serez guéri". Supercheries religieuses, intellectuelles et souvent escroqueries pécuniaires. Non, le psaume est un travail sur nous-mêmes, dans tous les niveaux de notre être.
Voici, au contraire, ce que dit la Torah sur la façon d'enseigner à propos du premier verset de la paracha Michpatim: "et voici les statuts que tu placeras devant eux" (Chémote 21,1). Rachi soi-même commente en nous transmettant le sens reçu par la tradition orale: "Ha qaddoche baroukh Hou, le Saint béni soit-il, dit à Moché: qu'il ne te monte pas à l'esprit de dire, je leur enseignerai un chapitre ou une halakha, une décision pour appliquer la Torah deux ou trois fois jusqu'à ce que cela soit bien devenu automatique dans leurs bouches mot à mot, et je ne me fatiguerai pas à leur faire comprendre le sens et la signification de ce qui est enseigné; c'est pour cela qu'il est écrit: que tu placeras devant eux, achér tassim lifnéhém, comme une table préparée (ké choulkhane ha âroukh) et prête pour que l'homme en mange".

Dans les psaumes chaque mot est une somme d'enseignement et le coeur ne peut prier qu'en connaissant bien la dimension intérieure du psaume et sa trajectoire. Commençons.




1. "Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien.
2. Dans des prairies d'herbe il me fait camper, sur des eaux de repos Il me conduit.
3. Mon âme il la restaure, il me conduit dans les sentiers de la justice, pour Son Nom.
4. Même quand j'irai dans la vallée de la mort, je ne craindrai pas le mal car Toi Tu es avec moi,
Ton soutien et Ton appui ce sont eux qui me consolent.
5. Tu dresses devant moi une table contre mes persécuteurs:
Tu parfumes d'huile ma tête; ma coupe est pleine à déborder.
6. Et donc le bien et la bonté me poursuivront tous les jours de ma vie;
et j'habiterai dans la Maison de Hachém au long des jours".


Etude du premier verset pour bien le comprendre et bien le prier


Mizmor lé David, Hachém roî, lo é'hsar.
Psaume de David. Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien.


Etudions-le d'abord avec le 'Hida. C'est une véritable étude classique, approfondie qui relie les textes entre eux, la grande classe de la tradition.
Pourquoi le mot "berger" de troupeau?
Le Yalkoute Chimôni, ch. 4, sur Ezéchiel 34, 31, cité par le Rav Matrani dit que Israël est nommé Adam quand il vit selon la volonté (ratsone) de Celui qui crée tout l'espace et qu'on appelle ainsi "Maqom, Lieu". Par contre, quand il ne le fait pas, on le nomme par l'appellation tsone, troupeau. Il vit alors en troupeau suiveur et, comme un troupeau, il suit le premier qui l'emmène dans le précipice. Mais, même alors, Hachém est le Berger de Son peuple qui dévie et court à sa perdition.
C'est donc encore un grand privilège et une sauvegarde heureuse que d'être ainsi sauvegardé quand on pâtit des conséquences négatives de nos actes. Maintes fois, les prophètes l'ont rappelé dans chaque époque. Aujourd'hui, où il est tellement clair que les dirigeants du peuple d'Israël.

Mais, nous devons aussi nous extirper de notre condition de troupeau allant vers le mal si nous demandons aussi à Hachém de nous aider. Concrètement, en cette heure vitale pour Israël, notre examen de conscience doit porter sur ces points suivants:
Même si nous agissons dans une guerre nécessaire, avec la force vitale de la logique, de l'intelligence et de la cohésion, la réalité de l'existence d'Israël dépend encore, en profondeur, d'autres facteurs de société qui ne sont encore nullement pris en compte dans ce qui est l'habituelle politique et logistique de défense, de résistance et de construction:
il s'agit de la moralité dans la direction politico-financière, la justice sociale, la justice éducative égalitaire, la volonté d'appréciation réciproque entre les différentes composantes de la société, spécialement de la part des religieux envers ceux qui n'ont pas reçu ce bagage de l'identité nationale par le fait qu'ils ne le leur communiquent pas; enfin et surtout, le silence très coupable des grands leaders rabbiniques en cette heure extrêmement grave, qui n'apportent pas au peuple les réponses de la Torah, existantes, claires, celle de la téchouva morale et sociale et de la fraternité absolue. Spécialement quand ils savent, eux, qu'une telle crise où Israël est attaquée de l'extérieur contre sa survie ne vient que de deux raisons indiquées par la Torah: l'immoralité de la vie sociale, politique, fraternelle et religieuse, et le refus d'une grande partie du peuple de recevoir le cadeau que D.ieu fait à Son peuple de Sa terre pour venir y vivre selon Sa Torah.
Il faut, ici, absolument aller lire ou relire le premier chapitre du prophète Isaïe, versets 1 à 17. C'est l'exacte description de notre société juive actuelle, et les cris de scandale de D.ieu, non pas ceux d'opposants politiques.

Alors, en cette situation,
comment peut se faire aussi cette téchouva indispensable, vitale?

C'est nous tous qui sommes les soldats de ces combats essentiels, où que nous vivions, en Israël ou dispersés dans l'exil.
Ce n'est pas du tout par quelques petites collectes financières mais momentanées de solidarité que nous apportons les vraies réponses de fonds. Avant de continuer à prier, nous devons nettoyer notre coeur et nos actes.

Pour cela, il faut, ici, absolument aller lire ou relire la suite du premier chapitre du prophète Isaïe, versets 18 à 31.

La téchouva (retour) est d'autant possible que les nations sont gouvernées en haut, selon le Zohar, par les puissances célestes que l'on nomme les sarim, les Princes dont elles tirent leur force ('hozeq, en hébreu, et toqpa, en araméen dans II Zohar 17a) qui sont sous l'obédience de D.ieu.
Tandis qu'Israël, dans la mesure où elle vit selon son être, est sous la mobilisation directe de la volonté de D.ieu. Cela peut sembler un privilège, ce n'est pas le sujet car c'est d'abord une exigence de pureté.
C'est pour cela qu'il est dit à propos de cet Israël dans le Traité Baba Batra (page 115b): "guémiri, nous étudions la Torah et l'écoutons vraiment, ela kala chivta, et qu'il y ait une destruction, une part d'Israël subsistera puisqu'elle est branchée dans la Torah qui est le branchement sur le Créateur de vie". (Vous voyez combien les mots du Talmud sont abrégés et qu'on ne peut les étudier qu'avec quelqu'un qui a reçu la tradition orale sinon on ne peut pas déchiffrer ni comprendre et on parlera alors bêtement d'arguties talmudiques).
C'est pour cela qu'il est dit que "Hachém est envers nous roï, mon berger". C'est Lui notre sar, notre Prince et, donc, "je ne manque de rien", dit le verset du psaume: ela kala chivta, et qu'il y ait même une destruction, une part d'Israël subsistera.
Et maintenant, nous comprenons parfaitement le lien qu'il y a entre notre psaume et ce que dit le prophète Ezéchiel 34, 31:
"Véatem tsoni, tsone marîti, Et quant à vous, vous êtes mon troupeau, le troupeau que je fais paître,
Adam atem, Adam vous êtes, (et D.ieu place alors les formules grandioses comme à chaque fois que c'est une déclaration capitale qui engage tous, Lui et les humains),
Ani Eloqékhem, néoum Adonaï Hachém, Je suis votre D.ieu, déclaration du Seigneur Hachém".

Attention, "Véatem tsoni, tsone marîti, Et quant à vous, vous êtes mon troupeau", ce n'est pas un privilège du type "peuple élu", cela veut simplement dire: "vous n'accomplissez pas Ma volonté mais Moi Je suis cependant votre berger qui vous guide".
Nous devons donc reconnaître nos écarts de conduite et nous replacer sous la bonne guidance, c'est ce que l'on appelle la téchouva, le retour.


Nos écarts de conduite sont flagrants et conduisent à la destruction d'Israël. C'est clair: Après 2000 ans, le Ciel nous ramène et nous savons que nous ne pourrons subsister que si nous sommes fraternels, que si nous éduquons dans la Torah, que si nous aidons les pauvres, que si nous sommes droits avec les autres peuples. Dans chacun de leurs livres, les prophètes ne font que redire cela car ils appliquent et expliquent la Torah dans l'actualité.
Mais, au lieu de remercier et d'agir en ce sens, comme des pilotes fous, nous avons saccagé.
Alors, les ennemis reçoivent par nous la liberté d'attaquer alors, les victimes sont nombreuses, plus d'un millier.
Mais encore, au lieu de comprendre et de revenir, non, nous sommes sourds, méprisants envers le Ciel et entre nous, et nous expulsons les Juifs de leur terre (Gouch Katif, et la suite préparée avec obstination); et nous donnons la terre aux pires ennemis et nous disons dans un mensonge éhonté aux nations: "n'est ce pas que nous sommes des pacifistes ainsi" et les nations qui veulent notre destruction encouragent alors ceux qui trahissent leur identité et leur mission du peuple de la Torah.
A ce point, dans la même logique, les ennemis amenés par nous pour nous encercler attaquent, et à nouveau des 4000 roquettes et des missiles et la destruction des agglomérations du Nord d'Israël, et il n'y a que très peu de victimes. Et nous ne comprenons rien encore: ni les religieux ne font téchouva pour aimer tous leurs frères et partager avec eux la Torah et prendre leur part dans la défense commune, ni lutter les premiers pour la justice envers les pauvres. Et le mépris des autres envers eux continue également.
Troisième avertissement: nous avons perdu la guerre et au lieu de faire téchouva, de revenir, nous mentons effrontément sans vouloir prendre en compte l'avertissement ni nos morts, et disons que nous avons gagné.

Alors notre machine à nous détruire continue à fonctionner de plus belle, par notre unique faute: ce n'est pas une punition externe, c'est un suicide accompli par nous.

REAGISSONS!

JE LANCE DONC ICI UN APPEL. IL N'Y A PAS DE SOLUTION DANS LE POLITIQUE EN ADHERANT A UN TEL CONTRE D'AUTRES. NI A REGARDER PASSIVEMENT LA TV. IL N'Y A PAS DE SOLUTION DANS LE SEUL MILITAIRE: NOUS VENONS DE LE CONSTATER, LE MILITAIRE SANS LA MORALE EST NUL EN EFFICACITE.
DONC, REVENONS A L'AVEU DE LA FAUTE COLLECTIVE ET INDIVIDUELLE ET REVENONS A CE QUI EST UNE VERITABLE RELATION D'AMOUR PROUVEE ENTRE LE MAITRE D'ISRAEL ET NOUS SON PEUPLE COMPLEXE, ET QU'IL FAUT AIMER DANS SES COMPOSANTES LES PLUS DIVERSES. EN EN TIRANT LES CONCLUSIONS. C'EST CELA LE SENS DU MOT "Mon Berger, roï".
C'EST L'APPEL A CETTE RELATION D'AMOUR ENTRE LE CIEL ET NOUS PAR DES ACTES CONCRETS, SEULE ACTION EFFICACE, QUE NOUS LANCE CE PSAUME 23.
C'EST POUR CELA QUE NOUS EN FAISONS ENSEMBLE UNE ETUDE TRES APPROFONDIE.
S.O.S!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Comment le dire davantage?
LISEZ DONC CETTE ETUDE COMME UNE LETTRE PERSONNELLE
adressée à vous par le Ciel, je ne suis que le facteur qui vous apporte ce courrier écrit par tous les Sages de notre tradition merveilleuse.
Je ne suis qu'un scribe rapide.



Toute la solution de la survie et du bonheur d'Israël tient en cela et non pas dans des trucs magiques comme j'en entends souvent évoquer du type (dans les difficultés terribles actuelles du peuple ou de votre vie personnelle, vous obtiendrez tout si vous allez sur la tombe de X, si vous ouvrez au hasard le livre de Untel, si vous dites telle formule chaque jour, si vous lisez uniquement le livre de tel Rav, si vous devenez adepte de X qui seul sait tout et qui fera le salut du monde, si vous faites telle mitsva, si vous donnez à notre oeuvre de la tsédaqa, etc, etc.).
Tous cela n'est que se substituer à la Torah et à Son maître pour n'en prendre qu'une partie (parfaite mais délaissant l'ensemble) ou un substitut humain au rôle de berger du seul Roé, berger. C'est une supercherie contre la Torah qui est un ensemble. On redescend alors au niveau des sarim, des Princes comme les autres nations et on s'étonne, en plus, de par la division du peuple ainsi créée, que le salut n'arrive pas car on a détruit au lieu de construire tous ensemble.

Donc, au contraire, soyons "Adam', c'est à dire ces humains tous créés selon le modèle direct d'union au Créateur, car Adam a la guématria 45 qui est celle de l'écriture du Nom de D.ieu, pour bien en montrer la relation de lien et d'unité exclusive. Ne preneons pas d'autres styles de modèles comme le font les autres nations et religions, l'expression "Adam atem, vous vous êtes Adam", a un sens qui indique la différence (lémaête) par rapport à d'autres et à leurs modèles, et le Ritba et le Rachba l'indiquent dans leur livre de Réponses, 1, 830.
Ne pensez pas qu'on puisse en déduire quelque chose de péjoratif envers les nations, cela n'existe jamais dans la Torah car tout homme est à l'image de D.ieu; c'est pourquoi Rabbénou Tam précise bien sur ce sujet: les nations du monde (oumotes ha ôlam) sont nommées (niqréim) "haAdam" et le peuple juif est nommé Adam. Donc simple nuance mais non pas divergence. Mais l'exigence particulière envers nous subsiste. Cette différence est indiquée dans les commentaires oraux de ce qui s'est produit lors de la dispersion après la Tour de Babel (Béréchite ou Genèse 11,5).

Vous le voyez, l'enseignement de la Torah démontre en tous ses axes combien il est vital que le peuple juif soit relié à son Berger pour qu'il puisse bénéficier de la protection ontologique, automatique. Ce ne sont pas les armes seules, ni les alliances politiques avec un empereur moderne puissant, ni une économie brillante, qui peuvent assurer la prospérité et la survie de ce peuple particulier, car elles ne sont que du vent sans ce lien, donc moral, au Créateur. C'est ce que ce verset de Béréchite (la Genèse) nomme "la tour qu'avaient bâti les fils de haAdam", ce n'est que de l'humain friable. Ne faisons pas de la Torah cela, ne faisons pas de Son peuple cela. Ensuite, refusant notre jonction vitale, on s'étonne que notre santé est en danger et que les ennemis deviennent puissants comme les cellules d'un corps vivant de façon malsaine sont attaquées. C'est ce que l'on appelle tomber dans 50 portails de l'impureté ('hamichim chéâré toumea).
Pour ceux qui ont une formation leur permettant de comprendre avec justesse et complexité les niveaux du rémez, le 'Hida indique que tout cela est résumé en code dans la composition du mot tsoni (mon troupeau) dont les deux premières lettres tsadé aleph forment la guématria des mots Adonoute Hachém (91), le noun annonce les 50 portails de la connaissance et sagesse (bina), et le youd est la sagesse ou 'hokhma. Pour ceux qui n'ont pas encore cette formation très spécialisée, ne prêtez pas attention à ce paragraphe, il n'est qu'un aide mémoire dans les connaissances pour ceux qui ont ce niveau avancé.

Vous comprenez, par cette étude longue d'un seul verset chez nos Sages nous rapportant notre tradition, quelle puissance a l'étude pour éclairer nos enjeux qui sont vitaux au niveau du peuple aussi bien qu'au niveau personnel. Et notre position heureuse ou non dans l'existence et dans les conflits est différentes si on comprend cela ou non. Mais il faut étudier pour avoir ces éclairages; on le fit pour toute connaissance nécessaire dans la profession, et on le néglige en un secteur vital bien plus important encore.

Munis de ces connaissances, vous comprenez les usages multiples de D.ieu nommé roé, berger dans la Torah, par exemple par Yaacov-Israel bénissant Ephraïm et Ménaché et disant: "HaElohim ha roé oti méôdi âd ha yom ha zé, le D.ieu qui a été berger pour moi depuis toujours jusqu'à ce jour-ci" (Béréchite 48,15).
Voyez également dans le Cantique des Cantiques le terme de berger ou faire paître ou conduire (roê): 1,7; 1,8; 2,16; 4,5; 6,2. ou dans les psaumes: 49,15; 78,71; 80,14. Vous comprendrez parfaitement le psaume 28 et surtout son verset 9.
Et de même en de nombreux passages de tout le Tanakh (la Bible), 75 fois.

Ce qui est donc important, après avoir compris cela, c'est de faire de la lecture-prière de ces versets et mots, non pas une connaissance mais une "réalisation" présente ensemble (intérieure, relationnelle avec Hachém, et extérieure).

(photo de l'auteur, près de chez moi, à Jérusalem, près: les herbes multiples comme tous les humains et toutes nos tâches; au loin: le moulin de Montefiore, la force de notre tradition qui nous enseigne en phare; et le ciel de Jérusalem; le tout, en une seule présence). Là, nous essayons d'être ce troupeau et conformes au berger.


Etude du deuxième et troisième versets pour bien les comprendre et bien les prier



2. Binéote déché yarbitséni; âl méi ménou'hotes yénahaléni
Dans de belles prairies d'herbe, il me fait camper; sur des eaux de repos il me conduira.
3. Nafchi yéchovév; yané'héni vémaâguéléi- tsédéq lémaâne Chémo..

Mon âme, Il la restaurera; il me dirigera dans des sentiers de justice, pour Son Nom.


Il faut essayer de comprendre ce que cela veut dire. Il est interdit de prier sans cavana (intention basée sur la compréhension du texte). Et il est bien ordonné aux éducateurs de ne pas faire des automates de ceux qui veulent étudier et prier. Donc pas: vous avez tel problème, lisez x fois le psaume Y, comme s'il était efficace par cet acte; le judaïsme n'est pas de la magie. Si cette conception et pour vous nouvelle et vous surprend, lisez le commentaire de Rachi sur Chémote 21,1: "Vééllé hamichpatim achér tassim lifnéhem" (et celles-ci sont les ordonnances que tu placeras face à eux). Rachi commente: "que tu placeras face à eux: Ha qadoche baroukh Hou (le Saint, béni soit-Il) a dit à Moché: qu'il ne te vienne pas à l'esprit de penser comme ceci, je vais leur enseigner un chapitre ou une halakha deux fois ou trois fois jusqu'à ce que ce soit devenu un automatisme connu dans leur bouche, et je ne vais pas me fatiguer à leur faire comprendre le sens des choses et leur signification; c'est pour cela qu'il est dit: " que tu placeras face à eux", comme une table préparée (choul'hane âroukh) et disposée pour manger devant un être humain (lifné adam). Fin de citation de Rachi.
En conséquence, vous comprenez pourquoi je place ces commentaires sur les psaumes souvent lus avec répétition automatique. Il vaut mieux aller jusqu'à apprendre l'hébreu car des jeux nombreux de sens ne transparaissent que dans l'hébreu, mais en tous cas, il faut étudier les commentaires pour nous ouvrir le regard et la sensibilité sur les mots. Continuons donc.

Les verbes de ces trois versets sont un futur (je ne manquerai, il me fera camper, il me conduira, il restaurera, il me dirigera). Ce n'est pas un futur de souhait mais de certitude; de plus, ce futur hébraïque est un présent continu que l'on prolonge jusqu'au futur. Donc, ressentir cela dans la prière.

Ces verbes se terminent par la particule "i" qui relie les deux personnages, l'acteur (D.ieu) et le bénéficiaire (moi) en un seul mot d'union. Prendre le temps de déguster cette union. J'appelle cela "se rapprocher en sincérité, en union", diminuer l'écart de la sincérité. Le "Il" grandiose et le "moi" sont dans une présence. On comprendra ensuite combien ce lien est capital pour que l'on en vienne à oser traverser les vallées de la mort. Et, en ce moment de guerre, on découvre alors l'importance d'une prière vécue ainsi vraiment. Certains de nos Sages en tous les siècles ont appelé cet exercice, ou plutôt cette attitude du coeur et de la pensée dans la prière: cavana (intention) ou bien hitbonénoute (attention, méditation).
Arrivés à une telle intimité, je dirai à ceux qui ont étudié davantage, (par attention du coeur, et que D.ieu me pardonne si je me trompe en cela) que ce n'est pas par hasard que ces trois versets se terminent dans l'ordre par les lettres "r-i-o" de guématria 216 qui correspond trois fois à l'écriture alargie du nom de D.ieu. Cela a sens; les étudiants avancés comprennent. En tous cas, cela concorde bien avec ce que dit le Middrache Téhilim 24, 1: chaque fois que le psaume commence par mizmor lé David, cela veut dire que David commença à chanter et ensuite la Chékhina (présence divine) vint vers lui. Voilà l'union: à nous de commencer, et c'est commencer en chantant (il faut donc que notre coeur se mettre dans ce registre) et alors la Chékhina vient et s'unit; ce n'est pas une petite chose!
Et en effet, dès le troisième mot cela est réalisé car le Nom divin est nommé.
Remarquons aussi que cela est intense et réalisé de façon pressante car il y a peu de mots en ces versets (6-7-7) et dans un équilibre parfait. Prenons le temps calmement pour lire en traversant le paysage extérieur et intérieur de chaque mot, car ils sont des lieux d'union, comme nous l'avons vu. Mais aussi de calme absolu: rien ne manque, herbe, paisible.
Le seul mouvement, est la conduite très douce du berger dans ces paysages différents tellement calmes que Il fait que mon néféche revient.
Le néféche, c'est plus que la psychologie conscience, c'est l'ensemble de tout ce qui constitue ma personnalité. On dit, dans l'anthropologie juive, qu'il y a le corps (gouf), le néféche (personnalité), la néchama (âme). Ils sont un tout et vont au même rythme comme il est dit dans le psaume 84,3: "mon néféche (nafchi) a soupiré et désiré vers les parvis de Hachém, mon coeur (libbi) et ma chair (ou véssari) se réjouiront vers le D.ieu vivant (yérannénou el El 'haï)".

Revenons à notre verset: nafchi yéchovév, mon néféche Il le fait revenir. Donc, il y a une rénovation de tout l'être personnel qui revient à ses sources, à ses profondeurs, à ses puretés, à ses forces, à une situation heureuse et souriante, chovav.
Revenir, c'est la téchouva (même racine), c'est revenir d'abord de la dispersion de la galoute comme le souligne le Rav Chalom Abihssira dans son commentaire des psaumes Zévah Chéva, se basant sur Sanhédrine 98a: il me ramènera de mon pays d'exil jusqu'en terre d'Israël comme il est écrit en Dévarim 30,5: "et Il te ramènera, Hachém ton D.ieu, dans le pays qu'auront possédé tes pères".

Le niveau exceptionnel de ce qui se passe dans ce psaume et par ce psaume au niveau de tout l'être fait que beaucoup de communautés le récitent dans les moments les plus élevés, spécialement le Chabbate: avant le dernier kaddiche et âlénou lé chabéa'h, dans la première du Chabbate, le soir. Souvent on le dit aussi avant le qiddouche, soit le soir, soit le midi, soit avant la séouda chélichite, ou avant la bénédiction de la fin du repas (birkate ha mazone). Ceci, pour que vous perceviez sa force de ré-union.


Après avoir déchiffré, et nous être entraîné à entendre ce qu'il y a en chaque marche, nous allons maintenant relier toute cette première partie en un seul faisceau et nous laisser prendre par la musique de cette rencontre entre notre niveau déficient (et je pense beaucoup aux misères qui se déroulent sur la terre d'Israël en ce moment) et notre Créateur. Cette terre est le lieu de Sa présence, et de notre relation d'amour.
Nous serions tentés de dire: qu'on nous y laisse tranquille; d'autant que les musulmans ne se tournent pas vers Jérusalem pour prier mais vers La Mecque! Et qu'elle n'est pas nommée une seule fois dans tout le Qoran. Alors. Mais le problème de ce qui les obsède en nous n'est pas le sujet. Il suffit que nous vivions avec le Créateur sur "Sa" terre, et les ennemis s'éloigneront.
Entrons maintenant dans cette relation qui est développée autour de nos versets dans un dialogue amoureux extraordinaire dans le Midrache Rabbah (2,2,16,1) du Cantique des Cantiques. Je le traduis en abrégeant un peu:

"Dodi li va ani Lo (mon Bien-aimé est à moi et moi je suis à Lui)" Cantique des Cantiques. Il est mon D.ieu et je suis Sa nation, comme il est dit: "Anokhi Hachém Elohéikha, Je suis Hachém ton D.ieu" (Chémote 20,2). Et je suis Son peuple et Sa nation, comme il est dit: "Ecoutez-moi, vous qui êtes Mon peuple, prêtez-moi l'oreille, vous qui formez Ma nation" (Isaïe 51,4).

Réfléchissons bien à ces mots dans le contexte de nos événements.

Il est un père pour moi, et je suis un fils pour Lui, "car Tu es notre père" (Isaïe 63,16). Egalement: "car Je suis devenu un père pour Israël" (Jérémie 31,9). Je suis comme un fils pour Lui: "Israël est Mon fils, Mon premier né" (Chémote 4,22). et encore: "Des enfants vous êtes pour Hachém votre D.ieu" (Dévarim 14,1).


Il est comme un berger pour moi: " Prête l'oreille, Berger d'Israël" (Psaume 80,2). Je suis à Lui comme un troupeau: "Et vous, mes brebis, que je fais paître, vous êtes des hommes, moi Je suis votre D.ieu" (Ezéchiel 34,31).
Il est pour moi comme un gardien: "Non, sûrement, il ne s'endort pas ni ne sommeille, Celui qui est le Gardien d'Israël" (Psaume 121,4).
Je suis Son vignoble: "Car la vigne de Hachém-Tsévaote, c'est la maison d'Israël" (Isaïe 5,7).
Il combat pour moi contre ceux qui m'attaquent et je combats pour Lui contre ceux qui l'attaquent. Il combat contre ceux qui m'attaquent comme lorsqu'Il fait la plaie des premiers-nés d'Egypte: "Je parcourrai le pays d'Egypte" (Chémote 12,12). Et aussi :"Or, au milieu de la nuit, HAchém fit périr tout premier-né dans le pays d'Egypte" (12,29). Dieu dit: "Et Je ferai justice de toutes les divinités de l'Egypte" (12,12).
Et je sacrifierai à Lui, come il est dit: "quoi, nous immolerions sous leurs yeux les idoles des Egyptiens!" (Chémote 8,22). et aussi: "que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle" (Chémote 12,3).
Il m'a dit: "Ton giron est comme une coupe arrondie, pleine d'un breuvage parfumé" (Cantique des Cantiques, 7,3). et je Lui dis: "Tu es mon ami bien aimé, que Ta bonté jamais ne me manque" comme il est dit: "Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien" (notre psaume 23,1)...
...Il m'appelle: "Ma soeur, Mon aimée, Ma colombe, ma parfaite, Mon unique" et je Lui dis: "Que Tu es beau, mon Bien aimé, et combien aimable" Cantique des Cantiques 1,16). Et il me dit: "Heureuse es-tu, Israël, qui est comme Toi?" (Dévarim 33,29) et je Lui dis: "Qui est comme Toi, Hachém, parmi les puissances" (Chémote 15,11). Et Il me dit: "Et y a-t'il une seule nation sur la terre, comme Ton peuple, comme Israël" (II Samuel 7,23).
Et je proclame l'unité de Ton nom deux fois par jour, disant: "Chémâ Israël, Hachém Elokénou, Hachém é'had. Ecoute, Israël, Hachem notre D.ieu, Hachém est Un" (Dévarim 6,4)...."

Et le texte continue sur des pages et des pages ce dialogue extraordinaire d'amour entre Dieu et Israël, en disant des mots puisés dans tout le Tanakh, la Bible.
Ainsi, doit être notre relation à Lui, en tant que Son peuple, en tant que Sa terre.
Alors, comme en Egypte, quand nos ennemis nous attaqueront, Il nous défendra avec la même puissance.
Mais, pour cela, il faut que nous soyions avec Lui, particulièrement dans les heures difficiles et non pas à nous lamenter sans dialogue d'amour.
C'est tout cela qui est contenu dans ces trois premiers versets qui constituent exactement la moitié du psaume 23.

Redisons-les:


Mizmor lé David, Hachém roî, lo é'hsar.
Psaume de David. Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien.



2. Binéote déché yarbitséni; âl méi ménou'hotes yénahaléni
Dans de belles prairies d'herbe, il me fait camper; sur des eaux de repos il me conduira.
3. Nafchi yéchovév; yané'héni vémaâguéléi- tsédéq lémaâne Chémo..

Mon âme, Il la restaurera; il me dirigera dans des sentiers de justice, pour Son Nom.



Ensuite, avec cela, nous allons traverser la vallée des combats sans être en péril, comme en Egypte (les 3 derniers versets).

Vous le voyez, une étude sur Modia vous transmet la richesse des sources de la tradition juive dans ses ouvrages fondamentaux, selon la méthode la plus traditionnelle que vous apprenez ainsi pour devenir progressivement capables d'étudier par vous mêmes avec ces outils intégrés. Mais, jamais n'est oublié l'essentiel: l'intériorité de la Torah et notre intériorité personnelle. Enfin, cela éclaire toujours l'actualité car la Torah est donné pour nous aider à vivre ici, et non pas dans les cieux.


Réalisez donc -dans son mouvement de véritable prière- ce psaume 23, pour Israël en danger et qu'il soit la demande d'aide avec la force de la confiance envers Hachém. L'étude de ce psaume est très utile pour découvrir la part que "je" peux réaliser pour sauver Israël. Car il exige de nous de ne plus nous comporter en "tsone, troupeau".
Et n'oublions pas qu'il est tellement efficace que le Talmud (Pessa'him 118b) dit qu'on le dit après le Hallel, selon certains Sages. C'est dire son efficience puissante. Le Zohar II, 170a, explique pourquoi: c'est que D.ieu en Sa Chékhina (présence) veut tellement aimer, aider les hommes qu'il devance en dons tout ce qu'il peut demander et éveille ses demandes.


Si nous avons bien compris que cette efficacité vient du trio que représente la venue divine vers nous, notre réponse sincère, et la relation entre nous,
alors nous comprenons le mécanisme de cette efficacité: c'est comme un équilibre de balance entre 3 termes, les deux côtés de la balance et leur relation dans le fléau. Le Zohar I, 162b trouve cet équilibre exprimé par les trois temps que vous avons étudiés:
1. Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien.
2. Dans de belles prairies d'herbe, il me fera camper.
3. Sur des eaux de repos il me conduira. Mon âme, Il la restaurera; il me dirigera dans des sentiers de justice, pour Son Nom.



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Etude du quatrième verset pour bien le comprendre et bien le prier/
Resituons-le:



1. "Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien.
2. Dans des prairies d'herbe il me fait camper, sur des eaux de repos Il me conduit.
3. Mon âme il la restaure, il me conduit dans les sentiers de la justice, pour Son Nom.
4. Même quand j'irai dans la vallée de la mort, je ne craindrai pas le mal car Toi Tu es avec moi,
Ton soutien et Ton appui ce sont eux qui me consolent.

Gam ki-élékh béghéi tsalmavét, lo ira râ di-ata îmadi;
chivtékha oumicheânetékha hémma yéna'hamouni.


Etudions
Donc, après trois versets de méditation apaisante et confortante,
nous arrivons à la dure réalité, telle qu'elle peut être véritablement.
Nous confrontons maintenant ensemble et ce calme assuré et le mal menaçant et vraiment dangereux jusqu'au péril de mort. Et nous savons tous que cela est exact. La Torah n'est pas au milieu des Cieux pour des anges bienheureux et contemplants, elle est ici pour des vivants qui ont une tâche à réaliser et le danger, le mal sont effectivement présents.
Nos Sages, réalistes, précisent bien que ces menaces de mort viennent aussi de l'intérieur de nous, dans ce qui est nommé l'instinct de mal, ou découvert par la psychanalyse, entre 2000 ans et 3200 ans plus tard après nos textes fondamentaux, par un Juif nommé Freud: l'instinct de destruction.
C'est ce qui vient détruire le programme de bonheur mise au point aussi bien par le Créateur que par nous envers nous-même ou entre nous les humains. On se rend compte après coup que "notre mauvais penchant nous a dominé" comme dit Ribbi Elaï l'ancien dans le Traité Qiddouchine page 40a: "roé adam ché yitsro mitgabbér âlav".
Même dans ces situations les pires où on risque la mort physique et morale, exactement comme l'est la situation morale et physique de notre peuple en Israël (et cela concerne la mise en cause de tous les Juifs également, où qu'ils soient dans le monde), alors...
même en cette situation lamentable, comme dit le psaume 139,7-8: "où je me refugie pour me dérober à Ta face, si j'escalade les Cieux (de la richesse et des plaisirs et du confort en fuyant hors d'Israël), ou si je fais du Chéol de mort là où je me repose (c'est la même chose cette fuite en diaspora est comme une mort pour la vérité de son être, concernant un Juif), hinnékha, Te voici encore face à moi!".
Le Juif utilise toutes les cachettes pour échapper à son destin profond, spirituel, même la vie d'étude et de communauté peut être utilisée pour cela, tout le meilleur, absolument tout. C'est pour cela que D.ieu dit par la bouche du prophète Jérémie, Yirmiyahou 23,24: "im yissatér ich bamistarim, vaani lo érénnou?!, dit Hachém" (y a t'il quelqu'un qui puisse se cacher dans une cachette et que Je ne le voie pas?!).
L'important, c'est de ne pas perdre la conscience que Hachém est avec nous, avec Son peuple ("Atta îmadi, Toi, Tu es avec moi). Mais non pas pour nous assoupir comme un bébé, mais le berger a en mains deux batons, un pour indiquer la route, soutenir, diriger, et l'autre pour donner des coups s'il le fallait. Car il s'agit d'aller, d'avancer. Ce n'est pas la contemplation statique devant le Roi assis sur Son trône, sceptre en main.
Exercice: méditer ce qu'il en est de notre cohérence de vie face à Hachém, selon tous ces paramètres. Et, comme dit Rachi sur ce verset, comprendre en ce sens les yissourim, les épreuves difficiles que l'on traverse.

Et le Middrach sur le Cantique des Cantiques 2,1 cite Ribbi Abba bar Kahana: "Knesset Israël (la communauté d'Israël) dit à D.ieu: Ani hi, il m'arrive d'être dans un piteux état ou je suis devenue comme étrangère à moi-même,"elle, hi" et c'est alors que j'appelle mon berger selon le verset bien connu du psaume 130,1: "mimaâmaqim qératikha Hachém, des profondeurs je t'ai appelé, Hachém" et Tu m'as retiré de la boue, de la fange, vayaâléni mibor chaone" (psaume 40,3). Et il a mis en moi un "chir 'hadache, un chant nouveau".
Remarquons bien que ce texte n'est pas une apologie de l'attente car il dit seulement que, même si je suis dégringolé dans les pires profondeurs et loin du dessein d'amour de D.ieu envers les hommes, si je veux changer et je L'appelle, comme un berger Il répond. Et je peux donc sortir de mes abîmes d'échec.
Le texte continue en remarquant qu'alors les nations profitent des faiblesses morales d'Israël pour l'accuser en tout et auprès de D.ieu mais c'est alors qu'est cité notre psaume en ses trois derniers versets. Que les nations s'arrangent avec leurs idoles et leurs dieux mais le Créateur, D.ieu d'Israël, ne l'abandonne pas et nous vivrons dans Sa maison toujours, tous les jours de notre vie.
"Mais", il y a un mais, le mot akh en hébreu qui indique une restriction. Cela veut dire que la permanence du secours divin reste avec nous, mais que les malheurs que nous avons déclanché par notre conduite et nos égarements vers les profondeurs ténébreuses et notre éloignement de la terre du Sain béné soit-Il, lieu de vie de Sa Torah, s'exerceront quand même.
Pourquoi perdre tant de temps, causer tant de ruines et de morts, comme nous le voyons dans la phase actuelle du peuple juif mené par des équipes de faux bergers mais où nous-mêmes ne venons pas au lieu du rendez-vous du Cantique des Cantiques, ou n'y vivons pas selon les règles d'amour?
Alors que c'est si simple. Même si cela demande un grand courage.


Etude du cinquième verset pour bien le comprendre et bien le prier.



5. "Taârokh léfanaï choulkhane néguéd tsoreraï:
dichaneta vachéméne rochi kossi révaya.
Tu dresses devant moi une table contre mes persécuteurs:
Tu parfumes d'huile ma tête; ma coupe est pleine à déborder".

On pourrait s'étonner que l'on se place avec une table remplie de nourriture devant ceux qui vous persécutent! Cela pourrait même être perçu comme une provocation ou un appel au mauvais oeil, ayine ha râ.
En fait, la vie quotidienne, et celle du Juif en particulier montre que le persécuteur se renouvelle constamment. Et nous ne sommes pas délaissés. Celui qui se ressent délaissé, l'est véritablement en son vécu intérieur, et devient le plus vulnérable des humains.
Nos sages insistent aussi sur le fait que notre véritable persécuteur est le yetsér ha râ, l'instinct du mal, qui se renforce et se renouvelle chaque jour et à chaque instant (Traité Qidouchine 30b, du Talmud). Et il croît en puissance plus nous montons dans la connaissance du bien (Traité Sotah 52a, du Talmud). Ribbi Chalom Abisséra y insiste dans son commentaire de ce psaume, Zéhav Chéva. La vigilance s'impose donc et il faut être lucide.

Mais la lucidité est aussi celle de la conscience qui nous fait réaliser que "l'être des choses" qui est présent est Hachém, ici et maintenant, et en nous. C'est ce que Avraham a perçu en se trouvant au Mont Moria, qui sera Jérusalem. Ainsi donc, comme dit ce verset, bien plus que la présence des persécuteurs, il y a la présence du "Tu", la lettre tav du mot "taârokh" (tu prépares) et ce "Tu" est actif, et il comble. Ce commentaire m'a été donné par quelqu'un que sa modestie ne permet pas de nommer, mais que la bénédiction l'accompagne. A ce moment là, nous sommes devenus cette table remplie.
Et c'est cette surabondance d'huile qui coule sur la tête. Ce n'est pas une huile lourde et grasse, c'est un parfum, ce qui veut dire, ce qui emplit tout l'être de régal et bonheur. C'est le dernier mot du Chir ha Chirim, le Cantique des Cantiques: "Fuis, mon bien-aimé, vers les montagnes des parfums".
Si tous les psaumes commencent par la première lettre, le aleph et qui se trouve dans le mot bonheur (achré), ici ce verset commence par la lettre tav, la dernière de l'alphabet, comme si tout le programme est atteint.
Je traduis cette Présente surabondante et qui emplit avec bonheur, par un dessin pour rendre sensible cette plénitude.

Dire le psaume est donc l'acte de prise conscience de ce bonheur présent.


Etude du sixième et dernier verset pour bien le comprendre et bien le prier


Akh, tov va 'héssed yirdéfouni kol yémé 'hayaï
Vé chavti bé véit Hachém léorékh yamim.

Et donc le bien et la bonté me poursuivront tous les jours de ma vie;
et j'habiterai dans la Maison de Hachém au long des jours".

Ici, nous disons notre certitude, notre "assurance vie", notre possession à long terme, dans un présent comblé qui sera continu.
Nous le disons d'abord pour qui nous prions, spécialement quand il s'agit de malades, ou d'Israël, ou du monde de la Création qui est le projet humain réussi. Il ne râtera pas.
On apporte toujours la restriction du "mais", du akh. Ici ce mais est retourné en positif, il contredit notre tendance pessimiste!
Le "tov" en hébreu, le "bien" est particulièrement la femme, contrairement a beaucoup d'autres conceptions contemporaines. On dit "matsa tov" depuis toujours dans le judaïsme pour parler d'un homme qui a trouvé sa véritable femme, son retour à la complétude.
Dans le même sens de retournement vers le bien, le mot "être poursuivi, me poursuivront,
yirdéfouni" est souvent l'image de tracas qui n'en finissent plus. Ici et maintenant, c'est le bon et le bien du coeur qui poursuivent et ne cessent plus et collent. Ce que l'on appelle en judaïsme la dévéqoute, le fait de coller, d'adhérer à vous ou à D.ieu.
Le Juif est alors devenu résidence, maison de D.ieu. Et cela, chaque jour de sa vie. C'est un thème constant dans les psaumes, voyez le psaume 84 dès le début, celui que le Sépharades disent avant la prière de Min'ha. Son commentaire ici.
Il n'y a pas de doute que le poète le Roi David en notre nom veut ainsi exprimer la pulsation continue, la respirations constante, la danse intérieure paisible de deux couleurs prédominantes (tov, 'hésséd) qu'il ressent en lui, venant constamment de la source; je la traduis ainsi.


On peut synthétiser toute cette étude par le verset 2, 12 du Cantique des Cantiques:
"Ha nitsanim nireou vaarets, êt ha zamir higuiya, vé kol ha tor nichmâ bé artsénou"
Les bourgeons sont vus sur la terre, le temps du chant est arrivé, et la voix de la tourterelle est entendue".
C'est ce que la voix de la Torah nous propose de retrouver toujours, à chaque instant, car les mots "kol ha tor, la voix de la tourterelle" sont les lettres de "la voix de la Torah".
Et, comme il est possible -par amour de la Torah- d'entendre de belles correspondances, entendons chanter cette allusion dans le chapitre 51,3 d'Isaïe, Yéchaya: le mot "nitsane, bourgeon". Il est placé dans les lettres initiales (rachéi tévotes) de ce verset qui dit: "Ni'ham Y(Hachém) Tsiyone, Ni'ham", Il a consolé Hachém Sion, Il a consolé". Il faut alors lire tout ce chapître 51. Je vous invite à lire à la suite ce psaume 23 et ce chapitre 51 d'Isaïe dans cette ligne.
Et essayons de les vivre, de ne pas les quitter, dans une conscience continue de nous-même en cette ligne. C'est ce que dit ce verset du psaume placé dans la plupart des synagogues (voir le reportage sur ce qu'est la synagogue, lien ici): "Chiviti Hachem lénegdi tamid, J'ai placé Hachém face à moi toujours" (Psaume 16,8). L'étude de ce psaume 16 est ici, sur ce lien.



Beaucoup ne savent pas que nous avons toutes les techniques ancestrales et efficaces et thérapeutiques de méditation chez nous. Il suffit de les mettre en valeur.

Si l'approche de cette étude vous parle, lisez et méditez donc régulièrement ce psaume 23, le psaume 16 et le chapitre 51 d'Isaïe.