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Prières
- La Joie

Photos de
l'auteur. Arbres et fleurs
Une pédagogie précise pour trouver la joie,
dans un monde méchant et dur,
avec le psaume 30 de 'Hanouka
Chaque jour, j'ajoute des éléments à intégrer
pour avancer:
1 - 2e
jour - 3e jour -
4e jour - 5e
jour - 6e jour -
7e jour
(étude avec le Roi David, psaumes 30 à 35)
Lire aussi cette seconde série de méditation pédagogique
quotidienne:
http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka.html#pensee
Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages
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'
Etude d'avancée personnelle
vers la 1e lumière de 'Hanouka

Chacun veut vivre mais il ne suffit pas de vivre car la vie
peut se transformer en pleurs, en souffrances, en solitude inéluctable,
en persécutions, en maladie, en déceptions ou
cauchemars des trahisons, en faillite financière, en
chômage, etc. Tout cela existe réellement. La vie
reste belle mais trop dure. L'espoir reste invisible.
Chacun souhaite parvenir à vivre
dans le calme, la tranquillité, l’amour, la santé,
etc. ; un concept rassemble le tout, c’est la joie. On
peut être riche et malheureux ou pauvre et malheureux
ou heureux. La joie est une synthèse de qualité.
Elle est « basée sur », c’est un résultat,
l’éclosion de quelque chose, un épanouissement,
une éclosion, une réussite. C’est ce processus
que nous allons étudier.
Mais soyons réalistes, la joie
semble transitoire, fragile. L’insouciant peut être joyeux,
mais pas celui qui assume les difficultés de la vie car
il a aussi l’oeil fixé sur de grandes difficultés,
bien souvent.
Pourtant, on espère la joie,
on pense qu’on la mérite, autant que l’amour dont elle
est une des composantes comme la confiance.
Le judaïsme a un enseignement
sur la joie. Et la façon dont il le pose est déjà
enseignement. Ce n’est pas une liste de trucs psychologiques
pour réussir dans la vie. Le judaïsme place les
choses en relation et nous montre toujours ce qui va contribuer
à l’amélioration ou à la détérioration
car il connaît la structure du monde aux différents
niveaux, depuis des millénaires et depuis la révélation
et la transmission.
Nous allons voir ce qu’en dit le Roi
David, âlav ha chalom, que la paix soit sur lui, dans
les psaumes. En effet, ceux-ci sont un concentré d’enseignement,
de prière, d’exhortation personnelle et d’action. Nous
l’étudierons ici à travers la séquence
des psaumes 30 à 35.
Mais, auparavant, voyons un passage du 1e Livre
de Samuel 2,1 qui résume tout en trois mots:
« ki sama’hti bichouâtékha , car je
me suis réjouie dans Ton salut ».
‘Hanna ne parvenait pas à avoir un enfant, et sa rivale
la ridiculisait, et son mari ne lui suffisait pas dans ces souffrances,
elle pleurait, pleurait continuellement jusque dans ses prières.
Une situation humaine compréhensible par chacun. Et elle
nous donne la clef de ce qui lui a redonné sa joie qui
a éclaté dans un chant (2, 1-10) : il n’est
pas dit « car je me suis réjouie puisque Tu m’as
sauvée » mais « ma joie est revenue parce que
j’ai réussi à me placer avec joie dans la direction
de Ton salut ». Nous apprenons là tout l’enseignement
juif qui nous permettra de bien décrypter les psaumes.
Et nous l’apprenons d’une femme, comme il est dit dans le Talmud :
« d’une femme j’ai appris ». Tant pis pour les misogynes.
Donc, la joie tient en plusieurs points :
- Elle est définie comme un état
qui est simultané à la difficulté et non
pas qui la suit (joie sama’hti/salut bichouâtékha
qui réfère à la difficulté).
- La difficulté est vue comme un état
qui est simultané au salut et non pas qui la précède.
- Ce qui fait passer la seule expérience
de difficulté à cette résolution, c’est
le fait (cf. le mot ki, parce que, ou quand), c’est le fait
qu’une femme ou un homme parviennent à cette heure-là
à se placer « dans, bé » Celui qui est
salut des humains. Tout est là ; réussir
même dans les larmes à faire l’effort de se placer
« à l’intérieur de Celui » qui est tout
bonheur et toute réparation car Il est LA bonté
et a créé pour cela. Mais tout dépend de
l’endroit où l’homme se place. C’est pour cela que D.ieu
est nommé le maqom, le lieu.
Pour ce motif, nos Sages font remarquer
que le psaume 33,1 ne dit pas « réjouissez vous,
justes, par Hachém ou vers Hachém, mais « réjouissez-vous
justes en Hachém ». De même,
dans le verset que nous récitons plusieurs fois dans
la journée et qui indique comme parvient le bonheur :
« heureux ceux qui sont assis dans ta maison, achré
yochevé véitékha » et, littéralement
l’expression est encore plus forte et plus brève dans
l’insertion : « heureux les assis de ta maison ».
Cela veut dire ceux qui sont partie intégrante. Nous
allons voir ci-dessous les psaumes 30 à 34 dans cette
perspective.
Etude d'avancée
personnelle vers la 2e lumière de 'Hanouka

Le psaume 30
Lisez-le d’abord l'ensemble du psaume.
Les phases sont : malheur grave-libération-chant.
Et la joie prend, alors, précisément la forme
du chant. mais cela est dit par le poète dans un rythme
en spirale que nous allons comprendre afin de parvenir à
prier le psaume depuis notre coeur. Profitez de la transcription
et traduction pour avancer dans l'hébreu autant que vous
pouvez.
1e partie : la synthèse
du psaume est présentée dans le premier verset.
Il nous expose la conception globale
qui est double:
1) Ce psaume est celui de l’inauguration du Temple, quel est
le rapport ? Nous le comprenons si nous nous souvenons
de ce que nous venons de dire sur « vivre dans Ta maison ».
Ainsi, ce qui aurait pu sembler être une suite d'états
psychologiques, nous révèle que nous pouvons être
là un sanctuaire.
2) Inversement, LE sanctuaire n'est pas un édifice formel
de cultes extérieurs; il n'existe que par l'intensité
de notre investissement intérieur. Et ils s'est détruit
le jour où cela n'a plus eu lieu, comme les prophètes
en avaient averti; et espérons que nous retrouverons
ce niveau vite.
Les Sépharades lisent ce psaume à ‘Hanouca qui
relie la libération et la maison-sanctuaire.
Ceux qui lisent l’hébreu et savent que le même
enseignement est toujours résumé magistralement
dans les lettres (et non seulement dans le thème ou dans
les phrases ou dans les mots), liront les lettres initiales
de ce premier verset et verront qu’elles font allusion au machia’h
(le messie), et disent avec précision: « vers la
joie, lé sim’ha ». Merveille de nos textes.
Mizmor chir-'hanoukate habbayit léDavid.
Traduction: "Psaume. Cantique de la Dédicace du
Temple, par David".
2e partie. Dans les versets 2 à 4, le psaume nous démontre
le scénario qui justifie le chant de joie : l’homme
avait coulé sur tous les plans et Hachém l'en
a relevé (recensez les 5: chute-ennemis-maladie-abîme-tombeau).
2. Aromimékha, Hachém ki dillitani; vélo-samma'hta
oyévaï li
Je T'exalterai, Hachém, car Tu m'as appauvri-relevé;
Tu n'as pas réjoui mes ennemis à mes dépens.
3. Hachém Elo-haï, chivâti élékha
vattirpaéni.
Hachém, mon D.ieu, je T'ai invoqué et Tu m'as
guéri.
4. Hachém héélita mine-chéol nafchi;
'hiyitani miyarédi-vor.
Hachém Tu as fait remonter mon âme du Chéol,
Tu m'as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.
3e partie. Dans les versets 5 à 6, le psaume nous montre
David interpelant le peuple pour lui préciser la liaison
de ces 3 points: le chant nécessaire de louange et son
double motif car nous sommes dans une situation vitale avec
deux pôles: un négatif qui est constitué
de larmes liées à la colère divine, et
ensuite le retour au bonheur.

5. Zémérou laChém 'hassidav, véhodou
lézékher qodcho.
Chantez vers Hachém, vous Ses amants, louez pour le souvenir
de Son saint Nom
6. Ki régâ béapo, 'hayim birétsono.
Baêrev yalin békhi, vélaboqér rinna.
Car sa colère ne dure qu'un instant, mais la vie est
dans Sa volonté. Le soir dominent les pleurs et le matin
c'est l'allégresse.
Ainsi, David alterne entre parler en style personnel "je"
ou "je-TU", et parfois il généralise
son expérience à tout le peuple. C'est que notre
expérience à tous est identique, bien plus nous
sommes tous et chacun des parties d'un ensemble qui a à
trouver sa juste place envers Hachém et pour faire réussir
le monde et ne pas nous détruire tous, car c'est notre
tendance spontanée à tous. Cela étant compris,
David peut rédiger ses psaumes pour rejoindre l'expérience
de chacun et, didactiquement, il nous expose son expérience
pour qu'elle nous serve. C'est pourquoi il a rédigé
ses psaumes sous une forme très vivante mais qui recouvre
toujours l'expérience de tous les humains en tous les
siècles et en tous les lieux. Chacun peut donc y prendre
appui et y trouver l'outil pour bien vivre selon la Torah.
David nous demande de ne pas quitter la perception que, dans
la bonté divine, le malheur ne pourra pas durer mais
ne sera qu’une phase. Mais comment cela se fera t’il ?
4e partie. Dans les versets 7 à 8,
le roi David décrit, pour nous enseigner cela, son exemple
personnel, les phases qu’il a suivies : d’abord auto-assurance
ne correspond pas à la réalité et imaginant
que sa stabilité dépend uniquement de lui et de
sa réussite personnelle, puis brusquement l'éclatement
de la difficulté, destruction, et du désespoir ;
en fait, agissant ainsi, David avait repoussé le maître
de la vie et celle-ci s'effondrait. Il pose nettement le problème
de son côté, dans son erreur de compréhension
de la réalité
7. Vaani amarti véchalvi, bal-ammout léôlam.
Et moi, j'avais dit dans mon calme, jamais je ne chancellerai.

8. Hachém, birétsonékha héêmadta
léhareri ôz
histarta fanékha, hayiti nival
Hachém, dans Ta volonté bonne tu avais établi
ma montagne avec force,
Tu as caché Ta face, j'ai été perturbé
totalement.
5e partie. Dans les versets 9 à 11,
le roi David nous montre que nous continuons selon notre erreur
d'appréciation et nous accusons presque Hachém
et le supplions d'arrêter. Mais, en fait, il demande aussi
totalement l'aide de Hachém dans son désarroi
puisqu'il n'est pas capable de bien se poser. Il supplie alors
comme un enfant perdu.
9. Elékha Hachém éqra, véél-Ado-naï
ét'hannane
Vers Toi, Hachém, je crie et invoque, et versAdo-naï
je supplie.
10. Ma-bétsâ bédami, béridti él
cha'hate
Hayodékha âfar, hayaguid amitékha.
Quel intérêt as-Tu envers mon sang, envers ma descente
vers la tombe?
Est-ce que la poussière Te loue? Dit-elle Ta bonté?
11. Chémâ-Hachém vé'hannéni,
Hachém hayé-ôzer li.
Ecoute, Hachém, et accorde-moi Ta bonté. Hachém
sois une aide pour moi.
6e partie. Dans le verset 12,
le roi David nous montre que l'attitude qu'il a prise en se
remettant dans l'axe juste, fait que Hachém peut exercer
la puissance de Sa bonté envers la créature, le
délivrer des tracas et lui rendre la joie. En somme,
l'homme redevient ce qui était le but de la Création,
il devient sanctuaire bien réglé, et nous comprenons
que cela concerne la dédicace du Temple. Il devient le
Temple lui-même et sa pureté du coeur comme celle
de l'huile d'olive, tout cela valait de dire ce psaume à
'Hanouka.
12. Hafakhta mispédi léma'hol li, pita'hta saqi
vatéazéréni sim'ha.
Tu as échangé mon deuil en danse de joie pour
moi, Tu as ouvers mon vêtement de deuil et tu m'as ceint
de joie.
7e partie. Dans le verset 13
le roi David conclut: c'est ainsi que je viens de le décrire
que l'on aboutit à la joie et que l'on peut s'y maintenir
toujours et pour toujours. Le psaume s'est joué en 13
versets comme la liste des 13 expressions de la bonté
de D.ieu envers nous révélées à
Moché rabbénou.
13. Lémaâne yézammékha khavod vélo
yidom,
Hachém, Elo-haï léôlam odéka.
En raison de tout cela, la gloire chantera et ne s'endormirera
jamais plus,
Hachém, Mon D.ieu toujours toujours je Te louerai.
Etude d'avancée personnelle
vers la 3e lumière de 'Hanouka

Il est important de relire maintenant l'ensemble du psaume pour
y comprendre autre chose. Le poète l'a rédigé
comme une spirale où il revient dans la chute et se redresse,
et il avance par ce mouvement plus loin que dans le tour précédent.
Cela nous enseigne aussi que notre mouvement se fera dans des
essais et erreurs répétés; c'est ainsi,
seulement, que se fait le développement positif.

En priant, et en priant à partir de l'expérience
de notre vie, regardons ce texte, comme une vague où
nous avançons, seulement parce qu'elle monte et descend
et remonte:
- sommet: chir, chant (verset 1), aromimékha, j'exalterai
(verset 2).
- chute: chivâti, j'ai exprimé ma plainte (verset
3).
- remontée: zamérou, chantez (verset 5).
- rechute: bal-amout léôlam, j'ai dit à
tort que jamais je ne chancellerai (verset 7).
- remontée: éqra, je T'invoque (verset 9).
- retour stable au sommet: (verset 13).
C'est ainsi, en connaissant et en acceptant nos montées
et descentes, c'est ainsi que nous pouvons sortir de l'abîme
et avancer, pour sortir de nous-mêmes et recevoir la vie
qui vient à notre rencontre, comme ce dessin le montre
en image:

Le psaume avance avec l'homme qui découvre
combien sa montée et sa chute
ne sont que la dynamique nécessaire et transmutée
en victoire aboutissant au chant.
(cliquez sur les images pour en comprendre la rigueur)
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Tout cela est la règle magnifique
formulée
par le Traité Guittine du Talmud en ces termes:
Ein adam ômed âl divré Tora élla
im kén nikhchal bahén
Aucun homme ne peut réussir à accomplir
ce que demande la Torah
s'il n'a pas d'abord échoué en essayant
d'y parvenir (page 43a et son Rachi).
|
Le roi David pointe pour nous, au verset 7, l'erreur qu'il avait
faite un instant et que nous faisons sans cesse: viser à
tout prix la tranquillité, mon calme (chalvi) et penser
que nous serons stabiliser en ce point. Toutes les publicités
essaient de nous tromper en ce sens et nous vendent continuellement
ce miroir aux alouettes: avec ces vacances, avec cet appartement
de rêve, avec cette nouvelle voiture, avec ce gazon, avec
ce nouveau canapé, avec ce nouveau look, vous aurez enfin
l'assurance, la beauté stable, le niveau social de rêve,
etc. Mensonges absolus, mais nous marchons, nous volons, nous
nous épuisons, nous sommes hors de la réalité,
hors des valeurs, nous pensons que nous avons stabilisé
le monde, que nous sommes éternels. Et nous chutons,
et nous chutons dans la solitude car les autres ne veulent pas
accompagner quelqu'un qui sort de cette illusion.
Au contraire, le roi David a compris que ce rythme d'avancée
en montées et descentes est nécessaire; il est
réel, il est psychologique, il est biologique, il est
spirituel, mais c'est aussi celui de la vie, les deux ne sont
qu'un, car il y a "un ordre, un sédér"
dans le monde créé.
Et David nous montre que -alors- nous pouvons chanter, ouvrir
nos fenêtres et atteindre la joie qui participe à
la Gloire d'En-haut sans que les soucis ne nous brisent. Il
le dira en de nombreux psaumes: je traverse les tempêtes
et je ne suis pas brisé car Tu es avec moi. Mais c'est
parce que lui, David (ou nous) sait piloter. Il n'y a pas de
réception magique; elle est dûe à un travail
de l'homme sur soi. Va vers toi-même, lekh lékha,
a dit D.ieu à Avraham. Il le formule alors en reliant
les deux termes: Tu as changé mon deuil en danse. Il
a trouvé "le Séder, l'Ordre" qui permet
la vie. C'est pour cela qu'on parle du Sédér de
Pessa'h. Il a trouvé le rythme pour rebondir sans cesse
le long de la vague. Cela construit l'homme-Sanctuaire car la
réalité devient réceptacle de la lumière
et de la joie divine. On comprend maintenant que David, découvrant
ces règles de la dynamique de vie, soit placé
dans la trajectoire nécessaire inscrite dans les lettres
du nom ADaM: Adam-David-Machia'h.
Relisez encore une fois le psaume en sentant ainsi le texte.
Vous comprendrez maintenant que le psaume commence sur les beautés
du chant au premier verset, se conclut au même niveau
au dernier verset et, entre deux, il y a cette pédagogie
du plongeon et de la remontée.
Il nous montre même que cela a une rigueur et une efficacité
mathématiques:
en chaque nouvelle phase qui reprend le processus, il écrit
"ki" (parce que); au verset 2 (je T'exalterai parce
que; des ennemis Tu m'as délivré, joie parce que
du plongeon il remonte); au verset 6 (chantez ki, parce que
Sa colère ne dure pas); au verset 7, il dit vaani (parce
que moi je faisais l'erreur...); au verset 13 (lémaâne,
de la sorte...).
Cette découverte assure la construction solide du monde,
du Temple et de lêtre humain dans la joie et le chant.
Cette construction, par la rigueur pure et exacte de la vie,
est la progression de 'Hanouka. Ce n'est pas seulement une fête
enfantine, c'est une fête de constructeurs qui ont réussi.
C'est si rare, il fallait apprendre les règles de leur
pédagogie. Même les spécialistes du développement
psycho-biologique de l'enfant appellent cela: le développement
alterné, depuis Gesell. Et, en accompagnement psychothérapique,
nous voyons constamment que le progrès se fait par cette
alternance dialectique.
Cette partie de l'étude, je l'ai rédigée
à partir de ma méditation entre le texte et mon
existence, et l'évolution constante et positive mais
laborieuse des personnes en psychothérapie; faites de
même et vous y découvrirez de nombreux lumières
personnelles ou références à votre vie
personnelle. Qu'il est bon pour les personnes d'y découvrir
la cohérence totale entre l'évolution personnelle
et les lumières de nos textes qui ont formulé
ces éclairages.
La compréhension de ces rythmes et de ces règles
donnera un grand apaisement aux parents dont les enfants passent
des crises profondes dans leur développement. Qu'ils
se réjouissent de la descente apparente, elle est l'assurance
du progrès véritable. Seulement ainsi accompagnent
les bons éducateurs et les bons psychothérapeutes.
D'autres ne recherchent que les problèmes et coulent
et font couler en ligne directe. Ils n'ont pas compris cette
dynamique d'alternance dans le développement.
Le psaume est fait pour vous l'approprier personnellement ainsi,
en permettant d'augmenter votre stabilité dans cette
lumière. David l'a rédigé de façon
telle que tout homme, de toute époque et de tout pays,
puisse y projeter sa vie concrète et l'orienter.
Alors, progressivement, nous pouvons redresser, émerger,
et retrouver ce mouvement chaque fois. C'est la victoire progressive
de chaque jour de 'Hanouka!

Tableau de l'artiste
Pepa
Etude d'avancée
personnelle dans la 5e lumière de 'Hanouka
Nous avons bien intégré, hier, la conscience
du rythme de la vague et serons moins effrayés quand
la chute du moral se présente, sachant que la vague va
remonter.
Nous évitons ainsi deux erreurs: celle qui est exprimée
dans le verset 7 (jamais je ne chancellerai); celle qui consiste
à se dire que nous restons au fond de la vague et à
s'y complaire.
Avançons dans la pédagogie de la 'hanoukia.
- Quand nous regardons la 'hanoukia, au matin, nous comprendrons
cela: la lumière, apparemment n'y est plus, effectivement
nous voici à nouveau dans le fond de la vague et il n'y
a plus de lumière.
- C'est alors que nous devons nous souvenir de ceci: la prochaine
lumière va réapparaître ce soir. Nous avons
à renforcer cette représentation, l'anticiper:
même si la prochaine lumière n'est pas visible,
même si la lumière précédente est
apparemment éteinte, restons dans la conscience de cette
lumière.
Quand nous aimons quelqu'un, la présence externe n'est
pas constante, mais la présence intérieure l'est.
L'amour et sa lumière ne sont pas atteints par l'absence.
Les 7 années où le patriarche a dû servir
Lavane et ne pas épouser Ra'hel lui ont sembler n'être
qu'un seul jour continu, tant il l'aimait, dit le texte.
Ainsi, nous ne nous basons plus sur notre stabilité
mais nous ne doutons plus un instant de la présence
de Celui qui est constante lumière et qui éclaire
chacune des fibres de notre existence. C'est ce que nous
disons dans chacune des bénédictions du
matin, il
faut aller relire cette page (lien ici) . C'est ce
que nous disons après la rencontre d'amour du Chémâ
Yisrael (lien ici) : émet vé yatsiv,
vérité et stabilité. Comme si, cette
fois, dans l'absence, nous voyions déjà
la 6e lumière.

C'est "la constance": comme il est dit sur les murs
de chaque synagogue:
"Chiviti Hachém lé negdi tamid, je me représence
Hachém devant moi sans cesse".
Le dernier verset de notre psaume 30, psaume de 'Hanouka le
dit: "léôlam odékha, toujours constamment
et sans fin je Te louerai". Que la lumière reste,
aujourd'hui, constante et stable, c'est le miracle de 'Hanouka.
Et, au milieu des difficultés décrites au début
du psaume, nous parviendrons alors à maintenir la pureté
de l'huile sainte du Temple. Ce sont là les enseignements
de ces jours de 'Hanouka.
Etude d'avancée personnelle dans la 6e lumière
de 'Hanouka
Réponse à une lettre reçue de Yéhouda
(nom modifié) et publiée avec son accord et à
sa demande. Une aide très particulière à
'Hanouka.
Yéhouda a 35 ans, il est israélien; élevé
dans une famille juive pratiquante, par des parents bons éducateurs,
attentionnés; il avait passé quelques années
en yeshiva puis il a vécu une crise d'identité
très profonde lors de son adolescence et, après
son service militaire, il était parti découvrir
le monde et vivre des expériences diverses en Amérique
latine (Colombie, Pérou, Chili où il gardait un
contact avec moi) puis en Inde où il devint fasciné
par la pureté de la spiritualité hindouiste et
l'exemple de la rigueur et de la force morale des jeunes et
des adultes de cette culture qu'il y rencontrait. Il entra en
ashram ("yeshiva" hindouiste) et y a passé
4 ans, maîtrisant peu à peu les pratiques et les
textes de l'ascèse. Après quelques années,
pendant ce parcours, il a repris contact avec moi, en tant que
psychologue et rav, et sachant que je comprends les aspects
positifs des diverses cultures qu'il traversait et en en connaissant
les textes.
Au temps du Temple, les Sages du Sanhédrin parlaient
70 langues et devaient pour assumer leur fonction être
capables de comprendre vraiment l'autre sans interprète.
En effet, j'avais pu déjà l'accompagner dans sa
découverte spirituelle et psychologique de vérité
pendant un temps à travers les textes d'Octavio Paz et
d'autres auteurs véridiques en espagnol à l'époque,
spécialement dans Libertad sobre palabras (liberté
sur paroles) dont il se nourrissait quotidiennement.
Nous avons à nouveau échangé par lettres
et par téléphone régulièrement et
je lui parlais aussi en me référant aux mots sanscrits
qui étaient devenus ses nouveaux repères d'expression
et de pensée.
Il y a quelques années, à l'approche de la fête
de 'hanouka, il me disait pressentir que notre tradition possède
elle-aussi de quoi lui parler en cette phase très avancée
de son parcours. Il me l'a dit et m'a demandé de l'aider,
si je le pouvais en tenant compte de ce qu'il avait intégré
et de ce qu'il était devenu. Une correspondance s'est
établie et notre échange l'accompagnait encore
quand il décidait de réintégrer progressivement
puis totalement sa tradition.
Voici la dernière lettre de notre parcours commun, en
ce point, et que je traduis en français. Il m'a demandé
de la publier car, m'a-t'il dit, elle pourrait aider d'autres;
il me dit qu'elle fut capitale pour lui car elle rassemblait
si bien son parcours sans le condamner, et elle trouvait selon
lui exactement les mots pour le dire et pour éclairer
de l'intérieur toute sa trajectoire authentique, l'aidant
à avancer dans sa ligne pour la dernière étape
et l'accompagnant dans son apaisement épanouissant. Auparavant
je n'avais pas utilisé cette clarté des mots et
jonctions car il n'était pas en ce point, je l'accompagnais
là où il en était. Et quand il fut en ce
point de jonction, voici ce que je lui ai écrit. Il me
dit: cette lettre fut comme l'éclairage de la 'hanoukia
à la 6e lumière, car il espérait avoir
encore à vivre d'autres lumières, la 7e et la
8e, sans mon aide.
Depuis, jusqu'à maintenant, avec stabilité, il
a repris une vie ordinaire en Israël: étude, travail,
relations heureuses familiales et amicales, dans les conditions
incertaines mais possibles qui sont celles de tout un chacun
en Israël. Apparemment, il est un Juif très ordinaire,
que rien ne distingue, mais combien riche et rayonnant dans
son silence. Tout Juif est ainsi un Tanakh vivant, complet et
complètement. Tout Juif est une 'hanoukia géante.
Qui s'illumine progressivement. Et qui illumine en silence.
Réponse à deux objections: l'une trouve que j'ai
trop formulé ce que je souhaitais, l'autre que j'ai été
trop permissif pendant ces années! Effectivement, je
n'ai fait que l'accompagner à sa demande quand son parcours
était cette recherche géographique où son
lien avait un sens mais qui ne s'explicitait pas davantage.
Par contre, là où il en était en cette
phase de son retour, je pouvais formuler tout ce sur quoi il
réfléchissait et intégrait en soi. Yéhouda
n'était pas quelqu'un qu'on mène par des mots
externes à lui, même avec la subtilité de
gros sabots! Il rirait qu'on puisse supposer cela de lui après
tout ce qu'il a vécu!
"Cher Yéhouda.
En remontant dans tes souvenirs d'étude juive, tu te
souviens certainement très bien de l'histoire qui est
à l'origine de la fête de 'Hanouka. Mais, aujourd'hui,
où tu as découvert toute l'importance de l'intériorité
sans laquelle il n'y a pas d'homme, ni de relation, ni de religion,
tu comprends que l'essentiel de 'Hanouka, c'est l'avancée
chaque jour vers la victoire de la pureté (symbolisée
par la pureté de la fiole d'huile), et c'est une pureté
non pas conceptuelle ni théorique mais visuelle, lumineuse.
La Grèce avait une pureté, mais elle nous combattait
et voulait nous interdire la pureté d'intériorité
lumineuse, car sa civilisation choisissait de valoriser l'excellence
et la beauté dans l'impureté. Tu le sais.
Au contraire, nous les Juifs étions obstinés à
faire de chaque homme juif, un Temple de Hachém en toute
Sa pureté. C'est pour cela que le psaume 30 sur la dédicace
du Temple est choisi pour 'Hanouka. Les Grecs le comprenaient
bien et ne le toléraient pas. Beaucoup de courants -même
ici- luttent encore ainsi contre Israël, pour une Shoa
spirituelle et non pas pour nous mener aux fours crématoires
ni pour nous expulser de notre terre; simplement pour remplacer
notre lumière par une autre qui a beaucoup de beaux noms
culturels d'aujourd'hui et très portés par les
médias et leurs partis politiques qui s'auto-décrètent
comme étant le seul progrès pour l'humanité
et la seule intelligence évidente.
Nous, les Juifs, nous voulons vivre en pureté d'union
avec... la pureté de Hachém, et tu le comprends
toi qui as appris que le atman (moi) individuel est uni au brahman
(tout) inconnaissable mais présent. Tu as été
sensible à cela sans savoir que chez nous, le ani (moi)
personnel et le Ani divin ont jusqu'au même mot pour tenter
de l'exprimer exactement.
Cette spiritualité que tu as découverte est la
fine pointe de la civilisation d'où a émergé
Avram-Avraham et le Rav Ménaché ben Israël,
au 17e siècle, dans son livre célèbre Miqvé
Israel (l'Espérance d'Israël) explique qu'Avraham
a envoyé là-bas ses enfants de Agar en leur ayant
appris ces secrets essentiels pour qu'ils ne tombent jamais
dans le culte des représentations ni des idoles. Ce sont
ces fruits que tu y as découverts encore, et leurs plus
anciens textes datent de bien des années après
Avraham. Ils vont ainsi au plus loin de la pureté de
ce que l'esprit humain peut atteindre dans sa recherche juste.
Je parle de ceux qui ne se soucient pas des représentations
idolâtres environnantes.
Mais, ce que Avraham ne leur a pas transmis c'est la révélation
qu'il a reçu: il a réservé à son
fils Yits'haq le fait que Cet inconnaissable a parlé
et a révélé ce qu'Il est, Ses noms, et
son besoin de vivre avec l'homme. Cela n'est pas la création
de D.ieu par l'homme, c'est une révélation.
Et nos Sages nous apprennent que cela est le sens du psaume
que tu connais bien: achré yochévé veitékha
("heureux les assis de Ta maison"). Cette union est
ainsi exprimée et c'est la véritable traduction,
commente le 'Hida; cela va bien plus loin que de dire "heureux
ceux qui sont assis dans Ta maison", ce qui serait déjà
immense. En effet, nous sommes heureux car nous "sommes
nous-mêmes Sa maison", et pour cela, nous l'exprimons
visiblement à 'Hanoukha et nous disons ce psaume 30 qui
célèbre ce processus dans ce peuple et dans ses
membres qui sont ce Temple que l'on inaugure. Et l'inauguration
externe n'a lieu que s'il y a cette inauguration interne, sinon
le Temple s'écroule, ce qui s'est produit, hélas.
Bien plus, le psaume 30 nous fournit la pédagogie progressive
pour atteindre ce niveau, cet état d'hommes-Temple dans
un bonheur qui éclate ipso facto en chant.
Le psaume nous l'explique par un contraste:
- ou bien nous sommes Sa maison et nous recevons tout de Lui
et de Sa lumière.
- ou bien, comme le dit le verset 7, nous échouons car
nous misons sur nous-mêmes et n'atteignons que notre pauvre
lumière limitée et instable. Cette option négative
est tout le monde actuel que tu n'as pas voulu vivre car tu
y voyais un égoïsme vain (tout pour mon "moi";
"mon" bonheur, "ma" réussite, "ma"
situation, "mon" argent, "ma" maison, "ma"
retraite, "mon" club de gens identiques, "mon"
parti, etc, et ne pas s'occuper des autres qui s'écroulent).
C'est exactement le verset 7: j'avais dit dans "ma"
tranquillité: jamais "je" ne chancellerai.
Le psaume nous place devant ce choix à 'Hanouka :
- ou bien la pureté de vivre avec Hachém, selon
Sa lumière et compter sur Lui pour passer des difficultés
à la joie et la libération que tu as recherchée
(bodhi, moksha).
- ou bien une fausse lumière, celle de l'ego, de l'égoïsme,
que les publicités font grandir pour nous vendre leurs
pacotilles.
Ton judaïsme personnel que tu recherchais à travers
tes voyages a donc bien cette ascèse élaborée,
mais en plus le judaïsme nous transmet la "révélation"
par ce niveau inconnaissable lui-même; tu as voulu respecter
ce niveau dans sa pureté, je dirais "dans ton laïcisme
ou dans ton agnosticisme" car tu ne voulais pas tricher
ni le ramener à tes propres élucubrations intellectuelles
ni à celles d'autrui. C'est cette exigence très
pure qui t'a fait rechercher si loin, comme Avraham parcourait
tous les pays cultivés de l'époque avec tous leurs
maîtres pour trouver l'essentiel.
En plus, tu ne savais pas encore que le judaïsme te transmet
les dossiers d'expérience des chercheurs qui t'ont précédé
(les Patriarches, David, Chélomo et leur sagesse, les
Prophètes); bien plus encore, ton judaïsme peut
te transmettre le dossier de cette expérience en tant
que peuple, avec ses échecs, ses erreurs et ses succès;
ainsi, tu as tout le dossier, bien entendu si tu étudies
avec des maîtres qui sont capables de t'enseigner tout
cela selon "ton" exigence excellente. C'est pour cela
qu'il est dit dans nos textes: fais "toi" un Rav;
celui qui pourra réunir "ton" expérience
et "ta" recherche à tout ce dossier; tu as
été le chercher comme Avram auprès des
gourous rigoureux, très loin car tu ne savais pas que
tu avais cela chez toi, ne l'y ayant pas rencontré. Les
chemins de D.ieu sont insondables.
C'est donc cela la particularité de notre tradition:
nous ne regardons pas "notre" lumière, mais
LA lumière qui s'est répandue et qui vient d'Autre
que nous; cela est symbolisé par la lumière que
nous prenons au chamache plus élevé. Ainsi, nous
renonçons à la tactique de notre moi et de notre
intellect égoïste et à ses tactiques subtiles;
tu sais, toi, par la qualité de ta recherche, la valeur
de ce renoncement (samnyassa, tyaaga) et tu as raison de choisir
ce qui n'est pas illusion (moha), ni confusion, car tout cela
serait ignorance (avidya).
Ce choix, nous le faisons en regardant cette lumière
comme il nous l'est prescrit à 'Hanouka (au moins une
demi-heure chaque jour la regarder sans rien faire d'autre).
Quel est ce "plus" révélé
que Avram devenant Avraham a découvert en saisissant
ce point juste de jonction dans la réalité entre
le haut et le bas? Il a découvert deux choses:
- que la véritable réalité est 'hessed
(bonté), non pas comme idée mais comme réalité
la plus concrète, comme on parle de l'ADN ou des électrons.
- et il a découvert aussi que son foyer d'émergence
et de rayonnement est sur la terre d'Israël, et en ce point
précis qu'est Jérusalem. C'est cela sa découverte
physique et géographique qu'aucune ascèse la plus
pure de l'époque n'avait pressentie.
Et vivre ces deux découvertes, là, c'est vivre
cette lumière de 'Hanouka, car là est alors le
lieu du Temple, et car l'homme (individuel et comme collectivité)
est alors Temple lui-même.
Cela est le sens du premier verset du psaume 30 de David: "Mizmor,
chir 'hanoukate ha baït. Lé David (Cantique, chant
d'inauguration du Temple. A David)". Toi qui aimes le sens
des mots qui résument l'essentiel et l'enseignent, tu
as la chance de pouvoir le comprendre directement dans l'hébreu
qui est ta langue maternelle.
Le Roi David, ayant balayé la position d'erreur et
d'échec (comme toi), et ayant situé exactement
cette union de l'humain, de la nature et de D.ieu, le Roi David
nous apprend aussi comment ne plus sortir de ce point magnifique;
c'est le verset final du psaume, le 13e verset comme par hasard:
"lémaâne... léôlam odéka,
de la sorte... toujours je Te célèbrerai".
Alors est atteint ce que tu cherches: la libération (kaivalya),
la paix (chanti), la tranquillité (samadhi), la perfection
(siddhi) inébranlable (sthanou) que d'autres religions
les plus pures recherchent dans une ascèse incomparable.
Avraham savait tout cela et il a reçu -en plus- la révélation
que cela se joue dans un Atta (Toi), c'est-à-dire dans
une relation vivante particulière qui relie les deux
pôles: va vers toi-même, lui dit D.ieu (et c'est
ce que tu fais), car Moi Je viens vers toi.
Tout cela se joue aussi quand il nous est prescrit de regarder
la lumière de la 'Hanoukia qui descend de celle du chamache,
c'est-à-dire que nous nous mettons en "ce point
d'union de ce Moi-moi" par le regard sur la lumière.
David le dit en ce seul mot de rencontre: Elohaï, mon D.ieu.
Et nous avons à y rester (léôlam, toujours,
dit le verset 13) et nous avons à le ressentir et à
l'exprimer avec tout l'être (odékha, je louerai,
chir, chant, mizmor, cantique...). Alors, l'homme devient chir
El, chant de D.ieu, expression composée des lettres du
nom Israël. C'est cela ton peuple. Et le bonheur est possible:
ces deux mots chir El (me semblent-ils) commencent et terminent
le splendide psaume 128 que tout humain voudrait vivre. Ton
peuple, c'est cela. Rien que cela. Nous n'avons pas besoin d'autres
conquêtes, d'autres dominations, d'autres supériorités
que cette union. Cela est bon, cela suffit, et cela apporte
bénédiction au monde, c'est tout. Plusieurs religions
le pressentent au point de vouloir nous voler ce message et
nous supprimer pour prendre notre place. Comme s'ils pouvaient
changer à leur gré la volonté de D.ieu
sur Ses créatures. Heureusement, tu n'es pas tombé
dans ces supercheries criminelles qui ont tué des millions
de Juifs dans l'histoire.
La direction que tu prenais était juste parce qu'elle
était un retour à la pureté de celle d'Avraham;
tu as pu ainsi lâcher les illusions et tu es prêt
à recevoir totalement maintenant la lumière que
tu pressentais et qu'il a découvert ainsi que ses successeurs
qui l'ont déployée.
Cette lumière -celle que tu as ainsi visée depuis
si longtemps, avec courage et persévérance, t'attend
à 'Hanouka, en ce lieu de Jérusalem. Si tu penses
que c'est le moment, dans ta liberté. Tu as fait exactement
comme Avraham qui parcourait le monde et qui a trouvé
ici.
Je formule aisément tout cela dans les termes que tu
connais maintenant puisque c'est toi, c'est ton être et
tu l'as prouvé: regarder cette lumière de 'Hanouka,
en odékha (je louerai, verset 13 du psaume 30), c'est
atteindre simplement l'union du transcendant et du concret (sahadja),
c'est y rester stable et inébranlable (sthaanou), dans
cette conscience (cit) et peut-être as-tu été
sensible à ces mots communs en ces deux langues pour
exprimer ces recherches (nour, la lumière; et ce point
de rencontre de l'Innommable et de nous-mêmes est appelé
souka -joie, bonheur- en sanscrit et c'est bien ce que nous
vivons sous la soucca à Chavouôte! Un peu d'humour
fait du bien, sans prétention de rien prouver par là,
car nous n'en n'avons pas besoin!
Les Sages de là-bas, fine fleur de l'humanité
en recherche, t'ont appris qu'ils appellent prasaada cet état
de grâce calme, de pureté, de perfection de la
gloire parfaite (vibhouti); le roi David nomme aussi cela en
lui donnant le nom de kavod (gloire qui a sa source dans la
Gloire, comme nous le célébrons spécialement
dans la prière de matin de Chabbate). Et il dit dans
le psaume: "yézamérékha khavod vé
lo yidom, voilà une gloire qui chantera et qui ne s'endormira
pas". Nous chantons souvent ce kavod dans toutes nos prières.
Je te souhaite de parvenir très bientôt à
ce point du bonheur pour lequel tu as beaucoup cherché
sur toute le terre, sans tricher. Tu as accompli ce qui est
prescrit de "te" faire un rav, cela veut dire une
Torah que "tu" vives, tu as construit lentement cette
ascèse de recherche (saadhana) que tu as voulue centrée
seulement sur l'ultime réalité (la satya). Tu
as évité l'illusion confuse (moha) du seul concret
et des seules richesses matérielles, tu as réussi
à éviter le seul attachement (assakta) à
ces apparences.
Et maintenant, épuré, tu reviens comme Avraham
vers le lieu qui est lumière. Et cela à 'Hanouka.
Et tu réussiras, comme les Makabim; et tu ne te laisseras
certainement pas prendre comme les mityavnim (les partisans
de la Grèce qui pullulent encore).
Je pense que tu es la réalisation exacte de ce que dit
le Traité Méguila 6a:
"im tomar lékha adam: yagâti vé lo
matsati, al taamine,
si quelqu'un te dit: j'ai peiné dans l'étude et
je n'ai pas trouvé, ne le crois pas.
lo yagâti vé matsati, al taamine
si quelqu'un te dit: je n'ai pas peiné et j'ai trouvé,
ne le crois pas.
yagâti vé matsati, taamine
mais si quelqu'un te dit: j'ai peiné et j'ai trouvé,
crois-le".
Je me souviens très bien quand, dans nos premiers échanges
en espagnol, tu me faisais part de ta soif de la rencontre avec
l'absolu: "Oh llama de amor viva... rompe la tela de este
dulce encuentro! O flamme d'amour vive, rompt la toile de cette
douce rencontre". Et j'y ai repensé ce soir, devant
la 'hanoukia avec ses 6 lumières allumées: chacune
des lumières de tes années précédentes
envers Hachém est restée vivante, on n'allume
pas la 6e seulement mais on allume d'abord la 6e là où
tu es arrivé, mais chacune des précédentes
restent lumière allumée également et c'est
toute la trajectoire parcourue qui est lumière stable,
sans aucune qui manque. Ainsi de ton parcours, car ta direction
était pure et droite: vers Jérusalem à
travers ces spirales que tu as suivies dans le monde entier.
Et, par ce parcours où tu as épuré parmi
les meilleurs du monde, tu reviendras non pas dans une Jérusalem
seulement de paysage externe, mais dans une Jérusalem
à la fois externe et intérieure, avec toute la
recherche depuis Avraham et la remontée de la Création,
assumée et offerte dans le Temple de la bénédiction.
Tu es un vrai Juif, ce n'est pas une aventure solitaire que
tu as vécue, c'est toute l'histoire, et tu lui as fait
faire un pas de plus, le tien, que nul autre ne pourra faire
à ta place. Il est sûr que par là tu fais
accoucher ce que beaucouop d'autres jeunes Juifs et Israéliens
recherchent aujourd'hui. Quand tu voudras, apportes maintenant
modestement tout cela en offrande au Kotel, en attendant que
le Temple bientôt reconstruit t'accueille avec les chants
des Léviim dont tu es.
Je te remercie infiniment d'avoir partagé avec moi pendant
ces années ta recherche et de m'avoir donné de
voir se dérouler sous mes yeux ce parcours avrahamique
magnifique, en un raccourci de quelques années de la
vie d'un jeune Juif.
Que ta lumière rayonne en toi et sur tout Isra-Ël.
Nous avons besoin de toi ici qui as vécu un tel parcours,
tu pourras enseigner à beaucoup qui te ressemblent."
Lire aussi cette seconde série de méditation pédagogique
quotidienne:
http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka.html#pensee
Note
Pour ceux qui sont dans des fonctions de conseil, et qui veulent
tenir compte à la fois des éclairages psychologiques
et des dimensions de Torah, et parler en leur langage, spécialement
face à des Juifs pour qui ces deux dimensions sont importantes,
lire ce lien qui rassemble des publications en ce sens: http://www.modia.org/publications/index.html
et http://www.modia.org/infos/etudes/techouva1.html
Il est vrai qu'accompagner des gens dans leur parcours dans
cette manière demande un important investissement linguistique
et culturel pour écouter, comprendre et rencontrer vraiment.
Et pour intervenir dans les termes de la personne qui rejoignent
ainsi son expérience. Et non pas dans nos propres mots
professionnels ou culturels. Des psychologues ou psychanalystes
m'ont souvent posé des questions là-dessus, ils
trouveront ici un éclairage partiel.
C'est pour cela que j'avais choisi pour ma thèse de doctorat
d'Etat sur la psychothérapie, le thème de la conjonction
des éléments personnels et culturels dans le rêve,
en prenant l'exemple dans diverses langues, en particulier en
ce domaine, en plus du français, l'espagnol, l'hébreu,
l'arabe et quelques autres.
Etude d'avancée personnelle dans la 7e lumière
de 'Hanouka
Dans son commentaire sur les psaumes, intitulé Yossef
Téhilote, le 'Hida montre que les lettres initiales (raché
tévotes) des trois premiers mots du psaume (mizmor chir
'hanoucate) correspondent aux trois objectifs que voulaient
combattre les Grecs dans la culture juive: le mém de
mizmor correspond à la mila (circoncision), le chine
de chir correspond au chabbate, le 'héit de 'hanoucate
correspond à la fête de Roch 'hoddéche.
Et ces trois interdictions se changèrent en miracle et
en victoire dans la joie.
Et l'ensemble des lettres initiales de ce premier verset l'indiquent
bien: elles forment ensemble le mot , vers la joie.
Le 'Hida veut souligner par là que ce psaume composé
par David nous témoigne que la protection de Hachém
est tellement grande et assurée que le Roi David a vu
ces événements et leur issue heureuse et a voulu
les inscrire dans son psaume justement consacré à
la dédicace du Temple qui fut ensuite le moment où
cela s'est joué.
Cela nous indique que la Présence divine
ou Chékhina est toujours avec Son peuple Israël,
et ce mot sim'ha (joie) dans lésim'ha est un nom de la
Chékhina.
Donc, tout cela, en cette 7e lumière où nous avons
persévérés en rebondissant ainsi chaque
jour de lumière en lumière au dessus des obscurités
et dépressions, cela doit nous soutenir.
Le 'Hida va jusqu'au bout de cette lancée sur le premier
verset et souligne que le dernier mot David dans (léDavid,
à David ) a la guématria de 42 et ce nombre est
celui des lumières utilisées sur la 'hanoukia
pendants la fête. Le 'Hida veut nous montrer par tout
cela quelle cohérence et assurance totale il y a dans
cette joie et dans cette victoire. Que cela nous soutienne constamment,
et que nous restions branchés sur cette lumière
qui est joie.
Cette idée est encore rendue autrement dans le psaume,
par le mot li ("pour moi") qui y revient plusieurs
fois, allez le constater (versets 2, 11, 12). Et le Middrache
Vayiqra Rabbah 2,2 explique l'importance du choix de ce mot,
par cette régle d'interprétation du texte:
"bé khol maqom ché néémar li,
éino zaz léôlam lo va ôlam ha zé
vé lo laôlam ha ba (dans tout endroit où
il est écrit ce mot li, ce dont il est parlé restera
stable et assuré et ne bougera pas ni en ce monde-ci,
ni dans le monde à venir)".
Cela nous montre que la lumière que nous espérons,
sur laquelle nous travaillons ainsi avec persévérance
en ces jours de 'Hanouka, nous apportera avec assurance ce qu'elle
promet, et cela dans ce monde-ci et dans le monde à venir.
Le middrache apporte les références qui le prouvent
et que vous pouvez étudier, je vous les donne dans l'ordre
où les inscris le middrache: Jérémie 31,20
- Chémote 40,15 - Bémidbar 8,14 - Vayiqra 35,55
- Chémote 25,2 - Bémidbar 3,13 et 11,16 - Vayiqra
35,23 - I Rois 11,36 - I Samuel 16,1 - Chémote 25,8 et
20,21 - Vayiqra 28,2 - Chémote 30,31.
Voilà de quoi méditer et nous renforcer pendant
toute cette journée.
N'oublions pas: victoire-assurance-lumière-joie-constance
perpétuelle-Chékhina.
Nous comprenons maintenant pourquoi la tradition nous demande
de passer au moins 30 minutes à regarder la lumière,
pour recevoir toutes ces bontés et prendre le temps de
les assimiler. Ce n'est pas du tout simplement allumer les bougies,
chanter un chant, donner des cadeaux et papoter. Il y a cela
et plus!
Si vous le voulez, voyez aussi l'autre méditation
pour ce 7e jour :
http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka.html#pensee
Découvrez qui est le 'Hida:
lien ici. Ecrivez Hida dans le moteur de recherche,
en haut de la page d'accueil (lien
ici) et vous découvrirez que ses commentaires
sont très présents sur tout le site Modia.
Etude d'avancée personnelle dans la 8e lumière
de 'Hanouka
Dernière avancée dans ces étapes
d'obscurité et de lumières. Nous devons aboutir
et stabiliser, ce sera notre méditation d'aujourd'hui.
Résumons donc les étapes franchies et démontrées
par le psaume 30 dans le commentaire ci-dessus dans les 7 jours
précédents, en y ajoutant ce plus d'aujourd'hui.
1e étape à franchir et que nous rappelle le
premier verset du psaume:
"J'ai su que tu proposes ce bonheur total où nous
entrons pour nous inaugurer en sanctuaire et être chant
comme le bien-aimé David".
2e étape à franchir et que nous rappelle les versets
2 à 4 du psaume:
"J'ai vu les 5 délivrances d'où Tu me tires
depuis les chutes, et ma part sera de m'en souvenir et de chanter
en conséquence".

3e étape à franchir et que nous
rappelle les versets 5 à 11 du psaume:
"Je chanterai aussi de ce que j'ai appris:
- mon erreur de croire que je serai stable et fort par moi-même
puisque Tu m'as donné; j'ai appris que Tu donnes et puis
Tu caches Ton aide et je m'écroule, qui que je suis;
me rappeler que ma force et ma stabilité ne me sont pas
acquises mais sont à prendre comme un don constant de
Toi et pour toujours".
4e étape à franchir et que nous
rappelle le verset 12 du psaume:
"La vision claire de ce scénario qui éclaire
la réalité assure la réalisation de ce
plan divin qui est de nous donner et avec continuité".
5e étape à franchir et que nous rappelle le
dernier verset du psaume:
" Nous sommes dans le chant, pas seulement moi, c'est "notre"
kavod, notre gloire commune qui sans cesse chantera; j'ai l'autorisation
de dire ce mot d'union: Elo-haï. Et le dire toujours en
jubilation, c'est le mot odéka, je louerai, je célébrerai".
Un éclairage important nous est fourni, me semble-t'il
lé ânioute déâti, en utilisant la
méthode classique d'ouvrir ce mot en allant trouver un
autre contexte où il est utilisé.
Ce dernier mot odéka, je louerai, ne revient qu'une seule
autre fois dans tout le Tanakh (Bible), c'est dans le livre
de Yov (Job) au verset 40,14. Après toute l'expérience
de sa vie et des enseignements inadaptés des savants
en Torah qui lui ont fait bourdonner les oreilles pendant des
dizaines de chapitres en essayant de lui expliquer pourquoi
il souffre, et lui même prenant cette même voie
tordue, D.ieu l'invite à abandonner ces démarches
trop humaines et lui laisse entrevoir une autre:
réaliser que seul comprend Celui qui fait les mondes
avec toutes les merveilles et puissances qui s'y déroulent,
et laisser parler le chant qui devrait venir alors en nous (même
si nous sommes en peine) dans la conscience de cette vision
d'un tel univers. Et, alors, l'univers de Yov (ou le nôtre)
change et peut laisser se manifester la puissance du bonheur,
comme dans le miracle de 'Hanouka.
Ce mot est encore placé une seule autre fois mais en
y ajoutant devant le mot "vé" (et) dans le
verset du hallél
(lien ici) de louange au psaume 118, au verset 28 qui le
termine, et que nous chantons en communauté les jours
de fêtes: "Eli Atta vé-odéka, Elo-haï
aromiméka, mon D.ieu c'est Toi et je Te louangerai, mon
D.ieu, je Te célèbrerai".

Nous y retrouvons les mots de notre psaume, nous sommes donc
bien assurés qu'il s'agit du même thème.
Et ce psaume se termine par "Hodou laChém ki tov,
ki léôlam 'hassdo, Louez Hachém car Il est
bon, car Sa bonté est éternelle et constante".
Les 8 lumières de 'Hanouka brillent ce soir sans une
qui ne manque, et dans le psaume, 8 fois celui qui prie appelle
"Hachém" directement, 8 rencontres de bonheur
expressément. Deux fois, il y ajoute Elo-haï, mon
D.ieu, rencontre d'amant, de 'hassid qui chante doucement.
Nous retrouvons aussi, en cette phrase du psaume 118, le mot
qui revenait dans le psaume 30: "ki, car"; en effet,
le roi David veut nous faire saisir que c'est la logique réelle
du monde et de la vie qu'il connait maintenant.
Puissions-nous, tout Israël et tous les hommes, aller dans
cette voie qui est bien au delà des conflits, et de l'agitation
vaine des mouches que nous infligent en douche continue les
médias sur la vie politicienne; et que nos préoccupations
internes nous camouflent également.
Exercice concret
Essayons de mémoriser ces 5 étapes, pour les franchir
le plus souvent possible, pour nous y maintenir.
Si nous les séparons par un trait sur notre texte pour
les lire clairement dans ce rythme,
et apprendre et mémoriser ce psaume selon ces étapes,
nous aurons ainsi un outil interne pour notre pilotage optimal.
Essayer de relire plusieurs fois le psaume en suivant ainsi
le rythme de progression de chaque étape.
Hag 'hanouka saméa'h.
Psaume 31
Il est indispensable
de le lire avant de suivre cette étude.Et de le suivre
dans le texte ou dans la traduction pour vérifier les
mots précis de cette étude.
Nous comprenons maintenant
et immédiatement pourquoi le premier verset parle de
ce « dedans » : « Békha Hachém
‘hassiti, En Toi, Hachém, je m’abrite ».
Nous retrouvons les
séquences précédentes et les thèmes
précédents. Ce qui nous montre aussi que ce travail
est à reprendre constamment.
Ce psaume nous enseigne
davantage sur le lieu où nous devons vivre, « dans
lequel » nous devons vivre, et il nous éclaire en
décrivant davantage. Cela est résumé jusqu’au
verset 6 qui comprend encore la préposition « dans »
(bé) avec les trois mots « bé yadékha
afqid rou’hi, dans ta main je confie mon esprit » et nos
Sages ont remarqué que les initiales forment le mot béer,
puits comme le puits de vie de Myriam. Et cela au milieu des
dangers décrits dans le verset précédent.
Ensuite (versets 7-9),
nous voyons que cette réciprocité apporte la joie :
l’homme se tourne et regarde avec confiance, et D.ieu regarde
la misère et, du lieu de cette rencontre, l’ennemi et
les soucis ne peuvent être présents et la joie
apparaît, elle est indiquée par les deux mots guila
et sim’ha, au verset 8 et il est bien précisé
que l’on est alors au large des ennemis et des soucis.
Nous allons voir que
le Roi David refait plusieurs fois ce scénario, peut-être
parce que nous sommes faibles et n’avons pas la constance de
séjourner et aussi parce que les ennemis et soucis se
renouvellent. Dans les versets 10-14, il décrit à
nouveau la situation pénible dans lequel il est. Si le
Roi et le Roi David passent par là, ne nous étonnons
pas de traverser à notre tour des épreuves, cela
nous montre qu’elles sont dans le programme normal. On a l’impression
de lire le Livre de Job, et il faut regarder son chapitre 29
pour découvrir l’intensité de l’épreuve
dont les autres attribueront la réalité au malheureux,
la responsabilité à la victime. Ainsi va le monde,
même celui des meilleurs, cela devrait nous mettre en
garde.
A nouveau, au verset
15-17, David travaille pour se placer dans le duo « je-Tu »
et aux versets 18-19, les méchants sont exclus et externes
à cette union.
Les versets 20-23 décrivent
encore comment le fait de se mettre en ce lieu qui est le lieu
de Celui qui est Bonté, expulse les méchants et
médisants.
Le final (24-25) est
composé de conseils en conclusion et en bref résumé.
Et David reprend les mots dit à Yehoshua dans le premier
chapitre de son livre : « être fermes et forts
dans ces attitudes ». Myriam a eu ces qualités
et elle a pu ainsi sauver le peuple, et Yehoshua a eu aussi
ces qualités et est parvenu à éliminer
les méchants autour du peuple et de la terre d’Israël
et pendant toute sa vie tout le peuple a vécu de toute
la Torah. Voilà le fruit de réussite de cette
attitude.
L’écriture même
de ce psaume nous apprend l’alternance normale que nous devrons
vivre dans une répétition de difficultés,
de retour puis de joie. Nous avons analysé plus précisément
ce psaume sur le site.
Psaume 32
En fonction de tout
ce que nous avons vu, il commence par le mot « heureux,
achré ».
Pour préciser
la source du vrai bonheur, car ce ne sont pas les critères
habituels qui assurent le bonheur même s’ils peuvent y
contribuer partiellement : santé, jeunesse, beauté,
argent, maisons, objets, relations, pouvoir, etc. On peut être
malheureux et ne pas être heureux avec tout cela, le cas
est fréquent.
Ce psaume va développer
une phase du processus que nous avons découvert :
certes, on va se mettre à l’abri mais ce déplacement
suppose que l’on sorte réellement des fautes ; on
ne peut pas jouer sur les deux tableaux, être ici et là
en même temps, c’est impossible. Les deux premiers versets
déclarent cela. Et dans cette erreur commise même
par le Roi David, ipso facto le poids de la réalité
de Hachém l’écrasait, car il tordait lui-même
toutes les réalités.
Il nous enseigne comment
il en est sorti de cette impasse : par l’aveu de ses fautes
et le fait de les reconnaître vraiment. Le verset 6 nous
montre bien que le Roi David fait de ce psaume un poème
didactique, pédagogique.
Les versets 7 et 8
nous dépeignent bien le duo dont nous avons parlé,
de la part de l’homme et de la part de D.ieu. Suivez le texte
avec cette étude. Ne survolez pas.
Les versets 9 à 11 donnent des conseils et nous rappellent
le lien de cette droiture morale avec le fait que le chant va
jaillir pour nous. Il faut être droits (yécharim)
en tout cela, des gens au coeur droit. Ecrivez ce mot coeur
ou lev dans le moteur de recherche du haut de la page d’accueil
pour découvrir son importance dans les études
sur le site Modia.
Psaume 33
Nous arrivons dans
une phase nouvelle, le poète d’Israël nous transporte
maintenant dans la zone du chant et de la réjouissance
qui sont réalisés ainsi par le duo des personnes
droites et justes, et nous allons comprendre parfaitement ce
premier verset :
"Ranénnou
tsaddiqim ba Hachém, la yécharim
nava téhila
Lancez des chants de
réjouissance, justes, en Hachém, aux hommes droits
convient la louange".
Ce ne sont plus des
conseils préparatoires, mais on invite le peuple de gens
droits et qui avancent selon ce qui a été proposé,
à laisser éclater leur joie,
celle de D.ieu.
Nous sommes là
avec Avraham avinou, notre père, qui a constitué
notre peuple en découvrant que le monde est bâti
sur la bonté divine (et non pas sur la force intellectuelle,
économique, politique, financière).C’est une révolution
et un dévoilement que beaucoup n’ont pas encore compris
ni dans notre peuple ni hors de notre peuple. Les journaux écrits
ou télévisés que nous absorbons sans cesse
ne sont pleins que des luttes de ces faux pouvoirs, et non pas
des politiques de la bonté. Ce psaume nous fait entrer
dans ce monde de la bonté qui a écarté
le mal. Notre monde est bâti selon l’ordonnancement du
7, comme les 7 jours ou les 7 descentes de la bénédiction
que l’on nomme séfirotes. Et le psaume nous décrit
dès les 3 premiers versets, les 7 formes de cette joie-louange
qui éclate :
ranénou (rina),
téhila, houdou (hodaya), zamérou (zimra), chirou
(chira), naguéne (nigoun), térouâ. Et ce
chant se joue sur les 10 cordes qui font allusion aux 10 ordres
du flux de la bénédiction, totalité des
séfirotes.
Toute la terre est
ainsi remplie de l’amour (ohév) venant de D.ieu et venant
des hommes par les michpatim que nous avons étudié
longuement dans la paracha Michpatim. C’est le psaume du dévoilement,
après les efforts pédagogiques, c’est ce que devrait
être notre vie de peuple et notre vie personnelle, vie
intérieure, de relation et d’action.
On comprend l’erreur faite par ceux qui ne
veulent défendre Israël que par les armes, ou que
par l’idéologie politique ou que par la lutte contre
la désinformation. Tout cela est
nécessaire (et est forme d’amour aussi), mais c’est insuffisant,
c’est de la théorie qui ne transforme pas. On a vu mille
fois les belles idéologies philosophiques ou de pouvoir
(y compris politique ou religieux) devenir des systèmes
justifiés et puissants d’assassinats. Cela, parce qu’ils
n’avaient pas saisi l’essentiel de la force qui constitue réellement
le monde : la moralité de l’amour. Relisons en ce
sens les deux derniers versets de ce psaume.
Psaume 34
Nous n’aurons aucune
peine à le comprendre après cette étude :
le Roi David nous explique comment tout cela s’est joué
dans sa propre vie. Nous retrouverons donc tous ces thèmes
et toutes ces étapes, mais saisies au niveau d’une vie
personnelle.
Nous comprenons aussi
par là que le Roi David a écrit tous ces psaumes
sous une forme de rédaction qui permet de les dire au
même titre par un particulier, par une communauté
ou par l’ensemble du peuple d’Israël. Les dynamiques et
les solutions sont les mêmes.
Nous ne pouvons pas
penser uniquement à nos petits problèmes personnels
mais nous prions toujours d’abord pour tout Israël (et
ensuite pour nous ou pour nos malades, etc. au milieu des mêmes
besoins d’Israël).
Le bonheur d'Israël
En ce sens, nous allons
terminer le commentaire du Ari, zal, non pas pour faire tout-à
coup une envolée dans la cabale. Mais les cabalistes
ou le Zohar ont aussi des commentaires qui sont au niveau dont
nous parlons, de ce qui est clairement dévoilé.
Cette part-là, seule, nous est accessible.
Dans son commentaire
des psaumes de Séfer halliqoutim, il décrit une
dynamique que nous allons comprendre parfaitement après
tout ce que nous avons étudié. Le psaume 33, 10
dit :
« Hachém
héfir âtsate-goyim, héni ma’hchévotes
âmim
Hachém renverse
les projets des peuples, Il fait échouer les desseins
des nations ».
Son commentaire.
« Il faut voir
la vérité complexe (éméte) :Hachém
a séparé la terre d’Israël de toutes les
autres terres. Car toutes les autres terres sont la part de
leur gouvernement et des anges qui les guident. Mais la terre
d’Israël, il n’y a aucun gouverneur ni aucun ange qui la
commande, comme il est dit : « cette terre que Hachém
ton D.ieu exige et désire toujours ». Et c’est exact,
tout Israël est Sa part à Lui, comme il est dit :
« car la part de Hachém c’est Son peuple, ki ‘héléq
Hachém âmo ». C’est pour cela que, même
si les puissances qui gouvernent les autres peuples en bas et
en haut (sarim), décrètent quelque décret
mauvais contre Israël, ou passent à l’action par
de mauvais conseils contre Israël, Ha Qaddoche Baroukh
Hou annule tout de là- Haut et renverse leurs plans,
comme il est dit dans ce verset…. Et il sauve Israël des
plans des nations, car elle est Sa part et Son héritage.
Et Il ne revient pas sur ce à quoi Il s’est engagé.
C’est pour cela qu’il est dit au verset 33,11 :
et les décrets de Hachém subsistent à jamais,
« âtsate Hachém léôlam taâmod ».
Et Il sauve Israël des nations, et il ajoute en bien pour
Son peuple, c’est ce que veut dire la suite du verset :
« les résolutions de Son coeur, de siècle
en siècle, makhchévote libbo lé dor va
dor ». Et c’est pour cela que l’on dit souvent dans
la prière le verset : achré ha âm ché
kakha lo, achré ha âm ché Hachém
Elohav, Heureux le peuple qui est ainsi, heureux le peuple dont
Hachém est le D.ieu. »
Inutile de détailler
tous les liens de ce texte avec l’actualité constante.
Chacun peut le faire facilement et remettre ses pendules à
l’heure pour ne pas se tromper dans l’action ni se tromper de
leaders internes ou externes, et ne pas craindre. A condition
de vivre selon la nature du monde.
C'est uniquement selon
cet axe que nous portons notre regard et notre analyse sur l'actualité
dans les bulletins de Modia. En essayant.
Comment réussir la pratique de ce programme?
- il faut assimiler clairement cette structure de ces psaumes
pour que la prière puisse porter ces dynamiques, ce qui
veut dire travailler l'étude de ces psaumes jusqu'à
ce que ces dynamiques soient claires. Alors, la prière
pourra les porter. Le Chla dit que la prière doit être
dans le dibbour (les paroles), la ma'hchava (la pensée),
et dans la cavana (l'intention du coeur) et alors la prière
est efficace car ha 'hout ha méchoulache lo bimhéra
yinateq, ce cable triple ne se rompra pas facilement (Qohéléte
4).C'est pour cela que la prière est dite comme étant
un "travail", âvoda.
- dans le même sens, nos Sages se posent la question:
mipné ma éin Israel néénim (pourquoi
Israel prie et n'est pas éxaucé? Middrache Tehilim
sur le psaume 91,5). La réponse se trouve dans les versets
du psaume 91, 14-16: "car il m'est attaché et Je
veux le sauver du danger; je veux le grandir, parce qu'il connait
Mon nom. Il m'appelle et Je lui réponds; Je suis avec
lui dans la détresse îmo Anokhi vé tsara,
Je le délivre et le comble d'honneur. Je le rassasierai
de longs jours, et je le fais jouir de mon salut". Nous
revenons là à ce qu'a compris 'Hanna: se placer
avec Hachém, "en" Lui car et comme Il est avec
nous dans la peine. Seulement quand l'homme connait ce nom de
bonté de D.ieu, et s'en approche dans l'union, alors
la situation change.
- c'est ce que Job a compris quand il a décidé
d'arrêter de discuter et de raisonner comme le faisaient
ses amis les philosophes et théologiens. Il fait taire
tout cela et se place en vériter devant Hachém
et il a perdu beaucoup de temps avant de parvenir à cette
attitude (41 chapitres sur les 42 de son livre). Alors le dénouement
se fait. Lisez ce chapitre 42 de Job.
- c'est ce que le prophète Isaïe a dit : bé
khol tsaratam lo tsar (dans tous leurs ennuis, ce sont également
Ses ennuis. Isaïe 63,9). Et de nombreux middrachim (Mékhilta
dé Ribbi Ichmael sur Béchala'h, ou Middrache Tan'houma
sur Vayichla'h 10,10) interprètent en ce sens ce qui
s'est passé pour 'Hanna: souci pour elle, souci pour
Lui, joie pour Lui, joie pour elle. Cette réciprocité
est la base réelle de toute délivrance. Mais c'est
un travail très laborieux pour que les hommes parviennent
à se dégager de leur conception solitaire du souci.
Alors que Hachém connait nos souffrances comme il est
dit lors de la sortie d'Egypte (Chémote 3, 3-5: "J'ai
vu, J'ai vu l'humiliation de mon peuple... Et Je serai avec
toi).Et Rachi commente: "J'ai mis mon coeur à comprendre
et à connaître ses souffrances. Je ne me suis pas
caché les yeux, je ne me suis pas bouché les oreilles
pour ne pas entendre leur cri". C'est le sens de ce mot
"éte" supplémentaire en hébreu
et qui n'existe pas dans une autre langue et qui indique "avec,
îm" comme le dit Rachi sur Béréchite
4,1. Ce "avec" continu correspond au "bé,
dans" dont nous avons parlé longuement plus haut.
Je termine cette étude à Jérusalem quand
les premières fleurs des arbres ressurgissent, celles
de l'amandier, éts chaqéd, comme il est dit dans
le premier chapitre de Jérémie: "La parole
de Hachém me fut adressée en ces termes: que vois-tu
Jérémie? Je répondis: je vois un rameau
de l'amandier.
Tu as bien vu, me dit Hachém, car je
vais me hâter (chaqéd) d'accomplir ma parole."
Et la bonté s'étend alors et remplit le corps,
la vie.
Cela près de ma maison, en Israël. Cette année.
Hachém ne déçoit pas. Il nous "fait
savoir" (sens du mot modia), il nous fait savoir la seule
réalité et elle est l'invisible: Sa bonté,
la bonté.Cliquez
sur l'image de Modia, en page d'accueil, vous verrez ce
qui était invisible.
Le psaume 31
Ce psaume est toujours cité contre le "mauvais oeil".
Qu'est-ce que cela veut dire ? Il s'agit des situations où
les ennemis mobilisent toutes les forces possibles contre quelqu'un,
non seulement les forces militaires mais aussi les forces bien
plus mortelles de la médisance, de la jalousie, du souhait
de malheur, etc.
Voyez aussi notre commentaire
des psaumes 58 et 59.
Ce psaume ne décrit pas une situation précise
du Roi David afin que chacun puisse l'utiliser pour ses propres
besoins.
Voici maintenant la structure du psaume 31.
Il est composé de deux parties A et B (versets 2-9 et
versets 10-23) qui sont bâties de la même manière
:
- d'abord la plainte qui décrit les malheurs (A1: verset
2-7, et B1: versets 10-19).
- puis le souvenir des bontés, la louange (A2: versets
8-9, et B2: versets 20-23).
Enfin, après ces deux parties semblables, le psaume se
conclut sur un appel à tous d'aimer Hachém, d'avoir
confiance et de se renforcer ainsi (versets 24-25).
Voici maintenant la traduction du texte hébraïque
du psaume. Nous pourrons ainsi dépouiller précisément
cette structure, afin de pouvoir prier selon ce rythme qui nous
enseigne comment prier dans les circonstances les plus tragiques.
Premier verset qui résume tout
"Au vainqueur (ou "au chef des chantres"), psaume de David".
Première partie (A)
D'abord la plainte qui décrit les malheurs (A1: verset
2-7).
Verset 2
"En Toi, Hachém, je me suis abrité. Je ne serai
déçu jamais. Dans Ta justice, retire-moi du danger".
Ce verset situe les deux termes : celui qui prie est quelqu'un
de menacé au point qu'il doit vivre protégé
et n'a plus d'autre défense et protection que D.ieu Lui-même,
et il supplie que D.ieu le sauve et il dit sa confiance contrairement
à toutes les déceptions qu'il a eues de la part
des humains. Cette "justice tienne" est, en fait, la Chékhina
divine qui réside avec nous.
Verset 3
"Tends vers moi Ton oreille, vite sauve-moi. Sois pour moi un
rocher, une forteresse, une citadelle où j'aurai le salut".
Ce verset précise et intensifie la demande ; ce ne doit
pas être vague mais une relation personnelle, un véritable
salut. Et la protection doit être intense et solide. On
trouve ici les mots fréquents dans les psaumes : rocher
(tsour), maôz (forteresse), métsouda (citadelle)
et salut (hochiâ).
Cela est bien plus que aide, c'est la solution définitive
à une menace totale.
Verset 4
"Car mon rocher et ma citadelle c'est Toi, et pour Ton Nom Tu
me guideras et Tu me dirigeras".
Ici, on précise encore ; on ne dit pas : sois un rocher,
mais Tu es mon rocher. Ce n'est pas ailleurs, et c'est Toi.
Et on se place dans l'ordre de l'amour car cela est demandé
en raison d'une relation d'amour. En effet, quand on aime, on
ne peut pas refuser car l'aide repose sur l'amour seul. Et cet
amour devient le moteur qui mènera la vie et la pilotera.
Verset 5
"Tu me feras sortir de ce filet dans lequel ils m'ont enserré,
car Toi Tu est ma forteresse".
Maintenant on précise les tactiques des adversaires qui
précédaient cette protection : un piège
fourbe dans lequel on est tombé. Au lieu de cela, désormais
nous aurons une aura de protection très forte et positive,
inébranlable et nous ressentirons la force au lieu de
la chute, de la vulnérabilité, et de la menace.
Verset 6
"Dans Ta main, je confierai mon esprit. Tu m'as sauvé,
Hachém, D.ieu de vérité".
Celui qui était menacé est arrivé ici à
une relation d'amour en toute proximité et me se reposer
totalement sur l'Aimé. Il est la vérité
totale, comme l'expriment les lettres de ce mot EMET en hébreu
(1e lettre, lettre médiane et lettre finale de l'alphabet).
Et le nom qui nomme D.ieu est ici celui de la bonté:
El. On reste tendu vers le salut et il est atteint.
Verset 7
"J'ai haï ceux qui gardent des relations vaines et moi,
c'est vers Hachém que j'ai remis ma confiance".
Nous étions perdus dans un monde où tout est vain
et menaçant, et nous avons fait le choix de Celui que
nous connaissons par Sa révélation de la Torah,
et nous nous plaçons totalement en confiance envers Lui.
C'est la fin de la première séquence de la supplication
dans le danger et de la construction de la relation de confiance.
Verset 8 Commence la partie de louange et reconnaissance,
jusqu'au verset 9.
"Je serai heureux et je me réjouirai dans Ta bonté
car Tu as vu ma pauvreté, et Tu as connu les drames de
mon âme".
Cette fois, on dépasse enfin le drame et comment ? Par
l'union en Celui qui est bonheur et joie. Le vide est devenu
contenant pour ce bonheur. La pauvreté prend sens. On
atteint des termes que l'on utilise dans les chants de mariage.
Verset 9
"Et Tu ne m'as pas enfermé dans la main de l'ennemi ;
Tu as établi mes pieds au large".
Ce que nous vivions était exprimé en termes d'espace
enfermé comme une prison, un piège. Cette fois,
la cage s'est ouverte et on a retrouvé la liberté
d'action.
Nous avons effectué un cycle. Et nous allons en recommencer
un autre, identique (Versets 10-19). Cela nous enseigne peut-être
que la vie restera un affrontement de grandes difficultés
qui se renouvelleront, comme ce fut pour David et tous les Patriarches.
Il faut alors tirer les leçons du cycle précédent,
dans cette nouvelle épreuve. La première phase
(versets 10-19) sera une plainte dans l'angoisse et la seconde
phase (versets 20-23) sera à nouveau l'assurance et la
louange de remerciement.
Verset 10
"Sois bon envers moi, Hachém, car dans la détresse
je suis. J'ai fatigué mes yeux dans la colère,
ainsi que mon âme et mon corps et mon ventre".
Situés dans la bonté, nous osons redire l'intensité
de la détresse qui déchire et brise tout l'être.
Verset 11
"Car détruite dans la peine est ma vie, et mes années
s'écoulent dans les gémissements. L'échec
de mes forces vient de mes fautes, et mes membres sont épuisés".
Dans la confiance, nous pouvons dire à Hachém
l'étendue de notre détresse réelle. Et
notre faiblesse réelle qui explique toute cette situation.
Verset 12
"Pour tous mes persécuteurs, j'ai été considéré
comme moins que rien ; et de même intensément pour
mes voisins, et je suscitais la peur chez ceux qui me connaissaient.
Ce qui me rencontraient dehors s'éloignaient loin de
moi".
Ce n'est pas seulement une ruine personnelle, mais nous étions
aux prises avec des véritables persécuteurs et,
par faiblesse ou par gêne, ou par coopération avec
eux, tous même mes proches amis se mettaient à
m'éviter et à me fuir. Rien n'est pis que ces
trahisons injustes venant de ceux que l'on aime, qui nous aiment
et lâchent celui qui est faible.
Verset 13
"J'ai été oublié comme un mort hors des
coeurs, et j'ai été comme un instrument abandonné
et perdu".
Cette situation a été jusqu'à l'extrême,
sans retour, dans une solitude atroce et sans pouvoir trouver
d'issue.
Verset 14
"Oui, j'ai entendu les médisances nombreuses, la terreur
m'environnant et m'enserrant, quand on se ligue ensemble contre
moi, et pour me prendre ma vie ils complotaient".
Cela ne suffisait pas encore, après la faiblesse il a
fallu que la persécution se déchaîne par
la pire des armes, celle de la médisance, et non pas
simplement pour nuire mais pour aller jusqu'à faire mourir.
C'est la situation fréquente que vivent les Juifs et
tout Israël. En ces heures, nous pouvons avoir l'assurance
que nous ne vivons pas cela seuls, mais nos pères l'ont
vécu et ont piloté l'histoire à travers
ces larmes.
Verset 15. Ici commence la réaction
positive en cette seconde partie du psaume.
"Et moi, c'est en Toi que j'ai placé ma confiance ; Hachém,
j'ai dit : mon D.ieu, c'est Toi".
Au milieu de tout cela, en un instant je réagis et
je me branche en une seule réalité : Toi. Toi
que je connais et qui est mon amour.
Verset 16
"Dans Ta main sont les étapes de ma vie; sauve-moi de
la main de mes ennemis et de mes persécuteurs".
Je ne reste pas à contempler mes malheurs ni mes ennemis
mais je vois plus loin et les étapes à venir de
mon destin qui est mené par Ta main. Mais, pour cela,
Tu dois me délivrer de ces obstacles qui ne sont rien
pour Toi.
Verset 17
"Fais luire Ta face sur Ton serviteur, sauve-moi dans Ta bonté".
Au lieu de visage des mes ennemis, donne-moi de prendre de la
distance et de me souvenir de la réalité qui est
la mienne : je suis situé dans Ta lumière et si
je le tiens Ta bonté pourra alors me sauver.
Verset 18
"Hachém, que je ne tombe pas dans la honte quand je T'ai
appelé. Que les méchants, eux, sombrent dans la
honte, qu'ils soient réduits au silence du Chéol".
Il faut cependant que Tu m'aides et renverse la situation concrète.
Place les méchants là où ils ont voulu
me mettre et là où se situe leur être.
Verset 19
"Qu'elles deviennent muettes les lèvres de mensonge,
qui parlent avec insolence contre le tsaddiq, avec orgueil et
mépris".
Fais cesser cette règle du monde.
Verset 20. Maintenant, après tout ce
travail dans la prière, va venir dans la lumière
la véritable situation du juste qu'est Israël.
"Quelle est immense Ta bonté, que Tu as dispensée
à ceux qui Te craignent, que Tu as fais agir pour ceux
qui ont confiance en Toi, en face des humains".
Tout cela se stabilise, non pas parce que nous supplions par
des prières, mais c'est uniquement parce que nous vivons
dans Ta crainte, cela veut dire que nous nous mettons envers
Toi dans le véritable et unique rapport : Tu es le créateur
du vrai bonheur et nous ne cherchons nulle part ailleurs nos
raisons de vivre, et nous vivons selon Tes règles du
jeu qui sont les règles de la vraie vie. Comme le dit
le psaume 1 ou le psaume 128, celui qui vit ainsi dans ce que
l'on nomme "crainte de D.ieu, yireat chamayim" trouve le bonheur.
Il faut aller lire ces psaumes pour comprendre ce thème.
Verset 21
"Tu les as cachés dans le secret de Ta face, à
l'abri des intrigues des gens, Tu les as abrités dans
Ta soucca, hors de l'atteinte de la guerre des langues mauvaises".
Nous retrouvons les mots d'espace qui entoure, mais maintenant
c'est Ton espace ; et il est une protection totale contre le
pire des maux : la langue qui tue.
Verset 22
"Bénédiction et bonheur est Hachém, car
Il m'a abrité dans Sa bonté pour moi, dans Sa
ville fortifiée".
C'est un nouvel être dans un nouvel espace que nous vivons
quand notre regard a retrouvé ainsi, par la prière
bien guidée par le Roi David, notre lieu, notre peau,
notre bouclier, notre union, notre force. Et tout cela, par
l'amour que Hachém nous manifeste.
Verset 23
"Et moi j'avais dit dans mon trouble : j'ai été
exilé loin de Tes yeux. Vraiment, Tu as entendu la voix
de mes plaintes, en mes gémissements vers Toi".
Je ne dois plus oublier que Tu es présent à mes
douleurs, que Tu les vois et les entends et que mes gémissements
Te sont présents et que Tu y réponds réellement.
Verset 24. Nous abordons maintenant la conclusion
du psaume après ces deux parties qui ont doublé
la plainte suppliante et la louange de confiance.
"Aimez Hachém, tous ses amants épris de Lui. Ses
fidèles Il les protège, Hachém. Mais Il
paie immensément ceux qui agissent avec orgueil".
Nous avons le choix entre deux modes de vie : la guerre des
humains brutaux et orgueilleux, ou bien l'humilité du
peuple juif qui reçoit et reconnaît la Torah et
va vivre là comme le demande Hachém. Même
si cela semble fait rencontrer les persécutions et la
misère. Mais c'est vivre dans Sa lumière, dans
Sa protection de Celui qui neutralise tous les méchants
si nous Lui faisons cette confiance.
Verset 25
"Renforcez-vous et rendez fermes vos coeurs, vous tous qui espérez
en Hachém".
Il ne suffit pas de s'en remettre placidement et passivement
à la confiance. Il faut oser aller affronter le danger
et la médisance qui s'exerceront envers le peuple juif,
et cela comme il a été dit à Yehoshua dans
le premier chapitre de son livre (aller le lire) : puisque nous
avons reçu la Torah de lumière, la preuve et l'assurance
de la protection, nous avons le devoir de nous renforcer. Hachém
ne peut pas nous donner à Lui seul la force dont nous
sommes capables, il a laissé cette part libre à
l'homme qui décide comment il vit. Ayons confiance mais
nous avons le pouvoir de nous rendre forts. Alors seulement
la paix viendra dans un second temps : ôz vé chalom,
force d'abord et paix ensuite.
Poème
Plus brillant que le soleil
Ta présence.
Plus réelle que Ton ciel
ma confiance.
Et les oiseaux me rappellent
dans leurs chants
Ta douceur dans le silence.
Je pourrais douter de toutes les amitiés
mais pas de la beauté
que Tu as créée.
Tu es discret
dans Ton immensité,
tout baiser est secret.
Une main sur une main s'est posée
et voici l'éternité.
Tu es, Jérusalem mon aimée,
la ville de la double beauté.
Impossible de désespérer.
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