de la Torah bien reçue
et comprise :
COMMENT LIRE LES SIGNES DE LA
TORAH ou téâmim
Site Modia : http://www.modia.org
par Yehoshua Ra'hamim Dufour
Ce cours est indispensable pour
1. tous ceux qui veulent bien lire la Torah,
2. les pères et les 'hazanim qui aident les jeunes à
bien lire et chanter leur paracha lors de leur
bar-mitsva,
3. ceux qui ont appris à lire la Torah et qui le font souvent
de façon auditive seulement, sans connaître bien les
règles.
De
plus, un lien ici pour apprendre les règles de la grammaire
de la Torah
1e Leçon. La ponctuation principale
par les téâmim:
fin de verset, milieu et quart de verset. |
2e Leçon. La fausse ponctuation:
les signes visuels de grammaire
passéq et métég. |
3e Leçon. De la théorie
à la pratique. Questions. Les noms de téâmim
chez les Askénazes et Séfarades. |
| 4e leçon Bien lire avec les
signes de ponctuation. |
5e leçon. Ici, Bien lire les
téâmim des psaumes |
6e Leçon. Les signes
qui précèdent la fin et le milieu du verset. |
7e
leçon.Trois autres
signes: Azla-guéréche, Zarqa, Chalchéléte
|
8e leçon.
La hiérarchie des signes de ponctuation dans le chant de
la Torah. |
9e leçon.
Révision dynamique, visuelle et auditive, avec exercices.
Bien repérer les séquences et les pauses. |
|
| 10e leçon.
Fin de la révision dynamique, visuelle et auditive, avec
exercices. Bien repérer les séquences et les pauses. |
11e leçon. Les téâmim
dans le commentaire de Rachi sur la Torah (en préparation). |
. |
1e Leçon.
La ponctuation principale
Imaginez, en français, quelqu'un qui lirait ou parlerait sans
faire les pauses marquées par les signes de ponctuation : ce serait
ridicule, comme s'il récitait une leçon ; ainsi, souvent,
entend-on lire le texte de la Torah ou les psaumes ou les prières.
Simplement, parce que les gens n'ont pas appris à lire selon le
sens donné par les téâmim.
Et ils risquent alors de prier sans comprendre le sens de la phrase
ni des mots.
Or, nous avons l'obligation de prier avec intention, cela veut
dire que notre coeur doit être lié au sens de ce que nous
disons.
Cela sera facile après cet apprentissage, mais il faut accepter
- d'étudier la technique,
- d'apprendre à mémoriser les notions,
- d'écouter les exemples,
- de lire ensuite d'autres textes.
Et la satisfaction sera immense !
La ponctuation est marquée par des téâmim
ou signes qui sont nommés "disjonctifs" (mafsiqim), parce
qu'ils séparent des fragments en sens différents ; c'est
ce que l'on appelle la ponctuation.
Les téâmim ou signes qui relient des fragments
pour montrer que leur sens est commun s'appellent des signes "conjonctifs"
(mécharétim)
; nous les verront plus tard.
Chacun de ces signes a une mélodie particulière qui permet
de les reconnaître à l'audition. Chaque communauté
à une mélodie particulière pour ces signes, mais les
différences ne sont pas très grandes.
Voici un verset de la Torah, c'est le début du Livre de Chémote,
l'Exode.
Il se lit de droite à gauche, ligne par ligne :
Vé éllé chémote béné Yisrael
ha baim
Mitsrayéma éte Yaâqov iche ouvéito baou.
Traduction, ligne par ligne :
"Et ce sont les noms des fils d'Israël qui viennent
en Egypte avec Yaâqov lui et sa maison vinrent".
Ecoutez
ici le chant qui tient compte des différents téâmim
qui indiquent à la fois la ponctuation et le sens.
Le double point
Ce verset comporte à la fin un double point, que l'on retrouve
entre chaque verset de la Torah et de toute la Bible. Cela n'est qu'une
facilité de composition d'imprimerie pour séparer visuellement
les versets et cette marque ne fait pas partie de la Torah.
Le sof passouq 
Mais la fin d'un verset est toujours indiquée dans la Torah par
un petit trait sous le dernier mot (baou), c'est le sof passouq,
ou fin du verset. Lui, fait partie de la massorète ou tradition
des signes de lecture.
Ce signe est un taâm mafsiq ou signe disjonctif,
signe de ponctuation qui coupe le sens (comme le point en fin de phrase).
Il a une mélodie particulière. Il correspond un peu au changement
de paragraphe actuellement ou au point.
Le atna'h 
Un autre signe disjonctif marque généralement la moitié
du verset, un peu comme le point-virgule ou comme le point simple entre
deux phrase,
c'est le atna'h pour les Séfarades, ou atna'hta
pour
les Askénazes. Il a la forme d'une petite fourche à
deux dents vers le bas :
On le trouve dans le verset ci-dessus sous le mot
Mitsrayéma.
Il est sous ce dernier mot et délimite la fin de la première
partie du verset.
Vé éllé chémote béné Yisrael
ha baim Mitsrayéma
"Et ce sont les noms des fils d'Israël qui viennent en Egypte"
(pause) ;..."
Dans les versets très courts, l'atna'h est parfois absent
car il n'a pas de lieu d'être.
Entraînez-vous à reconnaître ces trois premiers
signes sur d'autres versets, en faisant la pause correspondante dans la
lecture. De même en lisant le français.
Ensuite,
chaque demi-partie du verset que nous venons ainsi de découper,
peut elle-même être divisée plusieurs fois en parties,
un peu comme nous faisons en français par les virgules. Cela par
d'autres signes de ponctuation (disjonctifs) que nous verrons ultérieurement.
En voici un :
Le zaqef qatane ou zaqef
qatone
Ce sont deux points placés à la verticale au dessus d'un
mot. Cela est très facile à reconnaître .
Donc, dans le verset ci-dessus, dans la première partie de la
phrase se terminant par le atna'h,
Vééllé chémote béné Yisrael
ha baim Mitsrayéma
un petit arrêt doit se faire après le mot Yisraël,
le 4e mot.
Vé éllé chémote béné Yisrael
ha baim Mitsrayéma
"Et ce sont les noms des fils d'Israël (pause légère
du zaqef qatane)
puis "qui viennent en Egypte" (pause plus longue du atna'h)
;"
De même, si nous continuons maintenant à lire la seconde
partie de la phrase,
éte Yaâqov iche ouvéito baou.
avec Yaâqov lui et sa maison vinrent",
nous trouvons aussi un zaqef qatane sur le mot
Yaâqov, donc nous lisons :
éte Yaâqov (pause légère du zaqef
qatane)
avec Yaâqov (pause légère du zaqef qatane)
Puis,
iche ouvéito baou.lui et sa maison vinrent". (Grande
pause du sof passouq, fin du verset)
Le réviî
Un dernier signe disjonctif de ponctuation apparaît dans cette
phrase, sur le premier mot
sur la seconde lettre, c'est un un losange noir nommé réviî
pour
les Askénazes, ou raviâ pour les Séfarades,
par allusion à ses 4 côtés. En fait, c'est un mot
araméen qui veut dire en hébreu, méyouchav ou
ravouts, étendu, couché.
Il a cette forme :
Donc, à cause de ce taâm disjonctif, on doit
faire aussi une légère pause après ce premier mot.
Ce signe nous indique qu'il y a une importance particulière
à ce premier mot et qu'il ne faut pas lire rapidement : "voici les
noms"... mais "et voici, ce sont eux" (pause) "les noms...".
Pour bien comprendre l'importance de ce signe, qui semble ainsi placé
bizarrement sur le premier mot pour dire : "et eux", voici le sens de cet
arrêt ; l'auteur du Or ha 'hayim, nous dit : ce premier mot
est, de plus, composé avec la lettre vav qui indique "et", cela
est pour nous dire que de même que Avraham, Yits'haq et Yaâqov
qui ont été les acteurs du livre précédent,
étaient des tsaddiqim, des justes, et eux aussi leurs
descendants sont des tsaddiqim". Il fallait ce signe de ponctuation
pour attirer notre attention sur un sens à aller rechercher auprès
de ceux qui transmettent la tradition.
J'ai traduit littéralement (donc lourdement) pour bien suivre
le sens mot par mot afin d'aider ceux qui se reportent au texte original
du Or ha 'Hayim.
La séquence du réviâ
Le réviî ou raviâ est précédé
du mouna'h ou chofar holekh
placé sous une lettre du même mot ou sous un mot précédent.
A son tour, ce mouna'h ou chofar holekh
peut être précédé du darga
.
A son tour, ce darga
peut être précédé du du mouna'h ou
chofar holekh
.
Si la séquence est complète, nous avons donc cette suite
en commençant à la lire par la droite :



soit 1) mouna'h, 2) darga, 3) mouna'h, 4) réviî.
Cela
dans la mesure où la séquence est complète.
Voyez l'exemple de cette quadruple séquence dans II Samuel 21,
2 : lo mibbénéi Yisrael hémma (" ils ne faisaient
pas partie des fils d'Israël, eux").
Le cas le plus fréquent est le réviî
simplement
précédé de son mouna'h ou chofar holekh
Nous voyons plusieurs fonctions de ces signes disjonctifs :
- ils délimitent le verset,
- ils hiérarchisent le sens dans la phrase,
- surtout, ils font éviter des contresens,
- ils mettent en valeur l'importance de certains mots.
Et il y a encotre d'autre sens plus élevés.
Nous apprendrons encore beaucoup d'autres choses sur ces signes que
l'on nomme téâmim, au pluriel,
et taâm au singulier.
Important :
- connaître par coeur les noms de ces signes,
- les repérer facilement à la lecture,
- faire les pauses en conséquence lors de la lecture,
- sentir ce que devient le sens de la phrase avec ces pauses
diverses,
- réfléchir au sens que cela donne à la phrase,
- lire et prier avec le coeur en suivant le rythme de la vague du sens,
- aller voir les commentaires qui ont tenu compte de ces ponctuations.
En appliquant ces conseils lentement, vous avez déjà
réalisé un très grand progrès dans la compréhension
de la Torah.
Précisons que ces règles que vous apprenez s'appliquent
à tous les livres de la Bible, sauf aux trois livres de Eikha,
Michlé (Proverbes) et Téhilim (Psaumes) sont les
initiales forment le mot hébraïque EMéT, vérité.
2e leçon
Les fausses ponctuations
De nos jours, tout lecteur qui a dans le regard le système de
ponctuation imprimé dans les livres francophones de nos jours, peut
faire erreur en projetant ce système de l'imprimerie sur les signes
de la Torah.
En effet, dans la Torah, par exemple, il y a des traits verticaux que
nous pourrions comprendre, selon leur graphisme visuel, comme s'ils marquaient
une interruption du sens (ponctuation). Et ce n'est pas le cas.
Ce sont
- le passéq qui est un grand trait placé entre deux mots,
()
- et le métég qui est un petit trait placé entre
deux lettres et souis les lettres elles-mêmes.()
Ces signes, le passéq et le méteg, ne scandent pas du
tout le sens de la phrase mais éclairent sur la prononciation.
Le passéq avertit de bien séparer la prononciation des
deux mots.
Le méteg avertit de règles particulières de prononciation
entre les lettres présentes.
Développons avec des exemples.
Le passéq.
Il aide en 4 cas :
1. Le passéq demande de bien prononcer séparément
deux lettres semblables qui se suivent
comme en Dévatrim 7, 1 : goyim rabim (passéq)
mipanékha, "des peuples nombreux devant toi" :
2. Le passéq demande de bien prononcer séparément
deux mots semblables qui se suivent
omme en Béréchite 39, 10 : yom (passéq)
yom,
"jour jour".
3. Le passéq demande de bien prononcer séparément
deux sons qui se suivent et pourraient s'affecter l'un l'autre,
comme en Béréchite 1, 21 : ha 'haya (passéq
entre a-a) haromésséte :
4. Le passéq demande de bien prononcer séparément
deux mots qui se suivent et dont le sens de l'un pourrait nuire au sens
de l'autre en dignité,
comme en Béréchite 2, 21 : vayapél Hachém
Eloqim (passéq) tardéma âl haadam "Hachém
Eloqim fit tomber un sommeil sur l'homme" :
Un autre cas se présente que nous éliminons de la mémoire
car il relève d'autre chose ; je l'explique simplement pour qu'il
n'y at pas de confusion possible. Le passéq joue aussi un tout autre
rôle que celui de la prononciation où il permet aussi de distinguer
deux teamim qui se ressemblent. C'est le cas quand il suit toujours
le signe situé ci-dessous sous le premier mot vékhol
pour indiquer que c'est un signe de ponctuation chanté qui sépare
le sens (un mafsiq) et qui est nommé "mouna'h légarmé"
ou
"chofar légarmé",
tandis que lorsque ce signe est seul, c'est au contraire un signe qui
relie le sens (un mécharéte) et qui se nomme chofar.
Oublions donc ce cas externe.
Le méteg
Ce n'est pas un taâm chanté ni un taâm
qui exprime la ponctuation du sens mais c'est un frein placé pour
que le lecteur fasse attention à bien prononcer les sons par exemple,
en bas, le petit trait vertical après la première lettre
du mot Yaâqov pour qu'on ne prononce pas Yaqov mais bien Yaâqov.
Si on a bien compris cela, chaque grammairien ou chaque imprimeur peut
placer un méteg là où il estime que c'est nécessaire,
ou s'il s'adresse à une population qui ignore la grammaire. C'est
pour cela que des livres de prière populaires qui ont une bonne
qualité pédagogique en placent abondamment.
Le méteg est necessaire pour bien respecter la grammaire
de la prononciation, qui elle-même permet d'éviter des fautes
sur le sens du texte. C'est pour cela que nous avons placé une
longue étude sur le méteg sur le site Modia.
(à suivre en d'autres leçons, mais il faut d'abord mémoriser
ces noms).
Ici,
3e leçon
De la théorie à
la pratique