accès direct >>
accès direct >>
accès direct >>
accès direct >>

Rechercher ici les thèmes d'études sur le site par un catalogue de photos
Rechercher ici sur le site tout sujet ou tout mot avec Google :

La circoncision


Etude sur les écrits juifs
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia. http://www.modia.org
La reproduction et distribution de cette page pour l'étude et l'enseignement
sont autorisées à la condition de ne pas en faire un usage commercial
et d'en garder toutes les indications de la source.

Le judaïsme ne dit pas : faites ceci et cela est péché. Il dit : "allez vers vous-mêmes, étudiez la Torah avec votre intelligence, votre coeur et votre corps qui pratique. Découvrez la vie et vivez-la".
C'est pourquoi, nous ne commençons pas cet exposé sur la circoncision par les règles pratiques de ce qu'il faut faire et ne pas faire, mais par le sens transmis dans la Torah.
 
Sens de la circoncision
Questions pratiques
Sens de la circoncision selon la Torah La date de la mila
Conséquences de ce sens L'heure de la mila
Les prophètes La veille au soir
La haine chez des incirconcis Le matin
Le middrache et le Zohar Le mohel et le père
La halakha Le sandaq
La chaise ou le trône d'Eliyahou le prophète.
Etapes de la cérémonie
La nomination de l'enfant
Le repas après la mila
Quelques variantes

Sens de la circoncision selon la Torah
C'est Avraham notre père, Avraham avinou, qui reçoit le message de la circoncision en Béréchite 17, 10-14. 
La circoncision y est décrite comme : 
- un pacte, une alliance,
- une fidélité,
- une union entre Moi et vous,
- un perpétuité à travers les générations,
- une inscription de tout cela dans la chair,
- une suppression de ce qui bloquait,
- cela dans la zone sexuelle du mâle,
- une participation à ce qui est de l'ordre du 8 (au delà de la semaine et des limitations de ce monde-ci),
- un fait qui trie entre celui qui fait partie de peuple et celui qui n'en fait pas partie,
- une extirpation de la masse des autres cultures.
Il faut lire ce texte et tout ce chapitre 17. Lire aussi Vayiqra ou Lévitique 12, 3.
La circoncision d'Avraham s'est produite le 10 du mois de Tichri qui sera le jour de Yom Kippour. Celle d'Ichmaël et de sa famille également ce même jour.
Ce jour est aussi celui de la âqedate Yits'haq, le sacrifice de Isaac qui a été délivré. Ces deux sens sont donc liés, sacrifice et circoncision.
Yits'haq a été circoncis le 8e jour comme l'alliance l'est dans le peuple juif.
Ce jour là, Moché redescendra du Sinaï avec les secondes tables de l'alliance, Ce jour-là aussi, D.ieu pardonnera à David pour son union anticipée avec Bat-Chévâ.
Ce jour-là aussi, Ezéchiel (ch. 40-46) a reçu la vision prophétique du Temple et les frontières de la terre d'Israël.
C'est un jour fondateur qui relie toutes ces dimensions.
Il est indispensable de penser simultanément à tout cela quand on se rend à une circoncision. Et de réfléchir beaucoup à toutes ces dimensions dans lesquelles un nouvel enfant entre et engage, à son tour, une nouvelle génération.

Conséquences
Ainsi, cette union par le sang est mise en relation avec le motif même de la création dans l'union du ciel et de la terre (voyez le traité Chabbate 137b).
Ainsi, pour Avraham, la promesse qu'il hériterait la terre est liée à cette alliance de chair. Nous aurons donc la terre d'Israël si nous nous comportons selon cette alliance, et le Zohar dira souvent que, alors, aucun peuple ne pourra nous menacer car, comme la circoncision délimine ce cercle de sainteté autour du lieu de nos puissances, ainsi nous serons protégés. C'est pour cela que nous récitons le texte de Âlénou lé chabéa'h (comme à la fin des trois prières journalières) car ce texte indique bien que nous sommes séparés des autres familles qui n'ont pas ce type de connaissance qui réunit ces réalités.
Ainsi, Yehoshua a circoncis le peuple quand ils allaient entrer dans la terre promise (lisez le Livre de Yehoshua 5, 3).
On comprend alors ce qui s'est passé quand l'épouse de Moché a circoncis son fils et cela l'a sauvé de la mort (lisez Chémote, Exode 4, 25-26). Cette union de vie qui va jusqu'au sang est représentée lors du rite par la troisième phase de la circoncision qui est la succion  légère du sans (que l'on fait aujourd'hui par l'aspiration dans une pipette) et qui est nommée métsitsa.
Ainsi, celui qui ne se circoncit pas devrait recevoir la peine dite de karéte, ou d'exclusion du peuple. Et il faut être circoncis pour participer au sacrifice de Pessa'h (lisez Chémote 12, 44-48).
Ainsi, ce sera un acte qui efface les fautes, comme le jour de Kippour ; et il faut vivre la participation à une circoncision selon ce sens de pardon de nos fautes et de renouvellement.
L'extirpation ne sera pas symbolisée seulement par la coupure du prépuce mais aussi par le retournement de la membrane finale, la périâ. Sans cette seconde phase, il n'est pas de circoncision juive valide.
Pour ces motifs, ne pas se circoncire est un symbole de personne bûtée, qui refuse la vie, le prépuce est nomme ôrla, qui signifie faire obstruction. Quand Moché ne parvient pas à parler pour faire vivre son peuple et n'ose pas s'affirmer devant le Pharaon il est âral, "bouché". Combien de Juifs sont encore aujourd'hui dans cet état de "bouchés", bloqués face à leur tradition d'identité et de vie et s'aliène en esclaves dans les cultures étrangères, et cela jusqu'à en périr un jour. Tout cela est dit dès ces premiers textes et se prouve tout au long de la Bible.

Les prophètes
En ce sens, les prophètes utilisent toujours ce mot "ôrla,prépuce, bouché" pour qualifier le peuple qui ne veut pas connaître la parole de D.ieu, ni l'entendre , ni l'appliquer, ni se différencier par là des autres peuples et qui finira par en mourir après avoir cru dans les alliances internationales avec les puissants, au lieu de miser sur cette alliance unique avec le D.ieu des Juifs.
Les prophètes Jérémie et Ezéchiel, surtout, utilisent ce mot pour  interpeler le peuple : vous êtes des bouchés, votre oreille est bouchée, votre coeur est bouché. Lisez Jérémie 6, 10 et 9, 25, et Ezéchiel 44, 1 et 9 ; ils montrent combien la fermeture des oreilles et des coeurs entraîne la fermeture des bénédictions que l'alliance de la circoncision aurait dû assurer.
Cette nécessité d'interpeler le peuple est comme une jalousie amoureuse où quelqu'un ne veut pas perdre l'amour obsédant pour l'autre et sait que l'autre, fialement, ne peut vivre que par cela. La position extrême de cette attitude est celle du prophète Eliyahou qui a secoué Israël s'éloignant à la dérive, et il a volé à la défense du peuple pour le faire survivre avec une violence de langage et des actes. Il est allé jusqu'à dire à D.ieu que Son peuple a oublié Son alliance. Or, jamais on ne doit dire du mal d'Israël, cela n'est jamais pardonné par le Ciel. Le middrache raconte qu'alors Dieu lui a dit, : "à cause de ces paroles accusatrices, tu devras désormais aller assister à chaque circoncision pour être témoin de la fidélité de Mon peuple". C'est l'origine de la chaise d'Eliyahou le prophète, présente à chaque circoncision, nommée, et mise en valeur pour se souvenir de tout cela, pour honorer Eliyahou et bien comprendre l'importance de cette alliance. Il est nommé pour cela l'ange de l'alliance, maleakh habbérite. (Voyez le texte dans I Zohar 93a).

La haine des autres peuples
C'est pour tout cela que des puissances détestent Israël, spécialement pour son rite de la circoncision et ont voulu le supprimer :
- les empires multiples qui l'on interdite et qui utilisent d'abord ces formes culturelles pour dominer ensuite politiquement ou économiquement. Certes, on pense à Rome et Athènes, mais pensez aussi à d'autres puissances du siècle actuel.
- les religions comme le christianisme qui ont lutté contre la circoncision, en la supprimant de sa copie du judaïsme, en l'interdisant, en en faisant l'objet à ridiculiser dans son antisémitisme ("eux ont la chair et nous nous avons l'esprit"). Haine qui allait jusqu'à exterminer dans le passé, ou à laisser exterminer par le silence quand d'autres s'en chargeaient comme l'a fait la papauté pendant la dernière guerre, quand les nazis sélectionnaient les Juifs circoncis pour les supprimer. Ces horreurs sont décrites, hélas, par Ezéchiel 32, 20 etc. bien des siècles plus tôt pour nous mettre en vigilance.

La joie, sim'ha
Comme toujours, ces persécutions se tournent en joie et succès. Ces ennemis ne parviennent pas à ternir la joie ; elle doit être très présente lors de la circoncision. Ainsi, le sacrifice d'Isaac s'est tourné en délivrance et miracle, ainsi nous entendions dire : croyez-vous que c'est par ces pratiques mesquines et si peu spirituelles que vous atteindrez l'esprit et les cieux ? Deutéronome, Dévarim 30, 12 le dit pour notre enseignement : mi yaâlé lanou ha chamayima, qui montera pour nous aux cieux. La solution est donnée, comme dans toute la Torah, par les lettres mêmes des mots : les lettres initiales forment le mot mila (circoncision) et les lettres finales des mots de cette phrase forment les quatre lettres mêmes du Nom de D.ieu. Par là, il nous est dit que, seule, la circoncision peut nous faire comprendre la Torah pleinement, que seule elle nous fait atteindre la connaissance des secrets de Hachém, et seule elle nous unit à Lui. Il est vain, pour un homme, d'espérer comprendre vraiment la Torah sans la mila.
Et ce qui semblerait une simple coutume primitive, la mila, circoncision, est aussi ce qui a le plus de sens pour celui qui a étudié et le comprend par le mot (car le "mot" se dit aussi mila) qui est le même terme (cela est mis en évidence par les Tiqouné Zohar 2b).

Le middrache et le Zohar
Historiquement, ces livres représentent la tradition la plus ancienne et celle qui veut nous transmettre le coeur des choses derrière le langage image. Explorons quelques thèmes du Zohar que nous comprendrons facilement, maintenant.
- en chaque mila, il faut mettre une belle chaise pour Eliyahou qui a été jaloux pour le maintien de l'alliance (I Zohar 13a et II 169b).
- la nuit qui précède la mila, on réunit tous ceux que l'on aime et on étudie la Torah ensemble (I Zohar 93 b).
- celui qui est circoncis est uni alors à l'image la plus élevée de l'homme qui est dans la pensée d'En-haut (2 Zohar 86a).
- est définit comme tsaddiq, juste, celui qui est circoncis, qui sait se maintenir séparé et qui garde l'alliance (II Zohar 59b).
- les autres peuples ne peuvent pas dominer Israël quand il est circoncis (I Zohar 93b).
- celui qui apporte un sacrifice exprime sa joie, de même lors de la mila qui est un sacrifice et qui rapproche (sens du mot sacrifice (I Zohar 95a).
- le lien de la mila est celui de la émouna (confiance-foi) (III Zohar 93b).
- qui nous sauve de l'épée des autres ? Le couteau de la mila (Tiqouné Zohar 78b).
- pourquoi met-on le prépuce enlevé dans de la terre ?  parce qu'il est lié au sabotage qu'a réalisé le serpent et qu'il a dû être puni de cela en rampant sur la terre (Tiqouné Zohar 176b).
Les enseignements principaux sont dans les pages I Zohar 93 et suivantes de la paracha Lekh Lékha qui concernent Avraham. Voici quelques thèmes : 
- l'histoire d'Eliyahou et de la chaise (kissé Eliyahou), 
- le rite se passe dans le palais du Roi, héikhal, qu'il faut lire aussi "Hé (Hachém) est kol,complet." La mila fait atteindre à cette plénitude.
- lors de la mila, on dit les versets du psaume 65 : "heureux celui que Tu choisis et admets en Ta présence pour qu'il habite dans Tes parvis  ('hatsérékha)". Ce passage au pluriel indique que les nombreux aspects d'avancée qu'il y a dans la cérémonie sont semblables à ce que fait celui qui apporte son sacrifice et se rapproche de Jérusalem, du Mont du Temple et il fait ainsi l'union de Sion et de Jérusalem (double comme le pluriel), puis il arrive ainsi aux deux zones intérieures du Temple (comme le pluriel). Seule l'étude peut nous faire recevoir ces enseignements, qui sont invisibles pour celui qui se contente de lire les psaumes sans recevoir la tradition qui révèle le complexe enseignement qu'ils contiennent. Ce passage du deux au un, dans le verset, réfère aussi au passage du couple à l'enfant procréé en une unité. Cela étant compris, le public reprend la suite du verset 65, 5 : "puissions-nous nous délecter de la beauté de Ta maison, de la sainteté de Ton palais" (où se trouve encore le sens du Hé kol, tout). Donc celui qui pratique la mila, c'est comme s'il bâtissait et rebâtissait Jérusalem et son Temple.
- en Chémote 20, 24, il est dit : "fais-Moi un autel de terre". Cela parlait des sacrifices : ainsi, celui qui pratique la mila, c'est comme s'il remettait en marche les sacrifices, et le Zohar dit :  tous les sacrifices. Et comme les sacrifices sont faits pour révéler le Nom de D.ieu (azkir éte chémi)  ainsi celui qui fait la mila proclame et fait connaître ce Nom. C'est le verbe Modia qui est le nom de notre site.
- cet autel de terre est aussi une allusion au guér (converti) qui était encore empétré dans la matière dure comme la terre et comme les pierres de l'autel et qui doit se déboucher le coeur intérieur. Il s'ensuit que ce travail doit être réalisé chez lui avant qu'il ne reçoive la mila.
- on dit ausi le verset 5, 12 des psaumes qui nous montre que l'on doit se réjouir lors de la mila.
- Avraham a dû atteindre un âge très avancé avant d'être circoncis, cela nous montre que ce "travail intérieur et multiforme" de la mila ne s'atteint pas par un acte de magie concrète. Tout ce travail doit être réellement accompli.

Ces quelques extraits de ces pages du Zohar nous montrent deux choses :
- l'extrême richesse de ces textes qui portent la tradition et qui nous expliquent nos rites.
- il faut étudier les textes de la tradition orale qui sont les bases d'où est sortie la halakha avec toutes ses prescriptions précises. Celui qui n'apprend que les prescriptions sans étudier les Sages qui expliquent ces liens n'a pas le droit ensuite de penser que le judaïsme est étroit et tatillon. Il peut penser seulement qu'il n'a pas étudié.
- quand on a fait le lien de la halakha et de ses sources, on comprend alors pourquoi il est écrit que, depuis la destruction du Temple, il ne reste à D.ieu que les 4 mesures de la halakha. Celui qui connait la richesse de contenu de ces mesures comprend qu'on y parle de la présence divine et non  d'un catalogue de pratiques sèches.
Un exemple typique de cela : dans Béréchite 50, 23 il est dit que Yossef a vu les fils de ses petits enfants et qu'ils sont nés sur ses genoux. Le targoum (traduction) de Yonatane ben Ouziél prend un terme spécial pour traduire ici "genoux". Le commentaire de cette traduction nous révèle que cela veut dire que nous touchons ici l'origine de la fonction du sandak, celui qui tient le bébé de 8 jours sur ses genoux, non pas pour la naissance mais pour la mila. C'est le rôle qu'a tenu là Yosséf. Et le Zohar compare ce rôle à celui de l'autel des parfums dans le Temple : il "maqtir qétoréte", il  fait parfumer le parfum aux 11 essences qui décante les quelques parcelles d'impureté et les fait atteindre à la qédoucha la plus légère et d'odeur agréable à D.ieu. Il est appelé aussi pour cela mizbéa'h zahav,  autel d'or. Le Zohar ajoute que, pour ce rôle d'intériorité, le rôle du sandak est plus beau encore que celui du mohél, du circonciseur (yafé koa'h ha sandak mi koa'h ha mohél léhaqdimo lé qiriate ha Torah...).
Note. Le mot sandak vient du nom grec qui a donné aussi le mot syndic en français, c'est à dire quelqu'un qui est avec (syn) et qui partage le même pouvoir qui lui est délégué. Ici, il signifie le co-père.

La halakha
C'est sur ces bases que se concrétise la halakha qui est la façon précise de se comporter, précisée par les grands Sages qui savent, qui sont capable d'analyser la complexité des textes divers.
Maintenant, il nous est possible de décrire la liste des pratiques et des phases de la mila.
Citons d'abord les  principales sources :
- Michné Torah du Rambam, Maïmonide, les halakhotes de la mila, dans le premier volume, 9e section de la seconde partie intitulée Livre de l'amour, Séfér ahava. Dans un vocabulaire et un style simple et semblable à l'hébreu d'aujourd'hui, sont indiqués les principaux rites et obligations.
- Yoré Déâ, dans le livre des 4 Piliers (Arbaâ Tourim). Partie 260. Ce livre est la base de toute la halakha jusqu'à nos jours. Il apporte les citations omises partout dans le Rambam, et il relie le sens intérieur à la pratique extérieure. On retrouve, par exemple, toute l'histoire citée plus haut de la chaise du prophète Eliyahou. Ribbi Yossé Qaro commente ce livre dans son Béit Yossef.
- Choukhane Aroukh,  de Ribbi Yossef Qaro. C'est un résumé simplifié de son Béit Yossef même si c'est un grand et gros livre ! Il reprend exactement le numérotage et la répartition du livre Arbaâ Tourim.  Les livres courants intitulés Recueil... ou Qitsour Choukhane Aroukh (résumé du...) sont en fait des raccourcis de raccourcis de raccourcis du Choukhane Aroukh, qui lui-même ne se voulait être qu'un résumé de son Béit Yossef. En fait, le Choukhane Aroukh est la base commune de la majorité des communautés, en y ajoutant pour les azkénazes le livre du Rama (Rabbi Moché Isserlés) qui décrit des coutumes d'Europe centrale que l'auteur du Choukhane Aroukh ne connaissait pas.
On y trouve toutes les précisions sur la cérémonie dont nous avons besoin aujourd'hui encore.
Cela n'empêche pas qu'il y a des variantes dans les coutumes et que l'intelligence minimale est de ne pas croire que sa propre tradition est la seule bonne et exacte. Seuls les Sages qui connaissent très bien toutes les coutumes et tous les écrits peuvent en décider. Par exemple, le Rav Chalom Messas analyse dans son livre de questions et réponses, Séfer chéméche ou maghén,quelle est la tradition la plus fondée entre celle des Juifs du Maroc ou celle des Juifs de Jérusalem sur le moment pour dire la bénédiction de remerciement ché hé'héyanou.
L'expression halakhique yéche nohaguim (il y en a qui ont la coutume de ...) indique avec précision quand on est en présence d'une coutume variable.



Applications concrètes : 
les prescriptions halakhiques (diné bérite mila)et les usages (minhaguim)

La date de la mila
- Elle a lieu le 8e jour après la naissance, donc le même jour que celui de la naissance. Un enfant né le mardi est circoncis le mardi. Cela, même le Chabbate.
- Il ne faut pas oublier que le jour est compté à partir du coucher du soleil, c'est cela qui détermine le jour de naissance et celui de la mila.
- Quand l'enfant nait dans les heures qui précèdent l'entrée de chabbate, quand le soleil n'est pas encore couché, demander à un rabbin local. De même pour tout doute (second jour d'une fête, par exemple).
- Tout signe de maladie fait retarder la mila et on attend alors le rétablissement, on se met à compter à partir du jour du rétablissement mais alors on ne fait pas la mila le 8e jour si c'est un Chabbate ou un Yom tov, jour de fête et on la retarde. De même pour le jeudi. Demander en ces cas.

L'heure de la mila
Elle ne doit avoir lieu que pendant le jour, et le plus tôt possible le matin (miyad la boqér);car on s'empresse et on court pour accomplir une mitsva. Mais s'il faut attendre quelques heures (pas plus de 5, si possible) pour que les invités puissent venir, on le fait.

La veille au soir
Pendant la nuit qui précède la circoncision, on réunit un miniyane (10 hommes de qualité en Torah). La maman se repose et le père réunit des amis et des personnes qui étudient pour une étude et prière avec un léger repas. Souvent il y a des gateaux et fruits, parfois un repas mais ce n'est en rien une obligation de faire un repas avec nétilate yadayim (éin 'hova). On place une ou des bougies en l'honneur d'Eliyahou ha navi. On lit un Sédér comportant des textes du Zohar et nommé Sédér bérite Yits'haq. Cette soirée comporte des noms différents suivant les communautés, bilada, etc. L'essentiel de sa durée est jusqu'à minuit.

Le matin
Il est souhaitable que le mohel (circonciseur), le père et le sandaq aillent au miqvé pour être purs.

Le mohel et le père
C'est le père ou quelqu'un qu'il mandate explicitement en son nom et le remplace. Le mohel est donc un chalia'h, un envoyé mandaté. Il devra être debout à côté de lui pendant la cérémonie, et ne pas s'éloigner pour se disperser dans les mondanités. Le mohel devra être choisi pour son hygiène, sa renommée de compétence, son sens de la Torah, sa cachroute. Théoriquement toute personne peut circoncire hoirmis un idolâtre, une femme également comme dans le cas de Tsipora, mais ce n'est pas l'usage.
Le père devra veiller à être très présent à ce que fait le mohel, à ne pas parler, spécialement à la fin, tant qu'il n'aura pas dit toutes les bénédictions. En aucun cas, le mohel ne doit utiliser de machines.
Avant la mila, le mohel dit la bénédiction : âl ha mila  et pendant qu'il réalise la seconde étape de la périâ, le père dit 
- la bénédiction léhakhnisso bivrito chel Avraham avinou (de le faire entrer dans l'alliance d'Avraham notre père).
- la bénédiction de remerciement ché hé'héyanou (qui nous a fait parvenir jusqu'ici).

Le sandaq
Nous l'avons vu, il est comme un canal de la bénédiction qui va se réaliser. Il est nommé dans les textes Baâl bérite.
Il devra donc être choisi pour son sens de la Torah et sa cachroute. Au premier fils, on a l'usage de remettre ce rôle honorifique au père du mari, au second au père de l'épouse. Mais cela peut être inversé en fonction de la connaissance de l'un ou de l'autre. En tous cas, rien ne doit altérer le chalom. Des coutumes différentes existent sur le fait qu'une personne peut ou non être deux fois sandaq dans la même famille.
Il veillera à arriver en état de pureté, de tiqoune; souvent il sera allé au mikvé.
Le sandaq est assis pendant les bérakhotes, contrairement à tous les autres. Il porte un tallite, châle de prière,  parfois des téfilines. Il revêt des vêtements de Chabbate.
Il est considéré comme s'il réalisait le sacrifice de qétoret, de l'encens (ké maqtir kétéorète). Ses genoux sont considérés comme l'autel (raglav domim la mizbéa'h qétoréte). Précisons de quoi il s'agit. Lisez le texte de Chémote 40,22-27): "Il plaça la table dans la tente de rencontre, au Nord du sanctuaire, le michcane, en dehors du voile (du saint des saints). Là il plaça les pains devant Hachém..., le chandelier ou ménora au Sud et alluma les lampes. Il plaça l'autel d'or... et il fit brûler le parfum d'encens, qétoréte samim. Rachi donne les précisions dans son commentaire de Chémote 26,35 et indique qu'il est placé dans la perspective qu'il y a entre la table et le chandelier, un peu en retrait du côté Est..
En Chémote 30, l'autel est décrit: tu le feras en bois d'acacia, âtsé chittim, longueur et largeur sont d'une coudée. Ses cornes font corps avec lui. Tu le couvriras d'or pur... et tu feras une bordure d'or tout autour. En dessous de cette vordure supérieure, il y a deux anneaux d'or sur ses deux c
Le Chlah dit que c'est une mitsva d'une grandeur immense.Et c'est par le sandaq que vient Eliahou hannavi (sur Massékète 'Houline) qui va s'asseoir sur son fauteuil pendant la mila.
C'est l'un des plus puissants modes de tiqoune (Livre Anhagotes tsaddiqim).
Le Choukhane Aroukh indique que le père, le mohel et le sandaq sont nommés bâlé habbérite et doivent porter des vêtements beaux comme ceux de Chabbate.
Voyez Yoré Déâ 265,1: la force du sandaq est plus importante que celle du mohél (yéfé koa'h ha sandq mi coa'h ha mohel) pour avancer l'enfant vers la Torah.
Le sandaq dit une prière particulière avant de prendre sa fonction dans laquelle il reconnaît que ses genoux vont être trône et autel, et où il demande le pardon de ses fautes, péchés et méfaits, spécialement ceux qu'il aurait pu commettre par son organe concerné par la mila. Il en demande la réparation et que cette mila soit importante comme le sacrifice de qétorète, de l'encens.
E n de nombreux endroits, le public vient lui demander une bénédiction ensuite car il il en relation privilégiée de la descente des bénédictions.
Généralement, c'est le père de l'enfant qui le dépose sur les genoux du sandaq. Le sandaq le reçoit et pense à ces versets du psaume 35,10 de David:

"Kol atsmotaï tomarna Hachém, mi khamokha. Tous mes membres diront: Hachém qui est comme toi?!
matsil âni mé'hazaq mimménou, Tu sauves le pauvre de celui qui est plus fort que lui,
véâni vééviyone miggozlo, le pauvre et le malheureux affligé de celui qui le dépouille".
Voyez les références à ce texte en Psaume 22,15 et 18 pour Kol atsmotaï, en Chémote 15,11 pour mi khamokha, en Jérémie 31,10 pour matsil âni mé'hazaq mimménou, véâni vééviyone miggozlo
L'expression: le pauvre et le malheureux affligé revient souvent dans les psaumes.

Le kissé Eliyahou ha navi
C'est la chaise ou le trône d'Eliyahou le prophète. Elle doit être belle, propore, mise en honneur. L'usage qui convient (Hilkhote Mordekhaï Eliyahou) est que le sandaq s'assoie dans un autre siège. En y déposant l'enfant un instant avant de le remettre au sandaq, on dit : zé kissé chél Eliyahou ha navi zakhor la tov (c'est le trôle d'Eliyahou ha navi, de mémoire bénie).
 

Etapes de la cérémonie (avec variantes)
Avant tout, le père devra absolument prévoir et veiller à ce que tous ceux qu'il invite soient habillés avec  la dignité et la tsénioute qui convient à la cérémonie et au lieu. Cela veut dire aussi que les hommes aient la tête couverte car le Nom de D.ieu sera prononcé dans les bénédictions.

1. Dans certaines communautés, la femme reste à la maison (repos, crainte du mauvais oeil, etc). 
Le Rav David Ovadia écrit dans son Qitsour Choulkhane Aroukh que la maman apporte l'enfant jusqu'à la porte et elle dit le gomél et on lui répond Amen. Le père ne la remplace pas pour cela (éin ha baâl yakhol lévarékh bé chém ichto), il ne le fait que si lui aussi est dans l'obligation de dire le gomél pour ses propres motifs.

2. L'assistance est debout et quelqu'un apporte le bébé au père (parfois la grand-mère maternelle mais il y a beaucoup d'usages divers). L'assistance dit : Baroukh habba bé chém Hachém, Béni au nom de Hachém celui qui arrive. (Habba a la guématria de 8 comme les 8 jours de la mila).
Puis le verset du psaume 65 que nous avons longuement commenté plus haut : le père commence et l'assistance le continue. Ici certains ajoutent le verset que l'on dit aussi aux mariages, "si je t'oublie Jérusalem, que ma main droite ...", puis le verset du Chémâ Yisrael et Ana Hachém.

3. On dit la phrase qui souligne l'importance du trône d'Eliyahou ha navi.

4. Avant la mila, le mohel dit la bénédiction : âl ha mila  et immédiatement ou  pendant qu'il va réaliser la seconde étape de la périâ, le père dit 
- la bénédiction léhakhnisso bivrito chel Avraham avinou (de le faire entrer dans l'alliance d'Avraham notre père).
- la bénédiction de remerciement ché hé'héyanou (qui nous a fait parvenir jusqu'ici).

5.
- Le père ou le mohel ou un invité, dit le qiddouche sur le vin, bénédiction boré féri ha guéféne
- Ici, certains font une bénédiction sur une branche odorante.
- Ici, certains font une bénédiction : achér qiddéche yédid mi bétén,  qui as sanctifié le bien-aimé venant du ventre...

6. On nomme l'enfant publiquement, à l'intériieur du texte : qayém éte ha yéléd...
 On dit parfois le Cantique des degrés qui chante la beauté de la vie familiale dans la Torah, le psaume 128.

7. Si c'est un fils ainé, on fait la cérémonie du rachat du premier-né, le pidiyone ha bén.

Quelques variantes parmi beaucoup d'autres :
- Un minhag de Jérusalem est que le père dise avant tout la bénédiction léhakhnisso bivrito chel Avraham avinou (de le faire entrer dans l'alliance d'Avraham notre père).
- Dire la formule qui prépare les intentions avant la mila (Lé chém yihoud du père qui délègue au mohel) et avant que le sandaq ne s'installe sur le fauteuil (Lé chém yihoud du sandaq) et Lé chém yihoud du mohel.
- Les Sépharades chantent des cantiques avant l'entrée de la cérémonie. Certains sont typiques d'une ville ou d'une région.

Le choix du nom
En général, le premier fils reçoit le nom du grand père paternel même s'il est vivant (cela est souvent débatu par les décisionnaires et tranché en ce sens) et le second celui du grand père maternel. Mais il y a souplesse en ces usages.  Voir ici les versets liés à chaque nom.

Le repas après la mila
On doit accompagner la mitsva par de la joie, aussi un repas est souvent organisé pour cela mais ce repas n'est pas une obligation de la Torah (éin séoudâ zo mitsva mine ha Torah).
 
 La nomination de la fille (Zévéd ha bbate, chez les Sépharades; Saba ou Cheba, nomination de la fille, sept jours après la naissance, chez les Juifs tunisiens, les Tunes.)
Cette fête se réalise soit le lendemain de la naissance, soit lors du Chabbate ou au moment opportun pour la famille, à proximité de la naissance.
Les Sépharades disent les textes suivants:
Cantique des Cantiques 2,14:
"Yonati bé hagvé hassélâ, béssétér ha mmadrégha, harini éte maraikh, hachmiîni éte qolékh, ki kolékh ârév oumarékh navé.
Ma colombe, dans les creux du rocher, dans le secret de la marche, montre-moi ta face, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est agréable et ton apparence est belle".

Si c'est la première enfant ou la première fille, on dit aussi ce passe du Cantique des Cantiques 6,9:
"A'hate hi yonati tamati, a'hate hi lé immah, bara hi léyoladtah, raoua banote va yéachroua, mélakhote oufilaghchim vayéhaléloua.
Elle est unique, ma colombe, ma pure, ell est unique pour sa mère, elle est parfaite pour celle qui l'a mise au monde, les filles l'ont vue et ont fait sa louange, les reines et les accompagnantes la glorifient".

Puis on dit la bénédiction qui comprendra la révélation du nom de la petite fille:
"Mi ché bérakh...
Celui qui a béni nos pères Sarah, Rivka, Ra'hél et Léa et Myriam la prophétesse et Avigaïl et Esther la Reine, fille de Avi'haïl, Lui qu'Il bénisse cette fille agréable et qu'on la nomme par son nom en Israël .../... (ici, on dit à voit haute le nom pour que tous l'entendent) dans une bonne trajectoire (mazal tov) et en toute heure que ce soit bénédiction. Et qu'Il la fasse grandir dans la santé, la paix et la tranquillité. Et que son père et sa mère méritent d'être témoins de sa joie dans son accomplissement, dans son arrivée à la 'houpa du mariage, et qu'elle mérite d'avoir des garçons, la fortune et l'honneur, et que ses enfants soient sains et rayonnants, et se réalisent jusque dans la vieillesse. Que ce soit la volonté de D.ieu et que l'on dise: Amen!".

Puis on dit le psaume 128:
"Chant des degrés, Chir hammaâlote (Psaume 128) : 
heureux est tout homme qui craint Hachém,
qui marche dans Ses voies.
Le labeur de tes mains, sûr que tu en mangeras le fruit,
pour ton bonheur et pour ton bien.
Ta femme est comme une vigne féconde dans l'intérieur de ta maison,
tes fils sont comme des plants d'oliviers autour de ta table.
Voilà, c'est sûr, c'est ainsi qu'il est béni l'homme qui craint Hachém.
Il te bénira, Hachém, depuis Sion.
Vois dans le bon de Jérusalem tous les jours de ta vie.
Et vois les fils de tes fils ; paix sur Israël."

Voir ici les versets liés à chaque nom.

Voir ici des études sur quelques noms

et inscrivez le nom que vous cherchez dans le moteur de recherche de Google en haut de la page d'auccueil ou de nombreuses pages.

© Copyright
Dufour